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Laisser sa voiture garée dans la rue plusieurs semaines : ce n’est pas interdit, mais il existe une limite à ne pas dépasser

Laisser sa voiture garée dans la rue plusieurs semaines : ce n'est pas interdit, mais il existe une limite à ne pas dépasser

Au Portugal, laisser son véhicule immobile sur la voie publique pendant plusieurs semaines reste possible, mais la loi fixe une durée maximale.

Le site d’information portugais qui détaille le Code de la route national rappelle que le stationnement prolongé n’est pas totalement libre. Passé un certain délai, la voiture est juridiquement considérée en stationnement abusif, avec à la clé un risque de contravention, de blocage, voire de mise en fourrière. Les règles varient selon que la place est gratuite, payante ou limitée dans le temps.

Ce que dit le Code de la route portugais pour une voiture immobile des semaines

Vous partez en vacances et pensez laisser votre voiture garée dans la rue, devant chez vous, au Portugal ? Le Code de la route portugais (Código da Estrada, CE) ne l’interdit pas en soi. Mais il fixe une limite claire pour ce type de situation.

Selon l’article 163 du Código da Estrada, un véhicule stationné plus de 30 jours d’affilée au même endroit peut être considéré en stationnement indû ou abusif.

La règle vise les véhicules qui restent « 30 jours ininterrompus » sur une voie publique ou dans un parc ou une zone de stationnement gratuits, c’est-à-dire sans paiement de taxe.

Concrètement, si une voiture ne bouge pas pendant un mois sur une place gratuite non limitée dans le temps, elle tombe dans la catégorie du stationnement abusif. Les autorités peuvent alors engager une procédure de sanction et, en dernier recours, procéder à son enlèvement.

Déplacer la voiture de quelques mètres ne suffit pas forcément

Un détail de la loi portugaise intéressera de nombreux automobilistes. Le fameux délai de 30 jours ne se réinitialise pas automatiquement dès qu’un véhicule change de place dans la même rue.

Le Código da Estrada précise que ce délai « n’est pas interrompu » lorsque la voiture est simplement déplacée d’une place à une autre, dans la même zone de stationnement. Autrement dit, avancer ou reculer le véhicule de quelques mètres, ou le mettre sur la place juste en face, ne garantit pas que le compteur repart de zéro.

Ce point ferme la porte à une pratique courante : certains conducteurs se contentent de bouger légèrement leur véhicule pour donner l’impression d’un usage régulier. Au Portugal, cette manœuvre ne protège pas systématiquement d’un constat de stationnement abusif si les autorités peuvent démontrer que la voiture reste en réalité au même endroit depuis plus de 30 jours.

Comment les autorités savent depuis quand la voiture ne bouge pas ?

Le média portugais rappelle que le Code de la route ne prévoit pas de système national automatisé pour suivre chaque véhicule garé. Aucune base de données centralisée ne recense au jour le jour les voitures en stationnement.

Le contrôle se fait au cas par cas, lors des tournées de police ou d’agents municipaux. Pour prouver qu’un véhicule est resté sur place au-delà des 30 jours, les autorités peuvent utiliser différents éléments :

  • photos prises à plusieurs dates montrant la voiture exactement au même endroit ;
  • constats ou rapports successifs des services de contrôle ;
  • éventuels signalements de riverains sur un véhicule qui ne bouge plus.

Le simple fait qu’une voiture soit souvent vue dans la même rue ne suffit pas à prouver 30 jours d’immobilité. Comme le rappelle le site portugais, un habitant peut très bien utiliser son véhicule tous les jours, puis revenir se garer devant chez lui.

Un véhicule régulièrement utilisé mais fréquemment stationné au même endroit n’est pas, en soi, en infraction. Tout repose sur la durée réelle d’immobilisation.

Stationnement payant : des règles plus strictes que les 30 jours

La limite de 30 jours concerne les places gratuites, sans durée maximale affichée. Dès que le stationnement est payant ou limité dans le temps, le régime change et devient bien plus contraignant.

Zones payantes ou à durée limitée

Dans les secteurs où le stationnement nécessite le paiement d’une taxe, le Código da Estrada considère le stationnement comme abusif dans deux cas :

  • lorsque la taxe n’a pas été payée ;
  • lorsque plus de deux heures se sont écoulées après l’expiration du ticket payé.

Le dépassement autorisé n’a donc rien à voir avec un délai d’un mois. L’automobiliste ne dispose que de deux heures au-delà de ce qu’il a réglé avant de basculer dans l’illégalité.

Dans les zones où le stationnement est gratuit mais limité à une certaine durée (par exemple quelques heures), le Code portugais adopte une logique similaire : rester plus de deux heures au-delà du temps permis est assimilé à un stationnement abusif.

Laisser sa voiture plusieurs semaines sur une place payante ou à durée limitée revient presque à cumuler les infractions : non-paiement, dépassement de temps et stationnement abusif.

La différence avec une place totalement gratuite est donc majeure. Sur ces emplacements réglementés, le risque d’amende ou de sanction apparaît bien avant la barre des 30 jours.

Voiture « abandonnée » : une règle bien plus sévère

Le Código da Estrada portugais distingue aussi le cas des véhicules qui semblent abandonnés ou inutilisables. La période de tolérance est alors nettement réduite.

Un véhicule présentant des signes extérieurs évidents :

  • d’abandon (saleté extrême, pneus à plat, vitres cassées, absence d’usage visible) ;
  • d’inutilisation prolongée ;
  • ou d’impossibilité de circuler en sécurité par ses propres moyens,

peut être qualifié en stationnement abusif après seulement 48 heures au même endroit.

Pour une voiture manifestement abandonnée ou dangereuse, le délai passe d’un mois à deux jours seulement.

Le Code vise également des situations particulières :

  • les véhicules garés dans un parking avec un panneau de vente ou toute information indiquant qu’ils sont proposés à la transaction ;
  • les voitures sans plaque d’immatriculation ;
  • les véhicules dont la plaque est illisible ou ne permet plus une lecture correcte du numéro.

Dans ces cas, même sans dépasser 30 jours, l’auto peut basculer dans la catégorie des stationnements indus ou abusifs, avec intervention possible des autorités.

Remorquage, blocage : ce que risque le propriétaire au Portugal

L’article 164 du Código da Estrada portugais précise les suites possibles. Les véhicules garés de façon indue ou abusive peuvent être retirés de la voie publique, c’est-à-dire remorqués vers une fourrière, ou bloqués sur place.

Le titulaire du document d’identification du véhicule, l’équivalent de la carte grise française, supporte toutes les dépenses liées à cette opération : déplacement, gardiennage, éventuels frais administratifs. Les sanctions prévues par la loi s’ajoutent à ces coûts.

Le propriétaire demeure responsable des frais de remorquage et de garde, même s’il n’était pas au volant au moment des faits, avec la possibilité ensuite de se retourner contre le conducteur réel.

Le texte portugais mentionne en effet que le titulaire conserve un droit de recours contre la personne qui conduisait ou utilisait le véhicule, mais cela ne bloque ni le paiement ni la récupération de la voiture.

Quelle règle pour un automobiliste en France ?

Pour un lecteur français, ces précisions concernant le Portugal invitent à comparer avec le régime du stationnement en France. Le Code de la route français ne fixe pas un délai unique de 30 jours pour déclarer un stationnement abusif dans toutes les situations, mais la logique générale reste proche : éviter que la voie publique ne serve de lieu de stockage permanent.

En France, le maire ou le gestionnaire de la voirie disposent d’un pouvoir de police pour faire évacuer les véhicules en stationnement prolongé, dangereux, gênant ou abandonné. Les cas fréquents sont les voitures laissées sans plaques, gravement accidentées, très dégradées ou visiblement désertées depuis longtemps.

Comme au Portugal, un véhicule qui ressemble à une épave ou qui ne semble plus rouler peut être considéré comme abandonné au bout d’un certain temps. Il peut alors être déclaré « véhicule hors d’usage » et enlevé, souvent à la demande de la commune ou de la police municipale. Les frais d’enlèvement et de garde reviennent au propriétaire, à l’image de ce que prévoit le Código da Estrada.

Les stationnements payants ou en zone bleue suivent une logique similaire à celle détaillée pour le Portugal : le non-paiement ou le dépassement de la durée autorisée ouvre la voie à une amende, voire, en cas d’abus répété ou de gêne, à la mise en fourrière. Là encore, utiliser la rue comme garage de longue durée dans une zone limitée expose rapidement à des sanctions.

Ce qu’un automobiliste doit retenir avant de partir plusieurs semaines

Au Portugal, comme en France, laisser son véhicule des semaines sur une place publique n’est jamais neutre. La voie publique n’est pas pensée comme un garde-meuble gratuit. D’où ces règles qui encadrent la durée, surtout lorsque l’auto semble ne plus servir ou occupe une place payante.

Pour un départ prolongé, certains réflexes réduisent le risque :

  • vérifier si la place est gratuite ou soumise à taxe ou durée maximale ;
  • éviter les zones payantes ou à durée limitée pour un stationnement de plusieurs semaines ;
  • ne pas laisser la voiture dans un état laissant penser qu’elle est abandonnée ;
  • si possible, privilégier un parking privé ou une place sur terrain privé, avec accord du propriétaire.

La notion de « véhicule abandonné » mérite aussi attention. Elle repose en grande partie sur l’aspect extérieur et sur l’absence manifeste d’usage. Une voiture très sale, pneus dégonflés, vitres cassées ou sans plaque déclenche plus vite un signalement et une intervention qu’un véhicule visiblement entretenu.

Enfin, un véhicule bloqué ou mis en fourrière peut coûter cher à récupérer : au montant de l’amende s’ajoutent les frais de remorquage et de gardiennage. Pour un séjour de plusieurs semaines, calculer ces risques peut inciter à opter pour un stationnement sécurisé payant ou à confier l’auto à un proche disposant d’une place privée.

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