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À 91 ans, il devient le plus vieux randonneur à boucler les 3 500 km du sentier des Appalaches

À 91 ans, il devient le plus vieux randonneur à boucler les 3 500 km du sentier des Appalaches

À 91 ans, un Américain vient de signer un exploit hors norme sur le sentier des Appalaches, ce mythique parcours de randonnée de 3 500 km traversant l’est des États-Unis.

Aux États-Unis, le randonneur Dale « Greybeard » Sanders vient de décrocher un record qui fascine les amateurs de marche du monde entier, rapporte le média américain People. À 91 ans, il a terminé l’intégralité de l’Appalachian Trail, ce long ruban de sentier qui court de la Géorgie au Maine, et devient ainsi le plus vieux randonneur connu à l’avoir parcouru en entier.

Un record mondial pour un nonagénaire du Tennessee

Dale Sanders, surnommé « Greybeard » (« barbe grise »), vit dans le Tennessee. À 91 ans, il est officiellement devenu le doyen des randonneurs à avoir bouclé l’Appalachian Trail, un itinéraire d’environ 3 500 km qui traverse 14 États américains.

Ce record n’est pas un coup d’essai. Sanders détenait déjà cette marque à 82 ans, avant d’être dépassé par un autre marcheur de légende, MJ « Nimblewill Nomad » Eberhart, qui avait achevé le même sentier à 83 ans. Piqué au défi, le nonagénaire a décidé de repartir à l’assaut de cette traversée réputée exigeante afin de récupérer son titre.

À 91 ans, Dale « Greybeard » Sanders est devenu le plus ancien randonneur connu à achever l’intégralité du sentier des Appalaches, après environ un an d’effort.

Selon People, Sanders a mis un an au total pour venir à bout du parcours. Un délai qui reflète non seulement la longueur du sentier, mais aussi les contraintes liées à son âge et à sa vie de famille.

« On ne peut pas faire à 91 ans ce qu’on faisait à 21 ans »

Interrogé par le magazine People, Dale Sanders décrit sans détour les limites physiques imposées par le temps qui passe. « C’est plus dur physiquement quand on vieillit et on ne peut tout simplement pas faire ce qu’un jeune de 21 ans peut faire », explique-t-il. Il voit d’ailleurs dans ces contraintes la raison de son record : « Ces limitations sont la raison pour laquelle je suis le seul dans la 90aine à avoir jamais parcouru tout le sentier des Appalaches. »

Sa méthode, elle, a dû s’adapter à sa vie personnelle. Sa femme refusait de le voir absent pendant une année entière. Il a donc divisé son projet en deux grandes étapes.

  • Environ six mois de marche pour parcourir une première grande portion du sentier ;
  • Un retour à la maison pour passer l’hiver en famille ;
  • Une deuxième phase de randonnée pour aller chercher les derniers kilomètres jusqu’au sommet final.

« Ma femme ne voulait pas que je sois parti pendant un an, alors je l’ai fait pendant six mois, puis je suis rentré pour l’hiver, et ensuite je suis reparti pour finir », détaille-t-il.

Un face-à-face éprouvant avec le mont Katahdin

L’un des épisodes les plus marquants de son périple s’est joué au mont Katahdin, en plein Maine, sommet emblématique qui marque l’extrémité nord de l’Appalachian Trail. La dernière ascension a failli se transformer en véritable calvaire.

Sanders raconte avoir lourdement chuté sur les rochers, avant de rester bloqué, incapable de poursuivre l’ascension… comme de redescendre. « C’était tellement dur. J’étais là, étendu sur les rochers, je ne pouvais pas monter, je ne pouvais pas descendre », confie-t-il.

Épuisé et cloué sur les rochers du mont Katahdin, le nonagénaire a cru devoir abandonner avant que la douleur ne s’atténue, lui permettant finalement de rejoindre le sommet.

D’après son récit, la douleur a commencé à se calmer au bout d’une trentaine de minutes. « Dieu devait être avec moi, parce que je suis en si bonne forme que la douleur a commencé à diminuer au bout d’environ 30 minutes et j’ai pu marcher jusqu’au sommet », explique-t-il.

Cette scène illustre à la fois la difficulté du sentier, le risque de blessure pour un marcheur aussi âgé… et la détermination d’un homme décidé à ne pas renoncer à son objectif.

Un palmarès déjà impressionnant dans les parcs américains

Ce record sur l’Appalachian Trail n’est pas isolé dans la carrière de randonneur de Dale Sanders. People rappelle qu’il détient aussi une marque d’âge dans un autre site emblématique des États-Unis : le Grand Canyon.

Sanders détient déjà un record de randonnée lié au Grand Canyon, et ne cache pas son envie de repousser encore cette limite. « J’ai ce record maintenant, mais je veux faire monter l’âge à 91 ans », affirme-t-il. Il souhaite donc retourner dans ce parc national afin de battre son propre exploit, comme il l’a fait sur le sentier des Appalaches.

Exploit Lieu Âge visé ou atteint
Appalachian Trail (3 500 km) Côte est des États-Unis 91 ans
Record de randonnée au Grand Canyon Arizona Record existant, qu’il veut porter à 91 ans

À travers ces défis successifs, Sanders s’est construit une image de randonneur de l’extrême… version grand âge. Ses exploits attirent l’attention d’un public bien plus large que la seule communauté des marcheurs.

À 91 ans, déjà un nouveau défi… sous l’eau

Malgré ce marathon à travers les Appalaches, le retraité américain n’a pas l’intention de raccrocher ses chaussures. Son agenda est même déjà partiellement rempli, mais pas uniquement avec de la marche.

« J’ai reçu une proposition pour faire de la plongée avec les poissons dans l’aquarium d’Atlanta. Et c’est quelque chose de très amusant », confie-t-il. L’invitation vient de l’immense aquarium de cette ville de Géorgie, qui permet à certains visiteurs triés sur le volet de plonger au milieu de ses bassins.

Après 3 500 km de marche, Dale Sanders prévoit comme « prochain défi » une plongée sous-marine dans un grand aquarium américain.

« Je vais accepter cette proposition. C’est ma prochaine chose à faire », annonce-t-il. À plus de 90 ans, il envisage donc une activité physique totalement différente, qui sollicite d’autres muscles et impose d’autres précautions de sécurité.

Que représente l’Appalachian Trail pour un marcheur français ?

L’Appalachian Trail est aux États-Unis ce que la traversée intégrale des Alpes, le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle (depuis la France) ou la traversée des Pyrénées représentent pour un randonneur français : un long itinéraire balisé devenu mythique, mêlant effort au long cours, engagement logistique et forte dimension symbolique.

En France, il n’existe pas de record officiel équivalent pour des nonagénaires sur les grands itinéraires de randonnée balisés (les GR, pour « sentier de grande randonnée »). Des randonneurs très âgés parcourent certaines portions de GR, comme le GR20 en Corse ou le GR10 dans les Pyrénées, mais les organismes comme la Fédération française de la randonnée ne tiennent pas de registres d’âge systématiques comparables à ceux médiatisés outre-Atlantique.

Pour un marcheur français, l’exploit de Dale Sanders permet toutefois de mesurer le niveau d’engagement nécessaire pour se lancer sur ce type de parcours :

  • préparer son itinéraire et ses ravitaillements sur plusieurs mois ;
  • adapter son matériel à la météo, aux reliefs et à son âge ;
  • prévoir des phases de repos suffisamment longues ;
  • anticiper les risques de chute, de fatigue extrême ou d’isolement.

En France, les randonneurs les plus âgés peuvent se tourner vers des itinéraires fractionnés, avec des étapes plus courtes et la possibilité de rentrer régulièrement à domicile, comme l’a fait Sanders en interrompant sa marche pendant l’hiver.

Randonnée à un âge avancé : quelles précautions ?

L’expérience de Dale Sanders illustre jusqu’où certains seniors peuvent aller. Elle ne constitue pas un modèle à reproduire sans préparation. Les médecins du sport et les gériatres rappellent, en général, que l’activité physique reste bénéfique à tout âge, à condition d’être adaptée aux capacités de chacun.

Pour les marcheurs âgés, plusieurs principes sont souvent recommandés par les professionnels de santé :

  • Faire un bilan médical avant d’envisager un projet de longue randonnée, en particulier en cas de pathologie cardiovasculaire ou articulaire.
  • Commencer par des itinéraires courts et bien équipés, avec des refuges, des gîtes ou des villages accessibles rapidement.
  • Porter une attention particulière à l’équilibre, aux chaussures et aux bâtons de marche afin de limiter les risques de chute.
  • Ne pas hésiter à renoncer ou à raccourcir une étape en cas de douleur inhabituelle, de vertige ou de fatigue marquée.
  • Le récit de Sanders au mont Katahdin montre à quel point une simple chute peut tourner à la situation bloquée en montagne, surtout à plus de 90 ans, même pour un randonneur expérimenté. Les secours américains, comme les services de secours en montagne en France, rappellent régulièrement que la confiance en soi ne remplace pas les mesures de sécurité de base.

    Quand la randonnée devient un projet de vie

    Derrière les chiffres du record, l’histoire de Dale « Greybeard » Sanders raconte aussi la place que peut prendre la marche dans un projet de vie de très longue durée. À plus de 90 ans, il enchaîne les défis, passe des montagnes au canyon, puis s’autorise même une parenthèse sous-marine dans un aquarium.

    Pour de nombreux retraités, la randonnée sert d’activité structurante : elle rythme les semaines, maintient une forme physique et offre un cadre social, que ce soit en club ou sur les sentiers. Les exploits comme celui de Sanders ne constituent pas une norme, mais ils montrent jusqu’où certains passionnés peuvent aller avec de la préparation, du temps et l’envie de repousser leurs propres limites, à leur rythme.

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