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Volvo possède l’un des rares mannequins d’élan de 360 kg au monde : voici à quoi il sert lors des crash-tests

Un SUV Volvo gravement endommagé à l'avant après un crash-test avec un mannequin d'élan de 360 kg, illustrant l'impact massif sur le capot et le pare-brise.

En Suède, Volvo s’attaque à un risque bien réel : l’impact violent d’un élan de plusieurs centaines de kilos sur une voiture.

Dans un reportage du site spécialisé brésilien Notícias Automotivas, le constructeur suédois Volvo ouvre les portes de son centre de sécurité pour montrer un drôle de « passager » : un mannequin d’élan de 360 kg, utilisé pour reproduire des collisions avec cet animal emblématique du nord de l’Europe. Un outil rare, au cœur d’une longue tradition de recherche sur les accidents impliquant de grands animaux sauvages.

Un mannequin d’élan de 360 kg pour des crash-tests très particuliers

La scène décrite par Notícias Automotivas est parlante : un SUV Volvo apparaît très endommagé après un test mené avec ce mannequin d’élan. Le but n’est pas de mesurer l’effet d’un choc classique contre une barrière, mais l’impact du corps massif de l’animal sur le pare-brise et l’habitacle.

Le mannequin officiel utilisé par Volvo pèse environ 360 kg. Il a été développé par l’Institut national suédois de recherche sur les routes et les transports (Swedish National Road and Transport Research Institute). Selon le média, il n’existerait probablement que deux exemplaires de cet équipement au monde, tant son développement est complexe et coûteux.

Ce mannequin d’élan de 360 kg permet de simuler ce qu’il se passe quand un animal de grande taille vient s’écraser sur le capot, le pare-brise et les montants d’un véhicule.

À l’origine, ces travaux remontent aux années 1980. Thomas Broberg, consultant technique principal au Volvo Cars Safety Center, explique que cette recherche fait partie des standards internes de la marque depuis des décennies. À l’époque, des ingénieurs comme Nils Bohlin, notamment connu pour avoir mis au point la ceinture à trois points, ont intégré de véritables scénarios d’accidents avec des animaux dans les programmes de développement.

Pourquoi l’élan représente un danger si particulier sur les routes

En Suède et plus largement en Scandinavie, l’élan circule fréquemment à l’aube et au crépuscule, précisément quand la luminosité est faible. Sa robe brune agit alors comme un camouflage naturel et rend l’animal difficile à repérer pour les conducteurs.

À cela s’ajoute la masse : un élan peut peser entre 300 et 800 kg, soit l’équivalent de plusieurs motos réunies. Ces animaux se rencontrent souvent sur des routes où la vitesse est élevée, ce qui amplifie encore l’énergie du choc.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la préoccupation principale des ingénieurs Volvo ne porte pas sur les longues pattes de l’animal. Celles-ci offrent une résistance relativement limitée en cas de contact avec l’avant de la voiture. Le vrai problème vient du reste du corps.

Lors d’une collision, le corps de l’élan peut basculer sur le capot, heurter violemment le pare-brise, sa partie supérieure, puis les montants avant, là où se joue la protection des occupants.

C’est sur ces zones structurales que Volvo concentre ses efforts : capot, cadre supérieur du pare-brise, montants A. L’objectif est de dissiper au maximum l’énergie de l’impact dans la structure du véhicule, pour éviter que cette énergie ne se transmette à la cabine et aux passagers.

Une tradition suédoise, de Volvo à Saab

Notícias Automotivas rappelle que Saab, autre constructeur suédois aujourd’hui disparu comme fabricant automobile, avait lui aussi mené des travaux spécifiques liés aux collisions avec des élans. La disparition de Saab renforce l’idée que le mannequin utilisé par Volvo figure parmi les tout derniers équipements de ce type encore exploités dans des crash-tests réguliers.

Du mannequin d’élan aux nouvelles technologies d’aide à la conduite

Volvo ne se contente pas de renforcer la structure de ses véhicules. Le constructeur travaille aussi sur des systèmes destinés à éviter le choc avant qu’il ne se produise.

Les assistances modernes peuvent, dans certains cas, reconnaître la présence d’animaux près de la chaussée et alerter le conducteur. Broberg souligne toutefois une limite claire : les caméras et capteurs peinent encore à repérer un animal mal éclairé, surtout si sa couleur se confond avec le décor.

Pour compléter ces aides, Volvo étudie la « sécurité connectée ». Le principe : un véhicule qui détecte un animal proche de la route transmet l’information à des services basés dans le cloud. Les autres voitures circulant dans la même zone peuvent alors recevoir un avertissement anticipé.

Un véhicule pourrait signaler la présence d’un animal sur une portion de route, et les suivants seraient prévenus avant même que leurs propres capteurs ne l’aperçoivent.

Cette approche s’inscrit dans une vision plus large où les voitures partagent en temps réel des données sur les dangers locaux : verglas, obstacles, animaux, trafic soudainement ralenti, etc.

Des recherches qui valent aussi pour d’autres animaux de grande taille

Les ingénieurs de Volvo précisent que les enseignements tirés avec l’élan peuvent s’appliquer à d’autres grands animaux. Le même principe concerne :

  • les grands cervidés comme les cerfs ou les rennes,
  • les bovins susceptibles d’errer sur certaines routes rurales,
  • les chameaux, par exemple en Arabie saoudite.

En Australie, le défi est similaire avec les cangourous. Le pays enregistre environ 20 000 collisions par an impliquant ces animaux, souligne Notícias Automotivas. Des mannequins spécifiques y sont également utilisés pour adapter la conception des véhicules.

Dans nombre de ces cas, l’accident survient au moment où le conducteur tente une manœuvre d’évitement, ce qui renvoie à un autre test bien connu, également né en Suède : le « test de l’élan » avec des cônes.

Du célèbre test de l’élan… à ce qui se passe quand la manœuvre échoue

Le fameux « test de l’élan » a été mis au point dans les années 1970. Il consiste à faire changer brutalement de voie à une voiture pour simuler l’évitement d’un obstacle, puis à la faire revenir dans sa file d’origine en utilisant des cônes comme repères.

Aujourd’hui, ce test est normalisé. Il est effectué sur sol sec à environ 72 km/h, afin d’évaluer la stabilité du véhicule, ses réactions, le rôle de l’ESP et du châssis lors d’une manœuvre soudaine.

Le mannequin d’élan intervient quand le conducteur n’a pas le temps, ou pas la place, de réussir cette manœuvre d’évitement.

Les crash-tests avec le mannequin de 360 kg servent donc à étudier la phase suivante : l’impact lui-même, une fois la collision devenue inévitable. Ils complètent ainsi les essais dynamiques basés sur la tenue de route et la capacité à éviter l’animal.

Que fait-on en France face aux collisions avec la faune sauvage ?

En France, les risques liés aux animaux se concentrent moins sur l’élan, absent du territoire, que sur d’autres espèces : sangliers, chevreuils, cerfs, vaches en zone rurale ou chevaux en divagation. Les constructeurs appliquent les mêmes principes de base : renforcement de la structure, airbags, ceintures, aides à la conduite pour réduire la gravité des chocs.

Les systèmes d’alerte de collision et de freinage automatique d’urgence peuvent, selon les modèles, détecter certains animaux, en particulier de grande taille. Ils s’appuient sur des caméras et parfois sur des radars. Le fonctionnement reste toutefois proche de celui décrit pour les pays nordiques : efficacité variable selon la lumière, la météo, l’angle d’approche ou la taille de l’animal.

Les autorités françaises et les gestionnaires d’infrastructures agissent autrement : panneaux de signalisation spécifiques, clôtures le long de certaines voies rapides, passages à faune (ponts ou tunnels réservés aux animaux) pour limiter les traversées dangereuses.

Les assureurs, eux, classent ces événements comme des accidents impliquant du gibier ou des animaux domestiques, avec des règles d’indemnisation précises selon les garanties souscrites. La logique reste la même que celle évoquée en Suède : réduire la fréquence des collisions, mais aussi leurs conséquences matérielles et humaines quand elles surviennent.

Ce que ces recherches changent concrètement pour les conducteurs

Pour les automobilistes, l’existence d’un mannequin d’élan de 360 kg peut sembler anecdotique. Elle illustre pourtant une stratégie claire : intégrer dans la conception des voitures des scénarios d’accidents très spécifiques, liés au pays, au climat ou à la faune.

Les travaux menés en Suède sur l’élan profitent, en partie, aux conducteurs français : un capot étudié pour mieux absorber l’impact d’un animal lourd, des montants renforcés, des pare-brise capables de mieux résister ou de se fissurer de manière contrôlée contribuent à la sécurité globale, quel que soit l’animal en cause.

Risque étudié Approche de Volvo Impact pour le conducteur
Collision avec élans et grands animaux Mannequin de 360 kg, crash-tests ciblés Structure plus robuste autour du pare-brise et de l’habitacle
Détection avant impact Capteurs, caméras, sécurité connectée via le cloud Avertissements anticipés, risque réduit de surprise
Perte de contrôle lors de manœuvres d’évitement Test de l’élan à 72 km/h sur sol sec Meilleure stabilité, aides électroniques plus efficaces

Ces recherches rappellent aussi les limites des aides électroniques. Broberg insiste sur le fait que la faible luminosité et la couleur des animaux compliquent sérieusement le travail des capteurs. La vigilance humaine et l’adaptation de la vitesse restent donc déterminantes, en particulier dans les zones signalées comme à risque.

Enfin, un terme comme « sécurité connectée » désigne l’ensemble des systèmes où les voitures échangent des informations via les réseaux mobiles et des services distants. Appliquée aux animaux, cette logique peut, à terme, permettre de construire de véritables « cartes vivantes » des dangers, mises à jour en temps réel en fonction des signalements des véhicules eux-mêmes.

Questions fréquentes

Pourquoi l'élan est-il particulièrement dangereux sur les routes suédoises ?

L'élan pèse entre 300 et 800 kg et circule à l'aube et au crépuscule quand sa robe brune le rend difficile à repérer. Il se rencontre souvent sur des routes à vitesse élevée, amplifiant l'énergie du choc. Le vrai danger vient du corps qui bascule sur le capot et le pare-brise, pas des pattes.

Combien de mannequins d'élan existent-ils dans le monde ?

Il n'existerait probablement que deux exemplaires de ce mannequin au monde, tant son développement est complexe et coûteux. Volvo en possède un, développé par l'Institut national suédois de recherche sur les routes et les transports.

Quelle est la différence entre le « test de l'élan » avec cônes et le crash-test avec mannequin ?

Le test de l'élan avec cônes, normalisé depuis les années 1970, évalue la capacité du véhicule à éviter l'obstacle par une manœuvre d'évitement. Le crash-test avec mannequin intervient quand l'évitement échoue, étudiant l'impact lui-même et la protection des occupants.

Ces recherches s'appliquent-elles à d'autres animaux ?

Oui, les principes s'appliquent aux cerfs, rennes, bovins, chameaux et cangourous. L'Australie, par exemple, enregistre environ 20 000 collisions par an avec des cangourous et utilise des mannequins spécifiques pour adapter la conception des véhicules.

Volvo travaille-t-il uniquement sur le renforcement mécanique des véhicules ?

Non, Volvo étudie aussi des systèmes d'aide à la conduite pour détecter les animaux et alerter le conducteur, ainsi qu'une « sécurité connectée » permettant aux véhicules de partager en temps réel les informations sur les dangers proches de la route.

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