Dans plusieurs pays occidentaux, des travaux académiques suggèrent que de nombreuses femmes seraient attirées par les hommes au « dad bod ». Une préférence qui dépasserait largement la seule question de silhouette.
Des études récentes, relayées par la presse spécialisée anglo-saxonne, s’intéressent à un phénomène très commenté sur les réseaux sociaux : l’attrait déclaré de nombreuses femmes pour les hommes au « dad bod ». Loin du cliché du corps parfaitement sculpté, ce gabarit plus ordinaire serait associé à d’autres qualités jugées centrales dans une relation, selon ces travaux.
Qu’entend-on exactement par « dad bod » ?
Le terme anglais « dad bod », littéralement « corps de papa », désigne un physique masculin ni obèse ni athlétique, avec un peu de ventre, des muscles peu dessinés et un aspect globalement « normal ». Il renvoie à l’idée d’un homme qui ne passe pas ses soirées à la salle de sport, mais dont le poids reste dans une zone jugée moyenne.
Dans les études évoquées par la presse anglo-saxonne, les chercheurs utilisent ce concept pour opposer :
- d’un côté, des silhouettes très musclées, proches des standards de certains influenceurs ou mannequins ;
- de l’autre, des morphologies perçues comme plus « accessibles », typiques d’hommes actifs mais pas obsédés par leur apparence.
Les participantes (des femmes adultes, hétérosexuelles, recrutées via des panels en ligne) doivent alors indiquer leurs préférences physiques, mais aussi la manière dont elles perçoivent la personnalité, le mode de vie et le potentiel de partenaire de ces différents profils.
Les travaux cités distinguent clairement la silhouette « ultra-fit » de la morphologie ordinaire du « dad bod », pour mesurer l’impact du corps sur la perception globale de l’homme.
Ce que ces recherches mettent en avant
Stabilité et fiabilité avant la performance physique
Les études mentionnées rapportent un point récurrent : lorsqu’on demande aux participantes ce qui compte réellement dans la durée, la silhouette passe au second plan. L’argent aussi. De nombreux questionnaires font ressortir en tête des priorités :
- la stabilité émotionnelle ;
- la fiabilité dans la vie quotidienne ;
- la capacité à s’engager dans une relation ;
- le sentiment de sécurité, au sens psychologique et affectif.
Or, dans les profils proposés, le corps « dad bod » est souvent associé, par les participantes, à un mode de vie plus posé, moins centré sur la performance ou la séduction permanente. Les chercheurs soulignent que ce lien reste une perception, pas une réalité mesurée, mais qu’il pèse fortement sur le choix déclaré.
Dans ces travaux, le « dad bod » fonctionne comme un indice social : il suggère un homme plus tourné vers sa vie personnelle que vers l’exhibition de son corps.
Une apparence jugée plus « rassurante »
Les réponses recueillies indiquent aussi qu’un corps très sculpté peut être perçu comme intimidant ou source de pression. Certaines participantes évoquent, dans les questionnaires qualitatifs, la crainte de devoir elles-mêmes correspondre à un standard physique élevé si leur partenaire affiche un corps d’athlète.
Face à cela, la silhouette « dad bod » est souvent décrite comme plus « confortable » à vivre au quotidien. Elle renverrait à l’idée d’un partenaire moins centré sur son image, moins susceptible de juger celle de l’autre, et donc plus simple à côtoyer au long cours.
Pourquoi l’argent n’arrive pas en tête des critères
Les études citées distinguent généralement deux types de scénarios : des rencontres de court terme et la projection dans une relation stable. Lorsque la question porte sur un engagement durable, les revenus élevés ou le statut social ne suffisent pas à compenser des traits de personnalité jugés peu compatibles.
Dans les questionnaires, de nombreuses femmes indiquent être prêtes à accepter un niveau de revenus « moyens » si d’autres aspects sont au rendez-vous :
- respect du partenaire ;
- communication jugée honnête ;
- répartition jugée équitable des tâches domestiques ;
- présence auprès des enfants.
Les chercheurs soulignent que, dans ces travaux, la préférence pour un « dad bod » ne se résume ni à une question d’apparence ni à une évaluation du compte en banque.
Ce type de résultat vient nuancer l’idée selon laquelle l’hyper-musculature ou la forte réussite financière constitueraient à elles seules des atouts décisifs. Les participantes accordent davantage de poids à la compatibilité au quotidien, même lorsqu’elles reconnaissent que le corps très entraîné reste impressionnant au premier regard.
Le « dad bod » comme symbole d’un certain mode de vie
Un compromis entre santé et plaisir
Les études rappelées par la presse anglo-saxonne ne valorisent pas le surpoids important ni la négligence totale de la santé. Le « dad bod » renvoie plutôt à une zone d’équilibre perçue comme réaliste : un homme qui mange parfois gras, apprécie les sorties, mais reste globalement en bonne santé.
Pour plusieurs participantes, cette silhouette signale aussi une forme de lâcher-prise : l’homme aurait d’autres priorités que le strict contrôle de son corps, comme la famille, le travail ou des loisirs variés. Ce signal compte dans l’évaluation globale du potentiel de partenaire.
La pression sociale sur les hommes aussi
Ces travaux soulignent indirectement que les hommes subissent eux aussi une pression esthétique croissante, alimentée par les réseaux sociaux, le cinéma ou la publicité. L’image idéale du corps masculin « parfait » s’éloigne largement de la moyenne réelle.
En montrant que beaucoup de femmes déclarent préférer un corps plus ordinaire, ces études viennent relativiser ce modèle. Elles suggèrent que le temps investi dans la musculation intense n’apporte pas forcément l’avantage relationnel que certains hommes imaginent.
Quelle situation en France ?
En France, aucune grande enquête publique ne reprend exactement le terme « dad bod », mais plusieurs travaux en psychologie sociale ou en sociologie abordent la question de l’apparence physique dans le couple. Ils convergent souvent vers la même idée : le physique compte au début, mais cède rapidement la place à d’autres critères.
Les chercheurs français qui travaillent sur le couple et l’attraction mettent en avant :
- la proximité de valeurs (famille, travail, mode de vie) ;
- la compatibilité du rythme de vie ;
- le sentiment de soutien mutuel ;
- la capacité à gérer les conflits sans violence.
Les études internationales utilisées comme référence en France montrent, elles aussi, que la silhouette athlétique extrême n’est pas nécessairement le standard le plus souhaité pour une relation longue. Les résultats varient selon l’âge, le niveau d’études ou le milieu social, mais la tendance générale reste la même : la fiabilité et la prévisibilité du comportement sont davantage valorisées que la perfection musculaire.
En France comme ailleurs, la recherche en sciences sociales tend à montrer que la stabilité émotionnelle et le respect pèsent plus lourd que les abdos.
Ce que ces résultats changent (ou pas) au quotidien
Pour un lecteur français, ces travaux n’ont pas valeur de prescription médicale ni de règle universelle. Ils décrivent des tendances moyennes, observées sur des panels de participantes, dans des pays comparables aux sociétés européennes. Les préférences individuelles, les trajectoires de vie et les contextes culturels font largement varier les situations.
Ces études invitent toutefois à relativiser deux croyances fréquentes :
Pour les chercheurs, le message implicite est plutôt le suivant : au-delà d’un certain seuil de présentation de soi jugé « correct », l’énergie investie dans la relation, l’écoute et la gestion du quotidien pèse souvent plus lourd que la quête d’un physique parfait.
Quelques notions utiles à retenir
Le terme « dad bod » illustre la façon dont le langage populaire s’empare des thèmes de la morphologie et de la virilité. Il condense en deux mots une série de représentations sociales : l’homme installé, parfois père, qui ne correspond plus aux standards du mannequin de salle de sport, mais reste loin d’une situation de santé critique.
Pour les spécialistes de la psychologie sociale, ces expressions servent de révélateur : elles montrent comment un simple trait physique (un peu de ventre, des muscles moins visibles) se charge de significations plus larges, liées au mode de vie, à la personnalité ou à la place dans le couple. Les études évoquées utilisent cette étiquette pour interroger ce que les femmes recherchent réellement dans une relation, au-delà des discours normatifs sur l’apparence et l’argent.








