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Le vaccin contre le zona réduirait de 51 % le risque de démence : ce que révèle une récente étude

Seringue avec vaccin et illustration du virus varicelle-zona sur fond médical bleu symbolisant la prévention de la démence.

Une étude publiée dans une grande revue scientifique suggère qu’un vaccin contre le zona pourrait jouer un rôle inattendu face aux démences, notamment en Europe.

Selon une recherche relayée par un média de santé français et publiée dans la revue scientifique Nature Communications, la vaccination contre le zona serait associée à une baisse importante du risque de démence chez les personnes âgées. Les auteurs mettent en avant le vaccin Shingrix, déjà recommandé en France chez les seniors, et interrogent la place de la prévention vaccinale aux côtés du mode de vie, comme l’explique le neurologue Clément Vialatte de Pemille, de l’Hôpital Paris Saint Joseph.

Un vaccin contre le zona lié à un risque de démence réduit de moitié

Les travaux publiés le 9 février 2026 dans Nature Communications s’appuient sur une large cohorte de population galloise, composée de plus de 296 000 personnes âgées de 71 ans ou plus. Les chercheurs ont comparé, au sein de ce groupe, les personnes vaccinées contre le zona à celles qui ne l’étaient pas.

Chez les personnes âgées vaccinées par Shingrix, le risque de démence a été réduit de 51 % dans cette cohorte galloise.

Les auteurs rappellent que le terme « démence » regroupe plusieurs pathologies, dont la maladie d’Alzheimer, qui représente à elle seule entre 60 et 80 % des cas. L’Organisation mondiale de la santé estime ainsi que la démence touche des dizaines de millions de personnes dans le monde et que ce nombre augmente avec le vieillissement des populations.

L’étude ne démontre pas un effet curatif du vaccin contre le zona sur une démence installée. Elle met en évidence une association entre la vaccination et un risque moindre d’en développer une, ce qui ouvre une nouvelle piste de prévention.

Zona, varicelle et cerveau : que se passe-t-il dans l’organisme ?

Le zona est provoqué par la réactivation du virus varicelle-zona (VZV), le même virus que celui de la varicelle. Après une première infection, généralement dans l’enfance, le VZV reste latent dans l’organisme, niché dans les ganglions nerveux. Des années plus tard, il peut se réactiver et provoquer le zona.

Cette maladie se manifeste le plus souvent par une éruption douloureuse sur le thorax, mais elle peut toucher d’autres zones du corps. Chez les personnes âgées ou fragiles, elle peut entraîner des douleurs persistantes, voire des complications oculaires ou neurologiques.

Pour expliquer le lien possible entre zona et démence, le Dr Clément Vialatte de Pemille, neurologue à l’Hôpital Paris Saint Joseph, évoque le rôle de l’inflammation. Selon lui, lorsqu’un lien existe entre zona et démence, « cela est dû à une persistance d’une inflammation généralisée au sein du système nerveux central, en raison du VZV ».

Cette inflammation chronique va agresser le cerveau, notamment via la microglie. La microglie correspond aux principales cellules de défense du système nerveux central. Lorsqu’elles restent activées de manière prolongée, elles peuvent participer aux mécanismes impliqués dans la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs parlent de physiopathologie, c’est-à-dire de la façon dont les processus biologiques mènent à la maladie.

Le contrôle des infections, dont le zona, pourrait limiter une inflammation chronique du cerveau susceptible de favoriser la démence.

Les infections comme celles dues au pneumocoque sont déjà connues pour aggraver certains tableaux neurologiques. L’hypothèse avancée ici est que la vaccination contre le virus du zona, en réduisant le risque d’infection et de réactivation du VZV, limite ces phénomènes inflammatoires, et donc, indirectement, le risque de démence.

Shingrix : la stratégie vaccinale actualisée en France

En France, la stratégie de vaccination contre le zona repose principalement sur le vaccin Shingrix. Selon le site public Vaccination Info Service, cette stratégie a été actualisée en 2024 par la Haute Autorité de Santé (HAS).

  • Shingrix est recommandé en priorité chez les personnes de 65 ans et plus.
  • Il peut être prescrit chez certaines personnes immunodéprimées, par exemple des patients atteints de sclérose en plaques sous traitements immunosuppresseurs.
  • En France, le zona touche entre 5 et 10 personnes pour 1 000 chez les plus de 60 ans.

Le vaccin Shingrix n’a pas été conçu pour prévenir la démence, mais pour réduire le risque de zona et ses complications. La nouvelle étude suggère qu’il pourrait apporter un bénéfice supplémentaire, inattendu, en matière de santé cérébrale.

Le vaccin contre le zona apparaît surtout comme un outil de prévention indirecte de la démence, pas comme un traitement une fois les troubles installés.

Le mode de vie, priorité numéro un pour prévenir la démence

Les auteurs de l’étude et les spécialistes interrogés restent prudents : la vaccination ne remplace pas les mesures de prévention connues depuis longtemps. Pour le Dr Clément Vialatte de Pemille, la première ligne de défense contre la maladie d’Alzheimer et les autres démences reste le mode de vie.

Il rappelle les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé :

  • pratiquer une activité physique régulière, adaptée à l’âge et à l’état de santé ;
  • adopter une alimentation équilibrée, en limitant les produits ultra-transformés ;
  • éviter la consommation d’alcool ;
  • ne pas fumer ;
  • surveiller et traiter les facteurs de risque comme l’hypertension ou le diabète ;
  • préserver un sommeil de bonne qualité.

« Je pense que si la population générale faisait déjà ce qui est prouvé et recommandé notamment par l’OMS pour prévenir la maladie d’Alzheimer, cela fonctionnerait mieux », confie le neurologue à ce média de santé français.

Selon les chercheurs à l’origine de l’étude, environ 57,4 millions de personnes vivaient avec une démence dans le monde en 2019. Ils alertent sur la hausse continue de ce chiffre, portée par la croissance démographique et surtout par le vieillissement des populations.

Ce que cela signifie pour les patients en France

Pour un lecteur français, ces résultats s’inscrivent dans un cadre déjà existant. La vaccination contre le zona est accessible, encadrée par la Haute Autorité de Santé et intégrée au calendrier vaccinal des seniors. Les médecins généralistes et les neurologues restent les principaux interlocuteurs pour évaluer l’intérêt de ce vaccin au cas par cas.

En pratique, un patient de plus de 65 ans peut évoquer lors d’une consultation :

  • son risque individuel de zona (âge, antécédents, fragilités) ;
  • les bénéfices attendus du vaccin sur les douleurs post-zona et les complications ;
  • les données nouvelles sur la possible réduction du risque de démence ;
  • ses autres facteurs de risque modifiables : tension, tabac, sédentarité, sommeil.
  • Les professionnels de santé français s’appuient sur les avis de la HAS et des sociétés savantes de neurologie et de gériatrie pour orienter les décisions. La vaccination contre le zona vient s’ajouter à d’autres outils de prévention cérébrale : contrôle cardiovasculaire, stimulation cognitive, suivi des troubles de l’audition, lutte contre l’isolement social.

    Comprendre les mécanismes en jeu : inflammation, microglie et prévention combinée

    La notion d’inflammation chronique du cerveau reste parfois abstraite. Dans le cas du VZV, le virus peut réactiver une réponse immunitaire prolongée. La microglie, ces cellules de défense du système nerveux central, se mobilise pour éliminer les agents pathogènes. Si cette activation se prolonge, elle peut finir par endommager les neurones et favoriser certains dépôts anormaux caractéristiques de la maladie d’Alzheimer.

    Réduire les infections susceptibles d’entretenir cette inflammation, comme le zona ou certaines infections respiratoires, fait donc partie d’une stratégie large de protection du cerveau. Le vaccin contre le pneumocoque, déjà recommandé chez les personnes fragiles, s’inscrit dans cette logique, tout comme le vaccin contre le zona.

    Pour un senior, la démarche la plus protectrice associe plusieurs leviers :

    • vaccination adaptée à son profil (zona, grippe, pneumocoque selon les recommandations) ;
    • mode de vie favorable au cerveau (activité physique, alimentation, sommeil) ;
    • prise en charge précoce des facteurs de risque cardiovasculaire ;
    • surveillance des troubles de mémoire par le médecin traitant ou un neurologue.

    La récente étude sur Shingrix ne transforme pas le vaccin contre le zona en « vaccin anti-Alzheimer ». Elle ajoute un argument supplémentaire en faveur d’une prévention globale, où chaque action — qu’il s’agisse d’une injection ou d’une marche quotidienne — contribue à réduire le risque de démence sur le long terme.

    Questions fréquentes

    Le vaccin Shingrix prévient-il réellement la démence ?

    L'étude montre une association entre la vaccination et une réduction du risque de démence, mais elle ne démontre pas un effet curatif une fois la maladie installée. Le vaccin agit en prévention indirecte en limitant l'inflammation chronique du cerveau.

    Qui peut se faire vacciner contre le zona en France ?

    La vaccination est recommandée en priorité chez les personnes de 65 ans et plus. Elle peut aussi être prescrite chez certaines personnes immunodéprimées, notamment celles atteintes de sclérose en plaques sous traitements immunosuppresseurs.

    Quel est le lien entre zona et démence selon les chercheurs ?

    La réactivation du virus varicelle-zona pourrait provoquer une inflammation persistante du système nerveux central qui agresse le cerveau via la microglie. Cette inflammation chronique peut participer aux mécanismes de la maladie d'Alzheimer.

    La vaccination contre le zona remplace-t-elle d'autres mesures de prévention ?

    Non, le mode de vie reste la première ligne de défense : activité physique régulière, alimentation équilibrée, sommeil de qualité et contrôle des facteurs de risque comme l'hypertension. La vaccination vient en complément de ces mesures prouvées.

    Combien de personnes sont touchées par le zona en France ?

    Entre 5 et 10 personnes pour 1 000 chez les plus de 60 ans contractent le zona chaque année en France.

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