RacingZone

Le litre à 3 euros, c’est déjà arrivé en Italie et en Allemagne : un diesel premium affiché à 3,159 euros sur l’autoroute A22, près de Bolzano

Le litre à 3 euros, c'est déjà arrivé en Italie et en Allemagne : un diesel premium affiché à 3,159 euros sur l'autoroute A22, près de Bolzano

Entre tensions géopolitiques et flambée du brut, certains automobilistes italiens et allemands ont déjà vu s’afficher des prix totalement hors norme.

En Italie et en Allemagne, le seuil symbolique des 3 euros le litre pour l’essence ou le gazole n’est plus une hypothèse abstraite. Comme le rapporte le média spécialisé espagnol Motorpasión, des stations-service ont, ces derniers mois, facturé des carburants premium à plus de 3 euros le litre, avec des pleins dépassant largement les 120 euros. Une situation qui reflète la montée continue des prix de l’énergie en Europe depuis la crise dans le détroit d’Ormuz.

Un diesel premium à 3,159 euros le litre sur l’A22 en Italie

Le cas le plus spectaculaire a été relevé en Italie, sur l’autoroute A22, au nord du pays. Dans la station de service Laimburg Ovest, située à une vingtaine de kilomètres au sud de Bolzano, le prix du diesel Supreme a atteint 3,159 euros le litre le 27 août.

Selon Motorpasión, ce tarif n’était pas isolé à cette seule journée : les 24 et 25 août, le même prix était déjà appliqué. Pour un automobiliste utilisant ce carburant « haut de gamme », la facture grimpait alors très vite :

  • plus de 126 euros pour un réservoir de 40 litres ;
  • près de 190 euros pour un réservoir de 60 litres.

Atteindre ou dépasser 3 euros le litre reste rare, mais ces cas italiens et allemands illustrent jusqu’où peut monter la facture à la pompe.

Cette flambée ne vient pas de nulle part. Dès la fin mars, le nord de l’Italie affichait déjà des prix jugés « exorbitants » pour le gazole, notamment sur des routes secondaires. L’association de consommateurs Codacons recensait alors plusieurs stations :

  • Prato : 2,763 euros le litre de gazole ;
  • Cuneo : 2,749 euros ;
  • Milan : 2,745 euros.

Ces montants tenaient déjà compte d’un premier rabais sur les carburants décidé par le gouvernement italien à la mi-mars. Ce geste fiscal a freiné la hausse sans pour autant la stopper. En juillet 2026, par exemple, l’essence à Milan se vendait encore jusqu’à 2,60 euros le litre.

Des rabais fiscaux italiens qui peinent à compenser la hausse

Rome a choisi de s’attaquer au volet fiscal du prix à la pompe. L’Italie a réduit des taxes spécifiques sur les carburants, appelées « accises ». Entre le 19 mars et le 3 juillet, une baisse équivalente à 24 centimes par litre s’appliquait sur l’essence et le gazole, avant d’être progressivement réduite à 6 centimes.

Face à la poursuite de la hausse, le gouvernement a ensuite ciblé uniquement le gazole, plus utilisé par les professionnels. Depuis le 28 juillet, un rabais de 17 centimes par litre sur le diesel est en vigueur, prolongé par plusieurs décrets successifs. La dernière prolongation couvre jusqu’au 10 septembre, avec la perspective annoncée de maintenir à l’avenir les réductions pour certains publics, comme les transporteurs.

Les remises fiscales, en Italie comme ailleurs en Europe, amortissent le choc mais ne l’annulent pas : les prix restent à des niveaux inédits.

En Allemagne, des stations franchissent aussi la barre des 3 euros

Outre-Rhin, les prix moyens de l’essence et du gazole dépassent les 2 euros le litre depuis juillet dans tout le pays. L’Allemagne figure parmi les États européens où le carburant est le plus cher, ce que confirment les données du club automobile allemand ADAC.

Des pointes au-dessus des 3 euros ont également été enregistrées dans certaines stations-service. Un épisode très commenté a eu lieu à Pâques, en avril, sur une aire de service de l’autoroute A5, exploitée sous l’enseigne Avia. Le prix du gazole y a été affiché à 3,16 euros le litre, et celui de l’essence à 3 euros le litre. L’exploitant Kuehmichel GmbH & Co a évoqué un « problème technique » corrigé en un quart d’heure. Même après correction, le gazole restait tout de même proche de 2,80 euros le litre.

Début septembre, plusieurs stations allemandes au seuil des 3 euros

Au début du mois de septembre, d’autres records ont été constatés, cette fois sans être attribués à une erreur. Le site de suivi des prix Prix-carburant.eu a relevé, dans la ville de Bocholt, une station affichant :

  • 3 euros le litre pour le gazole A ;
  • 3 euros le litre pour l’essence Super 95 ;
  • 3 euros le litre pour la Super 98.

Deux autres stations allemandes tournaient autour de ce seuil, avec par exemple :

  • 2,999 euros le litre pour le gazole, 2,95 euros pour la Super 95 ;
  • à Dortmund, 2,90 euros le litre pour le gazole et 2,96 euros pour la Super 98.

En août, une station avait déjà servi l’essence premium Aral Ultimate 102 à 3,049 euros le litre, là aussi un record pour ce type de carburant.

Une réglementation allemande qui limite les hausses quotidiennes

L’Allemagne a mis en place une règle spécifique pour encadrer les variations de prix. Depuis le 1er avril 2026, la Loi d’ajustement des prix des carburants (KPAnG) autorise les stations-service à augmenter le prix de l’essence et du gazole une seule fois par jour, à midi. Elles peuvent ensuite le baisser autant de fois qu’elles le souhaitent, mais ne peuvent pas le remonter avant 12 h le lendemain.

Cette mesure visait à limiter les fluctuations parfois brutales au cours d’une même journée. Selon l’ADAC, cet encadrement n’a toutefois pas empêché le niveau général des prix de rester orienté à la hausse. Le club automobile note que, quelques jours seulement après l’entrée en vigueur de la loi, certaines stations avaient trouvé des marges de manœuvre pour augmenter discrètement leurs tarifs.

En Allemagne, le prix moyen du litre de Super 95 en août s’établissait à 2,145 euros, et celui du gazole à 2,223 euros, d’après l’ADAC.

Le « rabais carburant » allemand, un soulagement limité dans le temps

Comme l’Italie ou l’Espagne, l’Allemagne a tenté de contenir la hausse via une remise fiscale temporaire, surnommée « Tankrabatt ». Ce dispositif a couru du 1er mai au 30 juin et a réduit le prix à la pompe d’environ 16,7 centimes par litre.

Une fois la mesure arrivée à son terme, les prix ont rapidement rebondi. Le gazole est passé d’une moyenne de 1,946 euro le litre au début juillet à 2,225 euros à la fin du même mois. La suppression du rabais a donc eu un effet immédiat sur le budget carburant des automobilistes allemands.

L’Europe au-dessus des 2 euros de moyenne, la France dans le peloton de tête

Les cas italien et allemand s’inscrivent dans une tendance européenne plus large. D’après le dernier bulletin de la Commission européenne cité par Motorpasión, la moyenne dans l’Union européenne atteint :

  • 1,949 euro le litre pour l’essence ;
  • 2,039 euros le litre pour le gazole.

Huit pays dépassent désormais la barre des 2 euros pour l’un ou l’autre de ces carburants. Un tableau mis en avant par le média espagnol récapitule les pays les plus chers :

Pays Essence Super 95 (€/l) Gazole A (€/l)
Danemark 2,52 2,27
Pays-Bas 2,35 2,32
Allemagne 2,24 2,23
Finlande 2,20 2,33
France 2,07 2,20
Grèce 2,04 2,02
Italie 2,02 2,12
Portugal 2,01 2,02

Avec en moyenne 2,07 euros le litre d’essence et 2,20 euros le litre de gazole, la France figure parmi les pays européens où rouler coûte le plus cher.

Qu’est-ce que cela implique pour les automobilistes en France ?

Les chiffres cités par Motorpasión montrent que la France se situe dans le groupe de tête des pays les plus chers de l’Union européenne pour les carburants. Pour un lecteur français, plusieurs éléments ressortent :

  • les niveaux moyens français restent, pour l’instant, en dessous des pics observés à 3 euros en Italie ou en Allemagne, mais l’écart n’est pas immense sur la moyenne ;
  • comme en Italie, en Allemagne ou en Espagne, une partie du prix à la pompe dépend de la fiscalité et des éventuelles remises temporaires ;
  • les tensions géopolitiques, comme la crise dans le détroit d’Ormuz évoquée par le média espagnol, pèsent sur le prix du brut pour tous les pays importateurs.

En France, la formation du prix du carburant repose aussi sur des taxes spécifiques (taxe intérieure sur les produits énergétiques, TVA). Les pouvoirs publics ont déjà eu recours à des remises ponctuelles sur le litre de carburant lors de précédentes vagues de hausse. Le principe reste le même que celui décrit pour l’Italie, l’Allemagne ou l’Espagne : une réduction temporaire du montant des taxes diminue le prix final payé par l’automobiliste, mais ne change ni le coût du pétrole ni celui du raffinage.

Pourquoi le litre peut-il atteindre 3 euros dans certains pays ?

Les cas à plus de 3 euros détaillés par Motorpasión concernent des carburants dits premium (diesel Supreme, Aral Ultimate 102, etc.), vendus sur autoroute ou dans des stations particulières. Plusieurs facteurs se cumulent :

  • le type de carburant : les versions « premium » sont systématiquement plus chères que les carburants standard ;
  • la localisation : les stations d’autoroute, en Italie comme en Allemagne, pratiquent souvent des prix plus élevés que celles des centres urbains ou des zones rurales ;
  • le contexte international : les tensions au Moyen-Orient et la hausse du prix du pétrole brut se répercutent rapidement sur les coûts de raffinage et de distribution ;
  • la fiscalité nationale : chaque pays applique sa propre combinaison de taxes, qui peut représenter une large part du prix final.

À ces éléments s’ajoutent des pratiques commerciales spécifiques, comme la possibilité en Allemagne de modifier les tarifs plusieurs fois dans la journée avant l’entrée en vigueur de la loi KPAnG, ou l’ajustement à heure fixe depuis 2026. Ces mécanismes influencent la manière dont les hausses de coûts se répercutent à la pompe.

Un risque réel de plein à plus de 100 euros pour de nombreux conducteurs

Les exemples italiens et allemands montrent concrètement l’impact de ces prix sur le budget des ménages. À plus de 3 euros le litre, un réservoir de 45 à 60 litres entraîne systématiquement un passage au-dessus des 100 euros, même sans carburant premium. En Espagne, où les prix sont restés légèrement plus bas, Motorpasión rappelle que remplir un réservoir de 45 litres fin août dépassait déjà allègrement les 90 euros.

Pour un conducteur français, les ordres de grandeur sont comparables dès que l’on s’approche des moyennes européennes recensées par la Commission européenne. Sur autoroute, où les prix sont généralement plus élevés qu’en ville, un véhicule disposant d’un grand réservoir peut rapidement engendrer une facture proche de celles observées en Italie ou en Allemagne, même sans atteindre les 3 euros affichés dans les cas extrêmes.

À mesure que les prix moyens se rapprochent des 2,20 euros, la barre des 100 euros pour un plein devient la norme pour les gros réservoirs.

Cette situation renforce l’intérêt, pour les automobilistes, de quelques réflexes simples : comparer les prix entre autoroute et réseau secondaire lorsque c’est possible, surveiller les carburants premium souvent largement plus coûteux, et adapter ses trajets ou son style de conduite pour réduire la consommation. Dans un contexte où la fiscalité ne peut, selon les gouvernements, pas absorber durablement la hausse du brut, les marges de manœuvre se jouent autant dans les politiques publiques que dans les choix individuels.

Questions fréquentes

Quel est le prix du carburant le plus élevé enregistré en Italie et en Allemagne ?

En Italie, un diesel premium a atteint 3,159 euros le litre le 27 août 2026 sur l'autoroute A22 près de Bolzano. En Allemagne, plusieurs records ont été constatés : gazole à 3,16 euros et essence à 3 euros le litre en avril sur l'autoroute A5, et en septembre, une station affichait 3 euros le litre pour trois types de carburants à Bocholt.

Comment les gouvernements italien et allemand tentent-ils de freiner la hausse des prix ?

L'Italie a réduit les taxes sur les carburants (accises) : 24 centimes par litre entre mars et juillet, puis 17 centimes sur le diesel à partir de juillet. L'Allemagne a appliqué un « Tankrabatt » de 16,7 centimes par litre entre mai et juin, et une loi depuis avril 2026 limite les augmentations de prix à une seule fois par jour à midi.

Quels sont les prix moyens des carburants en Europe actuellement ?

D'après la Commission européenne, la moyenne dans l'Union européenne atteint 1,949 euro le litre pour l'essence et 2,039 euros pour le gazole. En France, les moyennes s'établissent à 2,07 euros le litre d'essence et 2,20 euros le litre de gazole.

Pourquoi les prix des carburants ont-ils autant augmenté ?

L'article cite des tensions géopolitiques et une flambée du brut, ainsi que la crise dans le détroit d'Ormuz, comme causes de la montée continue des prix de l'énergie en Europe.

Quels pays européens ont les carburants les plus chers ?

Le Danemark (2,52 euros l'essence), les Pays-Bas (2,35 euros l'essence et 2,32 euros le gazole), l'Allemagne (2,24 euros l'essence et 2,23 euros le gazole) et la Finlande (2,20 euros l'essence et 2,33 euros le gazole) figurent en tête des pays les plus chers.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Défiler vers le haut