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L’Italie a débranché ses centrales il y a 36 ans : le 14 mai 2026, Giorgia Meloni annonce le retour du nucléaire devant le Sénat

L'Italie a débranché ses centrales il y a 36 ans : le 14 mai 2026, Giorgia Meloni annonce le retour du nucléaire devant le Sénat

C’était un silence tendu, presque physique, comme celui qui précède un orage au-dessus de la Méditerranée. Giorgia Meloni venait de prononcer quatre mots que l’Italie n’avait plus entendus officiellement depuis une génération : « Ritorno al nucleare italiano ». Certains sénateurs ont levé les yeux, d’autres ont baissé les épaules, comme si un fantôme venait de revenir s’asseoir sur les bancs de velours rouge.

Il y avait là des élus qui, en 1987, n’étaient pas encore nés et d’autres qui se souvenaient du référendum comme d’une blessure encore vive. Trente-six ans sans une seule centrale en activité, puis, d’un coup, cette annonce au micro, froide et nette. En tribune, un conseiller griffonnait frénétiquement des chiffres de coût au crayon à papier, pendant qu’un autre répétait « 2050, neutralité carbone » comme un mantra. Quelque chose venait de basculer, sans que personne ne sache vraiment dans quel sens.

À ce moment précis, l’Italie a semblé regarder à la fois derrière elle et très loin devant. Le passé, le futur, tout tenait dans une phrase de 20 secondes. Et l’histoire, elle, ne demandait qu’à se réécrire.

Un pays qui avait tourné la page… et qui la rouvre

Nous connaissons tous ce moment où l’on rouvre un vieux carton qu’on avait juré de ne plus toucher. Pour l’Italie, ce carton s’appelle « nucléaire » et il est fermé depuis 36 ans. Entre 1987 et 1990, les quatre centrales encore en service ont été progressivement arrêtées, rangées dans les archives d’un pays traumatisé par Tchernobyl. Depuis, la péninsule a vécu sur un récit simple : le nucléaire, *c’est fini*. Le 14 mai 2026, Giorgia Meloni a posé la main sur ce récit et l’a retourné comme on retourne une carte sur la table.

La scène a quelque chose de presque intime pour qui se souvient. En 1987, près de 80 % des votants avaient dit non au nucléaire civil. Les journaux montraient des mères inquiètes, des plages désertées, des rayons de supermarché sans lait frais. Aujourd’hui, les chiffres ont changé : l’Italie importe environ 72 % de son énergie, souvent produite dans des centrales nucléaires… situées juste de l’autre côté de la frontière. *Ironie discrète de l’histoire*. Pendant que Rome proclamait sa vertu antinucléaire, la lumière dans les salons venait pour partie des réacteurs français ou suisses.

La décision annoncée au Sénat ne tombe donc pas du ciel. Elle arrive au croisement de trois pressions : la flambée des prix de l’énergie, la crise climatique qui ne se contente plus de théories mais brûle littéralement les collines l’été, et la dépendance stratégique qui agace une partie de la classe politique. Annoncer le retour du nucléaire, c’est moins un geste technique qu’un signal politique : l’Italie veut redevenir productrice de sa propre électricité, quitte à rouvrir une blessure historique. Soyons honnêtes : personne n’était vraiment prêt à avoir cette discussion en pleine chaleur de mai.

Un retour qui bouscule tout : du climat à la facture d’électricité

Avant de juger ou d’applaudir, il faut regarder ce que Giorgia Meloni a exactement mis sur la table. Dans son discours, la cheffe du gouvernement a parlé de « nucléaire de nouvelle génération », de « petits réacteurs modulaires » et de « souveraineté énergétique ». L’objectif affiché : remettre en service une première unité de production autour de 2037, si le calendrier tient. C’est loin, cela paraît abstrait, mais les décisions qui comptent se prennent maintenant, pas dans onze ans. Chaque mot prononcé ce 14 mai va alimenter débats, recours, manifestations.

Un détail a fait réagir dans les couloirs : la mention d’un « mix énergétique national » où le nucléaire ne dépasserait pas 25 % de la production. On est loin de la France et de ses 65 à 70 % historiques. Meloni veut présenter ce retour comme un outil parmi d’autres, et non comme une conversion totale. Les conseillers évoquent de nouveaux parcs solaires en Pouilles, une éolienne offshore géante au large de la Sicile, et ces fameux petits réacteurs « plus sûrs » posés comme des Lego de haute technologie. Le mot **transition** circule dans chaque phrase, souvent sans être défini.

Sur le fond, ce choix raconte surtout l’angoisse d’un pays qui a vu sa facture d’électricité exploser après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. L’hiver 2022-2023 a laissé des traces : commerces fermés plus tôt, familles baissant le chauffage, industriels menaçant de délocaliser. Dans ce contexte, la promesse d’une énergie « stable, pilotable, bas carbone » séduit une partie de l’opinion. L’autre partie entend surtout les mots « déchets », « risques », « séismes ». Le pays se retrouve comme une famille autour de la table du dimanche : tout le monde sait qu’une dispute va éclater, mais personne ne sait encore sur quel mot précis.

Comment les Italiens peuvent reprendre la main sur ce débat

Face à une annonce de cette ampleur, la tentation est grande de se contenter des slogans, pour ou contre. Une attitude plus utile, pour un citoyen, consiste à se fabriquer sa propre grille de lecture. Première étape : distinguer l’émotion du fait. On peut être profondément marqué par Tchernobyl ou Fukushima et, en même temps, regarder les chiffres de sécurité des centrales modernes, même si ce n’est pas confortable. *Les deux émotions peuvent coexister sans s’annuler.* Lire le texte officiel de la déclaration, repérer ce qui est chiffré et ce qui reste flou, devient presque un réflexe d’hygiène démocratique.

Une autre action concrète, plus simple qu’on ne l’imagine : suivre l’argent. Qui finance quoi ? Qui gagne quoi ? Les promesses de retombées économiques dans le sud du pays, les créations d’emplois techniques, les grands appels d’offres, tout cela va se traduire en contrats très concrets. Les habitants des régions pressenties pour accueillir les futurs sites ont intérêt à regarder de près les engagements sur la sécurité, la transparence, les compensations. Dans chaque petit village des Pouilles, de Calabre ou du Latium, cette décision nationale va se traduire par des réunions de mairie un peu tendues et des affiches sur les panneaux d’entrée.

La plus grande erreur fréquente, dans ce type de débat, consiste à croire qu’il serait réservé aux experts. L’histoire montre l’inverse : en 1987, ce sont des millions d’Italiens ordinaires, souvent peu versés dans la physique des neutrons, qui ont mis fin à l’aventure nucléaire par un simple bulletin dans l’urne. Qu’on soit infirmière à Bari ou étudiant à Turin, on a sa place dans la discussion. Personne ne lit des rapports de 300 pages tous les soirs en rentrant du travail, soyons honnêtes. En revanche, chacun peut écouter plusieurs points de vue, poser deux ou trois questions simples à des élus locaux, ou participer à une réunion publique au lieu de rester sur un fil Telegram anonyme.

Un expert en politique énergétique, croisé à la sortie du Sénat, résumait la scène avec un réalisme un peu brut :

« Le vrai choix ne sera pas fait par Giorgia Meloni aujourd’hui, mais par les citoyens sur vingt ans : par ce qu’ils accepteront de voir près de chez eux, par leur tolérance au risque, et par le prix qu’ils sont prêts à payer pour dire non. »

Pour s’y retrouver, quelques repères simples peuvent aider :

  • Regarder la part d’électricité importée chaque année et son coût réel sur la facture.
  • Comparer les émissions de CO₂ du mix énergétique actuel avec les scénarios incluant du nucléaire.
  • Demander publiquement où et comment seraient stockés les déchets sur le long terme.
  • Suivre les délais et dérapages budgétaires des projets similaires dans d’autres pays.
  • Observer qui, localement, soutient les projets : associations, entreprises, élus, habitants.

Une Italie entre mémoire, peur et promesse d’avenir

Trente-six ans sans centrales, et tout à coup ce retour annoncé au Sénat : l’Italie se retrouve face à une sorte de miroir énergétique. D’un côté, le souvenir très vif d’un pays qui a voté massivement contre l’atome civil, avec des images de nuages radioactifs dans les journaux télévisés du soir. De l’autre, une réalité beaucoup moins romantique : une dépendance massive aux importations, des factures qui grimpent plus vite que les salaires, un climat qui se dérègle en direct sur les collines toscanes et les plages d’Emilie-Romagne. Entre les deux, une société qui n’a pas encore décidé si elle voulait redevenir un pays nucléaire… ou si elle préfère continuer à l’être indirectement, via ses voisins.

Cette annonce de Giorgia Meloni ne ferme aucune porte, au fond. Elle ouvre plutôt un chantier d’arguments, de peurs, de chiffres, de dates, qui va courir sur les années 2030. Certains y verront une trahison du référendum de 1987, d’autres un simple ajustement stratégique face au monde réel. Il restera toujours ces questions très simples, presque enfantines : voulons-nous contrôler la façon dont notre électricité est produite ? Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour réduire nos émissions et gagner en autonomie ? Et surtout, qui décide vraiment, au bout du compte, de ce qui tourne dans nos prises électriques chaque soir d’hiver ?

Point essentiel Détail Valeur ajoutée pour le lecteur
Un retour du nucléaire après 36 ans d’arrêt Annonce officielle de Giorgia Meloni au Sénat le 14 mai 2026, avec objectif de première unité vers 2037 Permet de comprendre l’ampleur historique du basculement énergétique italien
Une décision tiraillée entre climat, coût et dépendance Mix énergétique très importé, pression des prix et promesse d’électricité bas carbone pilotable Aide à situer ce choix dans le quotidien : facture, emplois, sécurité d’approvisionnement
Un débat où chaque citoyen peut peser Rôle des régions, vigilance locale, besoin de dépasser les slogans pro/anti Donne des pistes concrètes pour participer activement au débat plutôt que le subir

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