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Un lycéen chinois traque un serpent introuvable pendant 40 nuits : les chercheurs confirment une espèce totalement inconnue

À 17 ans, il passe 40 nuits en montagne à chercher un serpent : ce qu'il a trouvé n'était répertorié nulle part

En Chine, un lycéen passionné d’animaux sauvages a passé des dizaines de nuits en montagne pour traquer un mystérieux serpent introuvable.

Dans la province chinoise du Zhejiang, un élève de lycée de 17 ans, Hu Jiahao, s’est retrouvé au cœur d’une découverte scientifique majeure en herpétologie, rapporte le média chinois Pékin News. Après de longues nuits de marche dans la montagne Kuocang, il a contribué à l’identification d’une nouvelle espèce de serpent, inconnue jusqu’ici des spécialistes.

Un adolescent de 17 ans au cœur d’une découverte scientifique en Chine

La scène se déroule en Chine, dans la province du Zhejiang, région montagneuse et forestière de l’est du pays. C’est là que se concentre une partie de la riche biodiversité chinoise, encore largement méconnue, alors que les biologistes estiment qu’entre 8,7 et 10 millions d’espèces animales existent sur Terre, dont seule une fraction a été décrite.

Dans ce contexte, Hu Jiahao, simple lycéen, s’est imposé en septembre comme un nom qui compte dans le petit milieu de l’herpétologie, la branche de la zoologie qui étudie les reptiles et les amphibiens. Aux côtés de Xu Jinan, spécialiste du Centre de surveillance des ressources forestières du Zhejiang et chef de projet, il a participé à la mise en évidence d’une nouvelle espèce : Achalinus mirabilis.

Cette nouvelle espèce de serpent, Achalinus mirabilis, n’était répertoriée dans aucun inventaire scientifique avant les travaux menés dans la montagne Kuocang.

Leurs travaux ont été publiés dans la revue scientifique internationale Zoosystematics and Evolution, confirmant la découverte et décrivant les caractéristiques précises de ce reptile jusque-là inconnu.

Tout commence par un fragment de serpent dans la montagne Kuocang

L’histoire remonte à octobre 2024. Cette année-là, des chercheurs en mission dans la montagne Kuocang tombent sur des restes incomplets d’un serpent. L’animal, long de 20 à 30 centimètres, présente un corps brun à brun foncé, avec une apparence qui diffère des espèces courantes recensées dans la région.

Face à ces éléments intrigants, l’équipe soupçonne qu’il ne s’agit pas d’une espèce classique. C’est à ce moment-là que Hu est associé aux recherches. Depuis l’école primaire, il consacre son temps libre à parcourir les sentiers de montagne pour observer la faune locale. Il confie à Pékin News : « Depuis l’école primaire, j’ai ressenti un grand intérêt pour les animaux sauvages. En troisième au collège, j’ai découvert une dense population de chauves-souris. »

Pour aller plus loin, le lycéen prend contact, via des plateformes en ligne, avec un vulgarisateur scientifique bien connu, actif au Centre de surveillance des ressources forestières du Zhejiang. De fil en aiguille, il rejoint les recherches sur la mystérieuse serpente des Kuocang.

Quarante nuits en montagne pour un serpent insaisissable

À partir des vacances d’été 2025, Hu se lance dans une véritable quête. Chaque jour, après avoir terminé ses cours, il prépare son sac : matériel photo professionnel, équipement de protection, lampe, vêtements adaptés. Il parcourt jusqu’à près de 100 kilomètres aller-retour pour gagner la montagne Kuocang, déterminé à retrouver un individu vivant correspondant aux restes découverts l’année précédente.

  • Observations réalisées la nuit
  • Plus de 40 soirées passées sur le terrain
  • Déplacements pouvant approcher 100 km aller-retour
  • Matériel scientifique et photographique transporté à chaque sortie

Au départ, Hu suit la croyance populaire locale selon laquelle les serpents seraient plus actifs après la pluie. Il organise donc ses sorties en fonction des précipitations. Malgré ses efforts, aucune trace du reptile attendu. Il finit par changer de stratégie et concentre ses recherches sur des nuits claires et dégagées, tout en conservant la même intensité de travail.

« Je n’ai jamais pensé à abandonner parce que ça me plaît et je trouve cela très intéressant », explique-t-il au média chinois. Cette persévérance finit par payer.

La rencontre décisive lors d’une nuit d’août 2025

Le 17 août 2025, alors qu’il redescend de la montagne après une nouvelle nuit de recherche, Hu aperçoit une fine silhouette serpenter rapidement sur le chemin. Il se précipite. Devant lui, une petite serpente brune se glisse à toute vitesse.

« Je l’ai découverte pour la première fois dans le village de Youxi. Je descendais de la montagne quand j’ai vu une ombre sombre passer rapidement, alors je me suis approché immédiatement. Après avoir observé sa morphologie, j’ai découvert qu’il s’agissait d’un serpent à écailles épineuses unique. J’ai soupçonné qu’il s’agissait de la nouvelle espèce que l’équipe avait mentionnée auparavant », raconte-t-il.

La nuit du 17 août 2025 dans le village de Youxi marque la première observation d’Achalinus mirabilis vivante par Hu Jiahao.

La découverte valide des mois de traque nocturne. Elle va surtout permettre aux scientifiques de disposer enfin d’individus vivants pour confirmer leurs hypothèses.

Cinq spécimens et, à la clé, une nouvelle espèce reconnue

Dans les deux mois qui suivent cette première observation, Hu poursuit ses expéditions dans la même zone. Sa ténacité porte encore ses fruits. Il repère deux autres serpents vivants, puis deux spécimens morts, écrasés sur la route à proximité.

Au total, cinq serpents sont ainsi recensés dans ce secteur de la montagne Kuocang. Les individus vivants sont confiés à des universités et à des institutions de recherche pour des analyses complètes. Les chercheurs procèdent à des séquençages moléculaires et à des examens morphologiques détaillés, indispensables pour démontrer qu’il s’agit bien d’une espèce distincte des serpents déjà connus.

Période Résultat des recherches
Octobre 2024 Découverte de restes incomplets d’un serpent atypique
Été 2025 Plus de 40 nuits de terrain dans la montagne Kuocang
17 août 2025 Première observation d’un spécimen vivant à Youxi
Les deux mois suivants Découverte de quatre autres spécimens, dont deux écrasés

Ces analyses aboutissent à la description officielle de l’espèce Achalinus mirabilis, formalisée dans un article scientifique co-signé par l’équipe de chercheurs et publié dans Zoosystematics and Evolution. Hu joue un rôle clé dans la collecte des données de terrain et la documentation photographique.

Une passion envahissante, au détriment des études

Hu ne cache pas que cette aventure scientifique a un coût personnel. Il reconnaît que sa passion pour les reptiles l’a poussé à négliger certains aspects de sa vie quotidienne, notamment sa scolarité. « Je suis très reconnaissant envers mes parents pour leur compréhension et leur soutien à mon hobby », confie-t-il.

Il détaille aussi la difficulté particulière de suivre cette espèce dite « épineuse », dont les habitudes rappellent celles des vers de terre, ce qui rend l’observation complexe : il faut des investigations longues, minutieuses et beaucoup de patience. Il insiste également sur le rôle du hasard, qu’il considère comme un facteur non négligeable dans tout travail de terrain.

Hu dit conserver les négatifs originaux et la totalité des droits d’auteur de ses photos, preuve de son implication dans la documentation scientifique du serpent.

Achalinus mirabilis, un serpent discret aux mœurs souterraines

La nouvelle espèce appartient au genre Achalinus, parfois surnommé « serpents épineux » en raison de l’aspect particulier de leurs écailles. Ces reptiles présentent souvent un mode de vie discret, proche du sol ou partiellement souterrain, avec des comportements qui évoquent ceux des lombrics.

Ce type de serpent se rencontre généralement dans des habitats humides, forestiers et peu accessibles, ce qui explique en partie qu’ils échappent longtemps aux inventaires scientifiques. Dans le cas d’Achalinus mirabilis, son corps de 20 à 30 centimètres, sa coloration brun à brun foncé et ses caractéristiques morphologiques spécifiques ont permis de le distinguer des espèces déjà connues dans la région.

Pour un lecteur français, ce genre de découverte rappelle les travaux de naturalistes menés dans des zones encore peu étudiées, comme certaines forêts tropicales ou massifs montagneux isolés. En France métropolitaine, la faune de serpents est bien mieux répertoriée, même si des études génétiques continuent de préciser les limites entre espèces et sous-espèces.

Ce que ferait un passionné de serpents en France

En France, un lycéen aussi passionné que Hu par les reptiles et amphibiens ne partirait pas seul décrire une nouvelle espèce, mais pourrait participer à des programmes de sciences participatives ou de comptage coordonnés par des associations naturalistes ou des laboratoires de recherche.

Ce type d’implication passe souvent par :

  • la participation à des sorties de terrain encadrées par des herpétologues professionnels ou bénévoles expérimentés ;
  • la contribution à des bases de données d’observation de la faune, via des photos géolocalisées ;
  • le suivi de programmes de protection d’espèces protégées, sur autorisation ;
  • des stages ou collaborations avec des muséums, parcs naturels ou laboratoires universitaires.

Le principe reste le même : un passionné peut apporter une aide précieuse aux scientifiques, à condition de respecter un cadre légal strict et des règles de sécurité, en particulier avec les serpents, dont certains sont venimeux en France comme à l’étranger. Les activités de capture, de manipulation ou de transport d’animaux sauvages sont encadrées par la réglementation française et nécessitent des autorisations spécifiques lorsqu’il s’agit d’espèces protégées.

Une histoire qui illustre la place des amateurs dans la recherche

Le parcours de Hu Jiahao met en lumière le rôle que peuvent jouer des amateurs motivés dans l’avancée des connaissances. Sans ses 40 nuits de marche dans la montagne Kuocang, l’équipe du Zhejiang aurait sans doute mis plus de temps à obtenir les spécimens nécessaires à la description d’Achalinus mirabilis.

Son expérience rappelle aussi qu’une démarche scientifique exige rigueur et patience : relevés systématiques, prises de vue exploitables par les spécialistes, enregistrement méticuleux des données collectées. Hu affirme ainsi avoir consigné chaque information et conservé tous les originaux de ses clichés, un comportement attendu dans un travail de recherche.

Pour les lecteurs français intéressés par la biodiversité, cette histoire venue de Chine témoigne d’une réalité globale : une immense partie des espèces animales reste inconnue de la science, en particulier dans les zones reculées. Les décennies à venir devraient encore réserver de nombreuses surprises, notamment dans les forêts, les montagnes et les grottes où se cachent des animaux aussi discrets que ce petit serpent brun longtemps passé inaperçu.

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