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De plus en plus de passagers ont la nausée en voiture électrique : ce n’est ni la vitesse ni le silence qui explique tout

De plus en plus de passagers ont la nausée en voiture électrique : ce n'est ni la vitesse ni le silence qui explique tout

De nombreux passagers en Italie signalent des nausées en voiture électrique, un phénomène lié aux sens, loin des simples questions de vitesse.

Les voitures électriques gagnent du terrain en Europe, mais un effet secondaire inattendu apparaît au fil des témoignages : des passagers qui se sentent mal à bord, avec vertiges et nausées. Comment ce malaise, décrit par plusieurs médias italiens dont le site commentimemorabili.it, s’explique-t-il vraiment, et en quoi ce type de « mal d’auto » diffère-t-il de celui ressenti dans une voiture thermique classique ?

Un mal d’auto bien réel à bord des voitures électriques

Les véhicules électriques sont vantés pour leur silence, leur douceur de fonctionnement, leurs accélérations linéaires et l’absence d’odeurs d’échappement. Pourtant, selon commentimemorabili.it, « toujours plus d’automobilistes » italiens disent ressentir des nausées précisément dans ces conditions jugées idéales.

Il ne s’agit pas d’une métaphore sur le prix de la recharge ou le stress lié à l’autonomie. Le malaise décrit correspond à une véritable cinétose, le fameux « mal des transports » : pâleur, sueurs froides, sensation de tournis, envie de vomir. Des symptômes déjà connus en bateau ou en car, mais qui semblent se manifester davantage dans certains modèles de voitures électriques.

Le cœur du problème vient d’un « court-circuit sensoriel » : les informations envoyées au cerveau par les yeux et par l’oreille interne ne coïncident plus.

Ce désaccord sensoriel existait déjà dans les voitures classiques, mais la façon dont fonctionnent les véhicules électriques amplifierait ce décalage chez certains passagers, selon les spécialistes cités par les médias italiens consultés par commentimemorabili.it.

Silence, accélérations fluides et cerveau déboussolé

Au premier rang des facteurs mis en cause figure justement ce qui est présenté comme un atout majeur : le silence de fonctionnement. Dans un véhicule thermique, le bruit du moteur, les vibrations du régime qui monte et descend, les à-coups au passage de rapport servent de « balises » au cerveau.

Sans que l’on s’en rende compte, ces signaux permettent d’anticiper une accélération, un freinage ou un virage. Le corps se prépare, les muscles se tendent légèrement, l’attention se cale sur le mouvement.

Dans une voiture électrique, ces repères disparaissent presque totalement :

  • le moteur ne gronde pas lors des accélérations ;
  • les passages de vitesse sont inexistants ;
  • les vibrations dans le plancher et le volant sont très atténuées ;
  • la montée en vitesse est plus linéaire.

Résultat : la voiture bouge bel et bien, mais une partie des signaux physiques que le cerveau utilisait comme « avertisseurs » disparaît. Le système vestibulaire de l’oreille interne perçoit les changements de vitesse, tandis que la vue peut se fixer sur un écran ou l’habitacle ; la cohérence entre les sens se délite, ce qui favorise l’apparition de nausées.

Le rôle des écrans géants et de la conduite « une pédale »

Des yeux collés aux écrans, une route que l’on oublie

Les médias italiens cités par commentimemorabili.it pointent également un second facteur, très concret : la multiplication des écrans dans l’habitacle. Navigation, films, réglages de climatisation ou d’aides à la conduite, tout passe par de grandes dalles numériques. Elles attirent l’œil et incitent à regarder l’intérieur plutôt que la route.

Cette situation renforce l’écart entre ce que voient les yeux et ce que ressent le corps. Plus un passager fixe un point qui semble statique (écran, livre, smartphone), plus le cerveau perd la connexion avec le paysage en mouvement. Ce phénomène, déjà connu en voiture thermique, pourrait être accentué par le confort et le silence des modèles électriques, qui incitent justement à se détendre… et à se plonger dans un écran.

Frenage régénératif : bénéfique pour la batterie, pas toujours pour l’estomac

Autre spécificité mise en avant par commentimemorabili.it : la fameuse « freinage régénératif ». Quand le conducteur lève le pied de l’accélérateur, le moteur électrique fonctionne en générateur et ralentit la voiture tout en rechargeant la batterie. La pédale de frein peut même être très peu sollicitée dans certains réglages.

Ce type de décélération est souvent progressif, parfois très puissant, mais moins lisible pour les non-initiés. Le passager ne voit pas forcément le conducteur déplacer son pied, ni n’entend le bruit caractéristique des plaquettes de frein. Pourtant, le corps ressent clairement que le véhicule freine.

Un ralentissement fréquent, silencieux, parfois imprévisible pour le passager : pour les personnes sujettes à la cinétose, ce cocktail peut suffire à déclencher vertiges et nausées.

Les spécialistes italiens cités soulignent que le problème n’est pas l’intensité de la décélération, mais son manque de « préavis ». Quand le cerveau n’a pas eu le temps de l’anticiper, le décalage sensoriel se creuse.

Les pistes pour limiter la cinétose en voiture électrique

Des constructeurs qui planchent sur des signaux « compensateurs »

D’après commentimemorabili.it, certains constructeurs réfléchissent déjà à des solutions techniques pour réduire ce malaise. Des vibrations ciblées, de légers signaux lumineux ou des alertes sonores discrètes pourraient par exemple prévenir un changement de rythme, sans renoncer au confort global.

L’idée serait de recréer, de façon maîtrisée, une partie des repères que les moteurs thermiques fournissaient naturellement : bruit du régime, vibrations mécaniques, à-coups de boîte de vitesses.

Les conseils pratiques pour les passagers sensibles

En attendant des véhicules spécialement pensés pour limiter la cinétose, commentimemorabili.it relaie une série de recommandations simples, inspirées de sites médicaux italiens spécialisés :

  • éviter de voyager complètement à jeun, mais ne pas se gaver avant le départ ;
  • si possible, s’asseoir à l’avant, où les mouvements sont plus prévisibles ;
  • regarder vers l’avant, dans la direction de la marche, et surveiller la route ;
  • limiter les mouvements de tête brusques ;
  • renoncer à la lecture, à la rédaction de messages et à l’usage intensif du smartphone ;
  • aérer régulièrement l’habitacle.

Le site italien rappelle également qu’il existe des solutions médicamenteuses, à utiliser après avis médical. Les adultes se voient souvent prescrire des antihistaminiques ou des dispositifs à base de scopolamine. Les enfants réagissent plutôt au diménhydrinate, un médicament couramment utilisé contre le mal d’auto en Italie. Ces produits visent à atténuer la réponse du système vestibulaire, sans supprimer totalement la perception des mouvements.

Un progrès écologique qui bouscule la neurobiologie humaine

Pour les médias italiens consultés par commentimemorabili.it, la mobilité électrique reste une avancée majeure en matière de pollution locale et d’émissions de CO₂. Les véhicules zéro émission à l’échappement réduisent le bruit urbain et améliorent la qualité de l’air, un point crucial dans les grandes métropoles italiennes.

Mais cette transition vient heurter une réalité biologique : nos sens se sont structurés avec des repères sonores et vibratoires qui disparaissent. Le contraste est fort, surtout pour les personnes particulièrement sensibles aux variations de mouvement. Un simple trajet urbain tranquille peut devenir inconfortable si le cerveau ne parvient plus à synchroniser ce qu’il voit, ce qu’il entend et ce qu’il ressent.

La voiture électrique ne vibre pas, ne ronfle pas, ne sent pas l’essence. Ce confort, apprécié par la majorité des usagers, peut suffire à désorienter ceux qui ont un équilibre interne fragile.

Certains conducteurs italiens apprennent d’ailleurs à adapter leur style de conduite : réglage moins agressif de la régénération, accélérations plus progressives, avertissements verbaux avant un freinage marqué. Des gestes simples qui réduisent le nombre de situations « surprises » pour les passagers.

Qu’en est-il pour les conducteurs et passagers français ?

Rien n’indique que ce phénomène soit limité à l’Italie. Les mécanismes neurologiques à l’œuvre sont les mêmes pour tous, et les voitures électriques commercialisées en France offrent des caractéristiques très proches : silence, couple immédiat, freinage régénératif, écrans tactiles omniprésents.

En France aussi, les personnes sujettes au mal des transports peuvent donc ressentir davantage de gêne dans certains modèles électriques. L’Agence nationale de sécurité du médicament et les médecins généralistes renvoient, pour ce type de trouble, aux mêmes règles de base que pour la cinétose en voiture thermique ou en bateau : position, regard, alimentation adaptée, éventuellement traitement médicamenteux après avis professionnel.

Facteur Voiture thermique Voiture électrique
Bruit moteur Fort à moyen, repères sonores nombreux Très faible, repères auditifs limités
Vibrations Régime moteur, boîte de vitesses Vibrations réduites, fonctionnement plus lisse
Freinage Majoritairement mécanique, lisible pour le passager Régénératif, parfois difficile à anticiper
Usage des écrans Présents mais souvent plus petits Très présents, grands écrans centraux

Les conseils pratiques restent donc valables des deux côtés des Alpes : se placer si possible à l’avant, fixer l’horizon plutôt qu’un écran, discuter avec le conducteur pour anticiper les manœuvres. Dans certains véhicules, il est également possible de réduire l’intensité du freinage régénératif dans les menus de conduite, ce qui peut rendre les ralentissements plus prévisibles pour les passagers sensibles.

Comprendre la cinétose pour mieux la gérer

La cinétose correspond à une difficulté du cerveau à gérer des informations sensorielles contradictoires. L’oreille interne envoie un message : « on bouge ». Les yeux, eux, peuvent répondre « tout est fixe », surtout si l’on regarde un écran ou l’intérieur de l’habitacle. C’est cette contradiction qui déclenche les symptômes, pas la technologie électrique en elle-même.

Les voitures électriques, en supprimant des repères sonores et vibratoires, mettent davantage en lumière ce mécanisme. Pour certains passagers, cette configuration accroît le risque de malaise. Pour d’autres, au contraire, le confort et la réduction des vibrations améliorent les trajets. Le ressenti reste très individuel.

À mesure que le parc automobile se transforme, la façon de voyager évolue aussi : plus d’écrans, plus de silence, plus d’assistances à la conduite. Les constructeurs et les médecins devront sans doute travailler ensemble pour intégrer ces contraintes dans la conception des futurs modèles, afin que la voiture électrique soit non seulement propre et silencieuse, mais aussi mieux tolérée par ceux qui ont l’estomac fragile.

Questions fréquentes

Pourquoi la nausée en voiture électrique est-elle différente de celle en voiture thermique ?

Le moteur thermique génère naturellement du bruit, des vibrations et des à-coups qui servent de « balises » au cerveau pour anticiper les mouvements. En voiture électrique, ces repères disparaissent, amplifiant le décalage sensoriel qui provoque la cinétose.

Quel rôle jouent les écrans géants de la voiture électrique ?

Les grands écrans numériques pour la navigation, les films et les réglages incitent les passagers à regarder l'intérieur plutôt que la route, renforçant l'écart entre ce que les yeux voient et ce que le corps ressent.

Qu'est-ce que le freinage régénératif et pourquoi provoque-t-il des nausées ?

Le freinage régénératif ralentit la voiture sans qu'on entende le bruit des freins ou qu'on voie le conducteur actionner la pédale. Ce ralentissement silencieux et imprévisible crée un décalage sensoriel chez les passagers sensibles.

Quels sont les conseils simples pour éviter le mal d'auto en voiture électrique ?

S'asseoir à l'avant, regarder vers l'avant dans la direction de la marche, éviter les écrans et les mouvements de tête brusques, aérer régulièrement l'habitacle et ne pas voyager à jeun sont les recommandations principales.

Existe-t-il des solutions techniques pour réduire ce problème ?

Certains constructeurs réfléchissent à des vibrations ciblées, des signaux lumineux ou des alertes sonores discrètes pour recréer les repères que le moteur thermique fournissait naturellement.

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