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Il parcourt près de 80 000 km en Ferrari Purosangue avec son chien : de l’Amérique du Sud à l’Alaska, et un record en ligne de mire

Il parcourt près de 80 000 km en Ferrari Purosangue avec son chien : de l'Amérique du Sud à l'Alaska, et un record en ligne de mire

À bord de sa Ferrari Purosangue de 715 ch, un conducteur traverse 16 pays des Amériques avec son chien, en visant un record mondial.

Depuis l’Amérique du Sud jusqu’à l’Alaska, le créateur de contenus automobile connu sous le nom d’Em Jay maltraite joyeusement les codes du propriétaire de supercar. Comme le rapporte le site spécialisé Motor1, il use sa Ferrari Purosangue sur des pistes, dans la neige et sur des milliers de kilomètres de bitume, enchaînant les tentatives de record sur la route panaméricaine avec son chien Rico installé à bord.

Une Ferrari Purosangue transformée en voiture d’expédition

La Ferrari Purosangue d’Em Jay affiche déjà près de 80 000 km au compteur, soit environ 49 700 miles, un kilométrage que peu de propriétaires de ce modèle imaginent parcourir. Sous le capot, le V12 atmosphérique de 715 ch est théoriquement fait pour les cols alpins et les circuits privés, pas pour les pistes poussiéreuses d’Amérique latine.

Avec près de 80 000 km parcourus entre Montevideo et le cercle polaire arctique, ce Purosangue s’éloigne totalement de la vie de garage habituelle des Ferrari.

Le constructeur lui-même présente le Purosangue comme un « Ferrari Utility Vehicle », une interprétation maison de l’idée de SUV, même si sa silhouette basse s’éloigne des 4×4 familiaux classiques. Là où la plupart des acheteurs se contentent de quelques sorties dominicales, Em Jay multiplie les tronçons de plusieurs milliers de kilomètres.

Sur la route, ce choix a un coût. Enchaîner près de 50 000 miles avec un V12 très gourmand entraîne des factures de carburant et d’entretien spectaculaires. Pourtant, ces considérations n’ont pas freiné le voyageur, qui a fait de son Purosangue un véritable outil d’aventure longue distance.

Du Montevideo à l’Arctique : un parcours hors norme

À travers ses publications sur Instagram, Em Jay raconte un périple qui traverse 16 pays, des plaines d’Uruguay jusqu’aux confins glacés de l’Alaska. L’une des vidéos publiées en juillet compile les images de cette odyssée, baptisée « grand tour ».

« De Montevideo à Deadhorse, ce n’était pas seulement un trajet à travers les Amériques. C’était un voyage à travers déserts, montagnes, jungles, salines, neige, des personnes inoubliables et d’innombrables défis », écrit-il en légende.

Deadhorse est un hameau isolé au nord de l’Alaska, près de l’océan Arctique, accessible par une route réputée exigeante. Em Jay y a déjà posé les roues d’une autre Ferrari, un coupé Roma, il y a quatre ans. Cette fois, c’est un SUV sportif bien plus volumineux qui s’y est aventuré, toujours avec Rico à bord.

Un post relayé par le compte CART Department sur Instagram résume cette transformation de la voiture de luxe en machine d’expédition :

« À travers la terre, la neige et des milliers de kilomètres de bitume, le Purosangue est devenu une voiture d’expédition longue distance, Rico à ses côtés tout au long du parcours », souligne le message.

Un premier accident, puis un long trajet réussi jusqu’à l’Alaska

Tout n’a pas été simple. Selon Motor1, la toute première tentative de trajet entre l’Amérique du Sud et l’Alaska s’est achevée par un accident. La Ferrari a alors été envoyée chez Ferrari à Santiago du Chili pour réparation. L’épisode illustre la fragilité de ce type de véhicule face aux pièges des routes éloignées des grands centres urbains.

Après ce revers, Em Jay retente l’aventure. La deuxième tentative aboutit, cette fois-ci jusqu’en Alaska, prouvant que la voiture peut encaisser un usage intensif sur des routes souvent jugées incompatibles avec une supercar.

Un record panaméricain dans le viseur

Au-delà des kilomètres accumulés, l’objectif d’Em Jay reste un record mondial sur la mythique route panaméricaine. Cette axe routier relie l’extrême sud de l’Amérique à l’extrême nord, pour une distance de près de 22 900 km, soit environ 14 229 miles.

Le défi affiché : parcourir près de 23 000 km en 10 jours avec deux autres conducteurs, en suivant l’axe panaméricain du sud du continent jusqu’au nord de l’Alaska.

La dernière tentative en date tourne court. Au bout de deux jours seulement, un tronçon fermé bloque l’itinéraire prévu. Sans possibilité de détour compatible avec le temps visé, le trio renonce et met fin à l’essai de record. Les contraintes de frontières, de météo et de fermetures temporaires pèsent lourd sur ce type de défi chronométré.

Malgré cet échec, Em Jay affiche sa volonté de retenter l’aventure. Il entend compléter ce qu’il présente comme le « record run » qu’il s’était initialement fixé sur la route panaméricaine.

Un usage de supercar à contre-courant des habitudes

Ce kilométrage et ce projet de record tranchent fortement avec l’attitude habituelle des propriétaires de supercars. Motor1 rappelle que nombre d’acheteurs de modèles très haut de gamme roulent peu, surtout pour préserver la valeur de revente de leur voiture. L’idée de dépasser les 50 000 miles reste rarissime pour une Ferrari récente.

  • Beaucoup de propriétaires limitent l’usage à quelques milliers de kilomètres par an.
  • La décote et l’usure mécanique font partie de leurs principales craintes.
  • Les routes dégradées, la neige ou les pistes sont souvent évitées.
  • Les frais d’entretien, déjà élevés, augmentent fortement avec le kilométrage.

Ici, la logique est inversée : le Purosangue est un outil de voyage, pas un objet de collection statique. L’auto passe au contraire une grande partie de sa vie sur la route, au risque assumé de casser, de se rayer ou de perdre de la valeur marchande.

Ce que changerait un tel périple avec une supercar en France

Un lecteur français peut difficilement reproduire ce schéma à l’identique, faute de continent à traverser, mais certaines problématiques seraient similaires. En France, une Ferrari ou tout autre supercar affiche également des coûts d’utilisation très élevés, en particulier en carburant, en entretien et en assurance.

Sur le plan réglementaire, un voyageur français qui souhaiterait traverser l’Europe en véhicule de sport devrait jongler avec :

  • les limitations de vitesse et radars automatiques dans chaque pays traversé ;
  • les règles de pollution et de vignettes environnementales (zones à faibles émissions, Crit’Air en France, dispositifs locaux dans les autres pays européens) ;
  • les règles d’assurance, avec l’obligation d’être bien couvert à l’international ;
  • les contraintes de pneus hiver ou équipements spéciaux dans certaines zones de montagne.

La traversée de plusieurs pays européens en supercar se heurte moins à la question des fermetures de routes longues distances, comme sur la panaméricaine, qu’à un maillage dense de contrôles de vitesse et de limitations strictes. Un record de type « continent nord-sud » serait donc soumis à une pression réglementaire différente de celle rencontrée entre l’Amérique du Sud et l’Alaska.

Les défis techniques d’un V12 sur longues distances

Engager un V12 atmosphérique sur près de 80 000 km de routes parfois dégradées pose plusieurs défis très concrets. Ce type de mécanique, très pointue, exige un entretien rigoureux et des pièces parfois difficiles à trouver hors des grands centres urbains d’Amérique du Nord ou d’Europe.

Plus la voiture s’éloigne des grandes villes, plus la moindre panne peut immobiliser le voyageur durant plusieurs jours, voire semaines, en attendant des pièces spécifiques Ferrari.

Les routes de montagne, les pistes poussiéreuses et les salines soumettent aussi les trains roulants, la suspension et le dessous de caisse à des contraintes proches de celles du rallye-raid, alors que le Purosangue reste avant tout conçu comme un SUV routier très performant.

Aspect Usage habituel d’une Ferrari Usage par Em Jay
Kilométrage Faible, sorties occasionnelles Près de 80 000 km déjà parcourus
Type de routes Routes propres, circuits, autoroutes Déserts, jungles, salines, neige, pistes
Objectif principal Préservation et valorisation à la revente Aventure, record panaméricain, contenu vidéo

Un projet d’aventure qui séduit les passionnés d’auto

Le récit partagé par Motor1 et les comptes Instagram d’Em Jay et de CART Department touche un point sensible chez de nombreux passionnés de voitures : l’idée que ces machines, conçues à l’origine pour être conduites, vivent parfois une existence quasi immobile. Ici, la Ferrari est utilisée à plein, quitte à s’exposer aux imprévus.

Ce type de projet illustre aussi la montée en puissance d’un nouveau profil d’utilisateur : le créateur de contenus. La voiture devient à la fois moyen de transport, sujet principal de la chaîne, décor pour les vidéos et support d’une narration de voyage. L’usure mécanique se convertit en audience potentielle.

Pour un propriétaire français qui envisagerait de s’inspirer d’une telle aventure, deux points méritent attention. D’abord, l’organisation logistique : carnet d’entretien à jour, réseau de garages spécialisés identifiés en amont, assurance adaptée aux longs trajets internationaux. Ensuite, l’acceptation du risque : un tel périple suppose d’accepter la décote accélérée, l’éventualité d’un accident et des temps d’immobilisation parfois longs pour une voiture très spécifique.

À l’inverse, un long voyage en voiture de sport ou SUV de prestige peut offrir une autre forme de rendement, non financier : la possibilité d’utiliser réellement la machine pour ce qu’elle sait faire, accumuler les kilomètres et les souvenirs, plutôt que de rester enfermée dans un garage climatisé.

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