RacingZone

Un barbier alerte sur une erreur courante lors des coupes : de plus en plus de jeunes repartent avec une infection du cuir chevelu

Gros plan sur des tondeuses et rasoirs de barbier posés sur une surface, illustrant le matériel susceptible de transmettre les infections si mal désinfecté.

Au Royaume-Uni, des barbiers tirent la sonnette d’alarme : certains coupes tendance seraient associées à une hausse d’infections du cuir chevelu chez les jeunes.

Dans un article relayé par le site d’actualité brésilien Gazeta Brasil à partir d’informations de la BBC, plusieurs professionnels de barbershops britanniques dénoncent une recrudescence de cas de dermatophytose, une infection fongique contagieuse, chez les clients adeptes de coupes très rasées. Ils pointent du doigt des salons bon marché, peu regardants sur l’hygiène du matériel.

Une coupe à la mode liée à une hausse de mycoses du cuir chevelu

Les professionnels interrogés au Royaume-Uni décrivent une augmentation nette des cas de dermatophytose, aussi appelée « teigne », chez des jeunes hommes se rendant en barbershop pour des coupes très précises. Cette infection cutanée, due à des champignons, peut provoquer des plaques circulaires, des démangeaisons intenses et parfois des zones de chute de cheveux.

Les barbiers britanniques incriminent les coupes « skin fade » réalisées dans des salons mal entretenus, où les tondeuses et rasoirs ne seraient pas correctement désinfectés.

La coupe « skin fade » consiste à raser très court, presque à blanc, les côtés et l’arrière de la tête, en gardant la partie supérieure plus longue. Pour obtenir cet effet parfaitement dégradé, les barbiers utilisent souvent une tondeuse à tête très fine, dite « foil », qui rase de près.

Selon Mike Taylor, propriétaire d’une école de formation pour barbiers à Poole, dans le comté de Dorset, au sud de l’Angleterre, la popularité de cette coupe est écrasante : il estime que « 70 à 80 % » de ses clients la demandent. Cet expert, qui cumule 34 ans de métier, explique que la tête de la machine se remplit de cheveux et de résidus de peau à chaque utilisation, et doit être démontée et nettoyée minutieusement.

Dans les salons bon marché, installés en nombre sur les rues commerçantes, cette étape serait souvent négligée pour gagner du temps et enchaîner les coupes. Or, sur un cuir chevelu micro-éraflé par un rasage à blanc, des spores fongiques présentes sur une lame mal désinfectée ont plus de facilité à pénétrer la peau.

Des barbershops à bas prix accusés de négliger l’hygiène

Les témoignages relayés indiquent une véritable « crise des barbearias bon marché » dans certaines villes britanniques. Mike Taylor décrit une situation où des rues entières voient fleurir des barbiers à la chaîne, en concurrence féroce sur les prix.

Il observe que, lorsque la course au tarif le plus bas s’engage, certains salons coupent dans les dépenses invisibles pour le client : produits de désinfection, temps consacré à nettoyer chaque tondeuse entre deux rendez-vous, formation des employés aux règles d’hygiène. Résultat : le risque de contamination augmente.

Le phénomène inquiète aussi les instances représentatives de la profession. Gareth Penn, directeur du Conseil de coiffure et de barbering, plaide pour un enregistrement obligatoire des coiffeurs et barbiers au Royaume-Uni, à l’image d’un ordre professionnel.

Selon Gareth Penn, l’absence de cadre favorise l’installation de salons sans formation ni qualification sérieuse, voire de structures servant de façade à des activités illégales.

Malgré ces alertes, le gouvernement britannique indique ne pas avoir de projet pour réglementer davantage le secteur des salons de coiffure et barbiers. Le métier reste donc peu encadré par la loi, alors même que ces professionnels sont en contact étroit et répété avec la peau et les cheveux de leurs clients.

La dermatophytose, une infection ancienne qui touche encore 10 à 20 % de la population

La dermatophytose n’a rien d’une maladie nouvelle. Historiquement, elle était associée aux quartiers très pauvres de l’époque victorienne, marqués par la promiscuité et des conditions d’hygiène précaires. Pourtant, elle demeure fréquente aujourd’hui.

Les dermatophytes, les champignons à l’origine de l’infection, se nourrissent de kératine, présente dans la peau, les ongles et les cheveux. L’infection se manifeste le plus souvent par :

  • des plaques rondes ou ovales, parfois en forme d’anneau ;
  • des démangeaisons intenses ;
  • des zones squameuses (peau qui pèle) ;
  • parfois de petites cloques ;
  • sur le cuir chevelu, des zones de chute de cheveux localisées.

Les experts cités par Gazeta Brasil rappellent que cette mycose touche entre 10 % et 20 % de la population, avec une fréquence plus élevée chez les enfants. Elle se transmet par contact direct peau à peau, mais aussi via des objets contaminés : peignes, brosses, serviettes, draps, oreillers ou encore tondeuses partagées.

Comment se transmet le champignon dans les salons de coiffure

Barbier ou coiffeur manipule la même tondeuse, les mêmes peignes et parfois les mêmes capes de protection pour des dizaines de clients par jour. Sans protocole strict, le matériel peut devenir un véritable vecteur de propagation.

Le Dr James O’Donovan, médecin au sein du service de santé britannique (NHS) et membre d’un groupe consultatif technique de l’Organisation mondiale de la santé, rappelle dans une vidéo largement vue sur YouTube que les champignons responsables de ces infections « peuvent vivre longtemps sur des objets contaminés ».

Un peigne, une tondeuse ou une serviette insuffisamment désinfectés peuvent servir de relais d’un cuir chevelu contaminé vers un cuir chevelu sain.

Son message s’adresse au grand public : il recommande d’éviter le partage de peignes, brosses, chapeaux, serviettes et taies d’oreiller. Ces gestes concernent aussi bien la maison que les lieux collectifs comme les salons de coiffure.

Traitement et gestes de prévention au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, comme en France, la dermatophytose se traite principalement par des médicaments antifongiques. Le plus souvent, il s’agit de crèmes ou de gels à appliquer localement, prescrits par un médecin. Dans les formes plus étendues ou profondes, un traitement oral peut être nécessaire.

Le Dr O’Donovan insiste aussi sur la gestion des cas en collectivité, notamment chez l’enfant. Lorsqu’un enfant présente une mycose du cuir chevelu, il recommande que les enseignants et les parents des camarades soient informés. Les autres membres du foyer doivent être examinés par un médecin et, si besoin, traités.

Il explique également que, dans certaines situations, il peut conseiller que toute la famille utilise un shampooing antifongique médicamenteux deux fois par semaine pendant quatre semaines, même si tous les membres ne présentent pas encore de symptômes visibles. Cette approche vise à limiter les allers-retours de l’infection au sein du foyer.

Ce que les barbiers demandent aux autorités britanniques

Face à la hausse de cas constatée sur le terrain, les professionnels interrogés réclament principalement deux choses : un encadrement plus strict de l’ouverture des barbershops et une obligation de formation minimale en hygiène et sécurité.

Le Conseil de coiffure et de barbering milite pour un registre officiel, qui permettrait de distinguer les salons respectant les normes des structures informelles. Pour l’instant, le gouvernement britannique reste sur une ligne de non-intervention, arguant qu’aucune régulation spécifique n’est prévue pour le secteur.

Quelles précautions pour les clients français chez leur coiffeur ou barbier ?

En France, les coiffeurs et barbiers relèvent d’un métier réglementé, avec un diplôme exigé pour ouvrir un salon et des règles sanitaires contrôlées par les autorités. Les salons doivent notamment respecter des protocoles d’hygiène pour le matériel tranchant, les tondeuses, les rasoirs et le linge (serviettes, capes).

Ces obligations limitent le risque, mais ne le suppriment pas totalement. Certains comportements restent déterminants :

  • observer l’état général du salon : sol, poste de travail, propreté visible du matériel ;
  • vérifier que les lames et têtes de tondeuse sont nettoyées ou changées entre deux clients ;
  • refuser le partage de rasoirs non jetables ;
  • poser des questions en cas de doute sur le protocole de désinfection.

Les coupes très rasées, type dégradé à blanc, peuvent être pratiquées en toute sécurité si le matériel est rigoureusement entretenu et désinfecté. Un professionnel doté d’une formation solide connaît ces enjeux et intègre ces gestes à sa routine.

Quand consulter en cas de doute sur une infection du cuir chevelu

Pour un lecteur français, les signes qui doivent pousser à consulter un médecin sont similaires à ceux décrits au Royaume-Uni :

  • plaques rouges ou brunes sur le cuir chevelu, parfois circulaires ;
  • démangeaisons importantes persistantes ;
  • apparition de croûtes ou de zones squameuses ;
  • chute de cheveux localisée, avec une zone bien délimitée ;
  • petites cloques ou suintements.
  • Le médecin généraliste ou le dermatologue peut alors confirmer l’infection, prescrire un traitement adapté et donner des consignes d’hygiène pour éviter la contamination des proches. En France aussi, il peut proposer un shampooing antifongique à l’entourage dans certaines situations.

    Pourquoi les coupes très rasées favorisent ce type d’infection

    Un rasage très près de la peau provoque de minuscules microcoupures, souvent invisibles. La couche protectrice de la peau se trouve alors fragilisée. Sur une tondeuse ou un rasoir insuffisamment désinfectés, des champignons peuvent survivre, coincés entre les lames ou dans les résidus de cheveux.

    L’association « microcoupures + matériel contaminé + succession rapide de clients » crée un terrain idéal pour la transmission de la mycose.

    Ce mécanisme ne concerne pas uniquement les barbiers. Les salles de sport, piscines ou vestiaires où l’on partage serviettes, bonnets ou casques peuvent également faciliter la transmission de dermatophytes. Le principe reste le même : humidité, chaleur, contact rapproché et objets communs.

    Un mot sur le terme dermatophytose

    Le mot « dermatophytose » désigne une infection de la peau par des champignons microscopiques spécialisés dans la kératine. Les termes « teigne » ou « mycose du cuir chevelu » décrivent concrètement la même famille de problèmes lorsqu’ils touchent la tête.

    Ces infections répondent généralement bien au traitement si elles sont prises à temps. La difficulté vient souvent du délai avant le diagnostic : beaucoup de personnes pensent d’abord à une simple irritation, à une allergie au shampooing ou à un eczéma, retardant la consultation.

    Pour limiter ces risques, les signaux venus du Royaume-Uni rappellent l’importance de gestes simples : choisir des salons sérieux, observer comment le matériel est entretenu, éviter le partage d’objets en contact avec la peau et consulter sans tarder en cas de démangeaisons persistantes après une coupe très rasée.

    Questions fréquentes

    Qu'est-ce qu'une dermatophytose et comment se manifeste-t-elle ?

    La dermatophytose, aussi appelée teigne, est une infection fongique contagieuse causée par des champignons qui se nourrissent de kératine. Elle provoque des plaques rondes ou ovales, des démangeaisons intenses, des zones squameuses et parfois une chute de cheveux localisée.

    Comment la mycose se transmet-elle dans les salons de coiffure ?

    Le champignon se propage via des objets contaminés partagés entre clients : tondeuses, peignes, serviettes ou capes de protection mal désinfectés. Les spores fongiques peuvent vivre longtemps sur ces surfaces et pénétrer un cuir chevelu micro-éraflé.

    Pourquoi la coupe skin fade expose-t-elle davantage au risque ?

    Cette coupe très rasée, très populaire auprès des jeunes, crée de petites éraflures sur le cuir chevelu qui facilitent la pénétration des spores fongiques provenant de tondeuses mal désinfectées.

    Comment traiter une dermatophytose ?

    La dermatophytose se traite principalement par des antifongiques prescrits par un médecin, sous forme de crèmes ou gels locaux pour les formes légères, ou par traitement oral pour les formes étendues. Un shampooing antifongique peut aussi être prescrit à titre préventif pour toute la famille.

    Que demandent les barbiers britanniques pour améliorer la situation ?

    Les professionnels réclament un enregistrement obligatoire des barbiers, une formation minimale en hygiène et sécurité, ainsi qu'un encadrement plus strict de l'ouverture des salons, à l'image d'un ordre professionnel.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Défiler vers le haut