En Allemagne, une experte en nutrition a dressé la liste des aliments qu’elle bannit presque totalement de son assiette, et ses arguments sont tranchés.
L’article du média allemand en ligne Utopia détaille les choix d’une spécialiste de la nutrition qui, au fil des années, a décidé d’écarter certains aliments de son quotidien. Non pas par obsession, explique-t-elle, mais parce qu’ils nuisent selon elle à la santé, à l’environnement ou aux deux. Ses explications intéressent aussi un lecteur français, car la plupart de ces produits se retrouvent couramment dans les supermarchés de l’Hexagone.
Des aliments ultra-transformés qu’elle préfère éviter
Le pain de mie blanc : peu rassasiant et truffé d’additifs
En tête de liste, le pain de mie blanc industriel. L’experte explique qu’elle n’en mange pas, d’abord parce qu’elle n’en apprécie pas particulièrement le goût, mais surtout pour des raisons nutritionnelles.
Le pain de mie blanc rassasie peu, apporte très peu de fibres et de nutriments, et fait partie des produits fortement transformés, souvent riches en additifs et en sucres ajoutés.
Elle rappelle qu’en Allemagne, comme l’a montré un test du magazine de consommateurs Ökotest en 2025, certains pains de mie contenaient du sucre, du sirop de sucre inverti ou des extraits de malt ajoutés pour rendre la mie plus moelleuse et plus aromatique. Ces ajouts ne sont pas nécessaires et alourdissent le profil nutritionnel du produit. L’enquête a aussi mis en évidence la présence possible de résidus de pesticides dans des pains de mie issus de l’agriculture conventionnelle.
À la place, elle choisit des pains artisanaux, de préférence bio, ou fait son propre pain chez elle, afin de maîtriser les ingrédients.
Les nuggets végétaux : une alternative pas si saine
Autre catégorie bannie ou presque : les nuggets végétaux. Elle reconnaît les avoir déjà testés, mais ne les consomme pas au quotidien. Son argument principal : comme les nuggets de poulet classiques, ils appartiennent à la famille des aliments ultra-transformés.
Elle cite une recherche menée en 2023 par la Société allemande de nutrition et l’institut Max-Rubner. Cette synthèse de la littérature scientifique montre que les personnes qui consomment beaucoup d’aliments hautement transformés présentent un risque accru de surpoids, d’obésité, d’hypertension, de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et un risque de mortalité plus élevé.
Une autre enquête d’Ökotest en 2023 a détecté dans certains nuggets végétaux des traces d’huiles minérales, de perchlorate, des arômes et d’autres substances jugées préoccupantes. L’experte préfère donc les alternatives moins transformées, avec une liste d’ingrédients courte, comme le tofu ferme, le tempeh ou des galettes de légumineuses plus simples.
Les produits « light » : une promesse trompeuse
Les aliments « allégés » ou « light » ne trouvent pas non plus grâce à ses yeux. Elle évoque ces produits qui se disent « sans sucre », « pauvres en graisses » ou « à teneur réduite en calories », qu’il s’agisse de yaourts, de boissons, de céréales du petit-déjeuner ou de snacks.
Les produits allégés remplacent souvent un nutriment (sucre ou graisse) par un autre ingrédient qui n’est pas forcément meilleur pour la santé, et la différence de calories est parfois minime.
Pour compenser le goût, les industriels ajoutent fréquemment des exhausteurs de goût, des arômes et des édulcorants discutés. Elle affirme les laisser en rayon et parle plutôt de « vrais aliments naturellement légers » : légumes, fruits, noix, légumineuses, produits laitiers sans arômes ajoutés, eau plate ou aromatisée naturellement (citron, menthe, concombre).
Charcuterie et équivalents végétaux : même problème de transformation
La charcuterie, qu’elle soit issue de la viande ou proposée en version végétale, fait aussi partie des aliments qu’elle ne met quasiment jamais dans son caddie. Elle dit ne pas apprécier la texture, le goût « typé charcuterie » ni l’apparence qui vire vite au gris, mais ce ne sont pas ses seuls arguments.
Pour elle, les deux types de produits entrent dans la catégorie des aliments hautement transformés, avec les mêmes risques évoqués par les études sur cette famille de produits. S’ajoute, pour les charcuteries de viande, un risque spécifique : l’Agence internationale de recherche sur le cancer (IARC), qui dépend de l’Organisation mondiale de la santé, classe en effet les viandes transformées comme cancérogènes. Les travaux cités ont mis en évidence un lien entre leur consommation et un risque accru de cancer colorectal.
En remplacement, elle se tourne vers des tartinades salées, parfois faites maison, à base de légumineuses, d’oléagineux ou de légumes.
Son choix marqué pour le bio et les aliments bruts
Les fruits et légumes conventionnels, un choix qu’elle limite fortement
Avec le temps, l’experte dit avoir de plus en plus basculé vers des produits issus de l’agriculture biologique, notamment pour les fruits et légumes. Elle estime qu’environ 90 % de ce qui entre dans sa cuisine provient de l’agriculture biologique.
Les fruits et légumes bio sont plus rarement contaminés par des résidus de pesticides, ce qui représente un avantage pour la santé, et ils proviennent d’un mode de production plus respectueux des ressources et de l’environnement.
Elle met en avant le fonctionnement de l’agriculture biologique en Allemagne, qu’elle décrit comme plus économe en ressources et plus respectueuse des sols, de la biodiversité, de l’eau et du climat. Les agriculteurs bio y adaptent l’usage des terres et l’élevage aux particularités locales et s’appuient sur des rotations de cultures et une logique de circuit fermé pour produire des aliments de manière plus durable.
Elle privilégie le marché ou les fermes bio de proximité, où elle trouve des produits frais, de saison et qu’elle juge plus savoureux.
Les barres protéinées : trop sucrées, trop chères, trop traitées
La spécialiste aborde ensuite le cas des barres protéinées, devenues très tendance auprès des sportifs, des personnes qui veulent maigrir ou de ceux qui cherchent à « manger sain ». Malgré cette popularité, elle dit clairement ne pas en consommer.
Elle les juge trop sucrées, trop riches en additifs, trop transformées et coûteuses par rapport à la valeur nutritionnelle réelle. Pour répondre à ses besoins en protéines, elle s’appuie sur des aliments bruts : pain complet, légumineuses, tofu, noix, graines et certains produits laitiers comme le yaourt ou le fromage.
Elle rappelle la recommandation de la Société allemande de nutrition, qui fixe le besoin moyen à 0,8 gramme de protéines par kilo de poids corporel et par jour pour un adulte en bonne santé, objectif qu’elle dit atteindre aisément avec des sources naturelles.
Le kebab à la viande : questions éthiques et sanitaires
Autre aliment qu’elle ne choisit plus : le kebab à la viande. Elle explique que cela fait très longtemps qu’elle n’en a pas mangé. En cause, d’abord, la provenance probable de la viande, issue d’élevages intensifs, une réalité qu’elle ne parvient plus à accepter. Elle souligne le caractère douloureux pour les animaux et l’impact environnemental important de ce type de production, à travers des émissions massives de gaz à effet de serre.
Elle ajoute que le kebab, et plus largement la restauration rapide, n’est pas une option très favorable à la santé. Elle renvoie à une étude menée par l’hôpital universitaire de Hambourg-Eppendorf, qui associe la consommation régulière de fast-food à une diminution des défenses immunitaires. D’autres travaux suggèrent qu’un apport élevé en viande accroît le risque de surpoids, de maladies cardiovasculaires, d’accidents vasculaires cérébraux, de diabète et même de démence.
Les confiseries industrielles : sa « faiblesse » qu’elle contourne
L’experte confie avoir un vrai penchant pour le sucre. Elle se reconnaît dans ces personnes qui ne s’arrêtent pas à un carré de chocolat mais terminent facilement la tablette entière. Sachant cela, elle a mis en place une stratégie simple : ne plus acheter de sucreries.
Pour ne pas succomber aux sucreries, elle choisit de ne pas en avoir chez elle, partant du principe que ce qui n’est pas dans le placard ne sera pas mangé.
Elle rappelle que les bonbons, barres chocolatées et autres gourmandises appartiennent eux aussi aux aliments ultra-transformés, généralement très riches en sucres libres et parfois en graisses peu favorables à la santé.
Elle assume ses écarts : une alimentation parfaite n’existe pas
Dans la dernière partie de l’article relayé par Utopia, la nutritionniste insiste sur un point : personne ne mange parfaitement tout le temps, elle comprise. Lorsqu’elle manque de temps ou traverse une période de stress, elle a tendance à se tourner vers des aliments sucrés et gras.
Elle cite une étude allemande publiée en 2024 chez des adolescents. Les chercheurs ont observé que les participants consommaient davantage d’aliments « malsains » lorsqu’ils devaient gérer du stress ou des émotions négatives.
« La consommation d’aliments malsains comme des produits sucrés ou gras en réaction à des émotions négatives est une stratégie souvent peu régulée de notre corps pour faire face à des émotions telles que la peur, la colère, la frustration, le stress ou la tristesse », explique la scientifique Antje Hebestreit au groupe d’édition médicale Thieme.
Elle met toutefois en garde contre une focalisation excessive sur les calories, les protéines, les graisses et les sucres, qui peut enlever tout plaisir à table et même favoriser des troubles du comportement alimentaire. Selon elle, une alimentation équilibrée laisse de la place à quelques écarts : un paquet de chips, une pizza livrée ou un soda n’ont pas à être diabolisés si cela reste occasionnel. Elle rappelle ce principe : « la dose fait le poison ».
Quelles pistes pour un lecteur en France ?
Pour un lecteur français, les constats de cette experte allemande restent très proches de ceux partagés par de nombreux nutritionnistes en France. Le Haut Conseil de la santé publique et les recommandations officielles insistent eux aussi sur la réduction des produits ultra-transformés, qu’il s’agisse de charcuterie, de plats préparés, de biscuits, de céréales sucrées ou de snacks à base de protéines.
Privilégier les aliments bruts ou peu transformés (fruits, légumes, féculents complets, légumineuses, oléagineux).
Limiter la viande transformée (charcuterie, saucisses, nuggets de viande ou végétaux complexes).
Réserver les produits sucrés à une consommation occasionnelle.
Lire les listes d’ingrédients et repérer les longues listes d’additifs comme signe d’ultra-transformation.
Se tourner vers le bio ou les circuits courts lorsque c’est possible, notamment pour les fruits et légumes.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et Santé publique France rappellent régulièrement que l’équilibre global du mode de vie compte autant que la perfection d’un seul repas. L’avis de cette nutritionniste allemande va dans ce sens : identifier les aliments problématiques, en limiter l’accès au quotidien et s’autoriser sans culpabilité des plaisirs ponctuels.
Ce que recouvre la notion d’« aliment ultra-transformé »
Le fil conducteur de l’article d’Utopia repose sur cette notion souvent citée : les aliments hautement ou ultra-transformés. Il s’agit de produits qui ne ressemblent plus beaucoup à l’aliment d’origine et dont la fabrication combine plusieurs procédés industriels, avec de nombreux additifs, arômes, texturants ou édulcorants.
À l’inverse, un aliment peu transformé reste très proche de son état naturel : un fruit frais, des légumes surgelés sans sauce ni sel ajoutés, du yaourt nature, des noix non salées. Entre les deux, on trouve les aliments simplement transformés (farines, huiles, fromages, pain de boulangerie), qui peuvent s’intégrer sans problème à une alimentation équilibrée.
La démarche de cette experte vise surtout à réduire cette dernière catégorie ultra-transformée, que l’on retrouve dans le pain de mie blanc, les nuggets industriels, les produits light, une partie des charcuteries, certaines barres protéinées ou les confiseries.
Des exemples concrets pour adapter son quotidien
Sans suivre au mot près tous les choix de cette nutritionniste, un lecteur peut s’en inspirer pour ajuster ses habitudes :
Aliment souvent acheté
Problème mis en avant
Alternative plus intéressante
Pain de mie blanc industriel
Peu rassasiant, additifs, sucres ajoutés
Pain complet de boulanger, pain maison
Nuggets (viande ou végétaux complexes)
Ultra-transformés, ingrédients discutés
Tofu, galettes de pois chiches, falafels maison
Yaourts ou boissons « light »
Édulcorants, arômes, faible gain calorique
Yaourt nature, eau, thé non sucré
Charcuterie
Risque de cancer colorectal, gras, sel
Houmous, rillettes de thon maison, fromages en quantité modérée
Barres protéinées sucrées
Chères, très sucrées, fortement transformées
Noix, yaourt, tranche de pain complet avec fromage frais
Sucreries au quotidien
Pics de sucre, grignotage
Fruit, carré de chocolat noir, portion définie à l’avance
Ces ajustements permettent d’aller dans le même sens que cette experte : miser sur des aliments simples, limiter ce qui cumule sucre, graisses de mauvaise qualité, additifs et longue liste d’ingrédients, tout en gardant une certaine souplesse dans les moments où l’on se sent plus vulnérable ou stressé.
Pourquoi la nutritionniste évite-t-elle le pain de mie blanc industriel ?
Le pain de mie blanc rassasie peu, apporte très peu de fibres et de nutriments, et contient souvent des additifs, sucres ajoutés et résidus de pesticides. Elle préfère les pains artisanaux bio ou faits maison pour maîtriser les ingrédients.
Quel est le risque principal des aliments ultra-transformés selon les études citées ?
Une recherche de 2023 de la Société allemande de nutrition montre que les personnes consommant beaucoup d'aliments hautement transformés présentent un risque accru de surpoids, d'obésité, d'hypertension, de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et une mortalité plus élevée.
Pourquoi les produits « light » ne sont-ils pas une bonne solution selon la nutritionniste ?
Les produits allégés remplacent un nutriment par un autre qui n'est pas forcément meilleur pour la santé et contiennent souvent des exhausteurs de goût, des arômes et des édulcorants discutés, avec une différence de calories minime.
Quelles sont les alternatives que la nutritionniste recommande aux barres protéinées ?
Elle s'appuie sur des aliments bruts comme le pain complet, les légumineuses, le tofu, les noix, les graines et certains produits laitiers comme le yaourt ou le fromage, qui couvrent aisément les besoins en protéines.
Pourquoi choisit-elle l'agriculture biologique pour ses fruits et légumes ?
Les fruits et légumes bio sont moins contaminés par des résidus de pesticides et proviennent d'un mode de production plus respectueux des ressources, de l'environnement, des sols et de la biodiversité.