RacingZone

Un collectionneur suisse s’offre pour 47 000 euros aux enchères, une Renault 5 de 1982, retrouvée après 43 ans dans une grange – franceinfo

Un collectionneur suisse s'offre pour 47 000 euros aux enchères, une Renault 5 de 1982, retrouvée après 43 ans dans une grange – franceinfo

Près de Chalon-sur-Saône, en France, une Renault 5 de 1982 intacte, oubliée pendant plus de quarante ans, vient de changer de propriétaire.

Cette citadine mythique, restée stockée dans une grange depuis le début des années 1980 sans quasiment jamais rouler, a été adjugée 47 000 euros à un collectionneur suisse lors d’une vente organisée par la maison française Aguttes, rapporte la radio publique franceinfo.

Une Renault 5 de 1982 figée dans le temps

La voiture, une Renault 5 cinq portes de 1982, affiche seulement 12 km au compteur. Elle avait été achetée neuve cette année-là par une habitante que la source identifie comme « Madame M. ». Le véhicule n’a ensuite plus bougé de la grange où il a été livré.

Après 43 ans enfermée dans un bâtiment rural, la Renault 5 est ressortie dans un état décrit comme « figé », sans rouille ni corrosion.

Sur le plan technique, il s’agit d’une version :

  • à cinq portes ;
  • avec boîte manuelle à 4 vitesses ;
  • peinte en « bleu schiste métallisé », une couleur peu fréquente sur ce modèle en 1982.

Lors de son achat, la voiture avait coûté près de 40 000 francs, soit environ 15 880 euros en conversion pure de devise, sans tenir compte de l’évolution des prix depuis les années 1980. Pour cette femme aux moyens modestes, il s’agissait déjà d’une dépense très importante.

Une histoire personnelle derrière une voiture immobilisée

Madame M. avait commandé la Renault 5 alors qu’elle n’avait pas encore son permis de conduire. Le véhicule lui a été livré directement chez elle, dans cette grange proche de Chalon-sur-Saône.

Elle a bien fini par obtenir son permis par la suite, mais la confiance n’a pas suivi. Manque d’aisance au volant, appréhension de la route : la propriétaire n’a finalement pas osé se lancer. La petite citadine est restée là, à l’abri, sans jamais être vraiment utilisée.

Lorsqu’une succession s’ouvre, plusieurs décennies plus tard, la voiture réapparaît. Raphaël de Serres, chasseur de voitures pour la maison de vente aux enchères Aguttes, est chargé d’expertiser les véhicules potentiels.

La « pépite endormie » découverte dans une grange

La découverte a lieu en 2025. Raphaël de Serres se retrouve devant une grange fermée depuis des années. La porte est barrée, des cartons encombrent l’accès. Derrière, la R5 attend toujours.

À la radio France Inter, il évoque un « sarcophage » pour décrire le bâtiment dans lequel le véhicule était enfermé. Il raconte avoir vécu un moment à part lorsqu’il a enfin pu ouvrir les portes.

« On rêve tous de tomber sur une pépite endormie », a confié Raphaël de Serres au sujet de cette Renault 5 miraculeusement préservée.

En examinant la voiture, il se dit surpris par son état. Selon lui, la grange était bien ventilée : pas de stagnation d’humidité, peu de variations extrêmes de température. Résultat : aucune rouille, aucune corrosion, seulement quelques traces de moisissure sur des éléments en plastique.

La R5 a même failli prendre une tout autre destinée : elle aurait pu être démontée et vendue en pièces détachées. Finalement, sa rareté et son état presque neuf en ont décidé autrement.

Une enchère à 47 000 euros pour une madeleine de Proust

La maison Aguttes met le véhicule en vente aux enchères le 15 mars 2026. La mise en avant de son état exceptionnel, de son kilométrage quasi nul et de son histoire singulière attire l’attention des amateurs de voitures anciennes.

C’est un collectionneur suisse qui remporte l’enchère à 47 000 euros. Un montant bien supérieur au prix d’origine, mais qui s’explique par la combinaison rarissime d’un kilométrage proche de zéro, d’une première main restée invisible pendant plus de quatre décennies et d’une conservation remarquable.

Pour l’acheteur, cette Renault 5 tient du souvenir d’enfance autant que de l’objet de collection : « une madeleine de Proust », selon la maison Aguttes.

Interrogé par France Inter, Gauthier Rossignol, de la maison Aguttes, explique que ce client « est tout à fait capable d’acheter des voitures à plusieurs millions d’euros ». S’il s’est intéressé à cette R5, ce n’est donc pas pour battre un record financier, mais par attachement affectif à cette icône des années 1980.

Un « petit musée personnel » entre France et Suisse

Le nouveau propriétaire n’en est pas à son coup d’essai. Il possède déjà une Citroën 2CV acquise lors d’une précédente vente Aguttes, ainsi qu’une Renault Clio Williams n’affichant elle aussi qu’une quinzaine de kilomètres à l’achat.

À cette collection s’ajoutent des modèles très prisés des amateurs de youngtimers et de sportives : Golf GTI, Peugeot 205 GTI, mais aussi des Porsche et des Ferrari, évoquées par Gauthier Rossignol.

Le collectionneur conserve ces véhicules dans une résidence qu’il possède en France. Il les considère, toujours selon le représentant d’Aguttes, « comme une œuvre d’art ». L’ensemble forme une sorte de « petit musée personnel », rassemblant des voitures populaires ou prestigieuses, mais toutes emblématiques d’une époque.

La Renault 5 rejoint une 2CV et une Clio Williams à très faible kilométrage, formant un trio de citadines françaises quasi intactes.

Pour ce collectionneur, la R5 ressemble à « une capsule spatio-temporelle », explique encore Gauthier Rossignol. La voiture renvoie à une France des années 1980, à un design, à une ambiance et à un usage de l’automobile bien différents d’aujourd’hui.

Pourquoi cette Renault 5 fascine autant les collectionneurs

Au-delà de l’anecdote, plusieurs critères font de cette voiture un objet fortement désirable sur le marché des véhicules de collection.

Critère Spécificité de cette R5
Kilométrage 12 km seulement, quasi unique pour une voiture de plus de 40 ans
État général Aucune rouille, pas de corrosion, seulement quelques traces de moisissure
Historique Une seule propriétaire, achetée neuve, jamais vraiment utilisée
Conservation Stockée à l’abri, dans une grange bien ventilée, sans exposition prolongée aux intempéries
Contexte Redécouverte dans le cadre d’une succession, récit qui renforce l’attrait du véhicule

La Renault 5 elle-même occupe une place particulière dans la mémoire collective française. Lancée dans les années 1970, cette petite voiture a motorisé de nombreux ménages, avec des versions très basiques comme des déclinaisons plus sportives ou mieux équipées. Pour beaucoup d’automobilistes, c’était la première voiture de la famille ou le premier véhicule personnel.

Le terme de « madeleine de Proust » employé par Gauthier Rossignol traduit bien cette dimension affective. Au-delà de la valeur financière, certains collectionneurs recherchent avant tout des modèles qui renvoient à leur jeunesse, à leurs trajets d’enfants sur la banquette arrière ou à leurs débuts au volant.

Quelle réalité pour les Renault 5 anciennes en France ?

En France, le marché des voitures anciennes et des youngtimers reste dynamique, notamment pour les modèles emblématiques comme la Renault 5, la Peugeot 205 ou les premières générations de Golf. Les exemplaires strictement d’origine, jamais modifiés, et avec un historique documenté, sont particulièrement recherchés.

Les propriétaires français qui souhaitent mettre en valeur une ancienne Renault 5 peuvent, sous certaines conditions, demander une carte grise de collection. Ce statut, délivré par l’administration, s’adresse aux véhicules de plus de 30 ans conservés dans leur configuration d’origine. Il concerne aujourd’hui un nombre croissant d’autos issues des années 1970 à 1990.

Plusieurs acteurs structurent cet univers :

  • les clubs de marque ou de modèle, qui rassemblent les passionnés de Renault 5, organisent des rassemblements et échangent des pièces ;
  • les maisons de vente aux enchères spécialisées ou généralistes, qui proposent régulièrement des ventes de voitures de collection ;
  • les salons et bourses d’échanges dédiés aux véhicules anciens.

Un véhicule découvert dans une grange en France ne va pas automatiquement atteindre un prix comme celui de la R5 de Chalon-sur-Saône. L’état réel, le modèle précis, le kilométrage et la notoriété du véhicule jouent un rôle déterminant. Une voiture très corrodée, sans papiers ni historique, aura une valeur bien moindre, même si elle a passé des décennies à l’abri.

Ce que révèle cette histoire sur la conservation des voitures anciennes

Cette Renault 5 illustre un phénomène souvent évoqué par les amateurs de véhicules anciens : la « découverte de grange ». Il s’agit de voitures longtemps oubliées dans un garage, un hangar ou un bâtiment agricole, parfois dans des conditions qui les préservent mieux que prévu.

Quelques éléments concrets expliquent la bonne conservation de certains exemplaires :

  • Une ventilation correcte du bâtiment, qui limite la condensation et l’humidité.
  • L’absence d’infiltrations d’eau, qui évite la corrosion du châssis et de la carrosserie.
  • Un sol sec, qui empêche la remontée d’humidité vers le dessous de la voiture.
  • L’absence d’exposition directe au soleil, qui protège les peintures et les intérieurs.
  • À l’inverse, un stationnement de longue durée dans un endroit fermé mais humide peut accélérer la rouille, dégrader les joints et les tissus, ou encore abîmer les éléments électriques. La situation de la R5 décrite par Raphaël de Serres, dans une grange bien ventilée avec un air relativement sain, constitue donc un cas favorable.

    Pour un propriétaire français qui souhaite conserver une voiture ancienne sans la faire rouler souvent, veiller à ces points concrets (ventilation, étanchéité du bâtiment, protection contre les rongeurs, contrôle régulier de l’état général) permet de limiter les mauvaises surprises au moment d’une éventuelle remise en route ou d’une vente future.

    Questions fréquentes

    Pourquoi cette Renault 5 a-t-elle atteint un prix aussi élevé aux enchères ?

    Le prix de 47 000 euros s'explique par la combinaison exceptionnelle d'un kilométrage quasi nul (12 km seulement), d'une première main jamais utilisée pendant plus de 40 ans, d'une conservation remarquable sans rouille ni corrosion, et de l'intérêt affectif qu'elle représente pour les collectionneurs nostalgiques des années 1980.

    Combien coûtait cette voiture à l'achat en 1982 ?

    La Renault 5 avait coûté environ 40 000 francs lors de son achat neuf en 1982, ce qui correspond à environ 15 880 euros en conversion pure de devise, sans tenir compte de l'inflation.

    Qui a acheté cette Renault 5 aux enchères ?

    Un collectionneur suisse disposant d'importants moyens financiers a remporté l'enchère. Selon la maison Aguttes, il achète régulièrement des véhicules de collection et considère ces voitures comme des œuvres d'art, les conservant dans une résidence en France.

    Pourquoi la voiture s'est-elle si bien conservée dans la grange ?

    La grange était bien ventilée sans stagnation d'humidité, avec peu de variations extrêmes de température, ce qui a permis une préservation exceptionnelle sans rouille ni corrosion, seules quelques traces de moisissure étant visibles.

    Qu'est-ce qu'une youngtimer en automobile ?

    Bien que le terme ne soit pas défini dans l'article, il est utilisé pour décrire les voitures anciennes de collection comme les Golf GTI, Peugeot 205 GTI et autres modèles emblématiques des années 1970 à 1990 très recherchés par les collectionneurs.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Défiler vers le haut