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Une « tombe » en traverses de chemin de fer dans le Wyoming (États-Unis) : cette rare Ford Torino de 1968 y a dormi 50 ans et ses pneus tenaient encore l’air

Une « tombe » en traverses de chemin de fer dans le Wyoming (États-Unis) : cette rare Ford Torino de 1968 y a dormi 50 ans et ses pneus tenaient encore l'air

Au Wyoming, une Ford Torino Gran Turismo de 1968 a été retrouvée enfermée dans une étrange « tombe » en bois, où elle reposait depuis près d’un demi-siècle.

Cette scène presque irréelle s’est déroulée à Cheyenne, dans l’État du Wyoming, aux États-Unis. Comme le raconte le média américain spécialisé dans l’automobile qui relaie la vidéo de l’émission YouTube de Dennis Collins, un collectionneur a mis la main sur une Ford Torino GT de 1968 littéralement emmurée dans une forteresse de traverses de chemin de fer, où elle attendait, oubliée, depuis les années 1970.

Une Ford Torino de 1968 murée dans une « tombe » de bois

Pour cet épisode de sa série dédiée au sauvetage de voitures anciennes, le chasseur de « muscle cars » Dennis Collins et son équipe se rendent à Cheyenne, capitale du Wyoming. Sur place, une structure intrigue immédiatement : un énorme cube de traverses de chemin de fer empilées, recouvert de tôles ondulées. Seul détail visible : le pare-chocs arrière blanc d’une vieille Ford qui dépasse à peine.

Face à cette construction hors norme, Collins lâche, interloqué, que la voiture a été « enterrée » ainsi pour la protéger des intempéries. La propriétaire du terrain, prénommée Tazra, explique que le véhicule se trouvait déjà là lorsque sa famille a emménagé à la fin des années 1980. La voiture, elle, avait cessé de rouler bien avant : un autocollant de contrôle sur le pare-brise indique qu’elle n’a pas été légalement sur la route depuis 1976.

Environ 50 ans sans rouler, enfermée dans une véritable forteresse de bois et de tôle au milieu du Wyoming.

Collins résume la situation avant d’attaquer la démolition du « tombeau » : son équipe s’apprête, dit-il, à libérer une voiture enfermée depuis 48 ans. Il faut alors soulever le toit en métal et démonter une à une les lourdes traverses, entièrement à la main.

Un muscle car rare, équipé du très recherché V8 390

À mesure que les parois de la « tombe » disparaissent, la silhouette apparaît. Sous la poussière, se révèle une Ford Torino GT Fastback de 1968, peinte en Wimbledon White, une teinte d’époque prisée des amateurs américains.

Collins se penche immédiatement sur la plaquette d’identification pour vérifier ce que cache ce coupé fastback. Le code moteur confirme ses espoirs : il s’agit d’une version « S code », ce qui signifie qu’elle est équipée d’un V8 de 390 cubic inches, soit environ 6,4 litres de cylindrée. La mention « 8K » indique une production à l’usine de Kansas City.

  • Modèle : Ford Torino GT Fastback
  • Année : 1968
  • Couleur : Wimbledon White
  • Moteur : V8 390 cubic inches (code S)
  • Usine d’origine : Kansas City (code K)

Aux États-Unis, ce type de configuration figure parmi les plus recherchées sur les muscle cars de la fin des années 1960. La Torino GT se positionnait alors face à d’autres icônes comme les Chevrolet Chevelle, Pontiac GTO ou Dodge Charger, avec l’argument d’un gros V8 et d’un style fastback très marqué.

Une conservation étonnamment intelligente… et des pneus encore gonflables

Le détail le plus stupéfiant vient de la manière dont la voiture a été entreposée. Celui qui a construit cette « tombe » dans les années 1970 ne s’est pas contenté de l’enfermer. La Ford a été soigneusement posée sur des cales, au-dessus d’un plancher en contreplaqué. L’objectif : l’isoler du sol du Wyoming, réputé rude, pour limiter la corrosion du châssis et du dessous de caisse.

Placée sur des cales, protégée par un plancher, la Torino a échappé au pire : le châssis est resté sain et les éléments mécaniques n’ont pas pourri dans la terre humide.

Grâce à cette précaution, l’équipe de Collins découvre un soubassement étonnamment préservé. La surprise ne s’arrête pas là. Après près de cinquante ans d’immobilisation totale, les pneus d’époque acceptent encore de l’air sans exploser. Collins s’en amuse, s’exclamant qu’il ne comprend pas comment les enveloppes peuvent encore tenir la pression après « presque 50 ans » sur place.

Une fois l’ensemble de la structure démontée, la Ford Torino roule presque sans résistance. La direction reste libre, les roues tournent sans point dur et la voiture se laisse hisser sur la remorque de sauvetage sans bataille. Collins commente la scène en affirmant que « cette voiture veut revivre », tant elle coopère à sa sortie de captivité.

Un sauvetage pour la route, pas pour la casse

Devant la propriétaire, Collins martèle que ce coupé de 1968 ne finira pas en banque d’organes. L’auto ne sera pas démontée pour pièces : elle sera restaurée afin de reprendre la route. L’intérieur réclame un gros travail, tout comme la mécanique qui devra être intégralement révisée après une si longue mise en sommeil. Mais la base, elle, est jugée largement exploitable.

Pour les passionnés de voitures anciennes, ce type de trouvaille fait partie des scénarios les plus fantasmes : un modèle rare, figé dans le temps, qui réapparaît presque intact après plusieurs décennies hors de la circulation.

Pourquoi ces « trouvailles de grange » fascinent autant

Aux États-Unis, les « barn finds », littéralement « trouvailles de grange », constituent un véritable phénomène. Le principe : dénicher des voitures anciennes endormies dans des granges, hangars, garages improvisés ou, comme ici, dans une construction totalement atypique. Les États ruraux comme le Wyoming, où l’espace ne manque pas, regorgent de ce type de trésors oubliés.

Pour un collectionneur, ces voitures présentent plusieurs atouts :

  • une histoire forte, souvent liée à une famille ou à un lieu précis ;
  • un état d’origine rarement modifié, parfois avec la configuration mécanique d’époque intacte ;
  • un potentiel de restauration élevé quand la structure a été protégée comme ici ;
  • une valeur de marché plus importante une fois restaurées, surtout pour des versions rares.

Dans ce cas précis, la Ford Torino GT Fastback, équipée d’un V8 390, coche toutes ces cases. Sa « prison » de traverses de chemin de fer lui a servi de coffre-fort climatique, la mettant à l’abri de la neige, du vent et des amplitudes thermiques extrêmes qui frappent le Wyoming.

Et en France, que valent ces grosses américaines des années 1960 ?

En France, les muscle cars américains importés restent visibles sur certains rassemblements d’anciennes, mais ils restent minoritaires. Les passionnés doivent composer avec plusieurs contraintes : coût d’achat, frais d’importation, prix des pièces et fiscalité liée à la puissance. Pour un modèle comme cette Torino GT de 1968, la procédure classique passe par une immatriculation en véhicule de collection via l’organisme qui gère ces démarches, avec un contrôle technique adapté.

La restauration suit les mêmes grands principes qu’aux États-Unis : diagnostic du châssis, remise en état de la carrosserie, reconstruction du moteur et de la transmission, réfection complète des trains roulants et de l’électricité. Les garages français spécialisés dans les américaines anciennes connaissent bien ces blocs V8 d’époque, conçus pour être simples à démonter et à réparer, à condition de trouver les bonnes pièces de rechange.

Aspect États-Unis (cas de la Torino) France (pour un modèle similaire importé)
Lieu de stockage Structure en traverses de chemin de fer, isolée du sol Souvent grange, garage ou entrepôt privé
Marché de la pièce Très fourni pour les Ford anciennes Dépend fortement de l’importation
Usage futur Roulage sur route, événements et shows Balades, rassemblements, usage loisir

Les enjeux d’une remise en route après 50 ans d’immobilisation

Remettre en marche une voiture restée immobile près d’un demi-siècle ne se limite pas à lui mettre une batterie et à tourner la clé. Les spécialistes recommandent systématiquement :

  • de vidanger tous les fluides (huile moteur, liquide de refroidissement, huile de boîte, pont, liquide de frein) ;
  • de contrôler ou remplacer l’ensemble du circuit de carburant : réservoir, durites, pompe, filtre, carburateur ;
  • de vérifier le système de freinage dans son intégralité (maître-cylindre, étriers ou cylindres de roue, flexibles, plaquettes ou garnitures) ;
  • d’inspecter les trains roulants : silentblocs, rotules, amortisseurs, roulements ;
  • de contrôler le faisceau électrique, souvent fragilisé par le temps et les rongeurs.
  • Dans le cas de la Torino, le fait que le châssis soit sain et que l’auto roule aisément hors de son abri constitue un avantage considérable. La restauration n’en restera pas moins lourde, notamment pour l’habitacle, resté clos pendant des décennies, avec les risques d’odeurs, de moisissures et de matériaux dégradés.

    Construire une « tombe » pour protéger une voiture : un pari risqué mais payant

    Le concepteur de cette forteresse en traverses de chemin de fer n’a laissé aucune explication, mais le résultat parle de lui-même. En isolant la voiture du sol et en limitant l’exposition directe à la pluie et à la neige, il a considérablement ralenti le travail de la rouille. La ventilation restreinte et l’absence d’UV ont aussi protégé certaines pièces métalliques et plastiques.

    Ce type de stockage reste toutefois un pari. Mal réalisé, il peut transformer la voiture en piège à humidité, accélérant au contraire la corrosion et la dégradation intérieure. Ici, l’association d’un plancher en contreplaqué, de cales et d’une couverture métallique a créé un compromis favorable, presque par hasard. L’état des pneus, capables de retrouver de la pression, illustre à quel point l’environnement a été maîtrisé.

    Pour les collectionneurs français qui croisent une ancienne oubliée dans une grange, ce cas américain rappelle qu’une protection réfléchie peut changer le destin d’une voiture. Une structure adaptée, quelques cales et un sol isolant peuvent faire la différence entre une épave irrécupérable et une base de restauration très convoitée, même après plusieurs décennies de sommeil forcé.

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