À l’aéroport de Lanzarote, aux Canaries, un avion Ryanair en cours d’atterrissage s’est retrouvé sur la même piste qu’un appareil Iberia Express.
La scène, filmée par une webcam installée près de l’aéroport César-Manrique de Lanzarote, montre deux avions partageant brièvement la même piste au moment critique de l’atterrissage. Le site d’actualité qui relaie les images décrit un freinage appuyé du vol Ryanair en provenance de Dublin, tandis qu’un avion Iberia Express à destination de Madrid s’engage sur l’asphalte. Un incident qui suscite de nombreuses interrogations, rapporte ce média en ligne anglophone.
Un atterrissage de Ryanair, un Iberia Express sur la piste
Les faits se déroulent à l’aéroport César-Manrique de Lanzarote, dans l’archipel espagnol des Canaries. Un vol Ryanair en provenance de Dublin, identifié comme FR5910, vient de toucher le sol. L’appareil roule encore, en phase de décélération, lorsque survient l’élément qui fait aujourd’hui le tour des réseaux sociaux.
Sur la vidéo, tournée le lundi 28 septembre par le service « Lanzarote Webcam », on distingue un avion Iberia Express, le vol IB1502 à destination de Madrid, s’engager sur la même piste, la piste 3, alors que le Boeing de Ryanair ne l’a pas encore entièrement dégagée.
La séquence montre clairement deux avions de ligne sur la même piste au même moment, une configuration que les aéroports cherchent précisément à éviter.
Selon les informations locales reprises par le média, l’avion Iberia Express serait entré sur la piste par la bretelle E1, tandis que le Ryanair poursuivait sa décélération en direction de la sortie E2. Les deux appareils se sont donc retrouvés, durant quelques instants, sur le même tronçon de bitume.
Un freinage d’urgence qui intrigue les internautes
À en juger par les images, le commandant de bord du vol Ryanair semble freiner plus fort que lors d’un roulement classique, afin de libérer la piste au plus vite. Le média évoque un « freinage d’urgence » visible sur la vidéo, même si aucun détail technique n’a été communiqué par les compagnies ou les autorités.
La caméra, braquée sur la piste unique de Lanzarote, filme la scène en plan large. La captation a ensuite été partagée sur les réseaux sociaux, où elle est rapidement devenue virale. De nombreux internautes ont exprimé leur incompréhension, certains se demandant comment deux avions peuvent se retrouver dans cette configuration alors que le trafic est entièrement contrôlé par la tour.
- Un avion Ryanair venant de Dublin, en phase de décélération après l’atterrissage.
- Un avion Iberia Express en partance pour Madrid, qui entre sur la piste 3.
- Une seule piste opérationnelle pour tous les mouvements à Lanzarote.
- Une vidéo de webcam relayée massivement sur les réseaux sociaux.
Pour les voyageurs familiers de cet aéroport très touristique, où arrivent chaque jour de nombreux vols loisirs, la séquence a de quoi surprendre. L’infrastructure ne dispose que d’une seule piste, ce qui impose une organisation millimétrée des atterrissages et des décollages.
Ryanair affirme un atterrissage « normal »
Interrogée, Ryanair adopte un ton rassurant. La compagnie à bas coût irlandaise assure que le vol en provenance de Dublin a atterri comme prévu, en suivant les ordres de la tour de contrôle, appelée en jargon aérien « ATC » (air traffic control).
Ryanair indique que son avion a « atterri normalement conformément aux instructions du contrôle aérien ».
La formule renvoie la balle vers la gestion du trafic, coordonnée en Espagne par l’organisme de navigation aérienne ENAIRE et les contrôleurs en poste à Lanzarote. Reste la question centrale : comment l’avion Iberia Express a-t-il pu s’engager sur la piste alors qu’un autre appareil s’y trouvait encore ?
À ce stade, aucun élément ne permet de trancher entre plusieurs hypothèses possibles : autorisation de roulage mal comprise, communication incomplète entre pilotes et contrôleurs, ou distance réellement suffisante mais impressionnante pour un observateur extérieur. Le média souligne que seule une enquête officielle pourrait préciser les paramètres réels, notamment la distance séparant les deux avions et leur vitesse exacte.
Aucune explication officielle pour l’instant en Espagne
Pour l’heure, ni Aena, la société publique qui gère les aéroports en Espagne, ni ENAIRE, ni l’Agence espagnole de sécurité aérienne AESA, ni Iberia Express n’ont publié de communiqué sur l’incident.
Le site d’information relève qu’on ignore même si l’événement a été formellement enregistré comme « incident » dans les bases de données de la sécurité aérienne. Il n’existe pas, à ce stade, de confirmation publique d’une enquête ouverte.
L’unique trace de l’épisode accessible au grand public reste la vidéo de la webcam, dont l’angle de vue ne suffit pas à mesurer précisément les distances.
Cette absence de communication officielle alimente les spéculations, sans permettre d’affirmer qu’il y a réellement eu risque d’accident. L’aviation civile internationale distingue en effet plusieurs niveaux de gravité pour les événements de ce type, allant du simple incident mineur à la quasi-collision.
Une piste unique très sollicitée à Lanzarote
Comme le rappelle le média en ligne, l’aéroport de Lanzarote ne dispose que d’une seule piste pour gérer tous les mouvements. Les contrôleurs doivent donc enchaîner atterrissages et décollages en respectant des marges de sécurité strictes, particulièrement en haute saison touristique.
Dans ce contexte, la présence simultanée de deux avions sur la piste attire forcément l’attention. Les normes internationales prévoient que la piste soit libre avant qu’un nouvel appareil ne s’y aligne pour décoller ou rouler. Toute dérogation, même si la distance reste confortable, est scrutée par les organismes de sécurité.
Que se passerait-il dans un cas similaire en France ?
En France, la gestion du trafic aérien relève de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) et des tours de contrôle locales. Comme en Espagne, les règles reposent sur les standards de l’Organisation de l’aviation civile internationale, qui exigent qu’une piste soit dégagée avant l’autorisation de décollage ou d’alignement, sauf procédures particulières clairement encadrées.
Si une situation comparable survenait dans un aéroport français, le scénario le plus probable serait l’ouverture d’une enquête technique. Celle-ci serait conduite par le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile, connu sous le sigle BEA, qui joue un rôle proche de celui de l’AESA espagnole sur le plan des investigations indépendantes.
| Pays | Gestion des aéroports | Contrôle aérien | Enquêtes de sécurité |
|---|---|---|---|
| Espagne | Aena | ENAIRE | AESA et organismes spécialisés |
| France | Groupes aéroportuaires (ADP, etc.) | Services de la DGAC | BEA |
En France comme en Espagne, les pilotes ont eux aussi un rôle central. Ils peuvent, à tout moment, refuser une instruction qu’ils jugent dangereuse, par exemple en remettant les gaz lors d’un atterrissage si la piste leur semble encombrée ou si la distance résiduelle apparaît insuffisante.
Pourquoi ce type de vidéo impressionne autant les passagers
L’épisode de Lanzarote intervient dans un contexte où chaque incident aérien filmé est instantanément partagé et commenté. Pour un passager ou un internaute, voir deux avions de ligne sur la même piste évoque spontanément un risque de collision, même si, dans les faits, les marges de sécurité peuvent rester importantes.
Les spécialistes de la sécurité aérienne rappellent généralement que de nombreux incidents restent sans conséquence grâce à la superposition de filets de sécurité : contrôleurs, automatismes, procédures, formation des pilotes. Dans le cas présent, la vidéo montre un équipage Ryanair qui réduit rapidement sa vitesse et dégage la piste par la sortie prévue.
Un rappel des marges de sécurité en aviation commerciale
Un atterrissage commercial se déroule sur une distance calculée avec de larges marges. Les compagnies prennent en compte la longueur de la piste, l’état du revêtement, le vent, la masse de l’avion et les performances de freinage. Les pilotes reçoivent également des consignes précises pour maintenir une vitesse adaptée et se préparer à une éventuelle remise de gaz si la situation se complique.
Voir deux avions sur la même piste choque les non-spécialistes, mais les règles de séparation intègrent déjà une marge destinée à absorber les imprévus.
Cette affaire à Lanzarote rappelle aux voyageurs que, même dans un environnement très normé comme l’aviation commerciale, des situations inhabituelles peuvent se produire. La manière dont les équipages réagissent, et la transparence des autorités ensuite, jouent alors un rôle décisif pour maintenir la confiance du public.








