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Un parapentiste filme un chien au sommet de la pyramide de Gizeh, à 139 mètres de haut : pourquoi les spécialistes ne sont pas si surpris

Un parapentiste filme un chien au sommet de la pyramide de Gizeh, à 139 mètres de haut : pourquoi les spécialistes ne sont pas si surpris

Lors d’un vol au-dessus du plateau de Gizeh, en Égypte, un parapentiste a repéré une scène déroutante au sommet de la Grande Pyramide.

Alors qu’il survolait la Grande Pyramide de Gizeh, en Égypte, un parapentiste a filmé un chien perché tout en haut du monument, une séquence qui a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, rapporte un média en ligne italien. Les images intriguent autant les amateurs d’archéologie que les amoureux des animaux, mais les spécialistes du comportement canin tempèrent l’étonnement général.

Un chien filmé au sommet de la Grande Pyramide de Gizeh

La scène se déroule au-dessus de la plus célèbre pyramide du plateau de Gizeh, près du Caire. Pendant un vol en parapente, l’homme aperçoit un chien qui se déplace tout en haut de la Grande Pyramide, à environ 140 mètres de hauteur. Surpris, il le filme et raconte que l’animal semblait parfaitement à l’aise.

Selon son témoignage, le chien se serait « arrimé jusqu’en haut » en suivant les degrés formés par les blocs de pierre, avant de se mettre à aboyer contre les oiseaux qui tournaient autour du sommet. La scène est décrite par le parapentiste comme « surréaliste et à ne pas croire », tant la présence d’un chien à cet endroit paraît improbable.

Un chien libre a été filmé au sommet de la Grande Pyramide de Gizeh, se déplaçant avec aisance sur les blocs de pierre à près de 140 mètres de haut.

La pyramide présente des pentes raides, des surfaces irrégulières et des espaces difficiles d’accès. Pour un œil non averti, imaginer un chien gravir seul un tel monument relève presque de l’exploit. D’où la vague de questions qui a accompagné la diffusion de la vidéo.

Un accès « impossible » qui fascine les internautes

Dès sa mise en ligne, la séquence a suscité une avalanche de commentaires. Beaucoup se demandent comment l’animal a pu atteindre la pointe de la plus ancienne des grandes pyramides de Gizeh, classée au patrimoine mondial de l’Unesco et généralement interdite à l’ascension.

Les hypothèses qui circulent se divisent principalement en deux pistes :

  • le chien a été emmené volontairement par des personnes montées illégalement sur la pyramide ;
  • l’animal a réussi à grimper seul, en utilisant les reliefs de la structure comme une succession de marches irrégulières.

Pour l’instant, aucune preuve ne permet de trancher. Le média italien souligne qu’il n’existe « aucune réponse certaine » sur le chemin emprunté par le chien, ni sur les raisons exactes de sa présence à cette altitude. La vidéo, elle, continue de circuler et alimente le débat entre curieux, passionnés d’archéologie et défenseurs des animaux.

Pourquoi les spécialistes ne tombent pas de leur chaise

Derrière l’aspect spectaculaire, les connaisseurs du comportement canin relativisent. Pour un chien, surtout s’il vit en liberté, ce genre d’ascension n’est pas aussi impossible qu’on pourrait le croire. Les chiens errants ou redevenus sauvages montrent depuis longtemps des capacités d’adaptation très élevées.

Dans de nombreuses régions du monde, ces animaux apprennent à se déplacer sans difficulté sur des terrains jugés risqués pour l’être humain :

  • quartiers urbains encombrés et bruyants ;
  • zones désertiques ou rocailleuses ;
  • versants de montagne escarpés ;
  • sites industriels abandonnés ou en friche.

Selon les spécialistes cités par le média italien, les chiens libres disposent d’une agilité, d’un équilibre et d’une endurance qui leur permettent de gérer des surfaces irrégulières, des hauteurs et des vides apparents avec une aisance surprenante pour un observateur humain.

Les chiens libres combinent force, intelligence et mobilité, ce qui leur permet de parcourir chaque jour des dizaines, voire des centaines de kilomètres sur des terrains très variés.

Le cas de ce chien au sommet de la pyramide est donc perçu comme un événement atypique, mais pas totalement aberrant à l’échelle des capacités de l’espèce.

Les chiens libres en Afrique du Nord, rois de l’adaptation

Le contexte local joue un rôle clé. En Afrique du Nord, où se situe l’Égypte, de nombreuses populations de chiens vivent en liberté, en marge des villes, des villages ou des sites touristiques. Ces animaux, parfois qualifiés de « rinselvatisés », ne sont plus vraiment domestiques, sans être complètement sauvages.

Ils apprennent à survivre :

  • dans des zones arides ou semi-désertiques, où l’eau et la nourriture manquent ;
  • au contact constant des humains, dont ils dépendent partiellement pour les déchets et les restes de repas ;
  • au milieu de structures anciennes ou modernes, comme des ruines, des escaliers abrupts, des talus ou des remblais.

Le média italien rappelle qu’en Afrique du Nord, certains de ces chiens libres se sont adaptés à la fois à l’environnement désertique et à la vie urbaine. Ils se faufilent partout, apprennent à évaluer les risques, à éviter certains obstacles et à en franchir d’autres. Dans ce cadre, escalader progressivement une pyramide par ses blocs successifs n’est pas totalement inimaginable.

Des exemples d’extrême adaptation aux quatre coins du globe

L’histoire de ce chien égyptien s’inscrit dans une tendance mondiale bien documentée : l’extraordinaire plasticité des chiens libres. Le média italien rappelle plusieurs exemples frappants.

En Amérique du Sud, dans les Andes boliviennes, des chiens vivent à des altitudes particulièrement élevées. Ils supportent un air plus pauvre en oxygène et des températures très variables entre le jour et la nuit. Certains d’entre eux se rapprochent des humains pour quémander de la nourriture, un comportement proche de la « mendicité ».

En Australie, les dingo, chiens redevenus complètement sauvages, se sont adaptés à des milieux parfois très hostiles, des déserts brûlants aux zones de brousse isolées. Ils chassent en meute, gèrent la chaleur extrême et couvrent de grandes distances pour trouver de quoi se nourrir.

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, les chiens dits « cani chanteurs » des montagnes vivent dans des régions abruptes, difficiles d’accès pour les humains. Ils ont retrouvé un mode de vie entièrement sauvage, sur des pentes raides et dans une végétation dense.

Des Andes boliviennes aux déserts australiens, en passant par les montagnes de Nouvelle-Guinée, les chiens ont démontré leur capacité à survivre dans des milieux extrêmes.

À l’échelle de ces exemples, un chien qui se retrouve au sommet d’une pyramide n’apparaît plus comme une anomalie totale, mais comme une nouvelle illustration de cette versatilité.

Et en France, quelle place pour les chiens errants ?

En France, la situation est très différente de celle de l’Égypte ou d’autres pays d’Afrique du Nord. Les chiens errants au sens strict restent relativement rares, car la réglementation impose l’identification des animaux de compagnie et la divagation est encadrée.

Lorsqu’un chien est trouvé en liberté sur la voie publique, plusieurs acteurs peuvent intervenir :

  • la police municipale ou la gendarmerie, qui peuvent le signaler et organiser sa prise en charge ;
  • la fourrière animale, chargée de recueillir les chiens trouvés ;
  • les refuges et associations de protection animale, qui accueillent les animaux non réclamés.

Ces dispositifs limitent la constitution de grandes populations de chiens libres, telles qu’on peut en croiser autour de certains sites touristiques ou en périphérie de villes nord-africaines. Les chiens en France sont donc, dans la grande majorité des cas, attachés à un foyer précis et à un environnement contrôlé.

Les capacités physiques restent pourtant les mêmes : un chien abandonné ou en fuite est capable de parcourir en peu de temps de longues distances, de grimper des talus, de traverser des zones boisées ou industrielles. Cette agilité explique notamment les difficultés parfois rencontrées pour retrouver un animal en divagation.

Pourquoi un chien peut se sentir à l’aise sur des terrains « impossibles »

La scène de Gizeh interroge aussi sur la manière dont les chiens perçoivent leur environnement. Ils disposent d’un centre de gravité bas, de muscles puissants et de coussinets qui accrochent relativement bien les surfaces irrégulières. Leur vision, leur odorat et leur sens de l’équilibre les aident à analyser rapidement où poser leurs pattes.

Sur un terrain comme une pyramide de pierre, un chien entraîné par la vie en extérieur peut :

  • repérer des prises stables entre les blocs ;
  • avancer par petites étapes, en testant le sol ;
  • adapter en permanence sa trajectoire en fonction des irrégularités ;
  • renoncer ou changer de direction en cas de danger ressentit.
  • C’est cette combinaison de physique, d’instinct et d’expérience qui lui permet d’évoluer là où un humain se sentirait immédiatement en insécurité, surtout sans équipement.

    Un rappel des risques… pour l’animal et pour les sites historiques

    Un tel épisode pose aussi la question de la sécurité. Un chien qui grimpe sur un monument aussi raide prend un risque réel de chute. Même s’il est agile, un faux pas, une pierre instable ou un mouvement brusque pourraient entraîner un accident grave.

    Pour les sites archéologiques, la présence d’animaux libres peut également poser problème. Le piétinement répété, les griffures ou le déplacement de petits éléments de pierre peuvent, à terme, abîmer certaines zones fragiles. C’est l’une des raisons pour lesquelles de nombreux monuments historiques dans le monde tentent de limiter autant que possible l’accès, non seulement des visiteurs, mais aussi des animaux errants.

    Cette histoire de chien au sommet de la Grande Pyramide rappelle ainsi deux réalités : la remarquable faculté d’adaptation du « meilleur ami de l’homme », mais aussi la fragilité des lieux où certains d’entre eux parviennent à se hisser, presque en défi aux lois de la prudence humaine.

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