Au Brésil, une psychologue décrit quatre phrases typiques des personnes sereines face au stress, qui gèrent l’anxiété sans se laisser déborder.
Dans un article du média brésilien de bien-être Bem-Estar, la psychologue Denise Milk détaille comment certaines personnes parviennent à vivre avec l’anxiété sans qu’elle prenne toute la place. Leur secret ne tiendrait pas à une absence totale d’angoisse, mais à une façon particulière de penser et de parler, qui se retrouve dans quatre phrases simples, répétées au quotidien.
Des personnes moins anxieuses, pas dépourvues d’anxiété
L’article, publié le 27 avril 2026 par Bem-Estar, rappelle d’abord que l’anxiété n’est pas un défaut en soi. Il s’agit, selon la psychologue Denise Milk, diplômée en psychologie à l’Université Vale do Rio dos Sinos au Brésil, d’une fonction adaptative du système nerveux. Elle permet d’anticiper les dangers et de faciliter la prise de décision.
Les personnes qui semblent « ne pas être anxieuses » ne sont donc pas immunisées. Elles ont développé, explique la spécialiste, une capacité plus fine à gérer l’impact de ces pensées anxieuses sur leur vie quotidienne.
Pour Denise Milk, il ne s’agit pas d’absence d’anxiété, mais d’une « sophistication dans son traitement », rendue visible par la manière de se parler à soi-même.
Autrement dit, ces personnes ressentent l’alerte interne, mais ne se laissent pas entraîner dans un tourbillon de scénarios catastrophes. Cette gestion plus apaisée se retrouve dans leurs mots, dans la façon dont elles reformulent problèmes, délais et incertitudes.
Quatre phrases qui trahissent une bonne gestion de l’anxiété
Selon la psychologue, les individus moins anxieux partagent un point commun : un « répertoire interne » plus organisé. Cela se manifeste par des phrases qui ancrent dans le présent, redonnent du contrôle et clarifient les priorités.
1. « Je m’occuperai de ça quand ce sera nécessaire »
Cette première phrase signale une capacité à remettre les choses à leur juste temps. Elle ne reflète pas de la procrastination, mais un tri entre ce qui demande une action immédiate et ce qui relève encore de l’hypothèse.
Dire « je m’occuperai de ça quand ce sera nécessaire » réduit la place des scénarios imaginaires et limite l’anticipation anxieuse inutile.
Pour une personne très anxieuse, un rendez-vous médical prévu dans un mois peut occuper toutes les pensées dès l’instant où il est fixé. À l’inverse, quelqu’un qui utilise cette phrase reconnaît le sujet, mais refuse de lui accorder une énergie disproportionnée avant qu’il ne devienne concret.
2. « Qu’est-ce qui est sous mon contrôle maintenant ? »
La deuxième phrase repère mise sur la distinction entre ce qui dépend de soi et ce qui échappe totalement à sa maîtrise. Cette approche rejoint un principe bien connu en psychologie : focaliser ses efforts sur la zone d’action réelle.
En se demandant « qu’est-ce qui est sous mon contrôle maintenant ? », la personne canalise son attention sur des gestes précis : préparer des documents, envoyer un message, demander de l’aide, organiser son temps.
- Elle limite la rumination sur des éléments externes (la réaction des autres, l’avenir, les imprévus).
- Elle se donne une marge d’action concrète.
- Elle diminue la sensation d’impuissance, très liée aux crises d’angoisse.
3. « Un pas après l’autre »
Troisième phrase identifiée par Denise Milk : « un pas après l’autre ». Cette formule signale un découpage volontaire des tâches, utile lorsque tout semble trop lourd ou trop urgent.
« Un pas après l’autre » aide à faire redescendre la pression en transformant une montagne en une série de petites marches franchissables.
On la retrouve fréquemment chez les personnes qui savent hiérarchiser : elles traitent d’abord la première étape, puis la suivante, au lieu de se laisser écraser par l’ensemble. Cette logique permet de mieux tolérer l’incertitude, car l’attention reste centrée sur l’étape présente.
4. « Tout n’a pas besoin d’être réglé aujourd’hui »
Enfin, la quatrième phrase mise en avant dans l’article brésilien est une mise à distance du culte de l’urgence : « tout n’a pas besoin d’être réglé aujourd’hui ».
Ce type de formulation indique une capacité à accepter que certains sujets prennent du temps, restent ouverts, ou avancent plus lentement que prévu. Elle protège contre l’illusion qu’il faudrait tout solder immédiatement, au risque de s’épuiser.
Pour Denise Milk, ces phrases ne relèvent pas d’un simple optimisme naïf. Elles correspondent plutôt à des « schémas cognitifs plus fonctionnels », c’est-à-dire à une manière de penser alignée sur la réalité et sur ses propres limites, plutôt que sur la peur permanente.
Quand l’anxiété devient un problème de santé
Le média brésilien rappelle que l’anxiété devient un trouble lorsqu’elle se manifeste de façon disproportionnée et paralysante, au point de perturber fortement la routine quotidienne. Elle n’est alors plus seulement un signal, mais une source de souffrance constante.
Bem-Estar liste plusieurs manifestations fréquentes associées à cette forme d’anxiété problématique :
- sensations de manque d’air, ou respiration courte ;
- palpitations ou cœur qui s’emballe sans effort particulier ;
- préoccupations envahissantes, difficiles à contrôler ;
- irritabilité amplifiée, avec réactions parfois disproportionnées ;
- transpiration importante, impression d’être en alerte en permanence.
Lorsque ces symptômes s’installent, la psychologue recommande de consulter un professionnel, psychiatre ou psychologue, pour identifier l’origine du trouble et éviter des complications.
Dans ces situations, les quatre phrases citées plus haut ne suffisent évidemment pas à elles seules. Elles peuvent accompagner un travail thérapeutique, mais ne remplacent ni un diagnostic ni un suivi adapté, surtout lorsque l’anxiété devient invalidante.
Ce que ces phrases changent concrètement au quotidien
Les formulations mises en avant par Denise Milk ont un point commun : elles organisent le chaos intérieur. En ramenant au présent, en distinguant contrôle et incertitude, en fractionnant les tâches et en relativisant l’urgence, elles allègent la charge mentale.
Employées régulièrement, ces phrases peuvent :
- limiter les ruminations avant de dormir ;
- rendre plus supportables les périodes d’attente (résultats d’examens, réponses professionnelles) ;
- réduire les conflits liés à la pression du « tout, tout de suite » ;
- favoriser des décisions plus posées, moins influencées par la panique.
La spécialiste brésilienne insiste : il ne s’agit pas de bannir les émotions désagréables, mais d’apprendre à les traiter avec davantage de lucidité. Les personnes qui parlent ainsi ne sont pas forcément plus courageuses, elles ont simplement consolidé, avec le temps, un certain type de dialogue intérieur.
Comment ce regard sur l’anxiété résonne-t-il en France ?
En France, les psychologues et psychiatres décrivent depuis longtemps l’anxiété comme une émotion normale, nécessaire à la survie, qui ne devient un trouble qu’à partir du moment où elle envahit le fonctionnement quotidien. Cette approche se rapproche de la vision présentée par Bem-Estar au Brésil.
Les personnes françaises concernées par une anxiété forte peuvent se tourner vers plusieurs interlocuteurs :
- un médecin généraliste, souvent premier point de contact, capable d’orienter vers un spécialiste ;
- un psychologue, en cabinet ou dans un centre médico-psychologique ;
- un psychiatre, lorsque l’intensité des symptômes nécessite une évaluation médicale et, éventuellement, un traitement.
En parallèle d’une prise en charge, travailler ses automatismes de langage peut compléter utilement l’accompagnement. Adopter des formules qui reprennent certains des principes décrits par Denise Milk – focalisation sur le présent, reconnaissance des limites, hiérarchisation des tâches – va dans le même sens que de nombreux outils utilisés en thérapie comportementale et cognitive.
Apprendre à utiliser ce type de phrases soi-même
Pour un lecteur français, ces quatre phrases peuvent servir de base à un petit exercice quotidien. L’idée n’est pas de se forcer à y croire immédiatement, mais de les utiliser comme des repères lorsque le stress monte.
Avec le temps, ce type d’automatisme verbal peut modifier légèrement la façon dont le cerveau réagit à l’alarme anxieuse. Il ne remplace pas un traitement ou une thérapie quand ceux-ci s’avèrent nécessaires, mais constitue un appui supplémentaire pour structurer ses réactions.
L’article de Bem-Estar illustre ainsi un point clé souvent confirmé par les professionnels : le vocabulaire que l’on emploie pour parler de ses peurs, de ses délais et de ses obligations n’est pas neutre. Il influence directement la manière dont l’anxiété s’installe, ou non, dans la durée.








