En Espagne, un formateur de la chaîne de garages Norauto détaille comment alléger sa facture de carburant sans investir dans un véhicule neuf.
À l’occasion de la Semaine européenne de la mobilité, la filiale espagnole de l’enseigne de maintenance automobile Norauto a mis en avant une série de conseils techniques et de gestes au volant. Manuel Magro, formateur en mécanique et diagnostic chez Norauto Espagne, explique au média spécialisé que l’alliance d’un bon entretien et d’une conduite plus souple permettrait de réduire la consommation de carburant jusqu’à 20 % sans changer de voiture.
Un entretien préventif pour limiter la consommation
Pour Manuel Magro, la première marge de manœuvre se trouve sous le capot. Un véhicule correctement entretenu brûle mieux le carburant, pollue moins et coûte moins cher à faire rouler sur la durée.
Selon Norauto Espagne, un entretien préventif bien réalisé peut contribuer, avec une conduite adaptée, à une économie de carburant pouvant atteindre 20 %.
La pression des pneus, un réglage loin d’être anodin
Le mécanicien rappelle d’abord l’impact des pneumatiques. Des pneus sous-gonflés augmentent la résistance au roulement, ce qui demande plus d’énergie au moteur.
- Un gonflage en dessous des valeurs recommandées entraîne une hausse de consommation d’environ 3 %.
- Le pneu s’use plus vite, ce qui impose un remplacement anticipé.
- La tenue de route se dégrade, en particulier sur sol mouillé.
Les recommandations de pression figurent en général sur une étiquette collée dans l’encadrement de porte ou la trappe à carburant. En France comme en Espagne, elles varient selon la charge et la vitesse prévue.
Filtres et moteur propres pour une combustion efficace
Autre point clé cité par Manuel Magro : les filtres et le système d’injection. Un filtre à air saturé réduit l’arrivée d’oxygène dans le moteur.
Moins d’oxygène signifie une combustion moins complète, donc une hausse de la consommation et des rejets polluants. Le filtre à huile, lui, protège les organes internes contre l’usure prématurée. Un remplacement régulier limite les frictions internes et aide le moteur à fonctionner dans sa plage optimale.
Le formateur insiste aussi sur l’intérêt de la « décarbonisation » du moteur et du nettoyage des injecteurs. Avec les kilomètres, des dépôts de suie s’accumulent dans la chambre de combustion et sur les injecteurs. Leur élimination permet :
- de retrouver une pulvérisation correcte du carburant ;
- d’améliorer le rendement du moteur ;
- de réduire les émissions en vue du contrôle technique (ITV en Espagne, équivalent du contrôle technique français).
Adapter sa conduite pour consommer moins
Au-delà de l’atelier, les habitudes au volant pèsent lourd dans la facture à la pompe. La façon d’accélérer, de freiner et de passer les rapports modifie directement le nombre de litres brûlés pour parcourir un même trajet.
Conduite progressive et anticipation
Norauto Espagne recommande une conduite dite « progressive ». L’idée est simple : limiter les à-coups.
- Éviter les coups d’accélérateur pour atteindre rapidement la vitesse souhaitée.
- Anticiper les ralentissements et lever le pied en avance.
- Utiliser le frein moteur en rétrogradant plutôt que freiner tard et fort.
Quand le conducteur lève le pied et laisse le moteur freiner la voiture, la plupart des moteurs modernes coupent l’injection. Pendant ces phases de décélération, la consommation tombe alors quasiment à zéro, ce qui, répété à chaque freinage, finit par peser sur la moyenne.
Bien choisir le régime moteur et la bonne vitesse
Le formateur donne aussi des repères concrets sur le passage des vitesses :
- entre 1 500 et 2 000 tours/minute pour un moteur diesel ;
- entre 2 000 et 2 500 tours/minute pour un moteur essence.
L’objectif reste de rouler le plus possible sur le rapport le plus long, tout en conservant une marge de sécurité. Un moteur qui tourne trop haut dans les tours consomme beaucoup. À l’inverse, un moteur qui « broute » à très bas régime travaille en sous-régime, ce qui peut provoquer des vibrations et de l’usure.
Couper le moteur lors des arrêts prolongés
Pour les véhicules qui ne disposent pas de système Stop & Start, Norauto Espagne recommande de couper le contact lors des arrêts supérieurs à une minute. Un moteur qui tourne au ralenti consomme du carburant sans faire avancer la voiture. Dans la circulation urbaine dense ou à un passage à niveau, ce réflexe peut se traduire par des économies mesurables sur l’année.
Dans les embouteillages ou lors d’attentes répétées, couper le moteur dès que l’arrêt dépasse la minute évite un gaspillage de carburant au ralenti.
Aérodynamique, charge et climatisation : les postes souvent oubliés
Norauto Espagne attire aussi l’attention sur tout ce qui perturbe l’aérodynamique ou alourdit inutilement la voiture. À vitesse stabilisée, notamment sur autoroute, ces détails se traduisent par des litres supplémentaires à la pompe.
Alléger le véhicule et retirer les accessoires inutiles
Les porte-vélos et barres de toit non utilisés créent une traînée aérodynamique importante. Même à vide, ils augmentent la surface exposée au vent et perturbent l’écoulement de l’air. Sur longs trajets rapides, cette surconsommation devient significative.
Le mécanicien conseille également de vider le coffre des objets lourds et non indispensables. Chaque kilo supplémentaire oblige le moteur à fournir davantage d’efforts, surtout en ville ou sur routes vallonnées.
Climatisation ou fenêtres ouvertes selon le type de trajet
La climatisation puise son énergie directement dans le moteur thermique. Sa mise en route fait monter instantanément la consommation. Norauto Espagne nuance toutefois son usage selon le contexte :
- en ville, à faible vitesse, baisser les vitres reste souvent plus sobre que de laisser tourner la clim ;
- sur route ou autoroute, il vaut mieux fermer les vitres et utiliser la climatisation, car les vitres ouvertes dégradent fortement l’aérodynamique à haute vitesse.
L’idée consiste à ajuster la climatisation à la température réellement nécessaire et à l’éteindre dès que l’habitacle s’est rafraîchi.
Les conseils spécifiques aux véhicules hybrides
Norauto Espagne détaille aussi des recommandations pour les véhicules hybrides, qu’ils soient non rechargeables (HEV) ou hybrides rechargeables (PHEV). Dans ces modèles, la gestion de l’énergie électrique joue un rôle central.
Miser sur la récupération d’énergie au freinage
La « freinage régénératif » permet au moteur électrique de fonctionner comme un générateur lors des décélérations. En retirant le pied de l’accélérateur et en freinant tôt et progressivement, une partie de l’énergie cinétique est convertie en électricité, puis stockée dans la batterie.
Cette énergie sera ensuite utilisée pour assister le moteur thermique ou alimenter la traction en mode électrique, ce qui réduit la consommation de carburant.
Bien utiliser les différents modes de conduite
Les véhicules hybrides proposent souvent plusieurs modes, chacun adapté à un usage :
- le mode Eco, conseillé pour la ville, limite la puissance délivrée et favorise les phases électriques ;
- le mode Hybride, recommandé pour la route, gère automatiquement l’alternance entre thermique et électrique.
Pour les hybrides rechargeables, Manuel Magro recommande de privilégier le mode 100 % électrique en milieu urbain, là où les bénéfices sont les plus importants : faibles vitesses, arrêts fréquents et distances modérées.
Veiller à partir avec une batterie chargée sur les PHEV
Un hybride rechargeable utilisé avec une batterie vide devient un simple véhicule thermique qui traîne le poids de sa batterie, avec un impact direct sur la consommation moyenne.
Norauto Espagne insiste sur ce point : rouler en PHEV avec la batterie déchargée annule en grande partie l’intérêt du système. Le moteur thermique doit alors fournir l’effort nécessaire pour déplacer la voiture et le surpoids de la batterie, ce qui peut faire grimper la consommation au-dessus d’un modèle thermique classique équivalent.
Ce que cela change pour un automobiliste en France
Les recommandations de Norauto Espagne s’appliquent largement aux automobilistes français. Le réseau Norauto est également très implanté en France et propose des services comparables d’entretien préventif, de contrôle des pneus, de remplacement de filtres ou de décalaminage du moteur.
En France, le contrôle technique joue un rôle voisin de l’ITV espagnole : il vérifie notamment les émissions polluantes. Un moteur entretenu, des injecteurs propres et un système d’échappement en bon état mettent plus de chances du côté du conducteur pour valider cette étape obligatoire.
Concernant la conduite économique, la Sécurité routière et de nombreux organismes publics français diffusent des messages similaires : accélérations souples, anticipation, respect des régimes conseillés et arrêt du moteur lors des attentes prolongées. Les principes avancés par le formateur espagnol rejoignent donc les recommandations déjà connues, mais avec des repères chiffrés utiles, comme les plages de régime pour les moteurs essence et diesel.
Des gains cumulés sur la facture et sur l’usure du véhicule
Ces différents leviers ne se limitent pas à quelques centimes économisés à chaque plein. Leur effet est cumulatif : moindre consommation, usure réduite des pneus, du système de freinage, du moteur et du système d’injection.
Un conducteur qui surveille la pression de ses pneus, allège son coffre, respecte les préconisations constructeur pour les filtres et l’huile, adapte sa conduite et utilise intelligemment la climatisation peut réduire sensiblement ses dépenses annuelles de carburant. Sur un véhicule hybride ou hybride rechargeable, une bonne gestion de la batterie et du freinage régénératif amplifie encore ces gains.
Pour un automobiliste français confronté à la hausse du prix des carburants, ces conseils issus de l’expérience de terrain d’un mécanicien Norauto offrent une marge d’action concrète, sans investissement majeur ni changement de véhicule.








