En Chine, la pression scolaire extrême pèse aussi sur les parents, dont certains terminent à l’hôpital après une séance de devoirs.
En Chine, les devoirs ne sont plus seulement un cauchemar pour les enfants. Selon le site d’actualités insolites Oddity Central, des parents finissent aux urgences après avoir aidé leurs enfants, en particulier en mathématiques. Crises cardiaques, dissections de l’aorte, accidents vasculaires cérébraux : les médecins tirent la sonnette d’alarme face à ces drames liés au stress familial.
Des mères terrassées en aidant leurs enfants en maths
À Hangzhou, dans l’est de la Chine, une mère de famille de 40 ans, présentée sous le nom de Mme Dong, pensait simplement passer une soirée ordinaire à accompagner l’un de ses fils dans ses devoirs de mathématiques. L’exercice se complique, l’enfant ne comprend pas l’énoncé, l’énervement monte.
Face à l’incompréhension répétée de son fils, cette mère perd son calme. Peu après cet accès de colère, elle ressent un violent mal de tête, décrit comme « déchirant », puis des vomissements. Elle s’allonge quelques heures, espérant que cela passera, mais son état ne s’améliore pas.
Transportée à l’hôpital, elle subit un scanner cérébral. Le diagnostic tombe : hémorragie sous-arachnoïdienne spontanée, une forme d’AVC qui touche les vaisseaux autour du cerveau. Les médecins estiment que cette rupture est liée à un stress chronique, la crise survenue pendant les devoirs n’ayant fait qu’accélérer un processus déjà silencieusement à l’œuvre.
En Chine, des mères de 30 à 40 ans arrivent aux urgences après une simple soirée de devoirs, avec des diagnostics graves comme AVC ou dissection de l’aorte.
Une série de cas qui inquiète les médecins chinois
Oddity Central rappelle qu’en 2019, un cas similaire avait déjà surpris l’opinion : une mère de 36 ans avait fait un infarctus après s’être trop énervée parce que son fils ne parvenait pas à résoudre un problème de mathématiques. À l’époque, cette histoire apparaissait comme une curiosité extrême.
L’année suivante, en 2020, c’est un père chinois de 45 ans qui est touché. Là encore, la scène est tristement banale : un parent aide son fils pour ses devoirs. L’énervement grimpe, la tension artérielle aussi. L’homme finit par faire un infarctus, relaté par la presse locale et repris par le même site.
Depuis, les témoignages se multiplient dans la presse chinoise et sur les réseaux sociaux du pays. Ils suivent le même schéma :
- Une séance de devoirs, souvent de mathématiques ou de matières jugées difficiles.
- Un parent déjà fatigué par sa journée de travail.
- Un enfant qui ne comprend pas, malgré des explications répétées.
- Une colère contenue ou exprimée, puis l’apparition brutale de douleurs ou de symptômes inquiétants.
Pour les médecins chinois cités dans ces affaires, la séance de devoirs ne crée pas la maladie à elle seule. Elle agit plutôt comme un déclencheur sur un organisme déjà fragilisé par la fatigue, l’hypertension ou un stress permanent.
Le cas spectaculaire d’une dissection de l’aorte pendant les devoirs
En janvier dernier, une autre histoire a marqué les esprits en Chine. À Lianyungang, dans la province du Jiangsu, une mère de 37 ans aide son fils, élève de CM1, à faire ses exercices de mathématiques. Elle lui explique plusieurs fois le même problème, sans succès. L’enfant reste confus, la mère s’agace.
Cette fois-ci, elle tente de ne pas exploser. Elle ravale sa colère, mais cette tension contenue fait grimper une pression artérielle déjà élevée. Elle commence à ressentir une gêne dans la poitrine et des difficultés respiratoires.
Elle décide de se reposer sur le canapé et appelle son fils aîné, en 6e, pour prendre le relais et aider son petit frère. Mais lorsque la mère se rend compte que le plus jeune n’a toujours pas compris, elle veut se relever pour « retourner au combat ». Au moment de se lever, une vive douleur thoracique la foudroie. Elle chute, en sueur, suffoquant, presque incapable de bouger.
Alertés, ses deux fils appellent leur père, qui contacte immédiatement les services d’urgence. Elle est conduite au premier hôpital populaire de Lianyungang.
Diagnostiquée avec une dissection de type A de l’aorte, cette mère de 37 ans a dû être opérée en urgence pendant près de sept heures.
Les chirurgiens découvrent une déchirure d’environ 2 cm dans la paroi postérieure de l’aorte, l’artère majeure qui sort du cœur, ainsi que de nombreux thrombus, ces caillots qui menacent de boucher la circulation. L’équipe parvient à réparer la lésion. L’état de la patiente est ensuite stabilisé, mais les médecins rappellent qu’une telle dissection peut être mortelle en quelques heures.
Stress permanent et pression scolaire : un cocktail explosif
Les spécialistes de santé chinois cités par la presse insistent sur un point : ce phénomène touche particulièrement les mères. Selon eux, les femmes cumulent souvent plusieurs sources de pression :
- charge de travail professionnelle, parfois très intense dans les grandes villes chinoises ;
- tâches ménagères et organisation du quotidien ;
- pression sociale pour la réussite scolaire des enfants, très forte en Chine ;
- comparaisons permanentes avec les autres familles, via les réseaux sociaux ou l’entourage.
Dans ce contexte, les devoirs du soir deviennent l’étincelle qui enflamme un terrain déjà saturé. Les séances d’aide, censées être un moment de soutien, se transforment en affrontement. Les cris, la frustration et la culpabilité s’installent des deux côtés.
Les médecins évoquent un mécanisme bien connu : sous l’effet du stress et de la colère, le corps libère des hormones comme l’adrénaline. La fréquence cardiaque augmente, la tension artérielle grimpe. Chez une personne souffrant déjà d’hypertension ou de fragilité vasculaire, cette montée brutale peut suffire à provoquer :
| Problème médical | Origine principale | Risque immédiat |
|---|---|---|
| Infarctus du myocarde | Obstruction d’une artère du cœur | Arrêt cardiaque, décès |
| AVC hémorragique | Rupture d’un vaisseau cérébral | Paralysie, coma, séquelles lourdes |
| Dissection de l’aorte | Déchirure de la paroi de l’aorte | Hémorragie interne massive |
En France, les devoirs aussi sources de tension, mais des repères existent
En France, les services d’urgence ne signalent pas de vague de dissections de l’aorte ou d’AVC directement attribuées aux devoirs des enfants comme décrit en Chine. Les mécanismes biologiques restent pourtant les mêmes : un stress intense et répété peut aggraver une hypertension ou un problème cardiovasculaire déjà présent.
La pression scolaire y est généralement moins extrême qu’en Chine, où l’accès aux meilleurs établissements repose sur des concours très sélectifs. En France, le système met davantage en avant la continuité du parcours scolaire, même si les notes et les orientations restent des sources d’angoisse dans de nombreuses familles.
Plusieurs acteurs tentent d’encadrer la question :
- les écoles et collèges sont encouragés à limiter la quantité de devoirs écrits, surtout en primaire ;
- les associations de parents d’élèves rappellent régulièrement que les devoirs ne doivent pas se transformer en conflit quotidien ;
- les enseignants, lorsqu’ils le peuvent, donnent des consignes pour que l’enfant travaille en autonomie, sans que les parents se substituent au professeur.
Les médecins français rappellent, eux, les mêmes signaux d’alerte que leurs confrères chinois : douleur thoracique inhabituelle, essoufflement brutal, mal de tête soudain et violent, difficulté à parler ou à bouger un bras doivent conduire à appeler immédiatement le 15.
Comment alléger la pression des devoirs à la maison
Les cas chinois mettent en lumière un problème qui dépasse la seule Asie : la place prise par la réussite scolaire dans la vie familiale. Pour limiter les tensions, plusieurs pistes sont régulièrement avancées par les psychologues et les pédagogues :
Les spécialistes du stress rappellent également que certains profils sont plus exposés : personnes souffrant d’hypertension, de diabète, de cholestérol élevé ou fumeuses. Chez elles, une montée de tension émotionnelle brutale, même liée à une situation banale comme les devoirs, peut avoir un impact cardiovasculaire plus sérieux.
Quand le stress éducatif déborde sur la santé
En Chine, ces histoires de parents hospitalisés en plein devoir de mathématiques illustrent les effets concrets d’une pression éducative intense, qui ne pèse pas seulement sur les élèves. Elles montrent aussi comment la frontière entre la vie scolaire et la vie de famille se brouille quand la réussite devient un enjeu central.
Pour un lecteur français, ces cas extrêmes servent d’avertissement : la réussite de ses enfants compte, mais la santé des parents aussi. Apprendre à repérer la montée de la colère, à faire une pause, à remettre un exercice au lendemain ou à solliciter l’école peut éviter que la table de cuisine ne se transforme en salle d’urgence improvisée.








