En Chine, un parc animalier de Taizhou a présenté au public une prétendue « nouvelle espèce » de pandas, avant que la supercherie n’éclate.
Selon un article du média en ligne espagnol El Español publié le 7 mai 2024, un centre animalier de Taizhou, en Chine, a exposé des animaux annoncés comme une espèce inédite d’ours panda. Les visiteurs ont vite compris qu’il s’agissait en réalité de chiens de race Chow Chow, teints en noir et blanc pour ressembler aux célèbres ursidés, déclenchant une vive controverse.
Des chiens Chow Chow présentés comme « nouvelle espèce de panda »
Les faits se déroulent dans un parc animalier de la ville de Taizhou, dans l’est de la Chine. Pour attirer des touristes à l’arrivée du printemps, l’établissement a décidé de transformer plusieurs chiens Chow Chow en faux pandas géants. Leur pelage a été teint en noir et blanc, avec des taches rappelant le masque caractéristique de l’ours emblématique de la Chine.
Selon le récit rapporté par El Español et repris par Huffington Post, le zoo a fait la promotion de ces animaux comme étant « une nouvelle espèce d’ours panda, jamais vue ». La formule a circulé sur les réseaux sociaux et dans certains médias, renforçant l’impression d’une découverte spectaculaire, alors qu’il ne s’agissait que de chiens maquillés pour l’occasion.
Un centre animalier de Taizhou a affirmé exposer « une nouvelle espèce d’ours panda, jamais vue », alors qu’il s’agissait de chiens Chow Chow teints.
Très vite, les touristes sur place et les internautes ont mis en doute l’authenticité de ces prétendus pandas. La morphologie des animaux, leur museau, leurs oreilles pointues et leur façon de se déplacer trahissaient clairement leur véritable nature canine.
Le zoo parle de « chiens panda » et défend une opération ludique
Face aux critiques, le zoo a tenté de se justifier. L’établissement a expliqué qu’il ne s’agissait pas d’ours, ni d’une découverte scientifique, mais d’animaux domestiques présentés de manière originale. Les gestionnaires ont utilisé le terme de « chien panda » pour qualifier ces Chow Chow teints.
Dans la réponse relayée par Huffington Post, le centre animalier affirme : « Ce n’est pas un chien de race pure en particulier, mais un chien de compagnie qui se comporte comme un ours. C’est un chien panda. Ce terme est souvent utilisé pour décrire des chiens qui sont toilettés selon un motif spécifique. » L’argument vise à banaliser la transformation esthétique des animaux, en la rapprochant du toilettage fantaisie déjà pratiqué dans certains salons spécialisés.
Le zoo soutient qu’il s’agit de « chiens panda », un terme qui, selon lui, désigne des chiens toilettés et teints avec un motif particulier pour ressembler à un panda.
Un employé du site a confirmé que les animaux étaient bien des chiens Chow Chow. Il a précisé qu’ils avaient été teints à la fin du mois d’avril afin « d’augmenter l’amusement au zoo et le flux de visites ». Il a indiqué que l’« idée géniale » venait d’internet, où circulent depuis plusieurs années des images de chiens maquillés en panda, notamment en Chine et au Japon.
Le même employé a tenté de défendre la pratique en la comparant à une coloration capillaire chez l’être humain : « Les gens se teignent normalement les cheveux. Les chiens peuvent aussi se teindre les poils s’ils sont longs. C’est la même chose », a-t-il déclaré. Cette comparaison a été largement critiquée sur les réseaux sociaux, où de nombreux internautes estiment qu’un animal ne peut donner son consentement et que le bien-être des chiens doit primer sur l’attrait touristique.
Polémique et enquête des autorités locales
La polémique a pris de l’ampleur lorsque des vidéos et photos des chiens teints ont circulé sur les réseaux sociaux chinois, puis internationaux. Plusieurs comptes ont repris la séquence, dont celui du journal El Español, qui a parlé de « polémique dans un zoo de Chine » après la diffusion des images montrant les chiots transformés en faux pandas.
Les critiques ont porté sur plusieurs aspects :
- le possible stress infligé aux animaux lors de la teinture du pelage ;
- l’usage de produits chimiques ou colorants à proximité des yeux et de la peau ;
- la tromperie vis-à-vis des visiteurs, notamment les familles avec enfants ;
- l’image renvoyée par un zoo qui prétend héberger une « nouvelle espèce » inexistante.
Face au tollé, les autorités de la province de Taizhou ont annoncé l’ouverture d’une enquête. D’après l’article relayé depuis la Chine, les chiens ont déjà été retirés de l’exposition. Les services compétents ont par ailleurs conclu que le centre animalier n’était pas en mesure d’accueillir de véritables pandas géants, une espèce très protégée dans le pays, généralement confiée uniquement à des zoos majeurs ou à des centres spécialisés.
Les autorités de Taizhou ont lancé une enquête et ont acté que le parc n’avait pas les capacités pour héberger de véritables pandas géants.
Cette affaire relance en Chine le débat récurrent sur le bien-être animal dans les parcs et zoos, ainsi que sur les limites des mises en scène destinées à attirer les touristes. Les réseaux sociaux chinois jouent un rôle central dans cette contestation, les internautes dénonçant régulièrement les conditions de détention ou les pratiques jugées abusives.
Pourquoi teindre des animaux pose problème
La transformation de chiens en faux pandas n’est pas une première en Asie, mais chaque nouvelle affaire suscite des réactions indignées. Les critiques se concentrent principalement sur deux points : la santé des animaux et le message envoyé au public.
Sur le plan sanitaire, des vétérinaires rappellent souvent, dans ce type de polémique, que les colorations sont conçues à l’origine pour les humains, dont la peau et les muqueuses ne réagissent pas comme celles des animaux. Même lorsque des produits « spéciaux pour animaux » sont utilisés, le risque d’allergie, d’irritation ou d’ingestion de colorant lors du léchage existe.
Cette pratique brouille aussi la perception de ce qu’est un animal sauvage ou domestique. Transformer un chien en « mini panda » pour amuser le public peut banaliser le recours à la teinture, voire encourager d’autres propriétaires à tenter la même chose sans encadrement professionnel.
| Pratique | Risque potentiel | Impact sur le public |
|---|---|---|
| Teinture du pelage | Irritations cutanées, allergies, ingestion de produits | Banalisations des modifications esthétiques sur les animaux |
| Mise en scène comme « nouvelle espèce » | Perte de confiance envers le zoo | Confusion entre science, marketing et divertissement |
| Exposition dans un parc animalier | Stress lié à la foule et à la manipulation | Renforcement d’une approche purement ludique de l’animal |
Ce que ferait un zoo en France dans une situation comparable
En France, les zoos et parcs animaliers sont soumis à une réglementation stricte en matière de bien-être animal. Ils doivent notamment obtenir une autorisation préfectorale, respecter des normes de détention et peuvent être contrôlés par les services vétérinaires de la Direction départementale de la protection des populations.
Presenter des chiens teints comme une « nouvelle espèce » d’ours provoquerait vraisemblablement une réaction rapide des autorités et des associations de protection animale françaises. Ces dernières surveillent déjà les conditions de vie des animaux en captivité, les spectacles, ou encore le recours à des animaux sauvages pour des animations.
Le principe général qui s’applique en France repose sur l’idée que l’animal ne doit pas être utilisé comme simple objet de divertissement. Les établissements sont encouragés à se positionner sur la conservation, la pédagogie et la sensibilisation à la protection de la biodiversité. Une opération marketing basée sur une fausse espèce risquerait d’aller à l’encontre de cette mission.
Une affaire qui interroge le rôle des zoos et parcs animaliers
Ce cas en Chine met en lumière une tension que connaissent de nombreux parcs à travers le monde : la recherche de fréquentation, indispensable à leur survie économique, et le respect du bien-être animal. Les fausses annonces spectaculaires, comme une « nouvelle espèce » de panda, séduisent quelques jours, mais peuvent durablement nuire à la crédibilité d’un établissement.
Pour un lecteur français, cette histoire illustre les dérives possibles lorsque la logique de buzz prend le dessus sur la mission éducative. Elle rappelle aussi que les visiteurs peuvent jouer un rôle en s’informant sur les pratiques des parcs qu’ils fréquentent, en s’intéressant à l’origine des animaux présentés et à la manière dont ils sont mis en scène.
Enfin, cette polémique souligne que le panda géant, symbole national en Chine et espèce phare des programmes de conservation, reste un animal fortement chargé d’enjeux d’image. Lorsque des chiens Chow Chow sont maquillés pour lui ressembler, cela montre à quel point cet animal emblématique est utilisé comme vecteur d’attractivité, au risque de dénaturer le message de protection qui lui est associé.








