Au Japon, une préfecture du sud mise sur un argument choc pour attirer les visiteurs étrangers : un trajet en Shinkansen offert.
La préfecture de Kagoshima, à l’extrémité sud de l’île de Kyushu au Japon, finance en ce moment une opération très avantageuse pour certains touristes internationaux : un billet de train à grande vitesse gratuit. Cette campagne, relayée par le média en ligne japonais SoraNews24, vise à détourner une partie des voyageurs de l’axe classique Tokyo–Kyoto–Osaka pour les pousser à descendre plus au sud.
Un billet de Shinkansen offert pour rejoindre Kagoshima
Le principe est simple : Kagoshima paie votre trajet en Shinkansen entre Hakata (la grande gare de Fukuoka) et Kagoshima-Chuo, à condition de respecter quelques critères bien précis. Le billet est pris en charge dans la limite de 11 420 yens, soit environ 72 dollars, ce qui couvre un trajet classique sur cette portion.
La campagne permet aux touristes éligibles d’obtenir gratuitement un trajet en Shinkansen Hakata–Kagoshima, jusqu’à 11 420 yens par personne.
Concrètement, il s’agit d’un billet aller simple vers le sud de Kyushu. Le reste du séjour reste bien sûr à la charge du voyageur, mais cette économie sur un trajet longue distance au Japon n’est pas négligeable, surtout pour les budgets serrés qui enchaînent plusieurs destinations.
Qui peut profiter de l’offre ? Des conditions strictes
Cette opération ne concerne pas tous les touristes étrangers sans distinction. D’après SoraNews24, la campagne cible un nombre limité de marchés et impose un point d’entrée précis sur le territoire japonais.
Des pays ciblés, pas (encore) l’Europe
À ce stade, l’offre est réservée aux visiteurs originaires de huit zones :
- États-Unis
- Singapour
- Thaïlande
- Viêt Nam
- Corée du Sud
- Taiwan
- Hong Kong
- Chine continentale
Les touristes français ou, plus largement, européens ne peuvent donc pas bénéficier de ce dispositif, même s’ils remplissent le reste des conditions. L’opération vise clairement des marchés asiatiques proches et les États-Unis, jugés stratégiques pour la reprise du tourisme à Kyushu.
Une arrivée obligatoire par l’aéroport de Fukuoka
L’autre contrainte forte concerne le trajet d’arrivée. Pour être éligible, il faut :
Sans arrivée à Fukuoka ni nuitée réservée à Kagoshima via Klook, impossible de prétendre au billet offert. L’objectif est clair : transformer Fukuoka en porte d’entrée vers le sud de Kyushu, plutôt qu’en simple étape avant un retour vers Honshu, l’île principale.
Comment obtenir concrètement le billet gratuit ?
Pour les touristes qui remplissent ces critères, la marche à suivre se déroule en plusieurs étapes sur la plateforme Klook.
| Étape | Action à réaliser |
|---|---|
| 1 | Récupérer un code promotionnel dédié à l’opération sur le site Klook. |
| 2 | Choisir un hôtel en préfecture de Kagoshima affichant la mention « Receive Free Shinkansen Ticket ». |
| 3 | Finaliser la réservation de l’hôtel et saisir le code promotionnel au moment du paiement. |
| 4 | Remplir un court questionnaire (enquête de satisfaction ou profil) demandé par la campagne. |
| 5 | Recevoir un nouveau code permettant d’obtenir le billet de Shinkansen aller simple Hakata–Kagoshima, dans la limite de 11 420 yens. |
Ce n’est donc pas un remboursement a posteriori, mais bien un système de codes successifs qui aboutit à un trajet gratuit, dans la limite du plafond fixé.
La préfecture de Kagoshima alloue environ 278 millions de yens, soit près de 1,8 million de dollars, pour financer cette opération entre le 18 septembre et le 28 février, tant que le budget n’est pas épuisé.
Les dates annoncées fixent la période durant laquelle la campagne doit se dérouler. Une fois l’enveloppe budgétaire utilisée, les billets offerts ne seront plus attribués, même si le calendrier n’est pas totalement arrivé à son terme.
Kagoshima, volcan, îles et spécialités au bout du Shinkansen
Si la préfecture investit autant, c’est qu’elle mise sur son attractivité. La région rassemble plusieurs sites de premier plan, encore absents des itinéraires de nombreux touristes étrangers.
Sakurajima et les îles classées à l’Unesco
Au programme, on trouve notamment :
- Sakurajima, l’un des volcans les plus actifs du monde, situé face à la ville de Kagoshima ;
- les îles de Yakushima, Amami Oshima et Tokunoshima, inscrites au patrimoine mondial naturel de l’Unesco ;
- des bains de sable naturels, où les baigneurs sont recouverts de sable chaud d’origine géothermique ;
- une gastronomie locale réputée, avec le bœuf Kagoshima Wagyu et le porc noir.
À cela s’ajoutent les atouts plus larges de Kyushu : sources chaudes parmi les plus connues du Japon, ambiance plus détendue que dans les grandes métropoles de Honshu, et une image encore assez confidentielle chez les visiteurs occidentaux.
Une campagne encore méconnue des touristes étrangers
Malgré l’investissement financier, la campagne reste pour l’instant peu visible à l’international. SoraNews24 rapporte que, peu après le lancement, des interviews réalisées en gare de Kagoshima-Chuo montraient que de nombreux visiteurs étrangers ignoraient totalement l’existence de l’offre.
D’autres voyageurs interrogés expliquaient profiter d’un autre dispositif : un pass régional à 25 000 yens permettant de circuler en train pendant sept jours sur l’ensemble de Kyushu. Ce pass, proposé par la compagnie ferroviaire locale, offre une alternative intéressante pour ceux qui sillonnent l’île en profondeur plutôt que de se limiter à un aller simple.
Entre billet gratuit subventionné par la préfecture et pass régional payant, les touristes disposent aujourd’hui de plusieurs leviers pour réduire leur budget transports à Kyushu.
SoraNews24 souligne que les deux options peuvent se combiner : un trajet Hakata–Kagoshima offert via Klook, puis l’achat d’un pass pour continuer le voyage vers d’autres villes de l’île.
Quel intérêt pour un voyageur français ?
Un lecteur basé en France ne peut pas utiliser directement l’offre actuelle, puisque les ressortissants européens ne figurent pas parmi les pays ciblés. L’information reste néanmoins utile pour préparer un voyage au Japon, surtout si la stratégie de Kagoshima inspire d’autres régions.
Au Japon, chaque préfecture ou compagnie ferroviaire peut lancer ses propres campagnes pour attirer les touristes étrangers. Certaines prennent la forme de réductions sur des pass régionaux, d’autres misent sur des billets à prix fixe pour les visiteurs non résidents. Sur ce point, la logique rappelle en partie celle des billets Prem’s ou des offres régionales de la SNCF en France, même si les conditions restent spécifiques au Japon.
Pour un voyageur français, l’enjeu consiste à :
- surveiller régulièrement les offres dédiées aux étrangers, souvent limitées dans le temps ;
- comparer les pass ferroviaires nationaux et régionaux (par exemple les pass limités à une île ou à une compagnie) ;
- adapter son itinéraire au point d’entrée choisi dans le pays, comme Kagoshima le demande ici avec l’aéroport de Fukuoka.
Transports au Japon : comment s’y retrouver quand on vient de France ?
Pour un Français habitué au TGV et aux cartes de réduction nationales, l’architecture des offres japonaises peut surprendre. Le Shinkansen fonctionne comme l’équivalent japonais du TGV, avec des tarifs souvent élevés sur les longues distances, ce qui explique la popularité des pass.
À la différence de la France, où la SNCF et ses filiales structurent la quasi-totalité du réseau grande vitesse, le Japon répartit les lignes entre plusieurs compagnies régionales. Chaque société peut proposer son propre pass, avec ses règles, ses zones et sa durée de validité. Un même voyage peut ainsi combiner :
- un trajet individuel classique en Shinkansen, au prix fort ;
- un pass régional limité à une île ou à une zone ;
- un pass national couvrant plusieurs compagnies, dans certains cas réservés aux étrangers non résidents.
Les campagnes comme celle de Kagoshima s’insèrent dans ce paysage fragmenté. Elles cherchent à orienter les flux de touristes vers des zones encore sous-fréquentées, en réduisant la barrière du coût de transport sur un tronçon clé.
Préparer un itinéraire incluant Kyushu et Kagoshima
Pour les voyageurs qui envisagent un séjour au Japon depuis la France, intégrer Kyushu dans l’itinéraire peut changer l’équilibre du voyage. On peut, par exemple, prévoir :
- une première partie sur Honshu (Tokyo, Kyoto, Hiroshima) avec un pass national,
- puis quelques jours à Kyushu pour les sources chaudes et les volcans,
- en combinant, selon les offres du moment, billets promotionnels et pass régionaux.
Les bains de sable de Kagoshima, l’activité quasi constante de Sakurajima ou les forêts anciennes de Yakushima apportent une expérience différente des grandes villes. L’atout des campagnes subventionnées réside dans la réduction du coût d’accès à ces régions, ce qui peut inciter à allonger le séjour ou à sortir des circuits les plus connus.
Reste une incertitude : les campagnes sont limitées dans le temps et souvent réservées à certains pays. Pour un public français, la meilleure stratégie consiste à s’informer en amont sur les offres en cours, tout en gardant en tête que les autorités japonaises n’hésitent pas à tester de nouvelles formules pour attirer les visiteurs étrangers loin des seuls grands axes.








