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Les urgentistes sont unanimes : ce geste très banal en voiture peut provoquer des blessures mortelles

Les urgentistes sont unanimes : ce geste très banal en voiture peut provoquer des blessures mortelles

Aux États-Unis, des médecins des urgences alertent sur une habitude très répandue chez les passagers, capable de transformer un banal trajet en drame.

Interrogés par le média américain Parade, deux pédiatres urgentistes expliquent pourquoi une position que l’on adopte volontiers en voiture peut provoquer, en cas de freinage brutal ou de collision, des fractures graves et des séquelles à vie. Leur message vaut aussi bien pour les adultes que pour les adolescents et les enfants transportés à l’avant.

Le geste anodin qui fait frémir les urgentistes américains

Les deux spécialistes interrogés dans cet article, qui exercent dans des services d’urgences pédiatriques en Californie et au Nevada, décrivent le même réflexe avec inquiétude : le passager qui installe tranquillement ses pieds sur le tableau de bord.

Pour beaucoup, cette position incarne le confort absolu lors d’un long trajet. On recule légèrement le siège, on se détend et l’on pose les pieds devant soi, sur le tableau de bord, parfois contre le pare-brise. Une scène fréquente sur les autoroutes américaines, racontent les médecins, mais qui les « fait grimacer » dès qu’ils la croisent.

Mettre ses pieds sur le tableau de bord, même quelques minutes, augmente fortement le risque de blessures graves aux jambes, au bassin et au visage en cas de choc.

Le docteur Solomon Behar, médecin en urgence pédiatrique dans deux hôpitaux de Long Beach, en Californie, explique que cette habitude transforme l’airbag en véritable danger. Ce dispositif, censé protéger le thorax et la tête, devient une source potentielle de mutilations lorsque les membres inférieurs sont dans sa zone de déploiement.

Airbag, inertie et jambes projetées : la mécanique du traumatisme

Lors d’une collision ou d’un freinage très brutal, deux phénomènes se combinent : la vitesse d’ouverture de l’airbag et la projection du corps vers l’avant. Les airbags se gonflent en une fraction de seconde, avec une force considérable, pour amortir le choc. Cette violence est calibrée pour intercepter un buste et une tête dans une position assise normale.

Quand le passager a les jambes allongées sur le tableau de bord, tout change. Selon le docteur Behar, l’impact peut :

  • pousser violemment les genoux vers la poitrine ;
  • enfoncer les jambes dans le tableau de bord ;
  • provoquer des fractures complexes des hanches, des genoux et du bassin ;
  • entraîner des luxations (déboîtements) des articulations ;
  • projeter les jambes vers le visage en cas de choc très violent.

Le docteur Jacob Snow, urgentiste pédiatrique à Las Vegas, insiste sur un autre scénario très courant : pas forcément un accident spectaculaire, mais un freinage extrêmement sec pour éviter une collision. Même sans choc frontal, le fait d’avoir les pieds en hauteur peut suffire à briser des os longs de la jambe ou à déboîter des articulations.

À chaque trajet, il existe un risque, même faible, d’accident. Ajouter les pieds sur le tableau de bord, c’est ajouter un risque évitable et parfaitement inutile.

Des séquelles lourdes, surtout chez les plus jeunes

Pour les enfants et adolescents, les conséquences peuvent être particulièrement lourdes. Le docteur Snow rappelle qu’un traumatisme sévère de la hanche peut abîmer la zone de croissance de l’os. Chez un enfant encore en pleine croissance, cela peut conduire à un développement anormal de l’articulation.

Ce type de lésion augmente nettement le risque d’arthrose précoce, parfois dès l’âge adulte jeune, avec à la clé des douleurs chroniques, une gêne à la marche et, dans certains cas, la nécessité d’une prothèse de hanche bien plus tôt que la moyenne.

Pour les adultes, ces blessures entraînent souvent de longues opérations, des mois de rééducation et parfois une incapacité durable au travail ou aux activités sportives. Les fractures du bassin, des hanches ou des genoux font partie des traumatismes les plus lourds à gérer dans les services d’orthopédie.

Autres mauvaises positions à éviter en voiture

Les deux urgentistes américains ne s’arrêtent pas aux pieds sur le tableau de bord. Selon eux, plusieurs autres postures très fréquentes augmentent le risque de blessures graves :

  • croiser les jambes en position assise ;
  • allonger exagérément le dossier ;
  • se coucher sur le côté, même avec la ceinture attachée.

Le docteur Behar explique que ces positions modifient la façon dont le corps se déplace en cas de choc et réduisent l’efficacité de la ceinture de sécurité. Le bassin peut glisser sous la ceinture, la colonne vertébrale se tordre, la tête heurter des parties de l’habitacle qui sont normalement hors de portée.

Changer la position naturelle assise détériore tout le système de protection conçu par les constructeurs : ceinture, airbags, forme du siège.

Comment s’asseoir en sécurité : les recommandations des urgentistes

Les deux médecins appellent à revenir à une position simple : assis droit, les fesses bien au fond du siège, les genoux fléchis et les pieds posés au sol. La ceinture doit être correctement ajustée, sans être tordue ni passer sous le bras.

Le docteur Behar précise que cette position permet à la ceinture et aux airbags de répartir les forces de l’impact sur les zones les plus solides du corps, notamment le bassin et la cage thoracique. Elle limite également le risque de voir les jambes ou le bassin subir le choc de plein fouet.

Le docteur Snow rappelle que les voitures modernes sont conçues pour protéger des passagers assis de façon standard, pieds au plancher. Certains modèles disposent même d’airbags spécifiques pour les genoux, efficaces uniquement si les membres inférieurs sont dans la zone prévue par le constructeur.

Ce qu’il faut faire pour les enfants à bord

Les recommandations partagées par les deux urgentistes rejoignent les principes de sécurité routière appliqués en France :

  • utiliser un siège auto ou un rehausseur adapté à l’âge et au poids de l’enfant ;
  • installer les enfants à l’arrière aussi longtemps que possible ;
  • garder les adolescents à l’arrière au moins jusqu’à 13 ans ;
  • toujours veiller à ce que la ceinture soit bien positionnée : partie ventrale sur le bassin, partie diagonale sur l’épaule et la poitrine, jamais sur le cou.

Les médecins américains insistent sur un point : même les plus grands, une fois sortis du rehausseur, doivent continuer à voyager à l’arrière jusqu’à l’adolescence. Ils rappellent aussi qu’un enfant ou un adolescent à l’avant, jambes levées sur le tableau de bord, s’expose à des traumatismes très graves en cas de déclenchement de l’airbag.

Ce que cela change pour les conducteurs et passagers en France

Si le témoignage relayé par Parade concerne les États-Unis, les principes physiques sont les mêmes en France. Les airbags se déploient partout dans le monde avec une force importante et en un temps très court, quels que soient le pays ou la marque du véhicule. Les services d’urgences français constatent eux aussi régulièrement des blessures aggravées par une mauvaise position en voiture.

Les règles de base rejoignent celles mises en avant par les deux urgentistes américains :

  • ne jamais laisser un passager, même à l’arrière si le siège est avancé, poser ses pieds sur le tableau de bord ;
  • refuser que quelqu’un voyage à moitié allongé, allongé sur le côté ou jambes croisées sur un long trajet ;
  • vérifier que chacun porte sa ceinture, bien serrée, quel que soit le siège occupé ;
  • rappeler aux adolescents qu’une position « confortable » peut les conduire aux urgences après un simple freinage brusque.

En France, la sécurité routière insiste déjà sur le bon port de la ceinture et l’usage obligatoire des sièges auto pour les enfants. L’alerte venue des États-Unis apporte un complément utile : même sans excès de vitesse, c’est aussi la façon de s’installer dans la voiture qui fait la différence entre une simple frayeur et un drame familial.

Pourquoi ce geste reste si courant malgré les risques

Les médecins décrivent un mécanisme bien connu : on baisse la garde sur ce que l’on fait tous les jours. Monter dans une voiture plusieurs fois par jour finit par paraître anodin. Le passager, surtout s’il ne conduit pas, pense rarement à la dynamique d’un choc potentiel.

En cas de longue route, les jambes lourdes ou engourdies poussent naturellement à vouloir se détendre. Reculer le siège ou allonger les jambes paraît logique, d’autant que rien de dangereux ne se produit la plupart du temps. C’est précisément cette habitude répétée sans incident qui donne un faux sentiment de sécurité.

Un trajet sans incident n’est pas la preuve qu’un comportement est sans danger, c’est juste la preuve qu’il n’y a pas eu d’accident ce jour-là.

Les urgentistes, eux, voient l’envers du décor : les quelques cas où « ça se passe mal » suffisent à confirmer que ce geste banal transforme un accident modéré en traumatisme majeur.

Un réflexe simple à adopter avant chaque départ

Pour réduire ces risques, un automatisme peut être pris avant chaque trajet, court ou long :

  • vérifier que tout le monde a bouclé sa ceinture ;
  • regarder la position de chaque passager, surtout à l’avant ;
  • demander à remettre le siège dans une position assise normale ;
  • faire poser systématiquement les pieds au sol, genoux fléchis ;
  • rappeler, sans dramatiser, que ce réflexe évite des blessures très graves en cas d’imprévu.
  • Pour les conducteurs comme pour les passagers, ce type de rappel contribue à ancrer un comportement de sécurité au même titre que la ceinture. Une fois intégré, il devient aussi automatique que de fermer la portière ou de vérifier la présence des enfants sur la banquette arrière.

    Au final, l’avertissement lancé par ces urgentistes américains rejoint un principe partagé par les spécialistes de la traumatologie routière : la gravité des blessures ne dépend pas seulement de la vitesse ou du choc, mais aussi de la position du corps au moment de l’impact. Dans l’habitacle, quelques centimètres et un simple changement de posture peuvent faire toute la différence entre un bleu et une opération lourde à l’hôpital.

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