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Oubliée sous une pile de vieux magazines dans les Deux-Sèvres, la Ferrari d’Alain Delon s’est envolée à 16,3 millions d’euros

Oubliée sous une pile de vieux magazines dans les Deux-Sèvres, la Ferrari d'Alain Delon s'est envolée à 16,3 millions d'euros

Retrouvée dans une propriété des Deux-Sèvres puis proposée aux enchères à Paris, une rare Ferrari liée à Alain Delon a affolé les collectionneurs.

Cette voiture d’exception appartenant à la mythique collection Baillon, dispersée à Paris, a atteint un prix vertigineux sous le marteau de la maison Artcurial. La vente, racontée par France 3 comme un véritable feuilleton du patrimoine automobile français, a attiré les collectionneurs du monde entier, fascinés par l’histoire singulière de ces voitures laissées à l’abandon pendant des décennies dans l’ouest de la France.

Une Ferrari liée à Alain Delon qui atteint 16,3 millions d’euros

Au cœur de cette vente se trouvait une Ferrari 250 GT California Spyder, un modèle déjà mythique chez les amateurs de belles mécaniques. Celle-ci l’était encore un peu plus, car elle était brièvement passée entre les mains d’Alain Delon au milieu des années 1960.

Estimée entre 9,5 et 12 millions d’euros, la sportive italienne a finalement été adjugée 16,3 millions d’euros, frais compris. Un montant largement supérieur aux prévisions, signe de l’engouement pour ce modèle rare et pour son histoire très médiatisée.

La Ferrari 250 GT California Spyder associée à Alain Delon a été vendue 16,3 millions d’euros, bien au-delà de son estimation initiale.

L’identité de l’acheteur reste confidentielle. Le commissaire-priseur Hervé Poulain, qui dirigeait la vente, s’est contenté d’indiquer que la voiture « part à l’étranger ». Elle quittera donc la France pour rejoindre une collection privée, probablement déjà bien fournie.

Un trésor oublié dans les Deux-Sèvres devenu mine d’or

Cette Ferrari faisait partie de la collection Baillon, du nom de Roger Baillon, transporteur installé à Niort, dans les Deux-Sèvres. Au fil des années, cet industriel avait rassemblé des dizaines de voitures de prestige, souvent très rares, avec le projet de créer un musée de l’automobile.

Un revers de fortune a pourtant tout fait basculer. Le projet a été abandonné et les voitures ont été remisées sous des hangars plus ou moins étanches, sur une propriété de campagne. Pendant près de 50 ans, la collection est restée dans l’ombre, livrée aux intempéries et à la rouille.

Quand le trésor est exhumé en 2014, des photos impressionnantes font le tour du monde : carrosseries mangées par le temps, capotes arrachées, moteurs figés. Un magazine américain spécialisé n’hésite pas à parler de « découverte du siècle » en voyant ces dizaines de véhicules oubliés dans les Deux-Sèvres.

La collection Baillon, longtemps abandonnée dans des hangars, a été qualifiée de « découverte du siècle » par un magazine automobile américain.

Selon France 3, la vente de ce patrimoine a rencontré un « écho mondial », comme l’a souligné Me Poulain. Au total, la dispersion des 59 voitures a atteint 25,15 millions d’euros frais de vente inclus, soit environ le double de l’estimation initiale.

Des enchères multipliées par deux, trois, voire quatre

Organisée en marge du salon Rétromobile à Paris, cette vente Artcurial a très vite pris une tournure exceptionnelle. Les enchères se sont envolées pour nombre de lots, parfois destinés à finir entre les mains de grands collectionneurs américains.

Pour plusieurs voitures, les prix finaux ont atteint le triple ou le quadruple de l’estimation, y compris lorsque l’état général laissait à désirer. Sur la majorité des modèles, la carrosserie était piquée, les intérieurs abîmés, les mécaniques à reprendre intégralement.

La Ferrari 250 GT California, elle, faisait figure d’exception dans ce paysage de ruines automobiles. Conservée dans un garage fermé, elle avait été nettement mieux préservée que les autos laissées sous les hangars ouverts aux vents des Deux-Sèvres.

Des Maserati et Talbot au-delà du million d’euros

Avant le passage de la Ferrari, d’autres modèles avaient déjà donné le ton. Une Maserati A6G Grand Sport de 1956, estimée entre 800 000 et 1,2 million d’euros, a ainsi été adjugée 1,72 million d’euros.

Deux Talbot Lago T26 Grand Sport habillées par le carrossier Saoutchik ont également affolé la salle. L’une d’elles, estimée à 600 000 euros maximum, s’est envolée à 1,45 million d’euros alors qu’elle se trouvait dans un état très dégradé.

Une autre T26, également carrossée par Saoutchik et réputée avoir appartenu au roi Farouk d’Égypte, a elle aussi largement dépassé son estimation. Annoncée au départ pour un maximum de 160 000 euros environ, elle a finalement quadruplé sa valeur haute, partant pour 625 000 euros dans une collection américaine.

  • Ferrari 250 GT California Spyder : 16,3 millions d’euros
  • Maserati A6G Grand Sport 1956 : 1,72 million d’euros
  • Talbot Lago T26 Grand Sport Saoutchik : 1,45 million d’euros
  • Talbot Lago T26 Saoutchik ex-roi Farouk : 625 000 euros

Un « état poétique et mystique » qui séduit les collectionneurs

Au-delà de la rareté des modèles, l’histoire de cette collection et son aspect figé dans le temps ont largement contribué à la frénésie des enchères. Me Hervé Poulain parle d’« état poétique et mystique » pour décrire ces voitures marquées par les années, mais restées authentiques.

La collection Baillon a été vendue 25,15 millions d’euros, environ deux fois son estimation, grâce à « l’état poétique et mystique » des voitures, selon Me Poulain.

De nombreux acheteurs voient dans ces épaves prestigieuses le point de départ de chantiers de restauration hors norme. Le commissaire-priseur s’attend à revoir certains de ces modèles dans quelques années, après des travaux longs et coûteux, lors de grands concours d’élégance comme Pebble Beach, en Californie.

Pour les amateurs de voitures de collection, ces restaurations représentent un investissement considérable, mais aussi la satisfaction de sauver une pièce majeure du patrimoine automobile. Chaque véhicule conserve sa plaque de châssis, son histoire, ses spécificités techniques, autant d’éléments qui alimentent sa valeur.

L’État français sauve une Panhard pour les musées

Face au déferlement des acheteurs étrangers, la France n’est pas restée totalement spectatrice. L’État a exercé son droit de préemption sur l’un des lots : une rare Panhard Dynamic coupé de 1936.

Ce droit de préemption permet à l’État, lors d’une vente publique, de se substituer au dernier enchérisseur pour acquérir un bien considéré comme important pour le patrimoine national. La Panhard Dynamic ainsi préemptée doit rejoindre le musée national de l’automobile à Compiègne, dans l’Oise.

Pour les passionnés français, cette décision apporte une consolation. La majorité des voitures de la collection Baillon partira à l’étranger, mais au moins un modèle restera visible dans une institution publique, accessible au grand public et aux chercheurs.

La vente de voitures de collection en France : quelles règles ?

En France, les ventes de voitures de collection comme celle organisée par Artcurial se déroulent dans un cadre très encadré. Une maison de ventes prépare un catalogue détaillé, avec l’historique et les caractéristiques des véhicules. Les estimations sont établies à partir des ventes précédentes, de la cote des modèles et de l’état constaté.

Lors de la vente, un commissaire-priseur, officier ministériel, dirige les enchères. Les acheteurs paient le prix adjugé, auquel s’ajoutent des frais, d’où les montants « frais inclus » mis en avant par France 3 pour la collection Baillon. Ces frais varient selon les maisons de vente et les catégories de biens.

Pour un lecteur français passionné d’automobile, participer à ce type de vente reste possible, à condition de s’enregistrer au préalable, de présenter les garanties demandées et de bien prendre en compte le coût d’une éventuelle restauration.

Élément Fonction
Maison de ventes Organise la vente, prépare le catalogue et les estimations
Commissaire-priseur Dirige les enchères et prononce les adjudications
État français Peut exercer un droit de préemption sur certains lots
Acheteur Paie le prix marteau et les frais, prend en charge le transport et la restauration

Ce que représente une restauration de voiture de collection

Beaucoup de modèles de la collection Baillon nécessitent une restauration intégrale. Pour un collectionneur, cela implique de trouver des spécialistes capables de refaire la carrosserie, la sellerie et les moteurs dans le respect des spécifications d’origine.

Une restauration de haut niveau peut prendre plusieurs années. Chaque pièce manquante doit être refabriquée ou retrouvée sur le marché des pièces d’époque. Les coûts grimpent vite, parfois au-delà de la valeur d’achat initiale. Certains acheteurs misent toutefois sur l’augmentation de la cote une fois la voiture restaurée, mais le résultat dépend du modèle et de la qualité des travaux.

Pour une voiture comme la Ferrari 250 GT California Spyder liée à Alain Delon, l’enjeu dépasse même la simple dimension financière. Entre la rareté du modèle, le lien avec le cinéma français et l’histoire romanesque de la collection Baillon, chaque détail d’authenticité compte. La moindre modification non conforme peut réduire la valeur finale aux yeux des experts.

Cette vente rappelle que derrière les montants spectaculaires se cachent des histoires humaines, des projets avortés et, parfois, des trésors oubliés au fond d’un hangar dans une campagne française. Pour les amateurs, elle montre aussi qu’une voiture de collection ne se résume pas à son prix : son passé, son état d’origine et les choix de restauration façonnent tout autant son intérêt.

Questions fréquentes

Pourquoi cette Ferrari a-t-elle atteint un prix aussi élevé ?

La voiture a largement dépassé son estimation en raison de sa rareté, de son lien avec Alain Delon, de son excellent état de conservation et de la médiatisation exceptionnelle de la collection Baillon. Les collectionneurs ont été fascinés par son histoire unique et son authenticité.

Qu'est-ce que la collection Baillon ?

Il s'agit d'une collection de plus de 60 voitures de prestige rassemblée par Roger Baillon, un transporteur de Niort dans les Deux-Sèvres. Ces véhicules ont été abandonnés dans des hangars pendant près de 50 ans avant leur redécouverte en 2014.

Combien de voitures de la collection Baillon ont été vendues ?

Au total, 59 voitures ont été dispersées aux enchères pour 25,15 millions d'euros, soit environ le double de leur estimation initiale.

Qu'est-ce que le droit de préemption exercé par l'État ?

C'est un droit permettant à l'État de se substituer au dernier enchérisseur lors d'une vente publique pour acquérir un bien jugé important pour le patrimoine national. L'État l'a utilisé pour conserver une Panhard Dynamic destinée au musée national de l'automobile de Compiègne.

Qui a acheté la Ferrari d'Alain Delon ?

L'identité de l'acheteur reste confidentielle. Seul le commissaire-priseur Hervé Poulain a indiqué que la voiture « part à l'étranger » pour rejoindre une collection privée.

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