Un constructeur chinois lance un SUV hybride rechargeable de plus de 1 100 ch, capable de « nager » en cas d’urgence, et casse les prix sur son marché national.
Le site automobile allemand Auto Bild présente en détail le Geely Galaxy Cruiser 700, un imposant SUV hybride rechargeable lancé en Chine. Ce modèle surpuissant, proposé à un tarif proche de 35 000 euros, a déclenché des dizaines de milliers de précommandes en quelques minutes, notamment grâce à une fiche technique hors norme et à une étonnante version capable de flotter sur l’eau.
Un SUV chinois de 1 129 ch vendu moins cher qu’un Tiguan
Le Geely Galaxy Cruiser 700 est présenté comme un SUV hybride rechargeable hautes performances destiné au marché chinois. Dans sa version la plus musclée, il associe un moteur essence quatre cylindres 2,0 litres turbocompressé à trois moteurs électriques. La puissance cumulée atteint ainsi 1 129 chevaux, un niveau habituellement réservé à des supercars, pas à un véhicule familial de plus de cinq mètres.
Avec 1 129 ch et un prix d’environ 35 000 euros en Chine, le Galaxy Cruiser 700 vise frontalement les SUV familiaux européens plus classiques.
Auto Bild rappelle que le prix annoncé pour la version haute est de 269 800 yuans, soit environ 35 000 euros au taux de change actuel. Pour donner un ordre de grandeur au lecteur européen, le média compare ce tarif à celui d’un Volkswagen Tiguan. Ce SUV, bien moins orienté tout-terrain et nettement moins puissant, démarre à 39 385 euros en Allemagne, ce qui rend le Geely théoriquement plus abordable sur son marché d’origine.
Ce positionnement agressif se traduit immédiatement dans les chiffres commerciaux communiqués par le constructeur. En Chine, Geely indique avoir enregistré 43 900 précommandes pour le Galaxy Cruiser 700 en une heure seulement. Ce volume comprend les différentes versions, y compris l’entrée de gamme.
Une gamme qui démarre à environ 26 000 euros
La famille Galaxy Cruiser 700 ne se limite pas à l’exubérante version de 1 129 ch. Le modèle de base adopte un moteur essence 1,5 litre quatre cylindres de 163 ch, nettement plus modeste. Cette variante est proposée à un tarif équivalent à environ 26 000 euros en Chine, ce qui permet à Geely de couvrir une large clientèle, du SUV familial accessible au modèle spectaculaire aux performances extrêmes.
- Version d’entrée de gamme : 1,5 l essence, 163 ch, environ 26 000 €
- Version hybride rechargeable haut de gamme : 2,0 l turbo + 3 moteurs électriques, 1 129 ch, environ 35 000 €
- Longueur du véhicule : 5,09 m
- Nombre de modes de conduite : 17 préconfigurés
Pour un lecteur français, ces montants restent théoriques : ils ne tiennent pas compte des taxes européennes, des frais d’homologation ou des coûts logistiques qui s’appliqueraient en cas d’importation. À ce stade, Geely ne communique pas sur une éventuelle arrivée du Galaxy Cruiser 700 sur le marché européen.
Un design inspiré des baroudeurs Toyota et Land Rover
Auto Bild souligne que le dessin du Galaxy Cruiser 700 ne cache pas ses influences. La silhouette générale rappelle les grands SUV tout-terrain traditionnels. La carrosserie adopte des formes très anguleuses, typiques des véhicules conçus pour le franchissement.
Les optiques avant et arrière évoquent directement le Land Rover Defender, icône britannique du 4×4. De profil, les proportions et la ligne de toit rapprochent davantage le Geely du Toyota Land Cruiser. Même le nom « Cruiser » renvoie clairement à ce célèbre modèle japonais, ce qui renforce l’impression de parenté visuelle.
À l’intérieur, l’ambiance se veut à la fois moderne et robuste. Un grand écran central gère l’infodivertissement, complété par un combiné d’instrumentation entièrement numérique. Sur la console centrale, de larges commandes physiques sont conservées pour les fonctions tout-terrain et les différents modes de conduite, un choix qui vise la facilité d’usage en conditions difficiles.
Une avalanche de modes de conduite, dont un « crab walk »
Geely ne se contente pas d’un design de baroudeur : le Galaxy Cruiser 700 embarque une série de technologies destinées à améliorer la mobilité sur route et hors route. Le constructeur annonce pas moins de 17 modes de conduite préconfigurés. Certains sont dédiés à l’off-road, d’autres à l’efficacité énergétique ou au confort au quotidien.
Parmi ces réglages, l’un des plus marquants est le mode « crab walk ». Dans cette configuration, les roues se braquent de façon coordonnée pour faire se déplacer le véhicule presque latéralement. Cette capacité, déjà vue sur des modèles comme le Hummer EV Pickup ou le Denza Z9 GT, permet par exemple de se dégager d’un stationnement étroit ou de franchir certains obstacles en diagonale.
En mode « crab walk », le Galaxy Cruiser 700 annonce un rayon de braquage réduit à seulement 3,36 mètres, un chiffre remarquable pour un SUV de 5,09 mètres.
Ce rayon de virage extrêmement court illustre le travail mené sur la direction et les essieux arrière directeurs. Sur un modèle aussi long, une telle maniabilité apporte un avantage concret en ville, dans les parkings serrés ou lors de manœuvres en terrain accidenté.
La surprenante version « Battleship » capable de flotter
Le point le plus spectaculaire mis en avant par Auto Bild concerne une déclinaison spécifique, baptisée « Battleship ». Cette version du Galaxy Cruiser 700 intègre un système de propulsion destiné à fonctionner lorsque le véhicule se retrouve dans l’eau.
Geely présente cette technologie comme un « mode d’urgence pour flotter et s’échapper ». L’objectif affiché n’est pas de transformer le SUV en bateau de loisirs, mais d’offrir une solution de survie si le véhicule tombe dans un plan d’eau profond ou doit traverser une zone inondée.
Le principe décrit est le suivant : dès que l’auto se trouve à flot, deux propulseurs situés à l’arrière entrent en action. Visuellement, ces éléments ressemblent à des sorties d’échappement. En réalité, il s’agit de propulseurs d’environ 8,6 kW chacun, soit un peu plus de 11 ch. Ensemble, ils permettent au Galaxy Cruiser 700 « Battleship » d’avancer dans l’eau à un peu plus de 6 km/h.
Selon Geely, le Galaxy Cruiser 700 en version « Battleship » peut avancer par ses propres moyens dans l’eau pendant environ 40 minutes, puis rester à flot jusqu’à deux heures.
Le constructeur ajoute qu’un sonar est intégré pour détecter d’éventuels obstacles sous la surface, afin de limiter le risque de collision avec des rochers ou des débris. L’ensemble de ce dispositif rapproche le véhicule d’un concept d’amphibie, même si Geely insiste sur le fait qu’il s’agit avant tout d’une fonction de sécurité.
Une fonction « nage » pensée comme un dispositif de secours
Auto Bild précise que le Galaxy Cruiser 700 « Battleship » ne doit pas être assimilé à un véritable véhicule amphibie conçu pour un usage régulier sur l’eau. Le temps de propulsion active est limité à une quarantaine de minutes et la capacité à flotter à environ deux heures. L’idée est de laisser aux occupants le temps nécessaire pour rejoindre une berge ou attendre les secours.
Au-delà de la propulsion, le modèle dispose aussi d’un système d’oxygène embarqué. Geely explique que ce dispositif peut alimenter soit des masques individuels, soit l’habitacle dans son ensemble. Il est pensé pour faire face à des situations particulières, comme une immersion partielle ou des trajets en haute altitude où l’air se raréfie.
Quelles perspectives pour un tel SUV en France ?
Auto Bild indique ne pas savoir, à ce stade, si le Geely Galaxy Cruiser 700 sera proposé en Allemagne. La même incertitude vaut pour la France. L’arrivée d’un SUV hybride rechargeable de plus de 1 000 ch, vendu à un prix théorique compétitif, poserait plusieurs questions sur le plan de l’homologation, des normes de sécurité et des réglementations environnementales.
En France, les SUV thermiques et hybrides rechargeables de forte puissance sont fortement encadrés par la fiscalité, avec des dispositifs comme le malus écologique, les taxes sur les véhicules les plus lourds ou les règles d’accès aux zones à faibles émissions. Un modèle de plus de 1 100 ch et plus de cinq mètres de long serait donc nettement pénalisé par ce cadre réglementaire.
La fonction « nage » du Galaxy Cruiser 700 n’a pas non plus d’équivalent direct sur le marché français. Certains 4×4 de franchissement, comme certains pick-up ou SUV spécialisés, peuvent traverser des gués grâce à une garde au sol élevée et à des dispositifs de prise d’air adaptés. En revanche, l’intégration de propulseurs spécifiques et d’un sonar pour évoluer quelques dizaines de minutes sur l’eau dépasse largement les équipements classiques proposés en Europe.
Ce que ce modèle révèle de l’évolution des SUV
Le Galaxy Cruiser 700 illustre plusieurs tendances fortes dans l’industrie automobile chinoise. D’abord, la volonté de se positionner sur des segments très technologiques, avec des hybrides rechargeables aux puissances extrêmes, à des tarifs agressifs sur le marché local. Ensuite, l’intégration de fonctionnalités spectaculaires, comme le mode « crab walk » ou le mode « nage », qui servent autant d’arguments marketing que de solutions techniques spécifiques.
| Caractéristique | Galaxy Cruiser 700 |
|---|---|
| Type de motorisation | Hybride rechargeable (selon version) avec essence 2,0 l turbo + 3 moteurs électriques |
| Puissance maximale | 1 129 ch (version haut de gamme) |
| Longueur | 5,09 m |
| Nombre de modes de conduite | 17, dont « crab walk » |
| Prix indicatif en Chine | Environ 26 000 à 35 000 € selon version |
| Version spéciale | « Battleship » avec mode « nage » et propulseurs arrière |
| Capacité sur l’eau | Environ 40 min de propulsion, jusqu’à 2 h de flottaison |
Pour un lecteur français, ce type de modèle pose aussi la question de la pertinence des très fortes puissances sur un SUV familial et de leur compatibilité avec les enjeux climatiques. Les hybrides rechargeables reposent en partie sur une utilisation régulière du mode électrique et de la recharge à domicile ou sur borne. Sans cette discipline, la consommation réelle peut s’envoler, en particulier sur des véhicules lourds et puissants.
Enfin, la fonction « nage » met en lumière une problématique croissante : la gestion des risques liés aux inondations et aux événements climatiques extrêmes. Un constructeur comme Geely choisit d’y répondre par une technologie embarquée spectaculaire. En France, la prévention passe plutôt par l’aménagement du territoire, les systèmes d’alerte, la formation à la conduite en conditions dégradées et la recommandation d’éviter les zones submersibles plutôt que de les franchir.








