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Il automatise son travail de 40 heures en 15 minutes par jour : des mois plus tard, son patron le promeut pour sa « rapidité exceptionnelle »

Un homme assis à un bureau domicile, regardant son écran d'ordinateur avec un sourire satisfait, entouré d'outils numériques et de scripts, illustrant l'automatisation silencieuse du travail en télétravail

Un salarié, installé en télétravail dans un pays anglophone, a réduit son travail hebdomadaire à quelques heures grâce à l’automatisation.

Cette histoire, rapportée par le site en ligne TwistedSifter à partir d’un témoignage publié sur Reddit, raconte le parcours d’un employé qui a décidé de « travailler plus intelligemment » en automatisant méthodiquement ses tâches. Au fil des postes, ses scripts et outils ont tellement optimisé son quotidien que sa semaine de 40 heures s’est transformée en une poignée d’heures… sans que son employeur ne s’en rende compte, tout en saluant sa « efficacité ». Une situation qui interroge sur les limites éthiques et juridiques de l’automatisation personnelle.

Un salarié qui automatise tout ce qu’il peut

D’après son récit sur Reddit, ce salarié explique avoir toujours cherché à automatiser les tâches répétitives de ses différents postes. Il crée ses propres outils, simplifie les process, réduit les actions manuelles au strict minimum. Au début de sa carrière, il partage ces outils avec ses collègues et sa hiérarchie.

« Dans ma carrière, j’ai toujours automatisé toutes les tâches que je pouvais. Au début, j’automatisais, je partageais mon travail et mes progrès avec l’équipe, j’étais félicité… et une semaine plus tard, tout semblait oublié, et on me donnait juste de nouvelles tâches pour me remplacer celles que j’avais automatisées. »

Les entreprises où il est passé continuent à utiliser ses outils. Les gains de productivité sont réels. Mais lui ne reçoit ni promotion, ni bonus significatif, selon son témoignage. Autrement dit, son innovation devient un standard, sans récompense durable.

« Les gens continuaient à utiliser les outils que je faisais, mais je ne voyais jamais de véritables bénéfices en termes de promotion ou de primes. »

De six heures de travail par jour à une seule

Frustré, l’employé change alors de stratégie. Il cesse de partager ses créations et se met à les utiliser uniquement pour son propre poste, sans en parler à sa hiérarchie. Les résultats sont spectaculaires.

« J’ai fini par arrêter de partager mon automatisation et j’ai juste utilisé mes nouveaux outils pour moi-même. Mon temps de travail effectif est passé d’environ six heures de travail par jour à environ une heure. »

Dans ses deux précédents emplois, il ne mentionne même plus le mot « automatisation ». Il se contente d’accomplir les missions demandées, mais en coulisses, une grande partie est gérée par ses scripts. Le reste du temps, il se détend, explique-t-il, au lieu de demander davantage de dossiers ou de responsabilités.

« Pour mes deux derniers postes, je n’ai jamais mentionné l’automatisation, donc mes patrons n’ont techniquement jamais eu l’occasion de me donner des primes ou autre, et j’ai utilisé le temps économisé pour me reposer plutôt que pour me faire ajouter du travail. »

Un nouveau job en télétravail… pour trois heures de travail par semaine

Dans son emploi actuel, qui se déroule intégralement en télétravail dans un pays anglophone, il pousse la logique encore plus loin. Selon son témoignage, il serait parvenu à réduire son temps de travail effectif à environ trois heures par semaine, tout en tenant un poste officiellement à temps plein.

« Il y a quelques mois, j’ai commencé un nouveau travail en télétravail, et j’ai automatisé mon poste à un point où je fais peut-être trois heures de travail par semaine. Le reste de mon temps à la maison se passe à regarder la télé, jouer à des jeux et juste me détendre. »

Un ami, avec qui il joue en ligne pendant ses horaires de bureau, lui fait alors remarquer qu’il est « en train de voler » son employeur, puisqu’il est payé pour une semaine complète alors qu’il ne travaille réellement que quelques heures.

L’intéressé, lui, ne voit pas où est le problème. Pour lui, le contrat est respecté tant que les missions confiées sont réalisées, sans plainte ni remarque sur la qualité.

« Ma logique, c’est que mon travail est fait et que je n’ai reçu aucune plainte de mon patron, donc quelle importance si je le fais en trois heures ou en quarante ? Ai-je tort de ne pas partager mes outils, que je trouve sous-estimés, et de ‘voler’ apparemment la société ? »

Sur Reddit, un débat entre ruse et tromperie

Sur Reddit, les internautes se divisent. Certains jugent la situation moralement ambiguë, car l’employeur pense payer une présence et une disponibilité sur une plage horaire donnée, pas uniquement un résultat. D’autres estiment qu’un salarié au forfait ou au salaire mensuel est justement rémunéré pour atteindre des objectifs, et que la manière de s’organiser relève de sa liberté tant que le travail est accompli.

  • Un camp considère qu’il y a une forme de tromperie sur le temps réellement travaillé.
  • Un autre camp voit dans l’automatisation un simple avantage de la rémunération au salaire fixe.
  • Certains racontent avoir adopté une stratégie proche, après avoir constaté l’absence de reconnaissance de leurs idées.

TwistedSifter rapporte que plusieurs internautes parlent d’application concrète du slogan « work smarter, not harder » : travailler plus intelligemment plutôt que davantage, quitte à utiliser la technologie en cachette.

Automatisation personnelle : génie discret ou bombe à retardement ?

Sur le plan pratique, l’employé y gagne énormément. Moins de stress, plus de temps libre, tout en conservant un salaire de temps plein. Sa santé mentale et sa vie personnelle y trouvent leur compte. S’il ne cherche pas à monter en grade ou à prendre des responsabilités, l’arrangement lui convient.

Le revers de la médaille pourrait survenir si l’entreprise découvrait l’ampleur de l’automatisation. L’employeur pourrait estimer que le poste pourrait être supprimé, externalisé, ou confié à un profil moins expérimenté. Des contrôles plus stricts pourraient aussi être mis en place : suivi du temps, appels aléatoires, obligations de connexion vidéo.

Un autre enjeu tient à la propriété des outils. Dans de nombreux pays, ce qui est développé dans le cadre d’un emploi, sur le temps de travail et avec le matériel de l’entreprise, peut être considéré comme appartenant à l’employeur. Garder ces scripts pour soi peut alors devenir délicat si un litige survient.

Ce que cette histoire révèle sur la reconnaissance au travail

Le salarié souligne un point clé : l’absence de réelle reconnaissance pour ses innovations. Selon son récit, chaque fois qu’il industrialise une tâche, la charge gagnée se transforme rapidement en nouveau travail, sans compensation.

L’expérience l’a conduit à une conclusion amère : « la seule personne qui veille sur mes intérêts, c’est moi ». Il a donc décidé d’utiliser l’automatisation comme un levier de confort personnel, et non plus comme un outil collectif.

Cette logique n’est pas isolée. Beaucoup de salariés, après avoir constaté que les gains de productivité profitent surtout à l’entreprise, choisissent de limiter leurs efforts « invisibles ». L’automatisation maison devient alors une sorte de revanche silencieuse.

Et en France, que se passerait-il ?

En France, un salarié en télétravail à temps plein reste soumis à un contrat qui peut prévoir des horaires de travail, une amplitude journalière et une obligation de disponibilité. L’automatisation des tâches n’est pas interdite en soi, au contraire, elle est souvent encouragée dès lors qu’elle est partagée avec l’équipe.

La situation décrite sur Reddit soulèverait plusieurs points pour un lecteur français :

Aspect Pratique de l’employé Enjeu en France
Temps de travail 3 heures effectives pour un temps plein Le contrat peut exiger une présence sur une plage horaire, même si la charge est légère.
Transparence Automatisation cachée La loyauté envers l’employeur implique de ne pas mentir sur sa disponibilité ou sa présence.
Outils créés Scripts et automatisations personnels Selon le contexte, ils peuvent être considérés comme des créations liées au contrat de travail.

En pratique, tant que le salarié français accomplit ses objectifs, répond aux sollicitations et respecte les horaires définis, son organisation interne reste assez libre, notamment pour les cadres au forfait jours. En revanche, prétendre être en activité tout en étant systématiquement indisponible pourrait poser problème.

Les entreprises françaises, confrontées à un développement de l’IA et des scripts d’automatisation, commencent à encadrer davantage l’usage des outils numériques : chartes internes, règles sur les données, voire procédures sur la validation des scripts.

Automatiser son travail : opportunité à saisir ou risque calculé ?

Pour un salarié, maîtriser l’automatisation peut devenir une compétence clé : savoir écrire des scripts, paramétrer des outils, utiliser des assistants d’IA pour gérer des tâches répétitives. Cette expertise peut servir officiellement l’entreprise, mais aussi protéger sa propre charge de travail, comme dans ce témoignage.

Deux approches se dessinent :

  • Partager ses outils avec l’équipe et chercher à monétiser cette valeur sous forme de prime, de promotion ou de changement de poste.
  • Garder ses outils pour soi, réduire sa charge de travail et préserver son temps libre, en acceptant le risque d’être jugé peu ambitieux ou d’être exposé si la situation est découverte.

Pour un lecteur français, un usage plus équilibré peut consister à automatiser les tâches répétitives pour gagner une à deux heures par jour, puis investir une partie de ce temps dans des missions plus qualifiées ou dans la formation, tout en se gardant aussi des moments de respiration pour limiter l’épuisement.

Reste une question de fond, soulevée en filigrane par cette histoire mise en avant par TwistedSifter : si la technologie permet d’abattre en trois heures ce qui nécessitait autrefois quarante, les entreprises accepteront-elles un partage de ce gain de temps avec les salariés, ou chercheront-elles systématiquement à remplir chaque minute libérée ? C’est sans doute là que se situera, dans les prochaines années, l’essentiel du bras de fer social autour de l’automatisation individuelle.

Questions fréquentes

Cet employé commet-il vraiment un vol selon la loi ?

Cela dépend du contrat de travail et de la juridiction. Un salarié au forfait ou au salaire mensuel est généralement rémunéré pour atteindre des objectifs, pas pour un nombre d'heures précis. Toutefois, si le contrat stipule une présence ou une disponibilité minimale, il pourrait y avoir un manquement contractuel.

Pourquoi a-t-il arrêté de partager ses outils avec son entreprise ?

Parce qu'à chaque fois qu'il partageait une automatisation, le gain de temps était immédiatement réaffecté à de nouvelles tâches, sans qu'il reçoive promotion ou bonus. Il considère que ses innovations profitaient seulement à l'entreprise.

Quels sont les risques si son employeur découvre l'automatisation ?

L'entreprise pourrait estimer le poste supprimable, externalisable ou confié à un profil moins expérimenté. Elle pourrait aussi mettre en place des contrôles stricts (suivi du temps, appels vidéo) et revendiquer la propriété des scripts développés.

Qui possède légalement les outils d'automatisation qu'il a créés ?

Dans de nombreux pays, ce qui est développé dans le cadre d'un emploi, sur le temps de travail et avec le matériel de l'entreprise, appartient à l'employeur. Garder ces scripts pour soi peut devenir problématique en cas de litige.

Ce comportement est-il courant chez les salariés en télétravail ?

Selon le témoignage sur Reddit, plusieurs internautes ont adopté une stratégie similaire après avoir constaté l'absence de reconnaissance de leurs idées, appliquant le principe « travailler plus intelligemment plutôt que davantage ».

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