Présentée au CES 2026 aux États-Unis, la nouvelle Verge TS Pro promet de bousculer la moto électrique avec une batterie dite « solide ».
Révélée au salon CES 2026 de Las Vegas, la Verge TS Pro adopte une batterie à électrolyte solide développée avec la société finlandaise Donut Lab. Selon le média spécialisé en ligne Interesting Engineering, cette technologie permettrait d’offrir une autonomie annoncée jusqu’à 595 km et de récupérer près de 300 km en seulement dix minutes de recharge.
Une première moto électrique à batterie solide présentée au CES 2026
Verge Motorcycles, constructeur finlandais déjà connu pour ses motos au moteur intégré dans la roue arrière, affirme avoir franchi une étape que l’industrie automobile attend depuis des années : le passage de la batterie solide du prototype à la production en série. La TS Pro devient ainsi la première moto électrique commercialisée avec cette technologie.
L’annonce a été faite à l’occasion du CES 2026, grand rendez-vous mondial des technologies organisé chaque année à Las Vegas, aux États-Unis. Verge y dévoile une version de série de la TS Pro, prête pour la commercialisation, intégrant ce nouveau pack batterie conçu avec Donut Lab.
Verge promet une autonomie pouvant atteindre environ 595 km et jusqu’à 300 km d’autonomie récupérés en à peine dix minutes de charge.
Cette avancée place la marque finlandaise en pionnière sur un segment où de nombreux constructeurs automobiles travaillent encore au stade de démonstrateurs ou de prototypes de laboratoire.
Batterie solide : comment Verge veut prendre l’avantage
Les batteries dites « solides » remplacent l’électrolyte liquide ou gélifié des batteries lithium-ion classiques par un matériau solide. Ce choix technique apporte plusieurs bénéfices : meilleure densité énergétique, durée de vie accrue et sécurité renforcée.
D’après Verge, ce nouveau pack a été développé en étroite collaboration avec Donut Lab, une entreprise spécialisée dans cette technologie. Après une longue phase d’essais et de validation, la marque estime que la batterie est suffisamment mature pour entrer en production sur la nouvelle itération de la TS Pro.
Le fabricant explique que cette batterie a été conçue pour durer tout au long de la vie de la moto, sans perte de performance majeure. Elle est annoncée comme capable de supporter des charges ultrarapides tout en conservant sa stabilité thermique.
Des chiffres clés : autonomie et recharge
- Autonomie standard annoncée : environ 350 km
- Option grande autonomie : environ 595 km par charge
- Recharge rapide : près de 300 km récupérés en 10 minutes
- Vitesse de pointe non détaillée, mais accélération de 0 à 100 km/h en 3,5 s
La configuration dite « extended range » ferait passer l’autonomie d’environ 350 à 595 km sur une seule charge, sans surcoût annoncé pour l’acheteur selon Verge. Le constructeur insiste aussi sur le fait que la performance de recharge reste au cœur de l’argumentaire : dix minutes sur une borne adaptée suffiraient à ajouter près de 300 km d’autonomie théorique.
Un moteur Donut 2.0 plus léger mais tout aussi puissant
Au-delà de la batterie, Verge fait évoluer sa partie motrice. La TS Pro adopte un nouveau moteur Donut 2.0, toujours intégré dans la roue arrière, une signature visuelle qui a fait connaître la marque.
Ce moteur de seconde génération pèse 50 % de moins que son prédécesseur, tout en délivrant la même puissance. Le couple atteint 1 000 Nm, une valeur très élevée pour une moto. Verge annonce une accélération de 0 à 100 km/h en 3,5 secondes, soit un niveau comparable à de nombreuses sportives thermiques de haut niveau.
Avec un moteur roue Donut 2.0 allégé de moitié et 1 000 Nm de couple, la TS Pro vise autant les performances que l’usage quotidien.
La TS Pro avait déjà été dévoilée dans une nouvelle version en novembre, lors du salon moto EICMA de Milan. Cette plateforme devient désormais le support de série de la batterie solide, transformant un modèle déjà existant en vitrine technologique.
Sécurité, durabilité et impact industriel
Verge met fortement en avant la sécurité de cette nouvelle batterie. Contrairement aux batteries lithium-ion conventionnelles, la marque affirme que les packs solides qu’elle utilise ne prennent pas feu. La stabilité sur une large plage de températures est également mise en avant.
Pour le directeur général de Verge Motorcycles, Tuomo Lehtimäki, l’arrivée de cette technologie en production sur une moto représente « une percée historique qui bouscule l’ensemble de l’industrie automobile ». Il estime que la société est la première à franchir ce cap sur un véhicule de série.
Du côté de Donut Lab, le directeur technique Ville Piippo souligne le travail mené sur plusieurs années. Il explique que cette technologie est désormais prête à être injectée sur le marché de la mobilité électrique au sens large.
Les deux entreprises insistent aussi sur l’aspect matières premières. Les batteries solides qu’elles utilisent reposeraient principalement sur des matériaux abondants à l’échelle mondiale, ce qui pourrait réduire les tensions sur certaines ressources stratégiques à moyen terme.
Pour Verge et Donut Lab, la batterie solide ouvre la voie à des applications allant de la moto aux voitures, camions, robots et systèmes de stockage stationnaire.
Donut Lab imagine déjà des usages dépassant largement la moto : véhicules légers, camions, robotique industrielle, voire systèmes fixes de stockage d’énergie pour accompagner le développement des énergies renouvelables.
Quelle portée pour les motards et les conducteurs en France ?
Pour un lecteur français, cette annonce reste pour l’instant celle d’un constructeur étranger visant un marché international, mais elle témoigne d’une tendance de fond : l’accélération du passage aux batteries solides dans la mobilité électrique.
En France, la plupart des motos électriques disponibles reposent encore sur des batteries lithium-ion classiques. Les technologies à électrolyte solide font l’objet de recherches et de partenariats entre industriels et laboratoires, mais n’ont pas encore débouché sur des modèles largement commercialisés.
Les enjeux restent identiques à ceux présentés par Verge : autonomie accrue, recharge plus rapide, sécurité renforcée, coût maîtrisé et approvisionnement en matières premières sécurisé. Les constructeurs automobiles présents sur le marché français évoquent régulièrement une adoption industrielle à horizon de quelques années, notamment pour certaines gammes de voitures.
Pour un motard qui roule en France, l’intérêt concret d’une moto comme la TS Pro réside dans la promesse de trajets longue distance sans rallonge de recharge interminable. Si les chiffres avancés se vérifient dans la pratique, un plein partiel de dix minutes pourrait suffire pour effectuer un trajet Paris–Lyon ou Paris–Bruxelles sans angoisse d’autonomie, à condition de disposer de bornes adaptées.
Ce que cela change sur un marché encore modeste
Le marché de la moto électrique reste beaucoup plus restreint que celui de la voiture électrique, en France comme ailleurs. Les modèles urbains dominent, avec des autonomies souvent limitées et des temps de charge qui imposent une certaine organisation.
Une machine affichant près de 600 km d’autonomie théorique et des recharges très rapides change la donne, au moins sur le papier. Elle rend envisageable un usage routier ou autoroutier régulier, ce qui reste encore marginal pour les deux-roues électriques actuels.
Comprendre simplement une batterie « solide »
Une batterie solide reste une batterie rechargeable, mais son électrolyte – le milieu qui permet aux ions de circuler entre l’anode et la cathode – n’est plus liquide ni gélifié. Il s’agit d’un matériau solide, qui peut être céramique, polymère ou composite.
Ce changement de nature d’électrolyte apporte plusieurs gains concrets :
- Le risque de fuite ou d’inflammation est réduit, ce qui améliore la sécurité.
- La densité énergétique peut grimper, donc l’autonomie à taille égale de batterie.
- La longévité s’améliore, avec moins de dégradation au fil des cycles.
- La recharge rapide devient plus accessible si l’architecture est bien maîtrisée.
D’un point de vue industriel, le défi consiste à produire ces batteries à grande échelle, avec un coût compatible avec une commercialisation de masse. C’est ce verrou que Verge affirme avoir commencé à lever sur le segment de la moto, là où la taille plus réduite des packs peut faciliter une première industrialisation par rapport aux grandes batteries de voitures.
Quels bénéfices et quels points de vigilance pour l’utilisateur ?
Pour un utilisateur potentiel, une moto comme la Verge TS Pro présente plusieurs avantages concrets : autonomie annoncée très élevée, chargements éclair, réduction des risques d’incendie et durée de vie théorique de la batterie alignée sur celle du véhicule. La disponibilité de matériaux abondants peut aussi limiter certaines hausses de coûts liées aux tensions sur le marché des métaux.
Reste la question, fréquente sur toute nouvelle technologie, du comportement dans la vie réelle : autonomie en usage mixte, performance de la recharge sur des réseaux publics variés, tenue de la batterie dans le temps, coûts d’entretien et de réparation. Les premières livraisons annoncées par Verge dans les prochains mois permettront de confronter ces promesses à l’expérience des premiers clients, avant une éventuelle diffusion plus large en Europe et en France.








