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Un médecin affirme sur TikTok que courir donne un « visage creusé et vieilli » : selon une dermatologue, le vrai coupable n’est pas la course

Un médecin affirme sur TikTok que courir donne un « visage creusé et vieilli » : selon une dermatologue, le vrai coupable n'est pas la course

Aux États‑Unis, une vidéo TikTok d’un chirurgien esthétique accusant la course de « vieillir » le visage affole les amateurs de jogging.

Partie des réseaux sociaux américains, la peur du « visage de coureur » relance un vieux débat chez les sportifs : courir régulièrement creuserait‑il les traits et donnerait‑il un air prématurément vieilli ? Business Insider, média en ligne américain, a confronté l’avis d’un chirurgien plastique très suivi sur TikTok à celui d’une dermatologue, qui remet les choses en perspective.

Un chirurgien esthétique accuse la course de donner un « vieux visage »

Tout est parti d’une vidéo publiée sur TikTok par le docteur Gerald Imber, chirurgien plastique à New York. Dans ce court extrait devenu viral, il s’en prend frontalement aux effets de la course à pied sur l’apparence du visage.

Il commence par expliquer qu’il a un « sujet qui [le] hérisse », en précisant que « la moitié [de ses] patients [l’]adore pour ça, et l’autre moitié [le] déteste pour ça ». Dans sa ligne de mire : la course de fond, qu’il juge néfaste pour le visage.

Le praticien admet que courir « quelques kilomètres, quelques fois par semaine » ne lui pose pas problème, sans préciser ce qu’il entend exactement par « quelques ». En revanche, il s’attaque à la course pratiquée de façon intensive et régulière.

Selon le Dr Gerald Imber, la course de longue durée accélère le vieillissement et est « garantie » de donner un « visage creusé et vieux ».

Ses propos ont aussitôt divisé les internautes : certains, peu amateurs de sport, ont ironisé en disant avoir enfin « une bonne excuse » pour éviter la course. D’autres, surtout des coureurs, ont jugé ces déclarations culpabilisantes, voire absurdes.

Le « runner’s face », une peur qui circule depuis des années

Le concept de « runner’s face » n’est pas nouveau dans le milieu sportif anglophone. Il désigne l’idée que la course pratiquée de manière intensive ferait perdre de l’élasticité à la peau du visage, entraînant des joues tombantes, un air émacié et un aspect globalement plus âgé.

Sur internet, on trouve même des exercices faciaux censés « rembourrer » les joues et lutter contre ce phénomène, à destination de celles et ceux qui courent souvent.

Pourtant, comme le rappelle l’article de Business Insider, ce thème fait débat depuis des années faute de base scientifique solide. De nombreux spécialistes y voient surtout une projection esthétique et un effet de mode alimenté par les réseaux sociaux.

Une dermatologue démonte le mythe : la course n’est pas seule en cause

Interrogée par Business Insider, la docteure Ivy Lee, dermatologue installée à Los Angeles, apporte un contrepoint net au discours alarmiste du chirurgien.

Elle explique avoir déjà reçu des patients inquiets à cause de cette fameuse expression de « visage de coureur ». Pour autant, elle reste très prudente.

La dermatologue Ivy Lee rappelle qu’« il n’existe aucune preuve scientifique pour confirmer ou infirmer » l’idée que la course en elle‑même ferait vieillir le visage.

Pour elle, certains changements visibles sur le visage des coureurs existent bel et bien, mais les explications sont plus banales… et bien plus faciles à corriger qu’un arrêt pur et simple de la course.

Perte de poids : pourquoi le visage peut sembler plus creusé

Premier élément évoqué par la dermatologue : l’amaigrissement global lié à l’activité physique régulière. Beaucoup de coureurs, surtout ceux qui augmentent fortement leur volume d’entraînement, perdent du poids sur l’ensemble du corps.

Or cette perte ne se limite pas au ventre ou aux cuisses. Elle touche aussi les coussinets graisseux du visage, ces petites réserves de graisse qui donnent des joues pleines.

Ivy Lee compare le phénomène au fameux « visage Ozempic », terme apparu aux États‑Unis pour décrire les personnes qui perdent rapidement du poids au niveau du visage après l’utilisation de médicaments à base de sémaglutide pour maigrir. Dans ces deux cas, les traits se creusent par disparition de la graisse, pas parce que la peau s’abîme mécaniquement avec la course.

  • Moins de graisse sous‑cutanée = joues moins rebondies
  • Traits plus marqués = impression de visage fatigué
  • Rides préexistantes plus visibles = sensation de vieillissement accru

Autrement dit, un visage plus anguleux peut donner l’illusion d’un vieillissement, alors qu’il reflète surtout une modification de la silhouette liée à la perte de poids.

Le vrai ennemi pointé par la dermatologue : le soleil

Pour la spécialiste, le principal facteur de vieillissement prématuré chez les coureurs ne vient pas de la course elle‑même, mais de l’environnement dans lequel elle s’effectue, en particulier quand elle se pratique dehors et sur de longues durées.

Ivy Lee insiste sur le rôle de « l’exposition chronique au soleil » lors des exercices intenses en extérieur, qui favorise rides et taches.

Les entraînements prolongés sous les UV, souvent répétés plusieurs fois par semaine, accentuent ce que les dermatologues appellent le « photo‑vieillissement » : rides plus marquées, taches pigmentaires, perte de fermeté.

À cela s’ajoute un facteur très concret : la sueur. Courir longtemps fait transpirer, ce qui peut diluer ou faire disparaître la protection solaire appliquée avant la sortie. La dermatologue souligne qu’il faudrait en théorie remettre souvent de la crème au cours de l’effort, ce qui reste difficile à réaliser en pleine séance de fractionné ou sur un long footing.

Certains coureurs tentent de compenser par des vêtements couvrants ou une casquette, mais ces réflexes ne sont pas systématiques, surtout quand il fait chaud.

Course à pied : des risques réels, mais des bénéfices majeurs

Business Insider rappelle aussi que la course n’est pas une activité anodine pour l’organisme : elle peut entraîner des fractures de fatigue ou d’autres blessures, notamment chez les débutants qui augmentent trop vite leurs charges d’entraînement.

Mais, côté santé globale, les bénéfices sont abondamment documentés par la recherche : meilleure santé cardiovasculaire, sommeil amélioré, réduction du stress et de certains symptômes anxieux ou dépressifs, allongement de l’espérance de vie moyenne chez les pratiquants réguliers.

L’article souligne que même si une pratique intensive en extérieur s’accompagne de quelques rides supplémentaires ou de taches solaires, la plupart des coureurs ne considèrent pas cela comme une raison suffisante pour abandonner une activité qui améliore nettement leur forme générale.

Quelle situation pour les coureurs en France ?

En France, les débats sur la course à pied tournent plutôt autour du risque de blessure, du surentraînement ou des effets sur le cœur que du « visage de coureur ». L’idée que le jogging ferait systématiquement « vieillir » le visage reste marginale.

En revanche, les dermatologues français partagent largement la même alerte qu’Ivy Lee sur le photo‑vieillissement. Le soleil est identifié comme l’un des principaux responsables des rides prématurées, des taches brunes et d’un vieillissement cutané accéléré, à côté du tabac ou de la pollution.

Les autorités sanitaires et les sociétés savantes en dermatologie rappellent régulièrement quelques principes de base pour les activités extérieures, que ce soit la course ou toute autre pratique sportive :

  • éviter les heures de soleil les plus fortes, en particulier l’été ;
  • appliquer une crème solaire à indice élevé sur le visage et les zones découvertes ;
  • renouveler l’application en cas de séance longue, autant que possible ;
  • porter casquette, lunettes et vêtements couvrants quand c’est supportable.

Les messages officiels insistent sur cette exposition au soleil, sans décourager la pratique de la course, reconnue comme bénéfique pour la santé. Pour les Français qui courent majoritairement en ville ou dans des zones tempérées, une partie des séances se déroule d’ailleurs tôt le matin, le soir ou en hiver, avec un ensoleillement moindre.

Comment limiter l’impact de la course sur l’aspect du visage

Pour un coureur ou une coureuse qui souhaite continuer à s’entraîner régulièrement tout en prenant soin de sa peau, plusieurs pistes se dégagent des explications de la dermatologue américaine et des recommandations généralement admises :

  • Travailler la protection solaire : crème adaptée au sport (texture non grasse, tenue renforcée), casquette, lunettes filtrantes et choix d’horaires moins exposés.
  • Surveiller les variations de poids rapides : les pertes de poids brutales se reflètent plus fortement sur le visage ; un amincissement progressif limite l’effet « visage creusé ».
  • Hydrater la peau : soins hydratants après la douche, surtout chez les coureurs s’entraînant souvent au vent, au froid ou au soleil.
  • Adapter son volume d’entraînement : en cas d’inquiétude esthétique, certains choisissent d’alterner course, vélo et natation, ce qui réduit l’exposition solaire globale.
  • Facteur en cause Effet ressenti sur le visage Moyen d’action possible
    Perte de graisse faciale Joues creusées, traits plus durs Perte de poids progressive, suivi nutritionnel
    Exposition solaire répétée Rides, taches brunes, peau épaissie Crème solaire, casquette, vêtements couvrants
    Déshydratation et sueur Peau terne, inconfort, irritations Hydratation cutanée, douche rapide après la course

    Vieillissement, image de soi et sport : un équilibre à trouver

    Au‑delà de la polémique née sur TikTok, cette controverse aux États‑Unis met en lumière une tension fréquente : le désir de prendre soin de sa santé par le sport, tout en gardant un visage perçu comme jeune et « reposé ». Dans le cas de la course, les signes cutanés visibles peuvent créer un doute, surtout lorsqu’un spécialiste médiatisé affirme qu’ils sont inévitables.

    Les explications apportées par la dermatologue Ivy Lee et relayées par Business Insider recentrent le débat sur des mécanismes connus : perte de poids, exposition solaire, hygiène de vie globale. Un coureur français peut s’en inspirer pour ajuster sa pratique, sans renoncer à la course par peur d’un prétendu « visage de coureur » présenté comme inéluctable.

    Questions fréquentes

    Courir régulièrement creuserait-il vraiment le visage ?

    Il n'existe aucune preuve scientifique confirmant que la course elle-même cause ce phénomène. Les changements visibles sont principalement dus à la perte de poids, qui affecte les coussinets graisseux du visage.

    Pourquoi le visage des coureurs paraît-il plus fatigué ?

    La perte de poids liée à l'activité physique régulière touche aussi le visage, rendant les traits plus anguleux et les rides préexistantes plus visibles. Cela crée une illusion de vieillissement sans que la peau soit endommagée.

    Quel est le vrai ennemi du visage des coureurs ?

    L'exposition chronique au soleil lors des entraînements en extérieur est le principal facteur de vieillissement prématuré, provoquant rides, taches pigmentaires et perte de fermeté appelée photo-vieillissement.

    Faut-il arrêter de courir pour préserver sa peau ?

    Non. Les bénéfices de la course sur la santé générale (système cardiovasculaire, sommeil, stress) sont bien documentés et largement supérieurs à quelques rides ou taches solaires. La solution est plutôt une bonne protection solaire.

    Comment les coureurs peuvent-ils protéger leur peau ?

    Appliquer régulièrement de la crème solaire (à renouveler souvent pendant l'effort car la sueur dilue la protection), porter des vêtements couvrants ou une casquette sont les mesures principales pour prévenir le photo-vieillissement.

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