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Pas besoin de conduire pour perdre des points en Allemagne : feu rouge grillé à vélo, 100 euros et 1 point, barrière de passage à niveau contournée à pied, 350 euros

Pas besoin de conduire pour perdre des points en Allemagne : feu rouge grillé à vélo, 100 euros et 1 point, barrière de passage à niveau contournée à pied, 350 euros

En Allemagne, ignorer le code de la route à vélo, en trottinette ou même à pied peut coûter cher, jusqu’à menacer le permis.

En s’appuyant sur l’expertise de l’avocat allemand spécialisé en droit routier Uwe Lenhart, le magazine AUTO BILD détaille plusieurs situations où des piétons, cyclistes ou usagers d’E‑scooters se retrouvent avec des points au fichier de Flensburg, un lourd amende, voire sans permis de conduire, alors même qu’ils ne conduisaient aucune voiture.

En Allemagne, le fichier de Flensburg ne concerne pas que les automobilistes

En Allemagne, les infractions routières sont enregistrées dans un registre centralisé, le fichier de Flensburg, l’équivalent du système de points sur le permis en France. Beaucoup d’automobilistes allemands pensent qu’il suffit de ne pas conduire pour éviter d’y apparaître. Faux, rappelle AUTO BILD : les règles s’appliquent aussi aux cyclistes, aux conducteurs d’E‑scooters et même aux piétons.

Les points à Flensburg peuvent tomber même sans être au volant, et aller jusqu’au retrait du permis de conduire.

Le spécialiste du droit routier et pénal Uwe Lenhart, actif depuis de nombreuses années dans ce domaine, a compilé plusieurs cas typiques où un simple trajet à vélo, à pied ou en trottinette peut virer au casse-tête administratif et judiciaire.

Griller un feu rouge à vélo : jusqu’à 100 euros et 1 point

Premier cas assez courant en Allemagne : le cycliste qui franchit un feu rouge. À première vue, certains imaginent une simple remontrance ou une petite amende. Le risque est en réalité bien supérieur.

Uwe Lenhart rappelle que, pour l’inscription au fichier de Flensburg, « peu importe que quelqu’un ait un permis de conduire ou non. Seule compte l’infraction ». Un cycliste qui brûle un feu rouge s’expose donc à une sanction bien réelle.

  • Franchissement de feu rouge simple : amende pour infraction au code de la route, pouvant s’accompagner d’un point.
  • Feu rouge au rouge depuis plus d’une seconde : amende de 100 euros pour un cycliste et 1 point à Flensburg.

Le franchissement d’un feu rouge déjà rouge depuis plus d’une seconde est considéré comme nettement plus grave, car il augmente le risque d’accident grave. Dans ce cas, l’amende grimpe à 100 euros pour un cycliste avec enregistrement d’un point dans le registre.

Griller un feu rouge à vélo en Allemagne, lorsque le rouge dure depuis plus d’une seconde, expose à 100 euros d’amende et un point à Flensburg.

Contourner une barrière de passage à niveau à pied : 350 euros

Deuxième situation, encore plus risquée : les passages à niveau. Certains piétons ou cyclistes tentent parfois de passer entre les barrières déjà abaissées pour « gagner du temps ». Pour les autorités allemandes, ce comportement est à la fois très dangereux et gravement fautif.

En Allemagne, un piéton ou un cycliste qui contourne ou enjambe une barrière de passage à niveau fermée encourt :

  • une amende de 350 euros ;
  • 1 point inscrit au fichier de Flensburg.

Le fait que la personne ne soit pas au volant ne change rien. Le comportement au niveau de l’infrastructure ferroviaire est jugé suffisamment grave pour justifier une inscription dans le registre des points. AUTO BILD précise même que dans certains cas extrêmes, un piéton peut aller jusqu’à perdre son permis pour ce type de comportement répété ou combiné à d’autres fautes.

Un accident provoqué par un caddie peut valoir deux points

Un autre scénario, plus surprenant, concerne la « fuite après accident » commise à pied. Un cas récent en Allemagne, rapporté par AUTO BILD, a été tranché par la justice : sur un parking, un homme lâche brièvement son chariot de courses. Le caddie roule, heurte une voiture en stationnement et l’abîme. L’homme aperçoit les dégâts, mais s’éloigne sans laisser ses coordonnées.

Les juges allemands ont considéré ce comportement comme une « fuite après accident ». Dans ce type de situation, prévient Uwe Lenhart, la personne peut se voir infliger jusqu’à deux points à Flensburg, sans exclure un éventuel retrait temporaire du droit de conduire.

Selon l’avocat Uwe Lenhart, « en matière de fuite après accident, tout le monde peut se rendre pénalement responsable. Un piéton peut être considéré comme impliqué au sens du code pénal ».

Concrètement, même sans voiture et sur un simple parking, la personne qui cause un dommage et quitte les lieux sans se manifester s’expose à :

  • une procédure pénale pour fuite après accident ;
  • jusqu’à 2 points dans le fichier de Flensburg ;
  • un éventuel retrait de permis selon la gravité de la situation.

Alcool à vélo : la barre des 1,6 g/l peut faire disparaître le permis

En Allemagne, la réglementation sur l’alcool à vélo diffère de celle qui s’applique aux automobilistes, mais elle n’est pas pour autant indulgente. Au-delà d’un certain seuil, la simple sortie à bicyclette après une soirée arrosée devient une infraction pénale.

Une personne contrôlée à vélo avec un taux d’alcoolémie de 1,6 g/l de sang ou plus commet en Allemagne un délit. Les conséquences peuvent être lourdes :

  • condamnation à une amende pénale ;
  • inscription de points à Flensburg ;
  • signalement à l’autorité en charge des permis de conduire.

Dans ce cas, la « Führerscheinstelle », l’équivalent du service des permis en préfecture, exige généralement une évaluation médico-psychologique, appelée « MPU » en Allemagne. Il s’agit d’un examen approfondi de l’aptitude à conduire, souvent redouté.

Un résultat négatif à l’évaluation médico‑psychologique, ou le refus d’y participer, entraîne le retrait du permis, même si l’infraction a été commise à vélo, avertit Uwe Lenhart.

Au-delà de 1,6 g/l, la personne n’a plus le droit de « conduire » le vélo : le texte rappelle qu’elle doit alors le pousser ou le porter, ce qui n’est plus considéré comme la conduite d’un véhicule par la loi allemande.

E‑scooters en Allemagne : juridiquement proches des voitures

Les E‑scooters, très présents dans les grandes villes allemandes, sont souvent perçus comme des jouets ou des engins de loisir. Le droit allemand les classe pourtant dans la catégorie des véhicules à moteur. Cette qualification a des conséquences directes sur les sanctions en cas d’infraction.

Un conducteur d’E‑scooter contrôlé en état d’ivresse encourt ainsi, comme un automobiliste :

  • une amende pénale importante ;
  • des points dans le fichier de Flensburg ;
  • un retrait de permis de conduire ;
  • un éventuel complément de suspension ou de période d’interdiction de conduire.

Qu’il s’agisse de trottinettes en libre-service ou d’engins privés, la logique reste la même : l’engin n’est pas assimilé à un simple jeu, mais bien à un véhicule motorisé. Une nuit trop arrosée en E‑scooter peut donc coûter aussi cher qu’une conduite en état d’ivresse au volant d’une voiture.

Drogues dures : le permis menacé même sans conduite

Certains retraits de permis en Allemagne ne débutent pas sur la route. L’autorité en charge des permis peut être informée de la consommation de drogues dures, par exemple à la suite d’une procédure pénale ou d’un contrôle hors circulation. Rien que ce constat peut suffire à remettre en cause l’aptitude à conduire.

Pour Uwe Lenhart, la règle est claire : la consommation de drogues dites dures, comme la cocaïne ou les amphétamines, remet systématiquement en question la capacité d’une personne à conduire un véhicule motorisé. Aucune conduite effective ne doit être prouvée pour déclencher une procédure.

La consommation de drogues dures « fonde en règle générale l’inaptitude à conduire un véhicule », explique l’avocat. La conséquence peut être le retrait immédiat du permis.

Dans ces cas, les autorités n’attendent pas nécessairement un accident ou un contrôle routier : le simple usage avéré peut suffire pour suspendre ou retirer la licence de conduire.

Un permis retiré après une infraction sans lien direct avec la route

Depuis une réforme du droit allemand intervenue en 2017, les tribunaux disposent d’une marge de manœuvre élargie. Ils peuvent prononcer un retrait temporaire du droit de conduire, non seulement pour des délits de circulation, mais aussi pour certaines infractions pénales sans rapport direct avec la route.

Concrètement, une personne condamnée pour une infraction sans lien avec la conduite, comme un vol à l’étalage, peut se voir infliger, en plus d’une amende pénale, un retrait temporaire de son droit de conduire. Il s’agit d’une mesure de pression supplémentaire, destinée à renforcer l’effet dissuasif de la sanction.

Les points à Flensburg ne sont alors pas forcément en cause, mais le résultat reste le même pour la personne concernée : impossibilité de conduire pendant une durée fixée par le juge.

Quelles différences avec la France pour les cyclistes et piétons ?

Pour un lecteur français, ces exemples allemands montrent une approche très structurée de la responsabilité routière, même hors voiture. En France, il existe aussi des règles strictes, mais le système de points s’applique uniquement au permis de conduire, et non de façon générale à tous les comportements de piétons ou cyclistes.

Un cycliste français qui franchit un feu rouge s’expose à une amende prévue par le code de la route, mais la sanction ne prend pas la forme d’un retrait de points si la personne n’utilise pas un véhicule nécessitant un permis. Le comportement reste puni, mais la philosophie du système diffère de celle de Flensburg, qui centralise toutes les infractions significatives, qu’elles soient commises en voiture ou non.

Pour l’alcool et les drogues, la logique de fond est voisine dans les deux pays : les autorités cherchent à empêcher qu’une personne sous forte influence d’alcool ou de stupéfiants ne prenne le volant. Les modalités varient toutefois. L’« évaluation médico‑psychologique » allemande, la fameuse MPU, n’a pas d’équivalent direct unique en France, où les contrôles médicaux et psychologiques se combinent différemment selon les cas.

Ce que les exemples allemands enseignent aux usagers français

Les cas détaillés par AUTO BILD et par l’avocat Uwe Lenhart offrent un rappel utile : même sans voiture, les usagers de la route restent soumis à un ensemble de règles qui peuvent aller très loin dans leurs conséquences. Une simple inattention avec un caddie, une envie de passer « vite fait » sous une barrière ou un retour un peu trop arrosé à vélo peuvent déclencher une cascade de sanctions administratives et judiciaires.

Plus largement, ces exemples illustrent la tendance des autorités européennes à considérer la sécurité routière comme un tout. Cyclistes, piétons, usagers de trottinettes ou de scooters électriques participent désormais pleinement au trafic et ne sont plus regardés comme des acteurs secondaires. Cette évolution pèse sur les comportements quotidiens : chaque trajet, même sans volant entre les mains, peut avoir des répercussions sur le droit de conduire à long terme.

Questions fréquentes

Peut-on perdre son permis en Allemagne en commettant une infraction à vélo ?

Oui, selon l'avocat Uwe Lenhart cité dans l'article, un piéton ou un cycliste peut perdre son permis pour des infractions graves ou répétées, par exemple en contournant plusieurs fois une barrière de passage à niveau ou en circulant à vélo avec un taux d'alcoolémie supérieur à 1,6 g/l.

Quel est le fichier de Flensburg ?

Le fichier de Flensburg est un registre centralisé allemand qui enregistre les infractions routières, l'équivalent du système de points sur le permis en France. Il concerne non seulement les automobilistes, mais aussi les cyclistes, les piétons et les utilisateurs de trottinettes électriques.

Combien coûte de griller un feu rouge à vélo en Allemagne ?

Si le feu est rouge depuis plus d'une seconde, cela coûte 100 euros d'amende et 1 point à Flensburg. Un simple franchissement de feu rouge peut entraîner une amende moins importante accompagnée potentiellement d'un point.

Qu'est-ce que la MPU en Allemagne ?

La MPU (évaluation médico-psychologique) est un examen approfondi de l'aptitude à conduire exigé généralement par l'autorité en charge des permis. Un résultat négatif ou le refus d'y participer entraîne le retrait du permis de conduire.

Les trottinettes électriques sont-elles traitées comme des jouets en droit allemand ?

Non, en Allemagne, les trottinettes électriques sont classées comme des véhicules à moteur, donc conduire une E-scooter en état d'ivresse entraîne les mêmes conséquences qu'une conduite en voiture : amende importante, points à Flensburg et risque de retrait de permis.

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