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Il construit un Ford F-150 Raptor entièrement en bois : 150 jours plus tard, le pick-up roule vraiment

Il construit un Ford F-150 Raptor entièrement en bois : 150 jours plus tard, le pick-up roule vraiment

Au Vietnam, un menuisier passionné a passé près de cinq mois sur un projet insensé : transformer une idée de maquette en véritable pick-up roulant.

Cette création étonnante, repérée dans une vidéo du créateur vietnamien ND – Woodworking Art, racontée par un média automobile anglophone, met en scène un Ford F-150 Raptor intégralement façonné en bois… mais parfaitement capable de se déplacer grâce à une base de véhicule électrique faite maison.

Un Ford F-150 Raptor en bois, cadeau hors norme pour son grand-père

Le projet est né d’une intention très personnelle : offrir un cadeau unique au grand-père du créateur, installé au Vietnam. Plutôt qu’un simple objet décoratif, le menuisier a imaginé un véritable pick-up miniature, inspiré du Ford F-150 Raptor, l’un des modèles les plus emblématiques du constructeur américain sur le marché des pick-up.

La chaîne YouTube ND – Woodworking Art s’est déjà fait connaître à l’international pour ses répliques en bois de voitures célèbres, de Ferrari à la Tesla Cybertruck. Cette fois, le défi était différent : s’attaquer à l’allure massive d’un pick-up tout-terrain, avec l’objectif assumé d’obtenir un véhicule réellement fonctionnel.

Le créateur vietnamien a consacré 150 jours à construire un pick-up en bois basé sur un Ford F-150 Raptor, capable de rouler grâce à une motorisation électrique.

Derrière l’esthétique spectaculaire, l’enjeu technique est majeur : obtenir un châssis solide, une direction opérationnelle, une suspension efficace et une propulsion capable de déplacer une carrosserie lourde en bois massif.

Un châssis acier et une base de véhicule électrique faits maison

Avant même de sortir les ciseaux à bois, le créateur a dû concevoir une vraie structure automobile. Le simple fait de supporter des panneaux de bois épais impose une base extrêmement rigide. Il a donc fabriqué un châssis tubulaire en acier, de type « spaceframe », similaire à ce que l’on trouve sur certaines voitures de compétition artisanales.

Sur ce châssis, il a installé :

  • un différentiel arrière pour transmettre la puissance aux roues ;
  • une suspension à lames (suspension à ressorts à lames), typique des utilitaires et pick-up ;
  • des amortisseurs hydrauliques pour encaisser les irrégularités de la route ;
  • un système de direction à crémaillère (rack-and-pinion), identique dans son principe à celui d’une voiture de série.

Compte tenu de la masse de l’ensemble, le choix d’un moteur thermique classique aurait engendré des contraintes de place, de refroidissement et de bruit. Le créateur a opté pour une motorisation électrique, jugée plus adaptée au couple nécessaire à basse vitesse et plus discrète.

« Ce Ford F-150 Raptor en bois est propulsé par un moteur électrique », précise la voix off de la vidéo consacrée à la construction.

Une fois le châssis roulant terminé – structure, roues, direction et transmission fonctionnelles – le menuisier a pu passer à ce qu’il considère comme la « plus belle partie » du travail : la sculpture de la carrosserie en bois.

Du bois partout, des essences différentes pour imiter les détails du pick-up

Le Ford F-150 Raptor réel se distingue par de nombreux éléments visuels : passages de roues élargis, calandre massive, protections, teintes contrastées. Plutôt que d’utiliser de la peinture, le créateur vietnamien a joué sur les essences de bois pour reproduire ces nuances.

Selon la narration de la vidéo :

« Quand le châssis, les roues, la direction et le système de propulsion ont été stabilisés, mon père a commencé la plus belle partie : façonner la carrosserie en bois. »

Pour aboutir au résultat, plusieurs essences sont utilisées de façon stratégique :

  • l’ébène pour les éléments sombres, proches des plastiques noirs ou des parties assombries du pick-up ;
  • le palissandre (souvent appelé rosewood) pour les accents rougeâtres, rappelant certains inserts ou éléments peints ;
  • le chêne pour les zones claires, là où une carrosserie blanche ou des pièces plus lumineuses seraient attendues.

Chaque élément du design du Raptor est réinterprété : calandre, capot, ailes, pare-chocs, passages de roues, benne arrière. Les volumes sont sculptés à la main, en respectant l’allure générale du pick-up tout en assumant une esthétique artisanale.

Un habitacle taillé dans la masse, jusqu’au volant fonctionnel

L’intérieur reçoit le même soin. Le tableau de bord est entièrement sculpté dans le bois, tout comme la console centrale. Les formes rappellent celles d’un habitacle moderne, avec ses blocs, ses renfoncements et ses commandes apparentes.

Le volant, lui aussi en bois, n’est pas qu’un élément décoratif. Il est relié directement à la colonne de direction, elle-même connectée au système à crémaillère monté sur le châssis acier. Le conducteur peut donc réellement orienter les roues avant avec ce volant sculpté.

Les sièges, les panneaux de porte et l’ensemble des éléments visibles ont été travaillés pour garder une cohérence visuelle, tout en laissant apparaître les veines naturelles du bois.

Éclairage sur mesure et protection intégrale du bois

Pour reproduire l’aspect agressif du Raptor la nuit, le créateur n’a pas négligé la partie éclairage. Impossible ici d’installer de simples blocs optiques du commerce : l’esthétique intégralement en bois impose une solution adaptée.

Chaque bloc de phares, à l’avant comme à l’arrière, utilise un moule en bois rempli de résine. À l’intérieur, des LED sont intégrées afin d’obtenir des feux opérationnels et visibles. Ce procédé permet de conserver la signature lumineuse tout en l’adaptant à une carrosserie entièrement artisanale.

Les optiques sont fabriqués à partir de moules en bois remplis de résine, avec des LED encastrées pour assurer une vraie fonction d’éclairage.

Pour protéger des centaines d’heures de sculpture, le pick-up est recouvert de plusieurs couches de vernis transparent. Ce traitement met en valeur le grain des différentes essences, tout en offrant une protection contre l’humidité et les petites agressions extérieures.

Après environ cinq mois de travail ininterrompu, la vidéo s’achève sur une scène très attendue : le Ford F-150 Raptor en bois quitte l’atelier, en roulant par ses propres moyens. « Et après 150 jours de travail, le Ford F-150 Raptor en bois s’est enfin mis à bouger », conclut la vidéo.

Ce que représente un tel projet pour un lecteur français

En France, la culture du pick-up est bien moins développée qu’aux États-Unis, où le Ford F-150 figure depuis des années parmi les véhicules les plus vendus. Un tel projet frappe donc par son décalage : un artisan vietnamien reproduit, avec des moyens limités et en bois, un symbole de l’automobile américaine.

Pour un passionné français, plusieurs aspects retiennent l’attention :

  • la combinaison rare entre menuiserie traditionnelle et technologie de véhicule électrique ;
  • la démarche de faire un véhicule réellement roulant, et non une simple sculpture statique ;
  • la précision des volumes, malgré l’absence de moules industriels ou d’outillage de constructeur.

En France, certains artisans carrossiers ou ébénistes se spécialisent dans la restauration et la reconstruction de véhicules anciens, parfois avec des éléments de structure ou d’habillage en bois (notamment sur les très vieilles automobiles). La démarche de ND – Woodworking Art va plus loin en créant une voiture complète à partir d’un modèle moderne, avec une architecture de véhicule électrique.

Travail du bois et véhicule électrique : une association qui interpelle

Sur le plan technique, la combinaison d’une carrosserie lourde et d’une motorisation électrique interroge sur l’autonomie réelle et les performances. Ces éléments ne sont pas détaillés dans la source, mais quelques principes peuvent être rappelés.

Un véhicule électrique supporte assez bien les charges importantes sur de courtes distances, grâce au couple immédiat du moteur. En revanche, plus le véhicule est lourd, plus la consommation d’énergie augmente. Dans le cas de ce pick-up en bois, l’objectif n’est pas la performance, mais la démonstration de faisabilité : parvenir à mettre en mouvement une œuvre d’art mobile.

Pour un bricoleur français, un tel projet montrerait surtout :

  • la nécessité d’un châssis acier robuste pour supporter une carrosserie en bois massif ;
  • l’intérêt d’une motorisation électrique simple pour des déplacements à vitesse réduite ;
  • l’importance de la protection du bois (vernis, entretien) pour une utilisation même occasionnelle en extérieur.
  • Le bois dans l’automobile : un matériau ancien remis en lumière

    L’utilisation du bois dans l’automobile ne date pas d’hier. De nombreuses voitures d’avant-guerre utilisaient des structures en bois recouvertes de tôles fines. Certaines voitures dites « woody » arboraient même des panneaux extérieurs en bois apparent.

    Le projet vietnamien s’inscrit dans une autre logique : non plus utiliser le bois comme squelette caché, mais comme matériau visible, assumé, sculpté. L’esthétique prend clairement le pas sur la performance, tout en gardant une dimension technique concrète.

    Pour un lecteur français, cette réalisation rappelle aussi la montée en puissance des artisans qui publient leurs projets sur YouTube. Ces créateurs mêlent savoir-faire manuel et mise en scène numérique, touchant une audience mondiale avec des contenus souvent très visuels.

    Une telle vidéo peut inspirer des ateliers pédagogiques autour :

    • de la menuiserie et de la sculpture sur bois ;
    • des bases de la mécanique automobile (châssis, direction, suspension) ;
    • de la découverte des véhicules électriques simples, type kart ou mini-voiture.

    Ce Ford F-150 Raptor en bois illustre enfin une tendance plus large : l’envie de réinterpréter des objets industriels de masse à travers des matériaux naturels et un travail artisanal, quitte à sacrifier la performance pure au profit de la créativité et de la transmission d’un savoir-faire familial, ici dédié à un grand-père.

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