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La crème solaire en hiver : les dermatologues sont unanimes, le froid n’arrête ni les UV ni les dommages sur la peau

Personne en vêtements d'hiver appliquant de la crème solaire sur son visage en montagne enneigée sous un soleil brillant.

Manteau, gants, écharpe… mais pas de crème solaire ? Aux États-Unis, des spécialistes rappellent que le froid ne bloque pas les UV.

Alors que l’on associe encore souvent la protection solaire aux vacances d’été, un dossier de MedlinePlus, service en ligne de la bibliothèque nationale de médecine américaine, rappelle que le soleil abîme la peau toute l’année. Même quand il fait très froid, les UV continuent de frapper et de favoriser le vieillissement cutané et les cancers de la peau.

En hiver, les UV diminuent… mais restent dangereux

En hiver, la Terre s’incline davantage par rapport au soleil, ce qui fait baisser le niveau de rayonnements ultraviolets. Les journées raccourcissent, le soleil est plus bas, et l’on passe en général moins de temps dehors. Tout pousse à penser que la peau est moins exposée.

Pourtant, les dermatologues américains cités par MedlinePlus expliquent que température et UV n’avancent pas main dans la main. L’air peut être glacial et le rayonnement rester suffisant pour endommager les cellules cutanées, en particulier le visage, le cou et les mains, qui demeurent souvent découverts.

Le froid ne neutralise pas les UV : une peau non protégée peut subir des dommages même quand le thermomètre est largement en dessous de zéro.

Autre idée reçue démentie : la nébulosité. Les nuages ne filtrent qu’environ la moitié des UV. Le reste traverse la couverture nuageuse et atteint la peau sans que l’on s’en rende compte. Résultat : une fausse impression de sécurité, surtout lors des journées grises où l’on ne ressent pas la chaleur du soleil.

Pourquoi on se croit à tort à l’abri l’hiver

Les rayonnements ultraviolets sont invisibles. On ne peut ni les voir ni les sentir directement. Sans sensation immédiate de brûlure, beaucoup estiment ne pas « prendre le soleil ». Cette absence de signal d’alerte conduit souvent à faire l’impasse sur la crème solaire dès les premiers froids.

Aux États-Unis, le National Cancer Institute, organisme public de lutte contre le cancer, rappelle que le cancer de la peau est le cancer le plus fréquent dans le pays. Il recommande de limiter l’exposition directe entre 10 heures et 16 heures, quelle que soit la saison, et d’appliquer une protection adaptée sur les zones découvertes.

Selon ces recommandations, un indice de protection (SPF) d’au moins 30 doit être appliqué sur le visage, les oreilles et toute autre partie du corps exposée. Un bonnet, un bandeau couvrant les oreilles ou des cache-oreilles apportent une barrière mécanique bienvenue, mais ils ne protègent pas les zones laissées à nu, comme l’arête du nez ou les pommettes.

Le soleil, principal moteur du vieillissement visible de la peau

Le vieillissement fait naturellement partie de la vie de la peau. Avec les années, elle perd de son élasticité, se fragilise, marque davantage. Les chercheurs américains rappellent toutefois qu’une large part des signes visibles de l’âge est directement liée au soleil.

Jusqu’à 90 % des changements visibles souvent attribués à l’âge seraient en réalité liés à des dommages solaires répétés.

À long terme, les UV fragilisent la structure de la peau. Elle devient plus fine, se froisse, se ride et se déchire plus facilement. De petits vaisseaux sanguins peuvent apparaître en surface, notamment sur les joues et le nez. L’amas de micro-lésions finit par modifier l’aspect général du visage.

Sur les mains, les avant-bras ou le décolleté, on voit surgir taches brunes, grandes taches de rousseur et zones plus claires. Ces fameuses « taches de vieillesse » traduisent une exposition répétée au soleil pendant des années, sans protection suffisante.

Quand les lésions deviennent précancéreuses

Les dermatologues américains insistent sur un point : tous les dommages du soleil ne se résument pas aux coups de soleil rouge vif. Certains changements cutanés, plus discrets, peuvent correspondre à des lésions précancéreuses.

Parmi elles, les kératoses actiniques : il s’agit de plaques rouges, rugueuses, souvent squameuses, qui se développent sur les zones les plus exposées, comme le visage, les oreilles ou le dos des mains. Lorsqu’elles touchent les lèvres, on parle de chéilite actinique. Ces lésions peuvent, dans un certain nombre de cas, évoluer vers un cancer de la peau.

Tout changement persistant sur la peau, surtout sur une zone très exposée au soleil, mérite un avis médical.

Les spécialistes américains recommandent donc une surveillance régulière de la peau, en particulier chez les personnes au teint clair, celles qui ont beaucoup bronzé jeunes ou qui travaillent dehors.

Sports d’hiver : un cocktail à haut risque pour la peau

Les amateurs de ski, de snowboard ou de randonnée en montagne cumulent plusieurs facteurs aggravants. L’air est plus pur et plus sec, ce qui laisse passer davantage d’UV. Et l’altitude joue un rôle clé : dans les Alpes, rappellent les données citées par MedlinePlus, le niveau de rayonnement peut augmenter d’environ 6 % par tranche de 300 mètres parcourus vers le haut.

À cela s’ajoute l’effet miroir de la neige. Sa surface blanche projette une partie importante des UV vers le visage, le cou et les yeux. On reçoit alors les rayons à la fois directement et par réflexion.

Cette situation ne concerne pas seulement la peau. Les yeux aussi peuvent être gravement touchés :

  • risque accru de mélanome de l’œil, une forme de cancer oculaire liée à l’exposition aux UV ;
  • photokératite, souvent appelée cécité des neiges, une inflammation douloureuse de la cornée provoquée par une dose massive d’UV.

Dans les régions polaires, les populations autochtones le savent depuis longtemps. MedlinePlus rappelle que des habitants d’Alaska ont conçu il y a des milliers d’années des sortes de lunettes rudimentaires, avec des fentes étroites, pour se protéger des reflets sur la neige.

Bien se protéger sur les pistes

Avant de partir en randonnée ou au ski, les spécialistes américains recommandent systématiquement :

  • une crème solaire à large spectre (UVA et UVB) avec un indice d’au moins 30 sur toute zone découverte ;
  • des lunettes de soleil ou des masques de ski avec protection UV certifiée ;
  • un casque ou un bonnet couvrant largement le front et les oreilles ;
  • un renouvellement fréquent de la crème, surtout en cas de transpiration ou après une pause en terrasse.

Ce que disent les recherches américaines sur soleil et peau

Le dossier de MedlinePlus mentionne plusieurs travaux soutenus par le National Institutes of Health (NIH) et le National Cancer Institute aux États-Unis. Ils ne concernent pas directement la crème solaire, mais éclairent les conséquences des dommages cutanés liés au soleil.

Immunothérapie et mélanome

Un essai mené par le SWOG Cancer Research Network a observé l’effet d’un traitement d’immunothérapie, le pembrolizumab, chez des patients atteints de mélanome, un des cancers de la peau les plus graves. Les chercheurs ont comparé deux stratégies : administration uniquement après la chirurgie ou avant et après l’opération.

Les résultats montreraient une diminution du risque de récidive chez les patients ayant reçu le médicament avant et après l’intervention, par rapport à ceux traités seulement après. Les scientifiques restent prudents : ils ne savent pas encore si cette approche prolonge la durée de vie globale des malades, mais estiment que ces données pourraient conduire à adapter les recommandations destinées aux oncologues.

Compléments alimentaires et aspect du visage

Une autre étude s’intéresse aux effets d’un complément alimentaire de la marque IMEDEEN® chez des femmes adultes présentant déjà des dommages cutanés dus au soleil. L’hypothèse des chercheurs est que ce produit pourrait modifier l’apparence générale de la peau du visage, son hydratation, sa densité ou encore la finesse des rides, après six mois de prise.

Les investigateurs comparent ce complément à un placebo pour évaluer son impact réel. À ce stade, MedlinePlus signale le protocole sans détailler les résultats finaux.

Prédispositions génétiques rares

Des équipes du National Cancer Institute se penchent enfin sur des formes rares de mélanome, dites « spitzoïdes », qui surviennent souvent chez l’enfant. Leurs travaux récents ont montré que des personnes porteuses de mutations dans un gène appelé POT1 développent plus volontiers ces mélanomes particuliers.

Des participants sont encore recrutés pour mieux comprendre comment ces prédispositions génétiques interagissent avec des facteurs environnementaux, notamment l’exposition solaire, dans la survenue de ces cancers.

Faut-il aussi mettre de la crème solaire en France l’hiver ?

En France, les recommandations vont dans le même sens que celles relayées aux États-Unis. Les sociétés savantes de dermatologie et les autorités sanitaires rappellent que les UV atteignent la peau dès que l’on s’expose à la lumière du jour, même par temps froid et couvert.

Les principes sont similaires :

  • éviter l’exposition prolongée en milieu de journée, surtout pour les enfants ;
  • porter des vêtements couvrants et un chapeau quand c’est possible ;
  • utiliser une crème solaire adaptée au type de peau sur les zones découvertes, en particulier en montagne ou en bord de mer ;
  • protéger systématiquement les yeux avec des lunettes filtrant les UV lors des sports de neige.

Beaucoup de dermatologues français recommandent l’usage quotidien d’une protection au moins sur le visage pour les personnes à la peau claire, celles qui ont déjà des antécédents de lésions cutanées ou qui passent du temps dehors pour leur travail ou leur loisir.

Comment intégrer la protection solaire à sa routine hivernale

Pour un lecteur français, la grande question reste souvent pratique : comment garder ce réflexe en plein mois de janvier ou de février, quand l’envie de bronzer est loin ? Les spécialistes soulignent qu’une bonne stratégie consiste à intégrer la protection solaire à la routine de soins du matin.

Utiliser une crème hydratante contenant un indice de protection ou appliquer une protection solaire après sa crème de jour permet de se protéger sans y penser.

Une habitude simple consiste à viser systématiquement les zones qui dépassent des vêtements : visage, oreilles, cou, éventuellement mains. Sur les pistes de ski, une attention particulière doit être portée au nez, aux pommettes et au menton, très exposés aux reflets de la neige.

En complément, des accessoires bien choisis font une réelle différence : bonnet couvrant, tour de cou remonté sur le bas du visage, gants longs. Ces protections physiques ne remplacent pas la crème, mais limitent la surface de peau à traiter et réduisent l’intensité des rayons reçus.

Ce que cache un « simple » coup de soleil d’hiver

Un coup de soleil pris sur un télésiège ou lors d’une promenade peut sembler anodin, surtout s’il disparaît en quelques jours. Les données rappelées par MedlinePlus montrent pourtant que chaque brûlure contribue à un capital de dommages cumulatifs. À long terme, cette accumulation rend la peau plus fragile, accélère l’apparition des rides et augmente le risque de certains cancers cutanés.

À l’inverse, réduire l’exposition inutile, se crémer régulièrement et surveiller sa peau constituent un trio gagnant pour limiter ces risques. Un rendez-vous ponctuel chez un dermatologue, surtout en cas de grain de beauté suspect ou de tache qui change, reste le meilleur moyen de faire le point.

Questions fréquentes

Pourquoi dois-je mettre de la crème solaire en hiver alors qu'il fait froid ?

Parce que les rayons ultraviolets sont invisibles et ne dépendent pas de la température de l'air. Même par grand froid, les UV continuent d'abîmer les cellules cutanées et de favoriser le vieillissement prématuré et les cancers de la peau.

Les nuages me protègent-ils suffisamment du soleil ?

Non, les nuages ne filtrent qu'environ la moitié des UV. L'autre moitié traverse la couverture nuageuse et atteint votre peau sans que vous ne ressentiez la chaleur du soleil, ce qui crée une fausse impression de sécurité.

Quel indice de protection dois-je utiliser en hiver ?

Le National Cancer Institute recommande un indice SPF d'au moins 30 à appliquer sur le visage, les oreilles et toute zone découverte, quelle que soit la saison. Une réapplication fréquente est nécessaire, surtout en cas de transpiration.

Le ski et la randonnée en montagne augmentent-ils le risque de dommages cutanés ?

Oui, car l'altitude augmente l'exposition aux UV (environ 6 % supplémentaires par 300 mètres), l'air est plus pur, et la neige réfléchit les rayons comme un miroir. Vous recevez donc les UV à la fois directement et par réflexion.

Jusqu'à quel pourcentage du vieillissement visible est causé par le soleil ?

Selon les chercheurs américains cités, jusqu'à 90 % des changements visibles souvent attribués à l'âge seraient en réalité liés à des dommages solaires répétés sans protection suffisante.

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