Conçu en Chine pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ce nouveau Bronco hybride mise davantage sur le confort au camping que sur les franchissements extrêmes.
Ford change de cap avec son Bronco Basecamp, un SUV hybride rechargeable à prolongateur d’autonomie pensé comme un petit camping-car sur roues. Présenté par le constructeur américain et détaillé par le site spécialisé New Atlas, ce modèle fabriqué en Chine vise d’abord les marchés australien et néo-zélandais, en misant sur une très grande autonomie annoncée et un aménagement intérieur orienté vers les loisirs de plein air.
Un Bronco… qui n’en est pas vraiment un
Le Bronco Basecamp reprend un nom mythique du catalogue Ford, associé depuis des décennies aux gros 4×4 taillés pour l’off-road. Pourtant, cette nouvelle version n’a plus grand-chose à voir avec le Bronco américain lancé aux États-Unis.
- Châssis monocoque et non plus « échelle »;
- Conception et production en Chine via la coentreprise Ford Jiangling;
- Priorité donnée au confort et à la vie au campement plutôt qu’aux franchissements extrêmes.
Le modèle dérive du Bronco New Energy destiné au marché chinois. Il affiche environ 5,03 m de long, 1,96 m de large et 1,82 m de haut, avec un empattement d’environ 2,95 m. Des dimensions proches de certains SUV familiaux, mais avec un style et un nom fortement inspirés du Bronco américain.
Le Bronco Basecamp conserve l’allure et l’emblème Bronco, mais repose sur une base technique totalement différente, pensée pour les loisirs plus que pour l’extrême off-road.
D’où la question, déjà posée par certains passionnés : s’agit-il encore d’un « vrai » Bronco, ou d’un SUV de loisir qui ne partage que le badge et le design avec l’icône américaine ?
Un « super-hybride » à prolongateur d’autonomie
La grande particularité du Bronco Basecamp tient dans sa motorisation. Ford parle de « super-hybride », mais le principe se rapproche davantage d’une voiture électrique avec générateur embarqué.
Deux moteurs électriques et un petit moteur essence en renfort
Techniquement, le Basecamp adopte :
- deux moteurs électriques, un sur chaque essieu pour assurer la transmission intégrale ;
- une batterie de 49 kWh de capacité utile ;
- un moteur essence 1,5 litre turbo qui ne fait pas tourner les roues.
Ce bloc thermique ne sert qu’à produire de l’électricité quand la batterie chute, comme un groupe électrogène intégré au véhicule.
Le moteur essence joue uniquement le rôle de générateur : il n’entraîne jamais directement les roues, ce qui rapproche le Bronco Basecamp d’un véhicule électrique à grande autonomie plutôt que d’un hybride classique.
Ford vise une autonomie combinée d’environ 800 à 900 km sur le cycle WLTP. L’autonomie 100 % électrique, elle, n’a pas encore été précisée. La marque rappelle d’ailleurs que les chiffres restent provisoires, les spécifications définitives pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande n’étant pas totalement figées.
Ce choix de technologie n’est pas une première pour Ford en Chine : le Bronco New Energy y existe déjà en version EREV, avec une batterie de 43,7 kWh et une autonomie annoncée à 1 220 km sur le cycle local CLTC, bien plus optimiste que le WLTP européen. Le Basecamp, lui, grimpe à 49 kWh mais avec des objectifs plus prudents adaptés aux normes locales.
Un mini camping-car prêt à s’installer au bord du lac
Ford le revendique clairement : le Bronco Basecamp a été pensé « à partir du campement », et non à partir du franchissement. Toute l’architecture intérieure a été conçue pour transformer le SUV en petit habitat mobile pour un court séjour.
Un intérieur transformable en zone de couchage
L’habitacle cinq places se module pour offrir un espace de nuit :
- les sièges avant et arrière se rabattent pour créer une surface plane ;
- un matelas gonflable sur mesure peut être ajouté ;
- la version haut de gamme Outer Banks bénéficie en plus d’un toit relevable électrique.
Ce toit « pop-up » offre davantage de hauteur sous plafond et une meilleure ventilation pendant la nuit, transformant le Bronco en véritable mini camping-car. Les campeurs peuvent dormir à l’intérieur, en profitant d’un espace plus vaste et d’une meilleure circulation de l’air.
Sur les versions Outer Banks, Ford intègre aussi une console de stockage chaud/froid de 7,5 litres. Pratique pour garder quelques boissons fraîches ou maintenir un plat au chaud sans recourir à une glacière classique. À l’arrière, le hayon à ouverture latérale comprend une table utilitaire intégrée, pensée pour servir de plan de travail, de coin repas ou de surface pour le matériel de pêche, de surf ou de VTT.
Toit relevable motorisé, matelas gonflable, rangement chaud/froid, table intégrée au hayon : le Bronco Basecamp est pensé comme un « camp de base » mobile pour les loisirs nature.
Une prise de courant sur roues pour tous les appareils du camp
Autre argument clé pour séduire les amateurs de plein air : la possibilité d’alimenter tout un campement avec l’énergie du véhicule lui-même.
6,6 kW pour cuisiner, travailler et s’éclairer
Le Bronco Basecamp embarque le système Pro Power Onboard déjà vu sur certains pick-up Ford. Ici, il peut délivrer jusqu’à 6,6 kW de puissance électrique, via des prises intérieures et extérieures.
D’après Ford, cette puissance suffit à faire fonctionner :
- une plaque à induction ;
- une bouilloire ;
- une machine à café ;
- un éclairage de camp ;
- des ordinateurs portables ;
- et une partie de l’équipement de camping habituel.
Le constructeur précise que la puissance maximale dépendra de la manière dont les prises seront utilisées simultanément. Mais l’idée est claire : ne plus avoir besoin d’un groupe électrogène séparé, bruyant et encombrant, pour alimenter un bivouac confortable.
Avec sa fonction Pro Power Onboard, le Bronco Basecamp devient à la fois moyen de transport et source d’énergie pour les appareils du campement, du réchaud à l’ordinateur portable.
Un Bronco chinois pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande
Ce Bronco un peu particulier résulte directement du virage pris par Ford en Chine. Le constructeur s’appuie sur son partenariat avec Jiangling Motors, qui maîtrise déjà les plateformes d’hybrides à grande autonomie et la production de SUV électriques complexes.
Le Bronco Basecamp sera ainsi réservé, dans un premier temps, à l’Australie et à la Nouvelle-Zélande. Ford indique que les spécifications exactes, l’apparence, les équipements et les accessoires peuvent encore évoluer d’ici au lancement commercial. L’éventuelle arrivée de ce modèle sur d’autres marchés reste totalement ouverte.
Derrière ce choix, se dessine aussi une tendance lourde : les constructeurs occidentaux s’appuient de plus en plus sur le savoir-faire chinois en matière de véhicules électrifiés, que ce soit pour les batteries, les moteurs ou l’électronique embarquée.
Et en France ? Où en est l’offre de SUV pour le camping et la vanlife ?
Pour un automobiliste français, le Bronco Basecamp illustre une évolution déjà visible sur notre marché : la montée en puissance des véhicules pensés pour les loisirs de plein air, entre SUV traditionnels et vans aménagés.
En France, plusieurs pistes existent déjà pour un usage proche de celui visé par Ford :
- les fourgons aménagés de type Trafic, Transporter ou SpaceTourer, transformés par des aménageurs spécialisés ;
- les vans compacts avec toits relevables, proches des fameux « combis » modernes ;
- les SUV hybrides ou électriques capables d’alimenter des accessoires via des prises 230 V, chez certains constructeurs asiatiques.
La technologie de prolongateur d’autonomie type EREV, en revanche, reste marginale en France, où dominent les hybrides classiques (moteur thermique entraînant parfois les roues) et les hybrides rechargeables. Le principe reste pourtant intéressant pour un véhicule orienté loisirs : offrir une conduite électrique la majeure partie du temps, tout en conservant une très grande autonomie pour partir loin sans stress de recharge.
Pour l’usage camping, les Français ont pour l’instant davantage recours à des solutions d’aménagement amovibles (coffres cuisine, modules couchage, petits frigos portables) installés dans des breaks ou des utilitaires compacts. Un SUV de série conçu dès l’origine comme un mini camping-car électrique avec générateur intégré reste rare sur le marché hexagonal.
Un véhicule taillé pour les nouvelles pratiques de loisirs
Le Bronco Basecamp ne vise pas les amateurs de trial ni les fans de franchissement extrême. Ford le destine plutôt à des usages très concrets : partir surfer, pêcher, randonner, faire du VTT, ou tout simplement passer une nuit au bord d’un lac, loin des campings bondés.
Dans ce contexte, plusieurs avantages se dessinent :
- une autonomie totale très confortable pour parcourir de longues distances sans se soucier des bornes ;
- un habitacle transformable rapidement en couchage pour une ou deux personnes ;
- une alimentation électrique suffisante pour préparer les repas, recharger les appareils et s’éclairer ;
- une conduite proche de celle d’un véhicule électrique, plus silencieuse et plus souple.
Reste la question de l’adhérence et des capacités hors route. Le Bronco Basecamp dispose d’une transmission intégrale grâce à ses deux moteurs électriques, ce qui doit lui offrir une certaine aisance sur les pistes, chemins boueux ou routes dégradées. En revanche, son architecture monocoque et son positionnement ne le destineront pas aux franchissements les plus engagés, contrairement au Bronco américain ou à certains 4×4 comme le Land Cruiser ou le Wrangler.
Pour des campeurs qui cherchent avant tout à s’installer confortablement dans un coin reculé, sans avoir à tracter une caravane ni louer un fourgon aménagé, ce type de véhicule hybride à très grande autonomie peut représenter un compromis intéressant. S’il venait un jour à être commercialisé en Europe, il se positionnerait à mi-chemin entre un SUV familial classique et un van compact de loisir, avec un accent marqué sur l’énergie embarquée et la modularité intérieure.








