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Après Palworld qui ressemble à Pokémon, voici Pickmon qui copie les deux

Comparaison visuelle de trois jeux vidéo : Pokémon avec des créatures colorées, Palworld avec des créatures armées en monde ouvert, et Pickmon combinant les deux styles avec des cartes de capture

Au Japon, un nouveau jeu baptisé Pickmon reprend des idées de Pokémon et de Palworld, relançant le débat sur la limite entre hommage et plagiat.

Le site spécialisé français Gamekult rapporte l’arrivée de Pickmon, un projet de jeu de survie en monde ouvert qui s’inspire très largement de Pokémon et de Palworld. Alors que Nintendo a déjà engagé une action en justice contre Palworld, ce nouveau titre pousse encore plus loin le jeu dangereux des ressemblances assumées.

Un jeu qui copie un jeu qui copiait déjà un autre

Les jeux vidéo qui s’inspirent de leurs aînés sont légion. Mais Pickmon franchit un cap en donnant clairement l’impression de piocher à la fois dans l’univers de Pokémon et dans celui de Palworld. Pour rappel, Palworld, souvent résumé par l’expression « Pokémon avec des flingues », avait déjà fait grincer des dents à sa sortie, tant certaines de ses créatures rappelaient les monstres de poche de Nintendo.

Gamekult rappelle que Nintendo a saisi la justice contre Palworld, estimant que plusieurs créatures et mécaniques relevaient du plagiat. Pour l’instant, cette offensive judiciaire n’a pas débouché sur une décision nette en faveur de la firme japonaise. Le cas Palworld a mis en lumière à quel point il est délicat, dans l’industrie du jeu vidéo, de tracer une frontière claire entre inspiration et copie illégale.

Dans ce contexte, le studio PocketGame, soutenu par l’éditeur Networkgo, a choisi d’assumer un mélange encore plus frontal. Pickmon se présente comme un jeu de survie en monde ouvert où le joueur capture de petites créatures, les élève, les fait combattre et les envoie récolter des ressources pour construire et développer une base.

Pickmon reprend la collecte de créatures façon Pokémon et la survie en monde ouvert popularisée par Palworld, tout en affichant des designs très proches de certains monstres déjà connus.

Selon Gamekult, les visuels diffusés montrent des créatures rappelant fortement Dracaufeu, figure emblématique de Pokémon, ou encore Anubis, une créature remarquée dans Palworld. Ces ressemblances nourrissent un sentiment de déjà-vu qui alimente les accusations de plagiat dans la communauté des joueurs.

Des brevets au cœur du bras de fer avec Nintendo

Si Nintendo n’a pas pour l’instant fait interdire Palworld, ce n’est pas faute de contestation. Le problème tient surtout à la base juridique sur laquelle appuyer une plainte. Gamekult rappelle que de simples similitudes visuelles, même marquées, ne suffisent pas à elles seules à obtenir des sanctions devant un tribunal.

Dans le cas de Palworld, l’un des leviers potentiels repose sur les brevets. Un exemple marquant : la mécanique consistant à lancer des Balls pour attraper des créatures, une signature de Pokémon, fait l’objet de protections spécifiques. Face à ce risque, Palworld a fini par renoncer à cette fonctionnalité très identifiable, signe que la pression juridique de Nintendo n’est pas qu’une simple posture.

Pickmon contourne les Balls avec… des cartes

Pickmon semble avoir tiré les leçons de ce précédent. Là où Pokémon et, à l’origine, Palworld misaient sur le lancer de Balls, le nouveau jeu propose un système de capture basé sur des cartes. Les créatures ne sont donc pas enfermées dans des sphères, mais associées à des cartes, que le joueur utilise pour les invoquer ou les contrôler.

En remplaçant les Balls par des cartes, Pickmon tente clairement de se démarquer sur un point clé protégé par Nintendo, tout en conservant une structure de jeu très proche.

Le ton ironique relevé par Gamekult laisse entendre que ce changement peut être vu comme un simple habillage, pensé avant tout pour rester à distance des brevets de Nintendo, plutôt que comme une véritable innovation de game design.

Sortie prévue sur PC, sauf si Nintendo s’en mêle

D’après Gamekult, Pickmon n’a pas encore de date de sortie annoncée. Le jeu est pour l’instant prévu sur PC. Tout reste suspendu à un éventuel mouvement juridique de Nintendo ou de Pocketpair, le studio à l’origine de Palworld, si ces entreprises estiment que leurs droits sont à nouveau bafoués.

Au Japon comme ailleurs, les studios savent qu’une procédure de ce type peut bloquer voire tuer un projet avant même sa sortie. Dans le cas de Pickmon, l’issue dépendra largement de la capacité de Nintendo à démontrer des violations précises de droits, et non une simple proximité esthétique ou conceptuelle.

  • Studio développeur : PocketGame
  • Éditeur : Networkgo
  • Genre : jeu de survie en monde ouvert
  • Plateforme visée : PC
  • Date de sortie : non communiquée

Plagiat ou simple inspiration : une frontière difficile à tracer

La situation de Pickmon illustre un problème récurrent dans la création vidéoludique. De nombreux jeux reposent sur des mécaniques popularisées par d’autres licences : construction de base, collecte de ressources, capture de créatures, progression par niveaux. Sur ce terrain, les studios marchent souvent sur une ligne fine.

En droit, ce ne sont pas les idées qui sont protégées, mais la manière précise dont elles sont mises en œuvre : design des personnages, textes, musiques, interface, mécaniques détaillées brevetées. Deux jeux peuvent reposer sur des principes très proches sans pour autant enfreindre la loi, tant que leurs contenus concrets restent suffisamment distincts.

Élément Pokémon Palworld Pickmon
Capture de créatures Balls Inspiré puis modifié Cartes
Type de jeu Aventure/RPG Survie, construction Survie, base, cartes
Ambiance Famille, fantasy colorée Monde ouvert plus sombre Mélange créatures mignonnes et survie

Pour un lecteur français, cette affaire rappelle d’autres controverses, comme celles autour de jeux mobiles imitant des succès existants presque trait pour trait. Les plateformes comme les boutiques d’applications ou Steam retirent parfois des titres jugés trop proches de licences connues, même sans décision de justice, par crainte de conflits juridiques.

Ce que cela signifie pour les joueurs et créateurs français

En France, les studios restent soumis au droit d’auteur, au droit des marques et, lorsque c’est applicable, aux brevets européens ou internationaux. Un développeur français qui créerait un « clone » trop évident d’un Pokémon ou d’un Palworld s’exposerait aux mêmes risques que PocketGame au Japon.

Pour les joueurs, ces affaires peuvent avoir deux effets concrets :

  • certains jeux très attendus peuvent être annulés ou profondément modifiés si un détenteur de droits engage une procédure efficace ;
  • des mécaniques visant à se protéger juridiquement, comme le passage des Balls aux cartes dans Pickmon, peuvent transformer le gameplay final.

En pratique, les studios français tentent souvent de s’inspirer de grandes tendances (survie, roguelite, extraction shooter, etc.) tout en proposant une touche artistique ou narrative propre. C’est cette différence tangible qui permet d’éviter de trop fortes ressemblances.

Pourquoi la capture de créatures est au centre de toutes les tensions

La capture de créatures n’est pas seulement une idée générale. Dans Pokémon, tout repose sur un ensemble précis : les Balls, l’animation de capture, la probabilité de réussite, la gestion de l’équipe, l’envoi en combat. Cet enchaînement forme une mécanique complète, très reconnaissable.

Palworld a connu un début de polémique justement parce qu’il reprenait certains de ces codes de manière jugée trop frontale par une partie des joueurs. Pickmon tente d’éviter ce piège en passant par des cartes, un support qui rappelle plutôt les jeux de cartes à collectionner, tout en gardant la logique de créatures qu’on invoque pour combattre ou travailler.

La bataille se joue sur des détails : remplacer un objet emblématique, modifier une animation ou une interface peut suffire à écarter un risque juridique, tout en gardant l’esprit général d’un jeu à succès.

Ce genre d’ajustement montre comment le droit influence concrètement la conception d’un jeu, bien au-delà des seules préoccupations artistiques ou techniques.

Un contexte propice aux clones, mais aussi à la créativité

Le cas Pickmon intervient à un moment où les jeux de survie et les univers à créatures ont le vent en poupe. Le succès commercial de Palworld, malgré la controverse, incite d’autres studios à tenter leur chance sur ce créneau, quitte à frôler le mimétisme.

Pour un joueur français, cette multiplication de titres proches peut avoir un avantage : l’offre s’élargit, avec des variantes plus ou moins originales. Mais elle comporte aussi un risque réel : voir des projets disparaître après quelques mois, en cas de pression juridique ou de ventes insuffisantes sur un marché saturé.

À l’inverse, certains créateurs choisissent de s’éloigner davantage des modèles existants. Plutôt que de reprendre directement la capture de créatures, ils misent par exemple sur des mécaniques de compagnons, d’invocations temporaires ou de fusion de monstres, afin de proposer quelque chose de reconnaissable sans être assimilé à un clone.

Questions fréquentes

Pourquoi Pickmon remplace-t-il les Balls par des cartes ?

Pickmon tente de contourner les brevets de Nintendo qui protègent spécifiquement la mécanique de lancer des Balls pour capturer des créatures. En utilisant des cartes à la place, le jeu cherche à s'éloigner des protections juridiques identifiées par Nintendo dans son action contre Palworld.

Nintendo peut-il empêcher la sortie de Pickmon ?

Oui, si Nintendo parvient à démontrer des violations précises de ses droits d'auteur, marques ou brevets. Cependant, de simples similitudes visuelles ou conceptuelles ne suffisent généralement pas devant un tribunal. L'issue dépendra de la capacité de Nintendo à prouver des infractions concrètes.

Qu'est-ce qui différencie inspiration légitime et plagiat en jeu vidéo ?

En droit, ce ne sont pas les idées générales (capture de créatures, construction de base, progression) qui sont protégées, mais leur mise en œuvre précise : design des personnages, interface, mécaniques brevetées, textes et musiques. Deux jeux peuvent partager des principes proches sans violer la loi s'ils restent suffisamment distincts dans leur contenu concret.

Palworld a-t-il perdu face à Nintendo en justice ?

Non, pour l'instant l'action en justice de Nintendo contre Palworld n'a pas débouché sur une décision nette en faveur de la firme japonaise. Palworld a toutefois modifié son jeu en renonçant à la mécanique des Balls, probablement sous la pression juridique.

Quand Pickmon sortira-t-il ?

Pickmon n'a pas de date de sortie annoncée pour le moment. Le jeu est prévu sur PC, mais sa sortie reste suspendue à d'éventuelles actions juridiques de Nintendo ou Pocketpair.

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