À Athènes, de plus en plus de Britanniques posent leurs valises. Le climat compte, mais une autre raison les attire en Grèce.
Selon un article du site britannique Daily Mail consacré au voyage et au mode de vie des expatriés, la capitale grecque séduit un nombre croissant de ressortissants du Royaume-Uni. Loin des îles de carte postale, ces nouveaux arrivants privilégient Athènes, attirés par un élément très concret du quotidien, bien plus que par le soleil ou la mer Égée.
Des Britanniques qui délaissent les plages pour la capitale grecque
L’article du Daily Mail décrit une tendance nette : Athènes devient une base de vie pour des Britanniques qui souhaitent s’installer en Grèce. La ville n’offre pas de grandes plages de sable fin en plein centre et les étés y sont étouffants, mais elle concentre les services, les transports et surtout des prix jugés plus abordables que dans les grandes métropoles britanniques.
Ces expatriés ne cherchent pas seulement un changement de décor. Beaucoup quittent le Royaume-Uni après avoir constaté la hausse du coût de la vie, des loyers et des factures. Athènes apparaît alors comme un compromis entre vie urbaine, patrimoine culturel et dépenses courantes plus contenues.
Athènes attire notamment des Britanniques qui n’ont plus les moyens de supporter les loyers et les charges de leur ville d’origine au Royaume-Uni.
Les témoignages recueillis par le média britannique mettent en avant une idée récurrente : à budget équivalent, la qualité de vie est perçue comme meilleure à Athènes, même si les salaires grecs restent globalement plus bas que ceux observés au Royaume-Uni.
Ce qui les décide vraiment : le coût du logement et du quotidien
Derrière l’image de carte postale, la motivation clé est financière. Les Britanniques interrogés soulignent la différence de coût entre leur ancienne vie dans les grandes villes du Royaume-Uni – Londres ou d’autres centres urbains chers – et leur nouvelle vie athénienne.
- Loyers jugés plus accessibles que dans les grandes métropoles britanniques
- Factures du quotidien ressenties comme moins lourdes
- Possibilité d’accéder à un logement plus grand pour un prix équivalent
- Vie urbaine animée, sans les tarifs londoniens
Les loyers constituent souvent la première motivation. Dans certaines zones d’Athènes, les expatriés britanniques estiment pouvoir trouver un appartement de taille correcte pour un montant qu’ils jugeaient insuffisant dans leur ville de départ.
Cette impression de « respirer » sur le plan financier est largement mise en avant. Le fait de pouvoir fréquenter cafés, restaurants et lieux culturels sans exploser son budget est également cité comme un avantage décisif.
Pour nombre d’entre eux, Athènes permet de renouer avec une certaine forme de vie urbaine détendue, où sortir le soir reste possible sans surveiller chaque dépense.
Une ville moins chère… mais pas un eldorado sans limites
Le Daily Mail rappelle toutefois qu’Athènes n’est pas une destination miraculeuse. L’augmentation du nombre d’expatriés et l’essor des locations de courte durée ont aussi tendu le marché immobilier local, notamment dans les quartiers centraux. Les prix y montent, même s’ils restent souvent inférieurs à ceux de Londres.
Pour les Britanniques, l’enjeu consiste donc à trouver le bon équilibre entre quartier, loyer et accessibilité. Certains privilégient les zones légèrement excentrées, mieux desservies depuis l’ouverture et l’extension des lignes de métro, afin de contenir leurs charges mensuelles.
Entre Brexit, télétravail et envie de changement
Au-delà des simples économies, le Daily Mail décrit un phénomène plus large. Le Brexit, les possibilités accrues de télétravail et la montée générale des prix au Royaume-Uni ont poussé certaines personnes à envisager un départ durable vers l’étranger.
Athènes coche alors plusieurs cases :
- ville européenne avec une vie culturelle riche et une forte identité historique ;
- aéroport bien connecté vers le Royaume-Uni et le reste de l’Europe ;
- cadre méditerranéen, avec des hivers plus doux qu’à Londres ou Manchester ;
- possibilité de travailler à distance pour une entreprise basée ailleurs.
Cette combinaison attire autant des actifs que des retraités britanniques. Certains conservent des liens professionnels avec le Royaume-Uni tout en vivant en Grèce, ce qui renforce l’intérêt économique d’un départ : revenus de pays riche, dépenses du quotidien dans un pays où la vie reste perçue comme moins chère.
Le télétravail et le Brexit ont ouvert une brèche : vivre ailleurs devient une option réelle pour des Britanniques qui, auparavant, se sentaient enfermés dans le marché immobilier local.
Un mode de vie méditerranéen qui séduit au-delà du climat
Le climat reste un argument. Athènes offre un ensoleillement bien plus généreux que la plupart des villes britanniques. Mais l’article souligne que ce n’est pas la motivation centrale de ces expatriés.
Ce qui est mis en avant tient davantage au rythme de vie : repas pris dehors une grande partie de l’année, sociabilité importante dans les quartiers, nombreux cafés où travailler ou se retrouver, et accès rapide aux îles grecques pour les week-ends et vacances. Pour beaucoup, Athènes permet de profiter de ce mode de vie méditerranéen sans renoncer aux avantages d’une grande capitale.
Athènes face aux enjeux de l’afflux d’expatriés
Cette arrivée de Britanniques et d’autres ressortissants étrangers n’est pas sans conséquences pour la ville. L’article du Daily Mail mentionne les tensions sur le marché locatif et les craintes de certains habitants grecs qui voient les prix grimper dans leurs quartiers.
La municipalité d’Athènes doit composer avec plusieurs phénomènes : développement des locations de courte durée, investissement étranger dans l’immobilier, augmentation de la demande pour certains secteurs déjà touristiques. Ces tendances, déjà observées dans d’autres capitales européennes, se renforcent avec l’arrivée de nouveaux expatriés en quête de loyers plus bas.
L’attractivité d’Athènes pour les étrangers pose une question sensible : comment accueillir ces nouveaux habitants sans exclure les locaux des quartiers centraux ?
Pour un lecteur français, la situation rappelle les débats observés à Lisbonne, Barcelone ou certaines villes françaises, où l’essor des locations touristiques et des résidences secondaires modifie en profondeur les centres urbains.
Quelles différences pour un Français tenté par Athènes ?
Pour un Français qui envisage de s’installer en Grèce, le raisonnement financier peut ressembler à celui des Britanniques, mais le cadre juridique diffère. Les citoyens français restent des ressortissants de l’Union européenne, contrairement aux Britanniques depuis le Brexit.
Un Français peut donc :
- s’installer en Grèce sans demander de visa de long séjour, en tant que citoyen de l’UE ;
- travailler sur place, y compris comme salarié, sans autorisation de travail spécifique ;
- circuler librement entre la France et la Grèce, sous réserve des contrôles habituels.
Là où un Britannique doit composer avec des démarches administratives nouvelles depuis la sortie du Royaume-Uni de l’UE, un Français bénéficie encore de la liberté de circulation. En revanche, les questions de coût de la vie et de logement se posent de façon similaire : un départ ne se justifie que si les revenus suivent.
Pour un salarié français au Smic ou légèrement au-dessus, l’intérêt d’un déménagement en Grèce dépendra de plusieurs facteurs : secteur d’activité, possibilité de travail à distance, niveau de salaire proposé localement. Les salaires grecs sont en moyenne plus bas que ceux versés en France, même si certains Français qui télétravaillent pour une entreprise française ou internationale peuvent y trouver un bénéfice économique réel.
Ce que change cette tendance pour la France
La situation décrite par le Daily Mail éclaire un mouvement qui concerne aussi la France : face à l’augmentation du coût du logement dans les grandes villes, certains actifs envisagent de vivre à l’étranger, en particulier lorsqu’ils peuvent conserver un emploi à distance.
En France, ce phénomène se traduit déjà par un exode interne des grandes métropoles vers des villes moyennes ou des zones rurales, encouragé par le télétravail. L’étape suivante, observée chez certains Britanniques, consiste à franchir les frontières pour profiter de villes moins chères dans d’autres pays européens.
Pour un lecteur français, Athènes illustre un scénario possible : conserver un lien professionnel avec son pays d’origine tout en s’installant dans une capitale où le coût du quotidien reste, pour l’instant, plus accessible. Cette stratégie comporte néanmoins des risques : fluctuation des règles de résidence, évolution du marché immobilier grec, adaptation culturelle et linguistique.
Enfin, cette tendance interroge la manière dont les grandes villes européennes gèrent l’arrivée de professionnels aisés à distance. L’afflux de résidents étrangers mieux rémunérés peut accélérer la hausse des loyers, qu’il s’agisse d’Athènes, de Lisbonne ou de certaines villes françaises prisées. Les autorités locales doivent alors arbitrer entre attractivité internationale et protection du pouvoir d’achat de leurs habitants.








