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La crème solaire en hiver : les dermatologues sont unanimes, ce n’est pas la chaleur qui abîme la peau

La crème solaire en hiver : les dermatologues sont unanimes, ce n'est pas la chaleur qui abîme la peau

Même quand le thermomètre chute aux États-Unis comme en France, les rayons du soleil, eux, ne prennent pas de vacances.

Associée aux plages et aux canicules, la crème solaire reste pourtant utile bien au-delà de l’été. C’est ce que rappelle un article de MedlinePlus, un site d’information médicale américain rattaché aux National Institutes of Health, qui insiste sur les risques de dommages cutanés et de cancers de la peau en plein hiver.

Crème solaire en hiver : une fausse impression de sécurité

En hiver, les journées sont plus courtes, le ciel souvent couvert et les températures basses. Tout concourt à nous faire croire que le soleil devient inoffensif. Les médecins rappellent l’inverse : la sensation de froid n’a rien à voir avec le danger réel pour la peau.

Les rayons ultraviolets (UV) restent présents et agressifs même quand il fait froid, et ils ne se voient pas.

Selon les explications relayées par MedlinePlus, l’inclinaison de la Terre en hiver diminue bien l’intensité globale des UV, mais pas au point de rendre la protection inutile. L’œil humain ne perçoit pas ces rayonnements, pourtant ils traversent l’épiderme et altèrent progressivement l’ADN des cellules cutanées.

Ce décalage entre ce que l’on ressent (le froid) et ce qui se passe réellement dans la peau nourrit une fausse sécurité. Résultat : beaucoup sortent sans protection, parfois pendant des heures, pour marcher, courir, faire du vélo ou travailler dehors.

Un responsable majeur du vieillissement de la peau

Le vieillissement cutané fait partie du cycle naturel de la peau. Mais l’exposition au soleil accélère nettement ce processus. Les données citées par MedlinePlus rappellent que le soleil pourrait expliquer jusqu’à 90 % des changements visibles attribués au vieillissement de la peau.

Rides marquées, taches brunes, perte d’élasticité : ces marques ne viennent pas seulement de l’âge. Elles reflètent aussi des années d’expositions répétées, parfois sans protection, été comme hiver.

Prévenir ces dommages reste plus simple que les corriger une fois installés : la protection contre les UV constitue le geste clé.

Les UV fragilisent les fibres de collagène et d’élastine, qui maintiennent la peau ferme et souple. Les micro-vaisseaux peuvent aussi devenir visibles, surtout sur le visage. Certaines zones exposées comme les mains et les avant-bras développent des taches pigmentées ou, au contraire, des petites zones plus claires.

Pourquoi l’hiver ne protège pas du cancer de la peau

La peau ne “compte” pas les saisons, elle additionne les doses d’UV au fil des années. Or, rappelle MedlinePlus, le cancer de la peau est le cancer le plus fréquent aux États-Unis. C’est cette accumulation discrète, y compris en hiver, qui contribue aux risques à long terme.

Les autorités de santé américaines, comme l’Institut national du cancer (National Cancer Institute), recommandent donc de limiter l’exposition directe au soleil toute l’année, en particulier entre 10 heures et 16 heures, période où les UV sont les plus forts, même en plein mois de janvier.

Autre idée reçue battue en brèche : les nuages. Selon l’article, ils ne réduisent en moyenne que d’environ 50 % les niveaux d’UV. Les journées grises ne suffisent donc pas à annuler la nécessité d’une protection.

  • Les UV ne se voient pas, ne se sentent pas et ne chauffent pas forcément la peau.
  • Le froid ne protège pas des UV.
  • Les nuages ne bloquent qu’une partie des rayons.
  • La dose totale reçue dans l’année inclut aussi les mois d’hiver.

Actes précancéreux et lésions à surveiller

MedlinePlus rappelle que tous les dommages ne se limitent pas au coup de soleil rouge et douloureux. Certaines lésions mettent des années à apparaître. Parmi elles, des changements dits précancéreux.

Les spécialistes mentionnent notamment :

  • les kératoses actiniques : petites lésions rouges, rugueuses, souvent localisées sur le visage, les oreilles ou le dos des mains ;
  • l’actinite chéilique : forme de kératose actinique située sur les lèvres, caractérisée par une sécheresse et des zones squameuses persistantes.

Ces anomalies, liées à une exposition chronique, doivent être évaluées par un médecin. Elles ne se transforment pas toutes en cancer, mais signalent une peau fragilisée par le soleil, hiver compris.

Montagne, neige, ski : les UV montent aussi en altitude

Les amateurs de sports d’hiver se croient parfois protégés par le froid vif et la sensation d’air pur. En réalité, les conditions en montagne renforcent l’exposition.

MedlinePlus souligne deux phénomènes :

  • L’altitude : plus on monte, plus l’atmosphère filtre mal les UV. Dans les Alpes, par exemple, les niveaux d’UV peuvent augmenter d’environ 6 % tous les 300 mètres d’élévation.
  • La réflexion par la neige : le manteau neigeux agit comme un miroir et renvoie les rayons vers le visage, le cou et les yeux.
  • Sur les pistes, la dose d’UV reçue peut être supérieure à celle d’une journée d’été en ville, surtout en plein soleil.

    Cette réflexion augmente aussi les risques pour les yeux. L’article cite la photokératite, parfois surnommée “cécité des neiges”, une inflammation douloureuse de la surface de l’œil provoquée par une exposition intense aux UV réfléchis par la neige ou la glace.

    MedlinePlus rappelle également le risque de mélanome de l’œil, une forme rare mais grave de cancer qui peut être favorisée par une exposition répétée aux UV.

    Équipement recommandé à la neige

    Pour limiter ces risques, les médecins américains recommandent :

    • une crème solaire avec un indice de protection (SPF) d’au moins 30, appliquée généreusement sur le visage, les oreilles et toute zone exposée ;
    • un baume à lèvres avec filtre UV ;
    • un masque ou des lunettes de soleil avec protection UV ;
    • un bonnet ou un casque couvrant le front et les oreilles.

    Mettre la crème solaire en hiver : les conseils des autorités américaines

    Les recommandations relayées par MedlinePlus et le National Cancer Institute s’articulent autour de quelques réflexes simples, applicables toute l’année :

    Geste Pourquoi
    Appliquer une crème SPF 30 minimum sur les zones découvertes Réduit l’intensité des UV atteignant la peau et les risques de dommages à long terme
    Limiter l’exposition directe entre 10 h et 16 h Plage horaire où les UV sont les plus forts, même en hiver
    Porter chapeau, bonnet, écharpe Créer une barrière physique sur le visage, le cou et les oreilles
    Mettre des lunettes ou un masque avec protection UV Protéger les yeux de la photokératite et limiter le risque de mélanome oculaire

    Le texte souligne aussi que certains gestes existent depuis longtemps. Les populations autochtones d’Alaska avaient déjà imaginé, il y a des milliers d’années, des sortes de “lunettes” étroites pour se protéger des reflets du soleil sur la neige, preuve que ce danger ne date pas d’hier.

    Les travaux des NIH sur les cancers cutanés

    MedlinePlus renvoie à plusieurs recherches menées par le National Cancer Institute autour du mélanome et des tumeurs cutanées rares. Elles ne concernent pas directement la crème solaire en hiver, mais illustrent l’ampleur des enjeux liés aux UV.

    Immunothérapie avant la chirurgie du mélanome

    Une étude menée par le réseau de recherche SWOG Cancer Research Network s’est intéressée à l’immunothérapie par pembrolizumab chez des patients atteints de mélanome. Les chercheurs ont observé qu’un traitement administré à la fois avant et après l’opération réduisait le risque de récidive par rapport à un schéma limité à l’après-chirurgie. Les scientifiques restent prudents sur l’impact à long terme sur la durée de vie globale, mais évoquent une possible révision des recommandations pour les oncologues.

    Lien entre prédisposition génétique et tumeurs cutanées rares

    Un autre travail mentionné par MedlinePlus porte sur des mélanomes dits “spitzoïdes”, une forme rare touchant souvent les enfants. Des chercheurs du National Cancer Institute ont mis en évidence une vulnérabilité particulière chez des personnes porteuses de mutations du gène POT1. Des participants sont encore recrutés pour mieux comprendre comment facteurs génétiques et environnementaux, dont les UV, interagissent dans ces cancers.

    Et en France, quelles recommandations pour l’hiver ?

    En France, les messages des dermatologues et des autorités de santé comme Santé publique France vont dans le même sens que ceux relayés par MedlinePlus. Les spécialistes conseillent de ne pas réserver la crème solaire aux vacances d’été, surtout pour certaines catégories de personnes : enfants, peaux très claires, antécédents de coups de soleil sévères ou de cancers cutanés.

    Les principes sont proches :

    • garder une protection adaptée lors des activités prolongées en plein air même en hiver, notamment à la montagne ;
    • se méfier des journées très claires et enneigées, avec un ensoleillement fort ;
    • surveiller l’apparition de taches, lésions rugueuses ou plaies qui ne guérissent pas et consulter en cas de doute.

    Les campagnes françaises insistent également sur le rôle du médecin généraliste et du dermatologue dans le dépistage précoce des cancers cutanés, en particulier des mélanomes, dont le pronostic dépend beaucoup du stade au moment du diagnostic.

    Comment intégrer la protection solaire à sa routine d’hiver

    Pour un lecteur français, le message des dermatologues américains reste facilement transposable : la meilleure stratégie consiste à banaliser la protection solaire, sans en faire un geste exceptionnel réservé aux vacances.

    Une approche pratique consiste à utiliser au quotidien, en hiver, une crème de jour ou un soin hydratant contenant un filtre solaire, surtout si l’on marche beaucoup ou si l’on travaille souvent en extérieur. Lors d’une journée de ski, de raquettes ou de randonnée, une vraie crème solaire appliquée en couche généreuse et renouvelée reste préférable.

    Ce n’est pas la chaleur qui abîme la peau, mais la dose d’UV cumulée au fil des années, quelles que soient la saison et la température.

    À long terme, ces réflexes réduisent non seulement le risque de cancers cutanés, mais limitent aussi le vieillissement visible de la peau. Une protection régulière en hiver comme en été s’apparente ainsi moins à un “plus” cosmétique qu’à une mesure de santé publique et de prévention à part entière.

    Questions fréquentes

    Pourquoi la crème solaire est-elle nécessaire en hiver si on ne ressent pas la chaleur du soleil ?

    Les rayons ultraviolets restent présents et agressifs indépendamment de la température. L'œil humain ne perçoit pas les UV, qui traversent l'épiderme et altèrent progressivement l'ADN des cellules cutanées. Le froid ne protège pas du soleil.

    Les nuages en hiver bloquent-ils vraiment les rayons ultraviolets ?

    Non, les nuages ne réduisent en moyenne que d'environ 50 % les niveaux d'UV. Les journées grises ne suffisent donc pas à annuler la nécessité d'une protection.

    Quel indice de protection solaire faut-il utiliser en hiver ?

    Les autorités sanitaires américaines recommandent une crème solaire avec un indice de protection (SPF) d'au moins 30, appliquée généreusement sur le visage, les oreilles et toute zone exposée.

    Pourquoi les sports d'hiver en montagne présentent-ils un risque augmenté d'exposition aux UV ?

    À l'altitude, l'atmosphère filtre moins bien les UV : ils peuvent augmenter d'environ 6 % tous les 300 mètres d'élévation. De plus, la neige agit comme un miroir et renvoie les rayons vers le visage et les yeux, augmentant la dose reçue.

    Qu'est-ce que la photokératite ou cécité des neiges ?

    C'est une inflammation douloureuse de la surface de l'œil provoquée par une exposition intense aux rayons ultraviolets réfléchis par la neige ou la glace. Elle constitue l'un des risques oculaires majeurs en montagne hivernale.

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