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Après la Hongrie, BYD lorgne des usines sous-utilisées en France, en Espagne et en Italie : trois sites d’assemblage et une usine de batteries visés en Europe

Après la Hongrie, BYD lorgne des usines sous-utilisées en France, en Espagne et en Italie : trois sites d'assemblage et une usine de batteries visés en Europe

Le constructeur chinois BYD accélère en Europe et discute avec plusieurs pays, dont la France, pour implanter de nouvelles capacités industrielles.

Alors que ses ventes reculent en Chine, le géant de la voiture électrique BYD se tourne massivement vers l’Europe. Selon l’agence de presse Reuters, le groupe prépare une offensive industrielle d’ampleur, avec plusieurs usines d’assemblage et un site de batteries à la clé, en visant notamment des usines automobiles déjà existantes en France, en Espagne et en Italie.

BYD s’installe en Hongrie et prépare la suite en Europe

BYD, devenu le plus grand constructeur automobile en Chine, a déjà franchi une première étape en Europe. Le groupe vient d’achever la construction d’une usine à Szeged, en Hongrie, où la production d’essai a démarré. L’objectif est de lancer une production à grande échelle entre novembre et décembre, avec une capacité maximale annoncée de 200 000 véhicules par an.

Cette implantation hongroise sert de base à une stratégie plus large sur le continent. BYD veut se doter à terme de plusieurs sites pour assembler ses véhicules électriques au plus près des marchés européens. Le groupe juge qu’un simple site en Europe centrale ne suffira pas pour atteindre ses ambitions de volumes et pour répondre aux exigences réglementaires de l’Union européenne.

BYD vise en Europe un maillage industriel complet : trois usines d’assemblage de voitures et une usine de batteries dédiées aux véhicules électriques.

Cette stratégie s’inscrit aussi dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre l’Union européenne et la Chine sur le dossier des voitures électriques, marqué par des enquêtes sur les subventions et de possibles droits de douane renforcés. Produire sur place permettrait à BYD de réduire ces risques et d’afficher une empreinte industrielle européenne plus visible.

Des usines sous-utilisées en France, en Espagne et en Italie dans le viseur

Pour accélérer, BYD ne veut pas seulement construire des sites neufs. Le groupe examine aussi l’option de racheter ou de reprendre des usines existantes en Europe de l’Ouest. Son conseiller pour les opérations européennes, l’Italien Alfredo Altavilla, ancien dirigeant de Fiat Chrysler, l’a expliqué dans un entretien accordé à Reuters.

D’après lui, BYD a déjà entamé des discussions avec des constructeurs automobiles et des gouvernements en Espagne, en France et en Italie. L’objectif est d’identifier des usines « sous-utilisées » ou partiellement à l’arrêt qui pourraient être converties à la production de modèles BYD.

Ce type de reprise permettrait de :

  • gagner du temps par rapport à la construction d’un site entièrement nouveau ;
  • s’appuyer sur une main-d’œuvre déjà formée à l’industrie automobile ;
  • réutiliser des infrastructures lourdes (presses, lignes de peinture, logistique) souvent coûteuses à implanter ;
  • offrir une perspective aux sites menacés de fermeture ou en forte baisse d’activité.

Pour l’instant, aucun site précis n’a été cité dans la source. Les discussions restent à un stade exploratoire. Altavilla souligne toutefois que la réflexion est bien engagée et structurée.

Trois usines d’assemblage et une usine de batteries en ligne de mire

La feuille de route de BYD en Europe repose sur un schéma clair. Alfredo Altavilla a détaillé l’ampleur des besoins industriels du constructeur sur le continent.

« À plus long terme, nous aurons besoin de trois usines d’assemblage et d’une usine de batteries », a-t-il déclaré à Reuters, en soulignant que ce programme ne se réalisera pas « du jour au lendemain ».

Selon lui, cette combinaison de sites est jugée nécessaire pour :

  • atteindre les objectifs de volumes fixés par le groupe sur le marché européen ;
  • respecter les règles européennes en matière de contenu local et d’empreinte industrielle ;
  • assurer un approvisionnement sécurisé en batteries, composant clé du véhicule électrique.

BYD veut arrêter le choix du deuxième site de production en Europe d’ici la fin de l’année. Cette décision devra trancher entre plusieurs pays candidats, parmi lesquels figurent la France, l’Espagne et l’Italie. Une fois ce deuxième site validé, le groupe devra ensuite décider s’il donne la priorité à une troisième usine d’assemblage ou à l’usine de batteries.

Ce calendrier donne un signal clair aux gouvernements européens : la fenêtre pour attirer un investissement majeur du champion chinois de l’électrique est ouverte, mais ne le restera pas indéfiniment.

Un projet en Turquie mis sur pause

La stratégie industrielle de BYD en Europe a connu un contretemps. En 2024, le constructeur avait annoncé un projet d’usine à Manisa, en Turquie, avec une capacité prévue de 150 000 véhicules par an et un démarrage de production envisagé à la fin de l’année 2026.

Ce projet est désormais suspendu pour une durée indéterminée. Selon les informations rapportées par Reuters, les travaux sur ce site ont été mis « en pause sans limite de temps ». BYD n’a pas détaillé publiquement les raisons de ce gel, mais ce changement de cap renforce l’intérêt stratégique des implantations au sein de l’Union européenne elle-même.

Avec la mise en pause du projet turc, les futures usines situées dans l’UE, notamment en France, en Espagne ou en Italie, prennent une importance accrue dans la stratégie de BYD.

Pour les pays membres, cette situation ouvre un espace de négociation. Ils peuvent faire valoir un environnement réglementaire stable, un accès direct au marché unique et des dispositifs d’aides à l’investissement industriel, tout en exigeant des garanties sur l’emploi et la montée en compétence des salariés.

Recul des ventes en Chine, envolée à l’international

Cette accélération en Europe s’explique aussi par l’évolution des ventes de BYD. Sur son marché intérieur, en Chine, le constructeur enregistre une nette baisse. Selon les données citées par Reuters, les ventes de BYD dans le pays ont reculé de 32,7 % sur l’année en cours, pour atteindre 1,505 million de véhicules.

À l’inverse, la dynamique est très favorable à l’étranger. Les livraisons hors de Chine ont fortement progressé. BYD s’attend à clôturer l’année 2026 avec entre 1,9 et 2 millions de véhicules vendus à l’international. L’Europe représente une part de plus en plus stratégique de ces volumes, en particulier sur les segments de voitures 100 % électriques et d’hybrides rechargeables.

Pour soutenir cette croissance, produire au plus près des marchés devient un enjeu logistique et commercial. Des usines locales réduisent les temps d’acheminement, les coûts de transport et les risques liés aux barrières commerciales. Elles facilitent aussi l’adaptation de certains modèles aux normes et aux attentes européennes.

Qu’est-ce que cela peut changer pour la France ?

L’intérêt de BYD pour des usines sous-utilisées concerne directement l’industrie automobile française. Le pays compte plusieurs sites dont l’activité a été réduite au fil des années par les constructeurs historiques, ou qui cherchent de nouvelles perspectives dans la transition vers l’électrique.

En France, les implantations industrielles étrangères de ce type sont encadrées par l’État, qui joue un rôle clé dans :

  • la négociation d’aides à l’investissement et de dispositifs de formation ;
  • la sécurisation de l’emploi sur plusieurs années ;
  • l’intégration dans les grands plans de réindustrialisation et de transition énergétique ;
  • la prise en compte des enjeux de souveraineté industrielle et technologique.

Si BYD reprenait une usine existante en France, cela pourrait offrir une seconde vie à un site menacé ou en forte baisse de charge. Les salariés bénéficieraient d’une continuité d’activité, mais avec un changement profond de gamme de produits et d’organisation. L’enjeu serait de réussir la reconversion vers les technologies de l’électrique, en s’appuyant sur les dispositifs de formation professionnelle et de reconversion déjà utilisés lors de précédentes restructurations industrielles.

Les équivalents français pour les batteries et l’assemblage

La stratégie de BYD en Europe intervient alors que la France soutient le développement de ses propres sites liés à la voiture électrique, à travers des projets de « gigafactories » de batteries et la modernisation d’usines d’assemblage.

En France, les usines de batteries sont généralement intégrées à de grands pôles industriels situés dans des régions en reconversion, avec un fort soutien des collectivités locales et de l’État. Leur objectif est comparable à celui de BYD en Europe : sécuriser l’approvisionnement en batteries pour les constructeurs, limiter la dépendance aux importations et créer des emplois industriels sur des métiers d’avenir.

Pour l’assemblage des véhicules, les sites français sont déjà engagés dans la montée en puissance des modèles électriques ou hybrides. L’arrivée d’un acteur comme BYD sur le sol français constituerait un concurrent supplémentaire, mais aussi une nouvelle source d’activité pour toute la chaîne de sous-traitance, de la fabrication de pièces à la logistique.

Une usine de batteries, enjeu stratégique pour l’Europe

L’un des points clés du projet de BYD est la création d’une usine de batteries en Europe. Les batteries représentent le cœur technologique et économique des véhicules électriques, avec un poids très important dans le coût final et la performance des voitures.

Implanter une production de batteries sur le continent permettrait :

  • de sécuriser l’approvisionnement de BYD pour ses usines européennes ;
  • de réduire la dépendance aux importations lointaines ;
  • de mieux maîtriser la traçabilité et les exigences environnementales imposées par l’Union européenne ;
  • d’ouvrir des débouchés pour le recyclage et la seconde vie des batteries sur place.

Pour un lecteur français, une telle usine pourrait s’apparenter à celles déjà annoncées ou en activité dans l’Hexagone, où l’on parle de « gigafactories » capables de produire des cellules et des modules à grande échelle. Ces installations requièrent des compétences nouvelles, notamment en chimie, en automatisation et en qualité, avec des programmes de formation spécifiques.

La notion « d’usine sous-utilisée » : un levier à double tranchant

Quand BYD évoque des usines « sous-utilisées », il s’agit de sites qui ne tournent plus à plein régime. Ils disposent souvent d’équipements modernes, mais manquent de volumes de production. Pour un industriel étranger, ces sites peuvent représenter une opportunité : une grande partie des investissements initiaux a déjà été réalisée, et l’infrastructure est en place.

Pour les territoires concernés, cette approche peut :

  • préserver l’emploi local en évitant une fermeture pure et simple ;
  • favoriser la reconversion vers la voiture électrique plutôt que la disparition d’un site ;
  • attirer de nouvelles compétences et technologies venues d’Asie.

Elle comporte aussi des risques : les conditions sociales, la pérennité des engagements et l’équilibre entre production locale et importations restent des points de vigilance pour les syndicats, les élus locaux et l’État. Ces questions reviendront au centre des négociations si BYD cible effectivement une usine française.

Questions fréquentes

Pourquoi BYD privilégie-t-il la reprise d'usines existantes plutôt que la construction de nouveaux sites ?

La reprise d'usines existantes permet à BYD de gagner du temps, de s'appuyer sur une main-d'œuvre déjà formée, de réutiliser des infrastructures coûteuses comme les presses et les lignes de peinture, et d'offrir une perspective aux sites menacés de fermeture.

Quel est le calendrier de BYD pour ses implantations européennes ?

BYD compte arrêter le choix de son deuxième site de production en Europe d'ici la fin de l'année. L'usine hongroise doit lancer sa production à grande échelle entre novembre et décembre 2024, avec une capacité de 200 000 véhicules par an.

Pourquoi BYD abandonne-t-il son projet en Turquie ?

Le projet d'usine à Manisa en Turquie, annoncé en 2024, a été mis en pause indéterminée. BYD n'a pas détaillé les raisons publiquement, mais ce changement de cap renforce l'intérêt stratégique des implantations au sein de l'Union européenne.

Comment l'évolution des ventes de BYD explique-t-elle son offensive en Europe ?

Les ventes de BYD reculent de 32,7 % en Chine, mais l'international progresse fortement. Le groupe s'attend à clôturer 2026 avec entre 1,9 et 2 millions de véhicules vendus à l'international, dont l'Europe est une part stratégique croissante.

Quels avantages l'Union européenne représente-t-elle pour BYD ?

Produire au sein de l'UE permet à BYD de réduire les risques liés aux tensions commerciales et aux droits de douane, de respecter les règles de contenu local, d'assurer un approvisionnement sécurisé en batteries, et de faciliter l'adaptation de ses modèles aux normes européennes.

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