Avant de prendre les rênes du XV de France, Fabien Galthié raconte dans un livre les approches insistantes de sélections étrangères.
L’actuel sélectionneur du XV de France y a réfléchi avant de dire non. Dans son ouvrage « Retour intérieur », Fabien Galthié revient sur une période clé de sa carrière, lorsqu’il entraînait Montpellier en Top 14, et révèle qu’il a reçu des offres concrètes pour diriger deux grandes nations rivales, l’Angleterre et l’Argentine. Des confidences rapportées par le site du groupe de presse en ligne du Figaro, qui éclairent autrement son parcours jusqu’aux Bleus.
Des offres venues d’Angleterre et d’Argentine alors qu’il est à Montpellier
Au moment des faits évoqués dans le livre, Fabien Galthié est entraîneur du Montpellier Hérault Rugby. Il sort d’un parcours remarqué en club et son nom circule déjà pour de grandes fonctions internationales. Dans « Retour intérieur », il raconte noir sur blanc les approches reçues depuis l’étranger.
Il explique avoir été approché par la Fédération anglaise de rugby pour entraîner le XV de la Rose, puis par l’Argentine pour un poste de manager général lors de la Coupe du monde 2015.
Il précise que la proposition anglaise ne concernait pas un poste solitaire, mais un ticket à deux. La Fédération anglaise de rugby, l’instance qui gère le XV de la Rose, souhaitait l’associer à Nick Mallett, ancien sélectionneur de l’Afrique du Sud et de l’Italie, figure reconnue sur la scène mondiale.
Dans le même passage de l’ouvrage, Galthié évoque aussi une approche venue d’Amérique du Sud. L’Argentine lui aurait proposé le poste de manager général des Pumas pour la Coupe du monde 2015, un rôle de patron de la sélection, au-dessus du staff technique, avec une responsabilité globale sur la préparation et le projet.
Ces sollicitations interviennent alors qu’il est toujours engagé avec Montpellier, dans un Top 14 très concurrentiel.
« Je veux continuer d’écrire mon histoire à Montpellier »
Dans l’extrait repris par le média en ligne du groupe Le Figaro, Fabien Galthié raconte qu’il a sérieusement envisagé ces perspectives, sans céder à la tentation d’un poste international prestigieux.
« J’ai eu d’autres opportunités, comme cette proposition de la Fédération anglaise de rugby pour entraîner le XV de la Rose avec Nick Mallett ou, plus récemment encore, le poste de manager général des Pumas argentins pour la Coupe du monde 2015. Mais je veux continuer d’écrire mon histoire à Montpellier », écrit-il dans « Retour intérieur ».
La dernière phrase, « je veux continuer d’écrire mon histoire à Montpellier », témoigne d’un choix assumé. Il renonce à deux sélections majeures pour rester dans son club français. À l’époque, ce choix passe essentiellement par :
la fidélité au projet qu’il a lancé à Montpellier ;
le souhait de poursuivre son travail de terrain quotidien avec un club ;
l’idée que son parcours n’est pas terminé en Top 14.
Ce refus montre aussi que la trajectoire de Galthié ne s’est pas dessinée uniquement autour du XV de France : il aurait pu s’installer à la tête d’une autre nation avant même d’avoir sa chance avec les Bleus.
Ce que représentait une telle offre pour sa carrière
Être appelé par la Fédération anglaise de rugby pour prendre en charge le XV de la Rose constitue, pour un entraîneur français, une forme de reconnaissance internationale. L’Angleterre reste l’une des nations les plus puissantes du rugby mondial : large vivier de joueurs, championnat très structuré, moyens financiers élevés, forte culture rugby.
L’offre argentine, plus récente selon son récit, ouvre une autre perspective. Le rôle de manager général des Pumas pour une Coupe du monde donne la main sur :
Responsabilité
Contenu du poste envisagé
Projet sportif
Supervision de la stratégie globale de la sélection
Organisation
Coordination du staff, des stages, de la préparation
Image de la sélection
Présence médiatique, rôle de porte-parole de l’équipe
Accepter l’une ou l’autre de ces propositions aurait profondément modifié sa carrière. Il aurait peut-être affronté le XV de France à la tête d’un adversaire, dans un Tournoi des six nations pour l’Angleterre ou dans un test-match majeur pour l’Argentine. L’histoire retiendra finalement un autre chemin.
Pourquoi ces nations s’intéressaient à lui
Si les détails précis des discussions ne sont pas étalés dans l’extrait, ces approches ne viennent pas de nulle part. Au début des années 2010, Fabien Galthié s’est imposé comme l’un des entraîneurs les plus en vue du championnat de France. Ancien demi de mêlée et capitaine des Bleus, il connaît intimement le très haut niveau, la pression du tournoi et les exigences des Coupes du monde.
Les directions de fédérations étrangères, comme celle d’Angleterre ou d’Argentine, peuvent chercher à s’ouvrir à d’autres écoles de jeu. Un technicien français apporte un regard différent sur :
la gestion du jeu d’occupation au pied ;
la structuration de la défense et des rucks ;
le travail sur la conquête (mêlée, touche) ;
la culture du collectif dans un groupe élargi.
Pour l’Argentine, qui s’intègre progressivement dans les grandes compétitions de l’hémisphère Sud, s’adjoindre un manager extérieur au pays peut aussi permettre d’accélérer une forme de professionnalisation et d’internationalisation de sa sélection.
Ce que cela dit de sa relation au rugby français
En choisissant de rester à Montpellier, Fabien Galthié envoie, à l’époque, un signal fort de confiance envers le championnat français. Le Top 14, avec ses budgets élevés et son exposition médiatique, offre déjà un cadre de travail proche de celui d’une sélection, même s’il ne s’agit pas du même rythme ni des mêmes contraintes.
Refuser l’Angleterre et l’Argentine pour poursuivre son projet en club montre qu’il se voyait encore sur un chemin de construction en France.
Pour un lecteur français, cette anecdote éclaire sa nomination ultérieure à la tête du XV de France : il n’arrive pas par hasard, ni comme simple ancien joueur emblématique. Des nations étrangères ont déjà estimé qu’il avait le profil pour mener une sélection de premier plan. La Fédération française de rugby s’appuie donc sur un technicien qui aurait pu s’installer ailleurs, ce qui renforce l’idée d’un choix stratégique.
Sélectionneur national : comment cela fonctionne en France ?
En France, le sélectionneur du XV de France est nommé par la Fédération française de rugby, l’instance qui dirige le rugby à XV au niveau national. Ce poste ressemble, sur le principe, aux fonctions envisagées pour Fabien Galthié en Angleterre ou en Argentine, mais avec quelques particularités :
Le sélectionneur est entouré d’un staff d’entraîneurs spécialisés (attaque, défense, mêlée, etc.).
La direction technique nationale suit de près le projet mis en place, notamment pour le lien avec les équipes de jeunes.
Les clubs de Top 14 et de Pro D2 doivent libérer leurs joueurs selon un calendrier défini par des conventions.
La fonction de manager général, comme celle proposée par l’Argentine, se rapproche en France du rôle de sélectionneur élargi à la gestion globale de la sélection : stratégie, communication, organisation. Dans certains cas, une autre figure peut venir compléter ce dispositif, par exemple un directeur de la performance ou un directeur du rugby, mais la responsabilité sportive principale reste concentrée sur le sélectionneur.
Angleterre, Argentine, France : trois cultures rugbystiques différentes
L’épisode raconté par Fabien Galthié permet aussi de mesurer la diversité des cultures du rugby. En Angleterre, le XV de la Rose s’appuie sur un championnat très professionnalisé et un vivier important passant par les universités et les clubs historiques. En Argentine, la sélection nationale des Pumas est longtemps restée basée sur des joueurs évoluant à l’étranger, avant le développement de structures professionnelles locales.
La France, elle, combine un championnat très attractif, avec de nombreux joueurs étrangers, et une tradition de formation très large, via les clubs amateurs et les centres de formation des équipes professionnelles. Un entraîneur comme Galthié, passé par le haut niveau français, a donc une double expertise : celle du terrain et celle de l’écosystème fédéral et des clubs.
Ce que cette anecdote révèle sur le métier de sélectionneur
Les propos de Galthié dans « Retour intérieur » illustrent une réalité courante dans le rugby international : les meilleurs techniciens circulent beaucoup, parfois d’un hémisphère à l’autre. Un entraîneur français peut diriger une sélection anglaise, un Sud-Africain prendre les commandes de l’Italie ou un Argentin travailler dans un club du Top 14.
Accepter une offre de sélection implique souvent :
un changement complet de pays de vie et d’environnement de travail ;
une réduction du quotidien de club au profit de rassemblements courts, mais intenses ;
une exposition très forte aux résultats des grandes compétitions internationales.
À l’inverse, rester en club, comme l’a fait Galthié à Montpellier à l’époque, permet de garder un ancrage local, un travail au jour le jour avec les joueurs et une continuité dans la construction d’un projet. Cette anecdote sur l’Angleterre et l’Argentine illustre ce type de dilemme auquel sont confrontés les entraîneurs de haut niveau, bien avant que le public n’en ait connaissance.
Quelles étaient exactement les offres reçues par Fabien Galthié ?
La Fédération anglaise de rugby lui proposait d'entraîner le XV de la Rose en binôme avec Nick Mallett, ancien sélectionneur de l'Afrique du Sud et de l'Italie. L'Argentine lui offrait le poste de manager général des Pumas pour la Coupe du monde 2015, un rôle au-dessus du staff technique avec responsabilité globale.
Pourquoi Fabien Galthié a-t-il refusé ces propositions ?
Il a explicitement déclaré vouloir continuer d'écrire son histoire à Montpellier. Son choix reposait sur la fidélité au projet lancé en club, le souhait de poursuivre un travail quotidien sur le terrain et l'idée que son parcours en Top 14 n'était pas terminé.
Pourquoi ces grandes nations s'intéressaient-elles à Galthié ?
Au début des années 2010, Galthié s'était imposé comme l'un des entraîneurs les plus en vue du championnat de France. Son expérience d'ancien demi de mêlée et capitaine des Bleus, combinée à sa maîtrise du haut niveau, en faisait un candidat attrayant pour une approche différente du jeu et une professionnalisation accélérée.
Dans quel livre Fabien Galthié révèle-t-il ces confidences ?
Ces révélations figurent dans son ouvrage « Retour intérieur », où il revient sur une période clé de sa carrière lorsqu'il entraînait Montpellier en Top 14.