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Une collerette colorée autour du cou du chat : selon une nouvelle étude, il tue 37 % d’oiseaux en moins

Une collerette colorée autour du cou du chat : selon une nouvelle étude, il tue 37 % d'oiseaux en moins

En Suisse, des chercheurs testent un accessoire étonnant pour limiter les ravages des chats sur les oiseaux et petits mammifères.

Selon une étude suisse rapportée par le média en ligne 20 Minuten, une simple collerette de couleur vive autour du cou d’un chat modifie nettement son efficacité de chasseur, au bénéfice de la faune sauvage locale, déjà fragilisée.

Des millions de proies chaque année en Suisse

Les chats domestiques figurent parmi les principaux prédateurs des oiseaux et de nombreux petits animaux sauvages. En Suisse, on estime à environ 1,7 million le nombre de chats présents dans les foyers. D’après les projections évoquées par 20 Minuten, ces félins tuent chaque année des millions de proies, dont des centaines de milliers d’oiseaux.

La scène est familière à beaucoup de propriétaires : le chat rentre fièrement avec un oiseau, un petit rongeur ou un reptile entre les dents. Ce comportement s’explique par l’instinct de prédation du chat, même bien nourri. Pour l’animal, rapporter une proie est un succès, rarement perçu comme un problème par son entourage.

Pour la faune sauvage, la réalité est moins anodine. La mortalité supplémentaire liée aux chats se cumule à la disparition des habitats, aux pesticides ou encore aux collisions avec les voitures. La question devient donc de savoir comment limiter les dégâts, sans priver les chats d’accès à l’extérieur ni porter atteinte à leur bien-être.

Une étude suisse sur un accessoire mis au point aux États‑Unis

Pour tenter d’agir sur ce problème, une collerette colorée a d’abord été développée aux États‑Unis. Des biologistes suisses ont voulu mesurer précisément son efficacité dans les conditions locales. La recherche a été menée par Swild, une communauté indépendante de recherche et de conseil composée de biologistes, en collaboration avec la Station ornithologique suisse de Sempach.

La responsable de l’étude, la biologiste Madeleine Geiger, explique que le but était double : évaluer l’impact de ces accessoires sur les proies des chats, et vérifier si ces dispositifs restaient acceptables à la fois pour les animaux et pour leurs propriétaires.

Les chercheurs ont testé deux dispositifs : une collerette très colorée et un petit grelot fixé sur le collier, seuls ou combinés, pour mesurer l’impact sur les proies rapportées au domicile.

L’étude s’est appuyée sur la participation de volontaires, des propriétaires qui ont accepté de faire porter ces accessoires à leurs chats et de consigner précisément les proies rapportées pendant la durée de l’expérience.

37 % d’oiseaux en moins grâce à une simple collerette

Les résultats mis en avant par Swild et la Station ornithologique de Sempach sont jugés encourageants. D’après Madeleine Geiger, les chats équipés de la collerette colorée ont rapporté 37 % d’oiseaux en moins à la maison.

Ce chiffre ne signifie pas que les chats renoncent totalement à la chasse, mais que de nombreux oiseaux parviennent à détecter plus tôt la présence du prédateur et à s’enfuir. Les chercheurs soulignent que les oiseaux voient particulièrement bien les couleurs. La collerette très voyante réduit donc l’effet de surprise du chat, qui repose souvent sur la discrétion et la furtivité.

Pour les petits mammifères, le mécanisme est différent. Les rongeurs et autres petits animaux sauvages réagissent avant tout aux sons. C’est là qu’intervient le grelot, fixé au collier.

Lorsque les chats portaient à la fois la collerette colorée et un grelot, ils rapportaient environ 60 % de petits mammifères en moins.

Les mammifères entendent le tintement du grelot et sont alertés avant que le chat ne soit suffisamment proche pour bondir. Le duo collerette + grelot agit donc sur deux sens distincts, la vue chez les oiseaux et l’ouïe chez les mammifères.

Accessoires acceptés par la majorité des propriétaires

Les biologistes n’ont pas uniquement mesuré l’effet de ces accessoires sur les proies. Ils se sont aussi intéressés à la tolérance des chats et à l’acceptation par leurs maîtres. Pour qu’une mesure soit réellement utile à grande échelle, elle doit s’intégrer facilement au quotidien.

Selon Madeleine Geiger, les résultats sont plutôt rassurants : les collerettes et grelots testés ont été jugés compatibles avec le bien-être des animaux. À l’issue de l’étude, 72 % des participants ont indiqué vouloir continuer à utiliser la collerette.

La collerette se compose de deux éléments : un collier, et une pièce en tissu coloré enfilée autour de ce collier et placée ensuite au cou du chat. Les chercheurs recommandent l’usage d’un collier muni d’un système de sécurité, dit « à ouverture rapide ».

Le collier de sécurité se détache si le chat se coince, par exemple à une branche ou à un grillage, afin d’éviter tout risque d’étranglement.

Certains modèles permettent d’ajuster ce système en fonction du poids du chat, pour que le collier se libère au bon moment. L’objectif est de réduire la prédation, sans exposer les animaux à des dangers supplémentaires.

Une deuxième étude sur l’alimentation et le jeu

Swild et la Station ornithologique de Sempach ne comptent pas s’arrêter aux colliers et collerettes. Une deuxième phase de recherche doit démarrer prochainement en Suisse, toujours avec des propriétaires volontaires.

Cette fois, les scientifiques veulent déterminer si deux facteurs influencent aussi le comportement de chasse :

  • une alimentation plus riche en protéines ;
  • des séances de jeu plus fréquentes avec le chat.

L’hypothèse est que des besoins mieux comblés par la nourriture et par l’activité physique et mentale pourraient réduire l’envie de chasser, ou au moins la fréquence des sorties de prédation réussies.

Pour participer, les propriétaires doivent avoir un chat qui ramène au moins une proie par semaine. L’expérience dure six semaines. Les volontaires doivent consacrer du temps au jeu avec leur animal et remplir des questionnaires et des protocoles de suivi mis à disposition par les chercheurs. Le matériel nécessaire est fourni.

Ce que cela implique pour les défenseurs de la faune

Pour les organisations de protection de la nature, ces résultats apportent un outil supplémentaire. Une mesure simple, peu coûteuse et plutôt bien tolérée peut, à l’échelle d’un pays, épargner chaque année des centaines de milliers d’animaux sauvages si elle est adoptée massivement.

Les auteurs de l’étude rappellent toutefois que la collerette et le grelot ne remplacent pas d’autres mesures, comme la gestion des horaires de sortie des chats, notamment pendant la saison de reproduction des oiseaux. Ces dispositifs constituent une solution complémentaire, facile à mettre en place.

En Suisse, les propriétaires inquiets pour un animal en détresse – sauvage ou domestique – disposent en parallèle d’un réseau d’acteurs dédiés : pompiers, police, services de secours pour animaux, fondations spécialisées dans le droit des animaux et, pour les oiseaux, la Station ornithologique de Sempach qui répond aux questions sur les oiseaux sauvages.

Quelles pistes pour les propriétaires de chats en France ?

Le problème posé par la prédation des chats sur la faune se pose aussi en France. Le pays compte plusieurs millions de chats domestiques, et les associations naturalistes alertent régulièrement sur l’impact cumulé de ces animaux sur les oiseaux et les petits mammifères, en particulier en zone périurbaine et rurale.

La législation française n’interdit pas aux chats sortant librement de chasser des espèces sauvages communes. En revanche, des règles existent pour protéger les espèces protégées et leurs habitats. Les agences régionales de la biodiversité, les parcs naturels régionaux ou encore l’Office français de la biodiversité communiquent régulièrement sur les bonnes pratiques pour limiter les dérangements et la mortalité liée aux activités humaines, y compris les animaux de compagnie.

Pour un propriétaire français, adopter des collerettes colorées et des grelots similaires à ceux testés en Suisse constitue une mesure volontaire, qui peut réduire l’impact de son chat sur la faune sans le priver de sorties.

Les associations de protection des animaux en France, comme la SPA ou les refuges locaux, insistent par ailleurs sur l’intérêt de la stérilisation, qui limite le nombre de chats errants, souvent plus actifs à la chasse et moins suivis. Des campagnes locales rappellent aussi l’intérêt de garder les chats à l’intérieur la nuit ou tôt le matin, périodes durant lesquelles beaucoup d’oiseaux se nourrissent au sol.

Comment utiliser concrètement collerette et grelot

Pour un propriétaire qui souhaiterait s’inspirer de l’étude suisse, quelques principes pratiques ressortent des travaux de Swild et de la Station ornithologique de Sempach :

  • Choisir un collier muni d’un système de sécurité à ouverture rapide.
  • Ajouter une collerette très colorée, bien visible dans la végétation.
  • Fixer un grelot si le chat supporte le bruit, en surveillant sa réaction au début.
  • Observer les premières sorties du chat pour vérifier qu’il ne s’accroche pas et qu’il se déplace normalement.
  • Contrôler régulièrement l’état du collier et de la collerette, et ajuster la taille si nécessaire.
  • Pour mieux visualiser l’effet mesuré par l’étude suisse, voici un récapitulatif simplifié :

    Configuration du chat Impact observé
    Sans accessoire Référence, aucun frein spécifique à la chasse
    Collerette colorée seule Environ 37 % d’oiseaux en moins rapportés au domicile
    Collerette colorée + grelot Environ 60 % de petits mammifères en moins rapportés

    Ce type de dispositif ne transforme pas un chat chasseur en chat sédentaire, mais il augmente les chances de survie de nombreuses proies qui auraient autrement fini entre ses griffes. Pour les propriétaires sensibles à la protection de la nature, cette solution représente un compromis concret entre le bien-être de leur animal et la préservation de la biodiversité de proximité.

    Questions fréquentes

    Comment fonctionne la collerette colorée pour protéger les oiseaux ?

    La collerette très voyante réduit l'effet de surprise du chat en permettant aux oiseaux, qui voient particulièrement bien les couleurs, de détecter plus tôt la présence du prédateur et de s'enfuir.

    Quel est l'effet du grelot sur les petits mammifères ?

    Le grelot alerte les rongeurs et petits animaux sauvages qui réagissent surtout aux sons, en les avertissant avant que le chat ne soit assez proche pour bondir. L'association collerette et grelot réduit de 60 % les petits mammifères rapportés.

    La collerette et le grelot peuvent-ils être dangereux pour le chat ?

    L'étude recommande l'usage d'un collier de sécurité à ouverture rapide qui se détache si le chat se coince, afin d'éviter tout risque d'étranglement. Les dispositifs testés ont été jugés compatibles avec le bien-être animal.

    Combien de chats domestiques y a-t-il en Suisse ?

    On estime à environ 1,7 million le nombre de chats présents dans les foyers suisses, qui tuent chaque année des millions de proies, dont des centaines de milliers d'oiseaux.

    Y a-t-il d'autres solutions envisagées pour réduire la prédation ?

    Une deuxième phase de recherche examinera si une alimentation plus riche en protéines et des séances de jeu plus fréquentes pourraient réduire l'envie de chasser. La gestion des horaires de sortie, notamment pendant la reproduction des oiseaux, reste aussi recommandée.

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