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Payer quelqu’un pour faire le ménage ou livrer les repas : selon une chercheuse de Harvard, c’est le couple qui en profite le plus

Payer quelqu'un pour faire le ménage ou livrer les repas : selon une chercheuse de Harvard, c'est le couple qui en profite le plus

Dans des foyers à deux revenus aux États-Unis et au Royaume-Uni, payer pour déléguer les corvées domestiques change nettement l’ambiance du couple.

Selon des travaux menés par une professeure de la Harvard Business School, cités par le site de l’école de commerce américaine, investir dans des services comme le ménage ou la livraison de repas n’allège pas seulement le quotidien : cela améliore aussi la satisfaction au sein du couple, en particulier lorsque les deux partenaires travaillent et se sentent sous pression.

Quand acheter du temps renforce le couple

La recherche dirigée par Ashley Whillans, professeure à la Harvard Business School, repose sur sept études menées auprès de près de 40 000 personnes, principalement aux États-Unis et au Royaume-Uni. Objectif : mesurer l’impact des « achats qui font gagner du temps » sur la qualité de la relation de couple.

Les données proviennent notamment d’une vaste enquête longitudinale menée sur onze ans au Royaume-Uni, de journaux de bord quotidiens où les participants notaient leurs dépenses et l’usage de leur temps, ainsi que de plusieurs questionnaires auprès de personnes engagées dans une relation stable.

Les couples qui paient pour se débarrasser de certaines corvées répétitives déclarent être globalement plus satisfaits de leur relation.

Les résultats convergent : lorsque des couples utilisent leur argent pour se libérer de tâches jugées pénibles – ménage, cuisine, courses, jardinage, livraisons de repas – ils rapportent davantage de satisfaction conjugale. Cet effet apparaît indépendamment du niveau de revenu et de la somme engagée à chaque fois.

Moins de tensions liées aux corvées, plus de temps partagé

Les conflits autour des tâches ménagères restent l’une des principales sources de tension chez les couples qui vivent ensemble. Les chercheurs rappellent que les exigences professionnelles et familiales limitent le temps passé à deux, et que les corvées viennent souvent grignoter les rares moments disponibles.

  • Moins de stress : les bénéfices des achats « gagne-temps » augmentent lorsque le niveau de stress du couple est élevé.
  • Temps partagé : l’effet positif est nettement plus fort lorsque le temps libéré est passé ensemble.
  • Effet cumulatif : recourir régulièrement à ces services peut améliorer la relation au fil du temps.

Les études montrent que ce n’est ni le montant dépensé ni la nature exacte de l’achat qui comptent le plus. Qu’il s’agisse d’un robot aspirateur ou d’une femme de ménage, d’un service de courses en ligne ou d’un repas livré, les participants se déclaraient plus satisfaits de leur couple dès lors que la dépense leur faisait effectivement gagner du temps.

Ce qui pèse vraiment, c’est le nombre d’heures économisées et la façon dont le couple utilise ce temps en commun.

Dans une enquête, près de 43 % des personnes interrogées déclaraient avoir fait au moins un achat de ce type avec leur partenaire dans la semaine écoulée, ce qui leur avait permis de gagner en moyenne environ 18 heures.

Comment organiser ces « achats de temps » à deux

Mettre en place une routine de services

Ashley Whillans souligne que les foyers qui en tirent le plus de bénéfices sont ceux qui planifient ces achats, plutôt que de les déclencher dans l’urgence. Mettre en place un ménage régulier, une livraison de courses hebdomadaire ou un créneau de garde d’enfants récurrent évite de devoir tout organiser en dernière minute, justement quand le stress est maximal.

Elle rappelle que chaque mise en place demande de l’énergie administrative : comparer les offres, réserver, coordonner les horaires. Les couples qui anticipent et listent à l’avance les tâches à déléguer en tirent un meilleur rendement émotionnel.

Décider ensemble des dépenses

La chercheuse insiste : l’effet positif ne dépend pas du fait que les deux partenaires gagnent exactement le même temps. Il peut arriver que l’un soit davantage soulagé parce qu’il assumait plus de tâches domestiques au départ. Ce qui importe, selon elle, c’est la décision conjointe.

Les couples qui se mettent d’accord sur ce qu’ils vont externaliser profitent mieux des effets positifs sur la relation.

La démarche est décrite comme une forme de « résolution d’énigme à deux » : identifier ce qui consomme le plus de temps, ce qui génère le plus de tensions, puis choisir ensemble ce qu’il est pertinent de déléguer en fonction du budget.

Réserver le temps gagné à la relation

Les travaux de l’équipe montrent que l’élément le plus déterminant reste l’usage concret des heures récupérées. Si chacun s’enferme de son côté devant un écran, l’effet sur la relation est limité.

À l’inverse, les couples qui consacrent ce temps à une activité commune rapportent un bond de bien-être relationnel. Le « temps de qualité » ne renvoie pas à une activité précise, mais à un climat : bonne humeur partagée, sentiment de soutien, échange réel.

Pour certains, cela peut être une activité sportive, une sortie régulière ou un brunch. Pour d’autres, un film sur le canapé, une promenade ou une simple conversation tranquille dans la cuisine. Les données de l’étude ne tranchent pas sur la nature idéale de ce moment, mais sur le ressenti positif qu’il procure.

Ce que cette recherche change pour des couples français

Pour un foyer en France, l’idée centrale reste la même : utiliser une partie de son budget pour acheter des heures de moins de ménage, de cuisine ou de courses, puis consacrer ces heures à la vie de couple.

Les équivalents sont nombreux :

  • recours à une employée de ménage via le chèque emploi service universel ;
  • livraison de repas par des plateformes ou des restaurants ;
  • services de livraison de courses à domicile ;
  • garde d’enfants ponctuelle ou régulière ;
  • jardinage et petits travaux effectués par des prestataires.

En France, ces services entrent souvent dans le cadre des « services à la personne », qui peuvent ouvrir droit à un avantage fiscal, sous conditions. L’étude de Harvard ne porte pas sur le cas français et ne chiffre pas ces dispositifs, mais le mécanisme psychologique est comparable : moins de pression domestique, plus de temps choisi ensemble.

Type de tâche Exemple de service Bénéfice pour le couple
Ménage Heures de ménage hebdomadaires Moins de disputes sur la répartition des corvées
Repas Livraison de plats préparés Soirées plus détendues, temps pour échanger
Courses Drive livré à domicile Week-ends allégés, davantage de loisirs communs
Garde d’enfants Baby-sitting planifié Moments à deux plus réguliers

Quand les entreprises s’en mêlent

L’article de la Harvard Business School souligne aussi une limite évidente : tout le monde ne dispose pas d’un budget suffisant pour multiplier ces achats. La chercheuse suggère alors un rôle possible pour les employeurs, notamment lors des périodes de forte charge de travail.

Elle évoque plusieurs pistes : bons pour la livraison de courses, prises en charge de prestations de ménage ou d’entretien extérieur dans les périodes de « rush », ou encore enveloppe dédiée aux services qui font gagner du temps lorsque les salariés doivent se déplacer pour un séminaire ou une réunion en présentiel.

Soutenir la vie de couple des salariés peut aussi servir l’entreprise, en limitant les tensions liées au déséquilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

Ces avantages iraient au-delà du confort individuel : ils viseraient explicitement à réduire la charge domestique qui repose sur le conjoint resté à la maison quand l’autre multiplie les déplacements et les heures supplémentaires.

Un levier concret pour alléger la charge mentale

Derrière ces résultats se cache un phénomène bien connu des couples : la « charge mentale », cette responsabilité de penser à tout, qui s’ajoute au temps passé à exécuter les tâches. Externaliser une partie des corvées ne supprime pas la charge mentale, mais la réduit, surtout si la décision est vraiment partagée.

Un couple français peut ainsi s’inspirer de ces travaux pour procéder étape par étape :

  • Lister les tâches qui génèrent le plus de stress ou de disputes.
  • Estimer le temps qu’elles prennent chaque semaine.
  • Identifier celles qui peuvent être déléguées à un coût jugé acceptable.
  • Décider ensemble d’un test sur quelques semaines.
  • Réserver par avance une partie du temps gagné à des moments à deux.
  • Ce type de démarche ne remplace pas la discussion sur le partage des tâches, mais apporte un outil supplémentaire. Les travaux de Harvard suggèrent que bien utilisé, cet outil peut réellement améliorer la satisfaction du couple, surtout lorsque le quotidien est dense et les agendas chargés.

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