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Les personnes qui détestent porter des vêtements chez elles partagent un même trait discret, selon la psychologie

Personne relaxée, assise sur un canapé dans son intérieur, vêtue légèrement ou partiellement, dans une ambiance détendue et confortable à la maison.

Aux États-Unis et au Royaume-Uni, plusieurs études montrent que rester nu chez soi n’est pas qu’une question de confort ou de chaleur.

Un article du média en ligne américain YourTango s’appuie sur des travaux de psychologues et quelques enquêtes récentes pour montrer que les adeptes du « tout nu à la maison » ont, en moyenne, un même profil de personnalité. À la clé, un trait discret, valorisé par la psychologie, et même relié à un niveau de QI plus élevé.

Le lien inattendu entre nudité à la maison et personnalité

Les chercheurs cités par YourTango partent d’un outil classique en psychologie : le modèle des « Big Five », ou les cinq grands traits de personnalité. Ce modèle, largement utilisé aux États-Unis comme en Europe, distingue :

  • l’agréabilité (tendance à être conciliant et chaleureux) ;
  • l’extraversion ;
  • le neuroticisme (tendance à l’anxiété et aux émotions négatives) ;
  • la conscienciosité (rigueur, organisation) ;
  • l’ouverture à l’expérience.

En 2017, les psychologues Lewis R. Goldberg et Benjamin P. Chapman ont mené une enquête auprès d’environ 1 000 personnes. Leur objectif : relier des centaines de comportements du quotidien à ces cinq grands traits. Parmi les comportements étudiés figuraient par exemple la fréquence des appels téléphoniques, les habitudes alimentaires… et le rapport au fait d’être nu chez soi.

En croisant les réponses, ils ont pu associer des comportements précis à certains profils psychologiques. Un exemple cité : les personnes ayant un faible niveau de neuroticisme déclaraient moins souvent chercher à perdre du poids. À l’inverse, les individus très « agréables » avaient plus tendance à chanter sous la douche.

Un trait-clé : l’ouverture à l’expérience, associée à un QI plus élevé

Le résultat le plus marquant de leurs travaux concerne l’« ouverture à l’expérience », un trait souvent perçu comme un atout. Les personnes élevées sur cette dimension se montrent curieuses, créatives, prêtes à tester de nouvelles activités et moins attachées aux conventions sociales strictes.

Les chercheurs ont identifié trois habitudes qui, lorsqu’elles vont ensemble, signalent un fort niveau d’ouverture à l’expérience : aimer la nourriture épicée, jurer facilement… et préférer rester nu chez soi.

Dans les données présentées par YourTango, ce même trait d’ouverture était aussi lié à un QI plus élevé. Les personnes ouvertes à l’expérience avaient, en moyenne, de meilleurs scores aux tests de quotient intellectuel utilisés dans les études.

Autrement dit, ceux qui aiment traîner nus à la maison, manger très épicé et lâcher quelques gros mots seraient, statistiquement, plus curieux intellectuellement et mieux armés pour s’adapter à des situations nouvelles.

Un comportement moins marginal qu’on ne le pense

Si l’on met de côté les clichés sur le naturisme, rester sans vêtements à la maison apparaîtrait finalement assez répandu dans les pays anglo-saxons. YourTango mentionne plusieurs données récentes.

  • Un sondage informel réalisé en 2020 par la plateforme CouponFollow, relayé par la chaîne locale américaine Denver7, indique que 29 % des 1 000 personnes interrogées auraient commencé à télétravailler nues chez elles pendant la pandémie.
  • Une enquête de 2018 auprès de 4 400 lectrices du magazine américain Women’s Health révèle que 48 % d’entre elles préfèrent se déplacer nues dans leur maison.

Sur les forums en ligne comme Reddit, certains utilisateurs vont dans le même sens, racontant s’habiller uniquement lorsqu’ils reçoivent quelqu’un ou sortent de chez eux. L’un d’eux explique ainsi que, dès qu’il rentre du travail, il enlève tous ses vêtements.

Ces témoignages et sondages suggèrent que le « tout nu chez soi » est loin d’être une pratique ultra-marginale, surtout depuis les confinements.

Nudistes déclarés : des Britanniques plus à l’aise qu’on ne le croit

L’article évoque également un travail mené au Royaume-Uni en 2022, centré non plus sur la nudité privée à la maison, mais sur le naturisme déclaré. Selon cette étude, environ 14 % de la population britannique se dirait nudiste, c’est-à-dire à l’aise pour être nue dans des espaces dédiés comme certaines plages ou certains clubs.

À cela s’ajoutent 21 % des personnes interrogées qui affirment avoir pratiqué le bain nu en extérieur (« skinny-dipping ») et en avoir gardé un bon souvenir. Pour un pays perçu comme assez réservé, ces chiffres traduisent un rapport au corps plus détendu qu’on ne le pense.

YourTango rappelle aussi que dans de nombreux pays européens, notamment en Europe continentale, les corps dénudés choquent moins. Sur certaines plages, le topless féminin est courant, sans provoquer de réactions particulières. L’expert en voyages américain Rick Steves est cité pour illustrer le décalage : il explique que son émission télévisée, qui montre simplement des statues nues, doit parfois être diffusée après 22 heures dans certaines villes américaines.

Que signifie exactement « ouverture à l’expérience » ?

Pour un lecteur français, ce trait peut sembler abstrait. Dans la grille des Big Five, l’ouverture à l’expérience renvoie à plusieurs dimensions :

  • curiosité intellectuelle, goût pour les idées nouvelles ;
  • sensibilité artistique, appréciation de la nouveauté ;
  • tolérance à l’ambiguïté et aux situations peu conventionnelles ;
  • tendance à remettre en question les normes établies ;
  • goût pour les expériences sensorielles fortes (nouvelles saveurs, voyages, cadres de vie différents).

Aimer être nu chez soi peut traduire une moindre importance accordée aux codes sociaux traditionnels et une plus grande liberté dans la manière d’habiter son corps.

Dans cette perspective, la préférence pour la nudité à la maison ne dépend pas tant de la confiance en son apparence que d’une attitude générale : accepter d’essayer des choses différentes, s’affranchir des habitudes, et tolérer une certaine prise de risque social… même si le « risque » est ici limité aux quatre murs de son logement.

Quelle situation en France sur le rapport à la nudité ?

Les études mentionnées par YourTango portent sur les États-Unis et le Royaume-Uni, mais les grandes recherches sur les Big Five sont internationales. Les psychologues français utilisent eux aussi ce modèle, et l’« ouverture à l’expérience » y est décrite de la même manière.

Concernant la nudité, la France dispose d’un mouvement naturiste structuré, avec des associations, des campings et des plages autorisées. Des enquêtes d’opinion françaises ont déjà montré qu’une part non négligeable de la population s’est déjà baignée nue dans un cadre privé ou semi-privé, ou serait prête à le faire, même si les pourcentages précis varient selon les sources et les méthodes de sondage.

Le principe reste proche de ce qui est décrit au Royaume-Uni : être naturiste ou, plus simplement, apprécier de vivre nu dans certains contextes traduit souvent un rapport plus détendu au corps et aux conventions vestimentaires. Les psychologues français qui travaillent avec le modèle des Big Five retrouvent eux aussi ce lien entre ouverture à l’expérience, curiosité, créativité et tolérance à des modes de vie moins normés.

En revanche, comme le souligne YourTango pour les pays anglo-saxons, un cadre légal et social existe : la nudité est tolérée dans certains espaces, mais encadrée ailleurs. En France, l’exposition volontaire de la nudité dans l’espace public hors zones prévues peut être poursuivie pour « exhibition sexuelle ». Le fait de rester nu chez soi, sans se montrer à l’extérieur, relève en revanche de la sphère privée.

Des effets possibles sur l’estime de soi et le bien-être

Si l’article de YourTango se concentre sur la personnalité et le QI, plusieurs travaux internationaux sur la nudité et l’image corporelle suggèrent un autre bénéfice potentiel : un meilleur rapport à son corps. Des études menées notamment au Royaume-Uni ont mis en évidence que les personnes qui pratiquent la nudité dans des contextes choisis (plages naturistes, spas, ou tout simplement chez elles) rapportent parfois une plus grande satisfaction corporelle.

L’idée avancée par certains psychologues est qu’en se voyant et en voyant les autres sans artifices, en dehors des images retouchées ou très codifiées, l’individu s’habitue davantage à la diversité des corps réels. Cela pourrait atténuer une partie de la pression esthétique, même si ce lien n’est pas systématique et dépend beaucoup du contexte culturel et personnel.

Pour certains, enlever ses vêtements serait aussi une façon d’enlever une partie du regard social, et de vivre quelques heures par jour avec un peu moins de jugement sur soi-même.

Faut-il se mettre nu chez soi pour « booster » sa personnalité ?

YourTango adopte un ton léger, presque humoristique, en parlant de « superpouvoir » pour décrire ce trait discret partagé par les adeptes du « tout nu à la maison ». L’article rappelle tout de même que les chiffres cités restent limités : certains sondages sont informels, les échantillons modestes, et de nombreuses personnes n’osent peut-être pas répondre franchement.

Les chercheurs ne disent pas non plus que se mettre nu fait monter le QI. L’interprétation va dans l’autre sens : les personnes naturellement plus ouvertes à l’expérience, et en moyenne plus à l’aise intellectuellement avec la nouveauté, ont davantage tendance à adopter ce type de comportement, comme manger relevé ou jurer plus spontanément.

Pour un lecteur français, cette littérature rappelle surtout que des gestes apparemment anodins à la maison – retirer ses vêtements, cuisiner très épicé, assumer un langage familier – peuvent être les indices d’une personnalité plus curieuse, plus souple, moins attachée aux normes. Libre à chacun de tester ou non, dans l’intimité de son logement, si ce mode de vie lui convient.

Questions fréquentes

Quel est le lien entre nudité à la maison et quotient intellectuel ?

Selon l'étude de Goldberg et Chapman, la préférence pour la nudité domestique est associée au trait d'« ouverture à l'expérience », qui lui-même corrèle avec des scores de QI plus élevés. Ce trait reflète la curiosité intellectuelle et l'ouverture aux expériences nouvelles.

Que signifie exactement « ouverture à l'expérience » ?

C'est un trait du modèle Big Five qui englobe la curiosité intellectuelle, la sensibilité artistique, la tolérance à l'ambiguïté, la tendance à remettre en question les normes établies et l'appréciation des expériences sensorielles fortes. Les personnes qui en sont dotées aiment essayer de nouvelles choses et s'affranchir des conventions.

Combien de personnes pratiquent réellement la nudité à domicile ?

Selon les études citées, 48 % des lectrices d'un magazine américain préfèrent rester nues chez elles, et 29 % des télétravailleurs ont commencé à le faire pendant la pandémie. Un sondage britannique de 2022 indique que 14 % de la population se dit naturiste déclarée.

Ces résultats s'appliquent-ils aussi à la France ?

Les recherches citées portent sur les États-Unis et le Royaume-Uni, mais le modèle Big Five est utilisé internationalement par les psychologues français de manière identique. La France dispose d'un mouvement naturiste structuré, bien que des chiffres précis sur la nudité domestique varient selon les sources.

La confiance en son apparence physique est-elle le facteur principal ?

Non, selon l'article, la préférence pour la nudité à la maison dépend surtout d'une attitude générale d'acceptation des différences et de tolérance aux risques sociaux, plutôt que de la confiance en son apparence physique ou de simples questions de confort thermique.

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