Une rue de Singapour a été le théâtre d’attaques répétées de corbeaux, créant un climat d’angoisse chez les passants.
À Singapour, plusieurs piétons ont été pris pour cible par des corbeaux en plein vol, dans une scène qui rappelle directement le film « Les Oiseaux » d’Alfred Hitchcock, rapporte le site spécialisé sur la faune Wildlife. Les autorités locales attribuent ces assauts spectaculaires à un comportement de défense des nids pendant la période de reproduction.
Une semaine de frayeur dans une rue de Singapour
Les faits se sont déroulés à la fin de la semaine dernière, dans une rue très fréquentée de Singapour. Au moins six personnes ont été attaquées par des corbeaux en quelques jours, selon les autorités locales. Les oiseaux ont fondu sur les passants en piqué, effleurant ou frappant leur tête, les contraignant à fuir ou à se protéger comme ils le pouvaient.
La scène, décrite par Wildlife, évoque directement l’univers d’Alfred Hitchcock et son long-métrage « Les Oiseaux », sorti en 1963, où une petite ville est terrorisée par des attaques soudaines d’oiseaux. À Singapour, les images filmées par des témoins donnent une impression similaire de chaos et de surprise.
Au moins six personnes ont été prises pour cible par des corbeaux en quelques jours sur une même rue de Singapour, dans une ambiance rappelant « Les Oiseaux » d’Hitchcock.
Des vidéos montrent des passants en pleine panique
Une femme contrainte de courir en se protégeant la tête
Dans l’une des vidéos mentionnées par Wildlife, une femme est filmée en train de courir pour s’éloigner de la zone d’attaque. On la voit lever le bras pour protéger sa tête alors qu’un corbeau fond à répétition vers elle. La scène est rapide, désordonnée, et illustre la difficulté à anticiper les trajectoires des oiseaux.
Ces attaques en piqué, appelées « divebombing » en ornithologie, consistent pour l’oiseau à se laisser tomber en piqué sur une cible, souvent la tête d’un humain ou d’un animal, avant de remonter brusquement. Le geste est intimidant et peut devenir dangereux si le bec ou les griffes touchent la peau.
Un homme âgé armé d’un simple coussin
Une autre séquence montre un homme âgé utilisant un coussin pour repousser les corbeaux. La scène, presque surréaliste, montre cet homme agitant son coussin au-dessus de sa tête pour garder les oiseaux à distance, tandis qu’il tente de poursuivre son chemin.
À quelques mètres, un jeune homme, qui semble porter un uniforme militaire, s’éloigne en courant pour éviter les assauts des corbeaux. Les passants, surpris, n’ont que quelques secondes pour réagir et trouver un moyen de se protéger.
- Une femme obligée de courir en se protégeant la tête avec son bras.
- Un homme âgé utilisant un coussin comme bouclier improvisé.
- Un jeune homme en uniforme fuyant la zone d’attaque.
Les images, relayées localement, ont contribué à alerter les autorités de Singapour, qui suivent déjà de près les conflits entre humains et faune urbaine dans la cité-État.
Pourquoi les corbeaux deviennent agressifs en ville
Des parents qui défendent leurs nids
Selon les autorités locales citées par Wildlife, l’explication principale réside dans la période de reproduction. Les corbeaux deviennent particulièrement protecteurs lorsqu’ils ont un nid ou des oisillons à proximité. Ils perçoivent alors les humains comme des intrus qui s’approchent trop près de leurs jeunes.
Les autorités expliquent que ces attaques de corbeaux sont probablement liées à des oiseaux en période de reproduction qui défendent leurs nids ou leurs petits.
Ce type de comportement n’est pas réservé aux corbeaux de Singapour. Wildlife rappelle que plusieurs espèces d’oiseaux sont connues pour adopter des attitudes très offensives lorsqu’elles estiment que leur progéniture est menacée.
D’autres espèces au comportement similaire
Le site cite notamment deux espèces nord-américaines :
- les sternes arctiques, qui n’hésitent pas à harceler les humains ou les animaux s’approchant de leurs colonies de nidification ;
- les carouges à épaulettes (souvent appelés « red-winged blackbirds » en Amérique du Nord), régulièrement observés en train de foncer sur des joggeurs ou des cyclistes passant près de leurs nids.
Ces exemples montrent que le phénomène n’a rien d’exceptionnel dans le monde animal. Dans un environnement urbain ou périurbain, où les habitats se chevauchent, les attaques deviennent simplement plus visibles et préoccupent davantage le public.
Quels risques pour les habitants de Singapour ?
La plupart du temps, ces attaques visent davantage à intimider qu’à blesser. Les oiseaux rasent la tête ou les épaules sans forcément chercher à infliger une blessure profonde. Le risque de coupure ou d’égratignure existe toutefois, notamment au niveau du cuir chevelu ou du visage.
Les autorités, en général, rappellent plusieurs principes de précaution dans ce type de situation :
- éviter de passer sous les arbres où des corbeaux semblent particulièrement agités ;
- porter une casquette, un chapeau ou tenir un sac au-dessus de la tête dans les zones à risque ;
- ne pas tenter de frapper ou de capturer les oiseaux, au risque d’augmenter leur agressivité ;
- signaler les attaques répétées aux services municipaux chargés de la faune urbaine.
À Singapour, la gestion des animaux sauvages en ville fait l’objet d’une attention particulière, la cité-État devant régulièrement gérer la cohabitation entre humains et macaques, sangliers, reptiles ou oiseaux.
Ce que cela évoque pour un lecteur en France
Des comportements comparables chez certaines espèces françaises
En France, plusieurs espèces d’oiseaux manifestent aussi des comportements de défense territoriale pendant la période de nidification. Les goélands urbains, par exemple, peuvent attaquer des passants ou des touristes qui s’approchent trop près de leurs nids, notamment dans certaines villes côtières. Des corneilles ou des choucas se montrent parfois insistants autour de parcs ou de squares lorsqu’ils ont des jeunes à proximité.
La gestion de ces situations relève en général des services municipaux, parfois avec l’appui de la police municipale ou d’organismes spécialisés dans la faune sauvage. Selon les cas, les communes peuvent mettre en place :
- des opérations de régulation encadrées par la préfecture ;
- des campagnes de sensibilisation auprès des habitants ;
- l’installation de panneaux d’avertissement dans les zones à risque ;
- des interventions ciblées sur les nids, menées par des professionnels habilités.
Vers une cohabitation de plus en plus délicate
La situation à Singapour rappelle aussi une réalité française : la faune sauvage s’adapte à la ville. Les oiseaux opportunistes profitent de la nourriture disponible, des bâtiments comme supports de nidification et de la relative absence de prédateurs. Cette proximité accrue augmente mécaniquement la fréquence des interactions avec les humains.
Pour les collectivités, l’enjeu consiste à limiter les risques pour les habitants sans déstabiliser les populations animales. Les interventions se font généralement au cas par cas, avec une logique de prévention plutôt que d’éradication.
Comprendre le « divebombing » des oiseaux
Le comportement observé à Singapour correspond à ce que les spécialistes désignent par le terme de « divebombing ». L’oiseau prend de l’altitude, repère une cible perçue comme menaçante, puis se laisse tomber en piqué, ailes rabattues, avant de remonter brusquement après le passage au plus près de la tête ou des épaules.
| Étape | Comportement de l’oiseau |
|---|---|
| 1. Repérage | Observation d’un humain ou d’un animal jugé trop proche du nid. |
| 2. Avertissement | Cris répétés, vols circulaires, agitation dans les branches. |
| 3. Piqué | L’oiseau plonge vers la tête de la cible en rasant ou en touchant légèrement. |
| 4. Retrait | Remontée rapide en altitude, parfois répétée plusieurs fois. |
Ce comportement vise à faire fuir l’intrus le plus vite possible. L’attaque peut se répéter tant que la personne demeure dans le périmètre jugé sensible par l’oiseau.
Comment réagir face à un oiseau agressif
Face à un épisode d’attaque d’oiseaux comme celui décrit à Singapour, plusieurs réflexes peuvent limiter les risques, que l’on soit à Singapour, en France ou ailleurs :
- rester en mouvement et s’éloigner calmement de la zone où se trouvent les nids ;
- protéger la tête avec le bras, un sac ou tout objet léger que l’on a sous la main ;
- éviter de courir en criant, ce qui peut entretenir l’excitation des oiseaux ;
- prévenir les autorités locales si des attaques se répètent au même endroit.
Pour les habitants comme pour les touristes, ces scènes restent impressionnantes, d’autant qu’elles rappellent un classique du cinéma. Elles illustrent surtout la manière dont certains animaux sauvages, parfaitement intégrés aux grandes métropoles, continuent de défendre farouchement leur territoire dès qu’ils ont des petits à protéger.








