RacingZone

Retraité français installé en Algarve, Serge fait ses comptes : « On économise 3 600 euros »

Retraité français installé en Algarve, Serge fait ses comptes : "On économise 3 600 euros"

Devant lui, un cahier à spirale, quelques relevés bancaires français, et un café serré qui refroidit trop vite. Le vent de l’Atlantique soulève les coins des papiers, un peu comme si le Portugal voulait lui rappeler qu’ici, on vit plus léger. Il relève la tête, regarde la mer, puis souffle en souriant : « On économise 3 600 euros par an, tu te rends compte ? »

À 68 ans, ce retraité venu de la région lyonnaise n’a rien d’un aventurier. Plutôt le genre à garder ses tickets de caisse pendant des années. Pourtant, le voilà à refaire ses comptes au bord de l’eau, à comparer ligne par ligne sa vie d’avant et sa vie d’ici. Derrière les chiffres, il y a une question qui trotte dans la tête de beaucoup de futurs retraités français : *et si le vrai confort, c’était ailleurs ?*

“J’ai pris ma calculette, et le choc a été immédiat”

Quand Serge raconte son installation en Algarve, il commence toujours par la même scène : son premier plein de courses au supermarché local. Il se souvient très bien du ticket final, posé sur le tapis de sa petite cuisine portugaise. Les mêmes produits qu’en France, les mêmes habitudes, sauf la ligne totale en bas du reçu. « J’ai cru qu’ils avaient oublié quelque chose, c’était 30 % de moins », lâche-t-il. Nous connaissons tous ce moment où l’on refait le calcul trois fois, persuadé d’avoir mal lu.

Le déclic est venu quelques semaines plus tard, quand il a pris le temps de tout lister. Loyer, charges, courses, sorties, santé, voiture. Sur son cahier, deux colonnes : « France » à gauche, « Algarve » à droite. À la fin, la différence tombe : 300 euros d’écart chaque mois, à dépenses comparables. Soit **3 600 euros économisés sur l’année**, rien qu’en changeant de décor. Soyons honnêtes : personne ne fait vraiment cela tous les jours, mais ce jour-là, Serge a compris qu’il n’était pas juste parti chercher le soleil.

En regardant ses chiffres, il voit clairement où l’argent s’échappe moins vite. Le logement d’abord : son T2 avec balcon lui coûte presque deux fois moins cher que son ancien appartement en périphérie lyonnaise. Viennent ensuite les frais du quotidien : électricité, restaurants, petites réparations. Rien de “gratuit”, mais une pression financière qui se détend. Pour lui, la vraie différence ne se résume pas à une addition : c’est la sensation étrange de ne plus compter chaque sortie, chaque café en terrasse. Une forme d’apaisement budgétaire qui change tout dans la tête.

Comment Serge a structuré ses dépenses pour “vivre mieux avec pareil”

Le premier réflexe de Serge, une fois installé, a été de se fixer un budget mensuel comme s’il était encore en France. Même pension, mêmes montants alloués aux postes principaux, sans profiter tout de suite du “rabais portugais”. Il a gardé cette méthode pendant six mois, carnet ouvert sur la table du salon. À chaque fin de mois, la même surprise : un petit excédent. Au lieu d’augmenter son niveau de vie trop vite, il a choisi de mettre de côté cette différence. « Je voulais voir si la tendance tenait sur l’année », raconte-t-il.

Un exemple concret : la voiture. En France, il roulait peu mais payait cher son assurance, son contrôle technique, son parking. En Algarve, il a commencé par tout faire à pied, puis en bus. Le climat aide. Au bout de huit mois, il a réalisé qu’il n’avait plus vraiment besoin de véhicule à plein temps. Il a renoncé à racheter une voiture, mis bout à bout les économies liées à l’assurance, au carburant et à l’entretien. À l’année, cela pèse lourd dans son fameux différentiel de 3 600 euros. Là encore, la décision est née d’un constat simple mis noir sur blanc.

Derrière sa méthode de comptable amateur, il y a une logique presque tranquille : Serge n’a pas cherché à devenir quelqu’un d’autre, juste à faire un “copier-coller” de sa vie d’avant pour voir ce qui changeait vraiment. Same player, new game. Sa pension n’a pas bougé, ses habitudes non plus, mais le cadre fait le reste. Il sait très bien que tout n’est pas moins cher, que certains soins de santé ou produits importés peuvent surprendre. Il a aussi compris que l’illusion du “tout est bradé” peut coûter cher si l’on ne suit plus rien. Sa vraie victoire, dit-il, c’est de pouvoir dire : « Je vis pareil, mais je finis le mois plus serein. »

Préparer son budget avant le départ : les leçons d’un retraité méticuleux

Quand on lui demande ce qu’il referait exactement, Serge répond sans hésiter : « J’aurais commencé les simulations un an avant ». Son conseil tient en une action simple, un peu rébarbative, mais terriblement efficace : prendre trois mois de dépenses françaises réelles et les détailler poste par poste. Pas un budget théorique, pas une estimation à la louche, juste la vraie vie. Loyer, essence, pharmacie, cadeaux aux petits-enfants, assurances, tout. Ensuite, comparer avec ce que proposent les sites locaux au Portugal : loyers constatés, coûts moyens, mutuelle, tarif de l’électricité.

Il conseille aussi de ne pas trop se fier aux moyennes lues sur les forums. « Moi, je voulais savoir combien coûtaient *mes* habitudes, pas la vie de quelqu’un d’autre », insiste-t-il. Un verre de vin en terrasse plusieurs fois par semaine, un repas au restaurant tous les quinze jours, quelques allers-retours en France chaque année : chacun a son style. Ce travail préparatoire n’a rien de glamour, mais il évite les désillusions une fois sur place. Là encore, soyons honnêtes : très peu de futurs expatriés retraités prennent vraiment le temps de le faire jusqu’au bout. Ceux qui s’y collent tombent souvent de leur chaise en voyant où part leur argent… ou ce qu’ils peuvent réellement se permettre.

Une erreur fréquente que Serge voit chez d’autres retraités rencontrés en Algarve, c’est de croire qu’ils pourront “rattraper” leurs finances grâce aux économies sur place, sans avoir clarifié leur situation de départ. Certains arrivent déjà à l’os, espérant que le simple fait de changer de pays résoudra tout. « Le décor est magnifique, mais la banque reste la banque », sourit-il. Le coût de la santé, les assurances, les impôts, tout cela mérite un vrai coup d’œil en amont. Il raconte avoir vu des couples repartir au bout de deux ans, surpris par des dépenses qu’ils n’avaient jamais anticipées.

Pour éviter les mauvaises surprises, il recommande d’anticiper large. Prévoir une marge pour les imprévus, les allers-retours d’urgence, ou un séjour médical prolongé en France. C’est moins excitant que de feuilleter les photos de plages au coucher du soleil, mais ça fait partie du deal. Il le dit sans jugement, avec la petite voix de ceux qui ont connu les fins de mois où l’on regarde son solde bancaire le 25 en respirant un peu plus vite. L’expatriation ne gomme pas ce stress si on arrive déjà trop serré, elle peut même l’accentuer.

« Les 3 600 euros économisés, ce n’est pas un jackpot tombé du ciel. C’est juste la somme de petites différences qui, mises bout à bout, changent mon quotidien », répète souvent Serge.

Quand il détaille ce qui fait réellement la différence, il cite trois leviers qu’il regarde de très près :

  • Le logement : surface, quartier, charges de copropriété, chauffage quasi inexistant en hiver, climatisation à gérer l’été.
  • Le rythme de consommation : moins de déplacements en voiture, plus de marche, plus de produits locaux et de marchés.
  • La santé : choix entre système local, mutuelle internationale ou retours ponctuels en France pour certains soins.

Il insiste aussi sur un point que beaucoup oublient : le mental. Vivre dans un endroit où l’on se sent moins pressé par l’argent change la façon d’acheter, de sortir, de profiter. **La plus grosse économie, c’est parfois celle qu’on fait sur l’angoisse permanente de “trop dépenser”**. Quand cette petite voix intérieure baisse le ton, tout le reste paraît légèrement plus supportable.

Au-delà des chiffres : ce que 3 600 euros représentent vraiment

À la fin de notre conversation, Serge referme son cahier avec un geste presque cérémoniel. Les 3 600 euros annuels, pour lui, ce ne sont pas juste des colonnes bien tenues. C’est un voyage par an pour faire venir ses petits-enfants, quelques imprévus moins angoissants, et cette sensation étrange de respirer un peu plus large. Il ne vit pas dans un luxe insolent, il n’empile pas les restaurants chics. Il s’offre simplement le droit de ne plus tourner en boucle sur la même question : « Est-ce que j’ai encore le budget pour ça ? »

Il sait aussi que tout le monde ne fera pas la même expérience que lui. Certains trouveront l’expatriation trop compliquée, trop loin de leurs repères. D’autres se heurteront au choc culturel, à la distance avec la famille, à la barrière de langue. *Tout le monde n’est pas fait pour repartir de zéro à 65 ans, même au soleil.* Mais son histoire pose une question sourde que beaucoup n’osent pas formuler : combien vaut, en euros très concrets, le fait de se sentir un peu moins coincé financièrement à la retraite ?

Peut-être que la vraie portée de ces 3 600 euros se situe là. Dans ce mélange de chiffres rigoureux et de sensations diffuses. Le café du matin en terrasse qui ne déclenche plus de culpabilité. La note de restaurant qui n’est plus un sujet de dispute. Le billet d’avion pour la France acheté sans avoir à fouiller dans les livrets d’épargne. Derrière chaque départ vers l’Algarve, il y a des calculs, oui, mais aussi un pari intime : celui de croire qu’un autre équilibre est possible. Chacun reste libre de faire, ou non, ce pari-là.

Point essentiel Détail Valeur ajoutée pour le lecteur
Comparer sa vie réelle, pas une moyenne Partir de trois mois de dépenses en France et les transposer poste par poste au Portugal Avoir une vision concrète de son potentiel d’économie avant de tout changer
Garder son niveau de vie au départ Maintenir le même budget qu’en France durant les premiers mois et observer la différence Éviter les illusions et mesurer des économies réelles, comme celles de Serge : 3 600 € par an
Anticiper les coûts cachés Prendre en compte santé, allers-retours en France, assurances, imprévus Sécuriser son projet d’expatriation et réduire le risque de retour contraint

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Défiler vers le haut