RacingZone

À 11 ans, elle invente une tasse pour son grand-père atteint de Parkinson : des milliers de ventes plus tard, elle est multimillionnaire

Aux États-Unis, une fillette de 11 ans imagine une tasse spéciale pour aider son grand-père malade, sans se douter du succès mondial à venir.

Son histoire circule à nouveau sur les réseaux en 2026 : Lily Born, Américaine, a conçu enfant une tasse pensée pour son grand-père atteint de la maladie de Parkinson. Son idée, transformée en produit par la petite entreprise familiale Imagiroo, s’est vendue à des dizaines de milliers d’exemplaires et a généré plus d’un million de dollars de revenus, rapporte le site Imagiroo dans ses bilans.

À 7 ans, l’idée naît d’un simple geste pour son grand-père

Tout commence alors que Lily n’a que 7 ans. Elle observe son grand-père, atteint de la maladie de Parkinson, renverser régulièrement sa boisson. Les tremblements typiques de cette pathologie neurologique rendent la préhension d’un mug classique très difficile. Les liquides se renversent, les vêtements se tâchent, et chaque geste du quotidien devient source de frustration.

Face à cette situation, la fillette cherche une solution concrète. Elle imagine une tasse plus stable, spécialement pensée pour les personnes dont les mains tremblent. L’objectif est simple : éviter que le récipient ne se renverse à la moindre secousse.

En observant son grand-père renverser son café à cause de ses tremblements, Lily conçoit l’idée d’une tasse qui reste stable même lorsque les mains bougent.

Cet élan d’affection familiale devient rapidement un véritable projet. À 11 ans, en 2014, Lily met au point la première version de sa tasse et la baptise « Kangaroo Cup », rapidement surnommée « tasse Kangourou » en français.

Une tasse à trois pieds pour rester stable malgré les tremblements

La force de l’invention de Lily réside dans un choix de design très simple, mais redoutablement efficace : cette tasse possède trois pieds intégrés à sa base, au lieu de reposer sur un fond plat traditionnel.

La Kangaroo Cup est une tasse à trois pieds, avec une base élargie et un centre de gravité abaissé, conçue pour limiter les renversements.

Concrètement, ces trois pieds créent une assise plus large et plus stable. Même si la table est légèrement heurtée ou si la personne tremble, la tasse a moins de chances de basculer. Le centre de gravité est maintenu bas, ce qui réduit encore le risque de basculement.

Le design intègre aussi des poignées larges, pensées pour une prise en main facilitée. Elles rappellent certains ustensiles de cuisine ergonomiques destinés aux personnes âgées ou en situation de handicap moteur.

  • Trois pieds intégrés à la base pour élargir la surface d’appui ;
  • Un centre de gravité abaissé pour renforcer la stabilité ;
  • De larges poignées ergonomiques pour une meilleure prise en main ;
  • Un matériau plastique haute résistance pour limiter la casse.

Au départ, Lily et son père fabriquent la tasse en plastique classique, puis testent une version en céramique, jugée plus agréable. Mais ce matériau se révèle trop fragile au quotidien, notamment en cas de chute. La famille finit par se tourner vers un plastique haute résistance, plus adapté à un usage intensif et répété, notamment chez des personnes sujettes à des tremblements.

Du projet familial à l’entreprise mondiale grâce au financement participatif

Impressionné par l’idée de sa fille, le père de Lily décide de l’aider à passer de l’objet artisanal au véritable produit commercial. Ensemble, ils créent la marque Imagiroo et lancent une campagne de financement participatif.

Aux États-Unis, les plateformes de financement participatif comme Kickstarter ou Indiegogo permettent à des particuliers de soutenir financièrement un projet en échange de contreparties, par exemple la réception du produit une fois fabriqué. Dans le cas de la Kangaroo Cup, cette méthode a été décisive.

Les campagnes sur Kickstarter et Indiegogo ont permis à Imagiroo de récolter plus de 62 000 dollars pour lancer la production industrielle de la tasse.

Selon les informations publiées par la société, ces premières levées de fonds servent à financer les moules, les premiers stocks et la logistique. Une fois la tasse disponible, les ventes en ligne puis en magasin s’enchaînent.

Au fil des années, Imagiroo revendique la vente de plusieurs dizaines de milliers de tasses dans le monde. Les revenus issus des ventes au détail et sur internet atteignent rapidement plus de 350 000 dollars. En ajoutant la valeur de l’entreprise et les revenus cumulés, l’ensemble finit par franchir la barre symbolique du million de dollars.

C’est ce succès financier, associé au fait que Lily a commencé enfant, qui conduit plusieurs médias anglophones à présenter l’Américaine comme « multimillionnaire » ou « jeune entrepreneuse à succès ». La marque bénéficie d’une forte couverture médiatique, avant même que Lily n’entre dans l’âge adulte.

Imagiroo s’essouffle, mais l’histoire de Lily continue

Douze ans après ses débuts, la situation a changé. Aujourd’hui âgée de 23 ans, Lily n’occupe plus le poste de directrice opérationnelle d’Imagiroo. Selon les informations publiées par la marque, elle a géré l’entreprise durant son adolescence, aux côtés de son père, tout en poursuivant ses études.

Au fil du temps, l’activité commerciale se réduit. Les mugs ne sont plus proposés à la vente sur le site officiel d’Imagiroo. La tasse Kangourou a toutefois laissé sa trace : plusieurs modèles ont circulé, tous construits autour de la même idée de stabilité renforcée pour les personnes souffrant de troubles moteurs.

À 23 ans, Lily intervient surtout comme conférencière, partageant son expérience pour encourager les jeunes à innover et à se lancer.

L’ancienne « enfant entrepreneuse » intervient désormais comme « conférencière inspirante », notamment auprès de jeunes entrepreneurs. Son parcours sert souvent d’exemple pour montrer qu’une idée née d’un besoin très concret, observé dans son entourage, peut se transformer en projet d’entreprise, même à un âge très jeune.

Ce que la tasse Kangourou change pour les personnes atteintes de Parkinson

Pour les patients atteints de la maladie de Parkinson, chaque geste du quotidien, de la cuisine à la salle de bain, peut devenir complexe. La tasse Kangourou fait partie de ces petits équipements qui améliorent concrètement la qualité de vie.

Son concept répond à plusieurs enjeux pratiques :

  • Limiter les renversements de liquide, source de gêne, de risques de brûlure et de tâches ;
  • Réduire le stress lié au fait de boire en public, parfois vécu comme humiliant lorsqu’un verre se renverse ;
  • Maintenir une certaine autonomie, en évitant qu’un proche doive systématiquement tenir ou surveiller la tasse.
  • Ce type de solution s’inscrit dans la famille des aides techniques pour la vie quotidienne. On y retrouve par exemple les couverts lestés ou les assiettes à rebord, qui existent aussi en France pour les personnes atteintes de Parkinson ou d’autres troubles de la motricité.

    La valeur ajoutée de la tasse Kangourou tient autant à son design qu’à son histoire : un objet pensé par une enfant pour un proche, puis diffusé à large échelle.

    Quelle situation en France pour ce type d’aide au quotidien ?

    En France, la prise en charge des personnes atteintes de la maladie de Parkinson passe principalement par le suivi neurologique à l’hôpital ou en cabinet, mais aussi par des dispositifs d’accompagnement social et matériel. Les aides techniques comme des tasses ergonomiques ou des couverts adaptés existent sur le marché français, proposées par des enseignes de matériel médical ou de maintien à domicile.

    Ces produits sont classés parmi les aides à la vie quotidienne. Ils peuvent être achetés directement par les familles ou, dans certains cas, faire l’objet d’un financement partiel par différents dispositifs, selon la situation de la personne et le conseil des professionnels de santé.

    Les structures françaises comme les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) peuvent orienter vers ces solutions, notamment lorsqu’un ergothérapeute recommande un aménagement du domicile ou des ustensiles adaptés. L’ergothérapie joue un rôle clé dans le choix de ces objets, en évaluant les capacités motrices et les besoins réels de la personne.

    En France, l’équivalent de la tasse Kangourou se trouve dans la gamme de vaisselle ergonomique et d’ustensiles adaptés recommandés par les ergothérapeutes pour limiter les renversements et maintenir l’autonomie.

    Pour un patient français, l’histoire de Lily illustre surtout un principe : observer les difficultés concrètes du quotidien permet parfois de trouver des solutions simples, complémentaires aux traitements médicamenteux. De nombreuses initiatives locales, parfois artisanales, naissent ainsi dans les familles ou les associations de patients.

    Un exemple inspirant d’innovation « au ras du quotidien »

    Le récit d’Imagiroo rappelle qu’une innovation utile ne vient pas toujours des laboratoires ou des grandes entreprises. Dans ce cas précis, le point de départ reste une situation très ordinaire : un grand-père qui renverse son café. La réponse de Lily consiste à modifier un objet du quotidien, en jouant sur quelques paramètres physiques bien connus :

    • agrandir la surface d’appui pour plus de stabilité ;
    • abaisser le centre de gravité ;
    • faciliter la préhension avec des poignées plus larges ;
    • limiter la casse avec un matériau résistant.

    Ces principes se retrouvent dans de nombreux objets pensés pour des publics fragiles : verres anti-renversement, bols ventouses, ou encore couverts lestés. Ils s’appuient sur des notions de base de la physique (équilibre, gravité, répartition des masses) appliquées à des petits gestes quotidiens.

    Pour des familles confrontées à la maladie de Parkinson, l’exemple de la tasse Kangourou peut donner des idées très concrètes : surélever légèrement un bord d’assiette, utiliser des verres plus larges et plus bas, ajouter un revêtement antidérapant sous les tasses, choisir des poignées plus épaisses. Autant d’ajustements simples qui réduisent le risque de renversement et permettent à la personne malade de continuer à agir seule pour boire ou manger.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Défiler vers le haut