En Grande-Bretagne, un passionné d’auto a transformé son simple abri de jardin en atelier pour fabriquer une surprenante voiture de sport homologuée.
Au Royaume-Uni, un amateur de voitures, Robert Ely, a choisi de contourner la hausse des prix et la standardisation du marché automobile : il s’est fabriqué sa propre sportive, seule à bord, pour environ 7 000 dollars. Son projet, présenté sur sa chaîne YouTube et relaté par le magazine américain Popular Science, intrigue autant par son look inspiré de la science-fiction que par sa conception à partir de pièces faciles à trouver.
Une mini voiture de sport née dans un simple abri de jardin
À force de voir les modèles neufs se ressembler et s’envoler en prix, ce Britannique a pris une décision radicale : créer lui-même la voiture qu’il ne trouvait plus en concessions. Sa réponse s’appelle Gasolinia AR1, un minuscule engin ultraléger, monoplace et légal sur route ouverte, entièrement assemblé dans son cabanon.
La Gasolinia AR1 est une sportive monoplace ultralégère, construite pour environ 7 000 dollars avec des pièces récupérées et des éléments courants.
Le budget global tourne autour de 7 000 dollars, soit un peu moins de 7 000 euros selon le taux de change récent. Pour ce prix, Robert Ely a produit une sorte d’hybride entre moto, prototype de course d’avant-guerre et voiture sortie d’un film de science-fiction des années 1990. L’allure générale évoque autant un ancien bolide européen des années 1900 qu’un véhicule futuriste à la « Blade Runner ».
Entre moto, « Blade Runner » et vieux bolide européen
Le cahier des charges d’Ely était très précis. Il voulait :
un style rétro-futuriste rappelant les films de science-fiction des années 1990 ;
une position monoplace façon voiture de course européenne du début du XXᵉ siècle ;
une auto légère, simple à démonter, à réparer et à entretenir ;
un coût de construction accessible à un bricoleur motivé.
Le châssis est un cadre léger, habillé d’une carrosserie en fibre de verre. Pour rester simple à fabriquer, il a banni les formes complexes : aucun galbe à double courbure, seulement des surfaces que l’on peut produire avec des moyens amateurs.
La face avant donne une vraie personnalité à l’engin. Deux ouvertures rondes, percées dans le « nez », servent à amener l’air vers le radiateur. Avec les phares ronds saillants, l’avant prend un aspect presque alien. Robert Ely explique avoir voulu créer « un peu de caractère » avec ce visage étonnant.
Un moteur de moto Honda et des roues de Ford Ka
Pour propulser sa création, Ely n’a pas choisi un moteur d’auto classique mais un bloc de moto moderne. Il a récupéré un bicylindre de 2017 provenant d’une Honda CBR500, pesant environ 50 kilos, associé à une boîte de vitesses à six rapports. Le moteur est installé juste sous le siège du conducteur, au plus près du centre de gravité.
Caractéristique
Gasolinia AR1
Type de véhicule
Sportive monoplace ultralégère, homologuée route
Moteur
Bicylindre de moto Honda 2017 (type CBR500)
Puissance annoncée
47 chevaux
Vitesse maximale
Environ 72 miles par heure (un peu plus de 115 km/h)
Consommation
Environ 41 miles par gallon, avec un objectif affiché de 50 mpg
Coût estimé de construction
Environ 7 000 dollars
Les roues, elles, viennent d’une petite citadine : une Ford Ka. L’ensemble reste compact et très bas, ce qui favorise l’accélération et la tenue de route. Grâce à ses 47 chevaux et à son poids plume, la Gasolinia AR1 atteint environ 72 miles par heure, soit plus de 115 km/h, tout en restant relativement sobre, avec environ 41 miles par gallon annoncés.
« Je voulais que ce soit une sorte de version sprint, aussi amusante que possible à conduire à des vitesses légales », explique Robert Ely dans sa vidéo YouTube.
Il affirme viser 50 miles par gallon même en conduite dynamique, un objectif ambitieux à l’heure où le prix du carburant reste volatil au Royaume-Uni comme en France.
Une voiture pensée pour être réparée par n’importe quel bricoleur
L’un des points centraux du projet est la réparabilité. Robert Ely a conçu sa voiture comme un mécano géant. La carrosserie se démonte en quelques minutes seulement avec des outils simples pour donner accès aux organes mécaniques. L’idée est claire : pas de pièces propriétaires, uniquement des éléments standards, achetables en magasin de pièces ou à la casse automobile locale.
Sur sa chaîne, ce passionné britannique précise que la voiture a été dessinée pour :
pouvoir être démontée rapidement en cas d’entretien ;
faire travailler les petits garages de quartier plutôt que des réseaux fermés ;
tenir au moins dix ans en utilisation réelle, même si la durée de vie reste à vérifier dans le temps.
La suspension maison a été mise à l’épreuve sur un circuit local, face à des voitures de série. Selon Popular Science, la Gasolinia AR1 a tenu la comparaison, franchissant bosses et virages avec aisance. Elle n’est pas la plus rapide en ligne droite, mais l’objectif n’est pas là. Ely cherche avant tout les sensations instantanées, avec un comportement proche d’un kart, associé à le ressenti brut d’une ancienne voiture de sport.
Pour son créateur, le cœur du projet tient en une phrase : « C’est tout simplement incroyablement amusant à conduire. »
« Les constructeurs n’ont aucun intérêt pour les voitures légères »
Dans sa vidéo, Robert Ely ne cache pas sa frustration face aux tendances actuelles de l’industrie. Il reproche aux marques de délaisser les voitures simples et légères, au profit de modèles toujours plus lourds, complexes et onéreux.
« Vous vous dites peut-être que c’est beaucoup d’efforts pour construire votre propre voiture, et c’est le cas, concède-t-il. Mais il suffit de regarder les voitures produites aujourd’hui pour voir que les constructeurs n’ont aucun intérêt à construire des voitures légères ou durables pour vous. »
Pour lui, quiconque veut un engin différent, efficace et amusant n’a qu’une voie : se retrousser les manches. « Si vous voulez quelque chose de léger ou de différent, vous allez devoir le construire vous-même », ajoute-t-il.
Un manuel à 27 dollars pour reproduire la Gasolinia AR1
Robert Ely ne prévoit pas de monter une marque ou de vendre des voitures toutes faites. En revanche, il propose un compromis : un manuel détaillé, vendu 27 dollars, avec les étapes de construction de la Gasolinia AR1. Il estime qu’un bricoleur motivé peut, en suivant ses plans et en trouvant des pièces similaires, reproduire son projet pour un coût voisin des 7 000 dollars qu’il a lui-même dépensés.
Le Britannique insiste sur un point : nul besoin d’un atelier professionnel. Selon lui, un simple cabanon, des outils à main, quelques outils électroportatifs et un poste à souder suffisent. Il précise même que tout son atelier fonctionne avec seulement deux prises électriques murales.
« Vous n’avez pas besoin d’être un mécanicien professionnel, assure-t-il. Toutes les compétences dont j’ai eu besoin pour construire la voiture, je les ai apprises auprès d’amis ou en regardant des vidéos sur YouTube. Parmi toutes ces compétences, j’estime que l’imagination et la confiance en soi sont de loin les plus importantes. »
Construire sa propre voiture : ce que cela impliquerait en France
En France, l’idée de fabriquer soi-même une voiture de sport dans son garage fait rêver certains passionnés. Sur le principe, l’autoconstruction est possible, mais les règles d’homologation restent strictes. L’équivalent français de l’immatriculation d’un véhicule artisanal passe par la réception à titre isolé, procédure pilotée par les services de l’État et par l’organisme chargé d’évaluer la conformité technique du véhicule.
Un véhicule construit maison doit répondre à des normes de sécurité (freinage, direction, éclairage, structure, émissions, bruit…) proches de celles d’une voiture de série. Le propriétaire doit présenter le véhicule à un contrôle technique adapté, fournir un dossier détaillé de la construction, et respecter des contraintes dimensionnelles et mécaniques précises. Cela rend la démarche plus lourde que dans certains pays anglo-saxons où la culture des kits cars est plus développée.
En revanche, l’approche de Robert Ely reste transposable : le recours à des pièces de grande série, un moteur de moto moderne fiable, des composants de petites citadines, et une conception pensée pour la maintenance. Les amateurs français de véhicules « faits maison » adoptent souvent la même logique pour des prototypes de piste ou des voitures destinées aux circuits privés.
Pourquoi la légèreté et la simplicité séduisent autant
Le choix d’un véhicule très léger comme la Gasolinia AR1 répond à plusieurs enjeux concrets :
des sensations de conduite accrues, car le moindre changement de direction se ressent immédiatement ;
une puissance modérée suffisante, puisque le poids réduit limite les besoins en chevaux ;
une consommation en carburant plus basse à performances équivalentes ;
une usure moindre des freins, pneus et suspensions, donc des coûts d’usage réduits.
À l’inverse, les voitures modernes alourdies par les équipements de confort, les systèmes électroniques et la sécurité passive nécessitent des moteurs plus puissants, consomment davantage et deviennent souvent plus complexes à réparer en dehors du réseau officiel.
Pour un lecteur français, l’exemple de la Gasolinia AR1 illustre une alternative radicale : privilégier la légèreté et la réparation simple plutôt que la surenchère technologique. Même sans aller jusqu’à construire sa propre voiture, l’idée peut inspirer des choix plus sobres, comme conserver plus longtemps un véhicule fiable, privilégier les modèles simples ou entretenir sa voiture dans un petit garage plutôt que tout remplacer.
Un projet de passionné, mais aussi un manifeste
Au-delà de l’exploit technique, la voiture de Robert Ely agit comme un manifeste roulante. Elle défend la créativité individuelle, la réutilisation de pièces existantes et la possibilité de s’amuser au volant sans dépenser des sommes démesurées. Le tout avec un engin qui, selon son concepteur, peut être entretenu localement avec des pièces standard pendant des années.
Pour qui s’intéresse à la mécanique, au design ou simplement aux sensations de conduite, ce type de projet montre qu’il reste possible, avec un budget serré et beaucoup de temps, de se fabriquer un objet roulant unique, à mi-chemin entre moto, voiture et rêve de cinéma.
Combien coûte exactement la construction de la Gasolinia AR1 ?
Environ 7 000 dollars, soit un peu moins de 7 000 euros selon le taux de change récent. Ce budget inclut le moteur de moto, la carrosserie en fibre de verre, les roues et tous les organes mécaniques nécessaires.
Quel moteur équipe cette voiture ?
Un bicylindre de 2017 provenant d'une Honda CBR500, pesant environ 50 kilos et développant 47 chevaux. Il est associé à une boîte de vitesses à six rapports et installé juste sous le siège du conducteur pour optimiser le centre de gravité.
Faut-il être mécanicien professionnel pour construire une Gasolinia AR1 ?
Non selon Robert Ely. Un simple cabanon, des outils à main, quelques outils électroportatifs et un poste à souder suffisent. L'atelier fonctionne même avec seulement deux prises électriques murales, et les compétences peuvent s'apprendre auprès d'amis ou en ligne.
Quelles sont les performances de la Gasolinia AR1 ?
Elle atteint environ 115 km/h (72 miles par heure) et consomme environ 41 miles par gallon, avec un objectif affiché de 50 mpg. Le comportement routier se rapproche d'un kart avec les sensations brutes d'une ancienne voiture de sport.
Comment Robert Ely commercialise-t-il son projet ?
Il ne prévoit pas de monter une marque ni de vendre des voitures toutes faites. En revanche, il propose un manuel détaillé au prix de 27 dollars contenant les étapes de construction pour que tout bricoleur motivé puisse reproduire son projet.