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Le « nonna-maxxing » envahit les réseaux : ce n’est pas qu’une esthétique, la science y voit des habitudes de longévité

Le « nonna-maxxing » envahit les réseaux : ce n'est pas qu'une esthétique, la science y voit des habitudes de longévité

Sur TikTok et ailleurs, un nouveau mode de vie inspiré des grands-mères italiennes séduit la génération Z, loin des écrans et des injonctions bien-être.

Nommé « nonna-maxxing », ce courant viral venu des États-Unis prône une existence plus lente et plus simple, calquée sur celle des grands-mères italiennes. Derrière les vidéos de pâte pétrie à la main, de potagers entretenus avec soin et de longues tablées familiales, se cachent en réalité des pratiques étudiées depuis des années par les chercheurs en longévité, rapporte le site Fox News Digital.

Vivre comme une grand-mère italienne, le principe du « nonna-maxxing »

Le terme vient de « nonna », qui signifie « grand-mère » en italien. L’idée : imiter son mode de vie au quotidien. Au programme, selon Fox News Digital :

  • cuisine maison à partir d’ingrédients bruts ;
  • repas de famille longs et réguliers ;
  • marche quotidienne, souvent à un rythme modéré ;
  • travaux manuels et jardinage ;
  • réduction nette du temps passé sur les écrans.

Pour une partie de la génération Z, ce style de vie apparaît comme un antidote à la complexité de la « culture bien-être » actuelle, entre applications, compléments alimentaires et routines sportives sophistiquées. Sur TikTok, des vidéos cumulant des millions de vues montrent ainsi des jeunes imitant leurs « nonnas », robe à fleurs, tablier, marmite sur le feu et téléphone posé loin de la table.

La diététicienne américaine Erin Palinski-Wade, installée dans le New Jersey, résume ce mouvement auprès de Fox News Digital comme « une tendance 2026 qui adopte le mode de vie plus lent et plus intentionnel d’une grand-mère italienne ». Elle insiste sur quelques piliers : cuisiner à partir de produits frais, marcher tous les jours, jardiner et réduire son exposition aux écrans.

Le « nonna-maxxing » remet au goût du jour des routines simples – cuisiner, marcher, jardiner, recevoir – que la science associe à une meilleure santé et à une vie plus longue.

Pourquoi ce courant s’appuie sur des données de longévité

Derrière l’esthétique « nonna », il existe un socle scientifique bien identifié. Fox News Digital rappelle qu’une région italienne, la Sardaigne, fait partie des « zones bleues », ces territoires du monde connus pour abriter une forte proportion de centenaires. L’Italie figure par ailleurs parmi les pays où l’espérance de vie est la plus élevée.

Dans ces zones bleues, les chercheurs ont observé plusieurs caractéristiques communes, qui recoupent largement la tendance « nonna-maxxing » :

  • une activité physique modérée mais régulière (marche, travaux agricoles ou domestiques) ;
  • des repas cuisinés à domicile, avec des produits locaux et peu transformés ;
  • une forte densité de liens sociaux, familiaux et de voisinage ;
  • un état d’esprit centré sur la gratitude, la transmission et le sens donné au quotidien.

Autrement dit, les vidéos virales ne sortent pas de nulle part : elles emballent de manière tendance des pratiques issues de cultures traditionnellement longues-vivantes, même si TikTok ne cite évidemment pas les études de longévité à l’origine de ces constats.

Moins d’écrans, plus de liens : l’impact sur la santé mentale

Le volet « déconnexion » du nonna-maxxing ne relève pas seulement d’une quête d’authenticité. La thérapeute américaine Laurie Singer, interrogée par Fox News Digital, insiste sur les bénéfices psychiques d’un temps d’écran réduit au profit d’interactions réelles.

Elle rappelle que les échanges en face à face améliorent nettement la santé mentale, là où les réseaux sociaux peuvent alimenter la comparaison permanente et abaisser l’estime de soi. En s’éloignant du « doom-scrolling » – ces défilements infinis de contenus anxiogènes – pour privilégier une activité concrète, les adeptes du nonna-maxxing modifient la qualité de leur attention.

Laurie Singer met aussi en avant le rôle des activités manuelles, centrales dans cette esthétique : jardinage, pâtisserie, tricot, marche attentive. Selon elle, ces tâches favorisent la présence au moment, un sentiment d’utilité et un résultat tangible, qu’il s’agisse d’un gâteau, d’un carré de potager ou d’un pull terminé.

Le nonna-maxxing encourage la concentration sur une tâche réelle plutôt que l’évitement par les écrans : un basculement qui agit directement sur le stress et l’humeur.

Marcher un quart d’heure par jour, un geste déjà protecteur

La dimension physique de ce mode de vie peut sembler modeste : il n’est pas question de séances intensives en salle de sport, mais plutôt de promenades quotidiennes à un rythme soutenu, comme on peut en voir dans les villages italiens où les aînés marchent chaque après-midi.

Fox News Digital cite une étude publiée en 2020 dans l’American Journal of Preventive Medicine. Les chercheurs y ont montré qu’environ 15 minutes de marche rapide par jour suffisaient à associer cette habitude à une baisse du risque de mortalité prématurée. Cela correspond très exactement à la fameuse « promenade de nonna » après le repas, loin d’un entraînement sophistiqué.

Ce type de résultat alimente l’idée que de petits changements, réguliers, peuvent peser sur la santé à long terme, sans transformation radicale du mode de vie.

Un état d’esprit particulier face à l’âge

Au-delà de la cuisine et du jardin, le nonna-maxxing s’accompagne aussi d’un regard spécifique sur le vieillissement. Fox News Digital évoque le cas de Licia Fertz, une Italienne mise en avant par le média américain SELF. Son rituel quotidien : s’habiller avec des couleurs vives, se maquiller, et soigner son apparence, non pour rechercher l’approbation extérieure, mais comme forme de bienveillance envers elle-même.

« Ne te pense jamais vieux », affirme-t-elle. « Tu nais jeune. » Une formule qui résume une position volontaire, où l’âge n’est pas uniquement associé au déclin. Cette philosophie rejoint les travaux de la chercheuse Sonja Lyubomirsky, de l’université de Californie à Riverside, qui étudie la manière dont la perception que l’on a de la vieillesse influe sur la santé et le bien-être.

Elle interroge : « Est-ce un cadeau ? Est-ce une affaire de sagesse, de maturité, de richesse de vie, ou bien uniquement de détérioration et de perte ? Les deux peuvent être vrais. Mais vous pouvez choisir. »

Adopter un regard plus positif sur l’âge, comme le suggère le nonna-maxxing, n’est pas qu’une question de discours : la recherche montre que ces perceptions influencent réellement la qualité de vie.

Ce que ce courant change – ou pas – pour un Français

Les faits décrits par Fox News Digital concernent avant tout les États-Unis, où le nonna-maxxing séduit sur TikTok un public lassé d’une approche très industrialisée du bien-être. Les références scientifiques citées, elles, portent sur l’Italie et ses zones de longévité, dont la Sardaigne.

Pour un lecteur français, nombre d’éléments évoqués trouvent déjà un écho familier. La tradition des repas en famille, la cuisine faite maison à partir de produits bruts, ou encore la promenade quotidienne restent bien ancrées dans de nombreux foyers. Les recommandations officielles de santé publique en France encouragent aussi une activité physique régulière, sans forcément passer par une salle de sport, et une alimentation majoritairement composée de produits peu transformés.

Les approches psychologiques évoquées dans l’article américain – limiter le temps d’écran, privilégier les contacts directs, pratiquer des activités manuelles – rejoignent ce que préconisent les professionnels de santé mentale en France. Les psychologues mettent fréquemment en avant le rôle de la régularité, des rituels et de l’ancrage dans le réel pour réduire l’anxiété et la ruminations.

Comment s’inspirer du « nonna-maxxing » sans copier TikTok

Sans suivre une tendance au pied de la lettre, un lecteur français peut tirer de ce courant quelques pistes très concrètes :

  • prévoir un repas maison partagé au moins une ou deux fois par semaine, sans télévision ni téléphone posé sur la table ;
  • instaurer une marche quotidienne de 10 à 20 minutes, à heure fixe si possible, seul ou accompagné ;
  • réserver des créneaux « sans écran » pour une activité concrète : lecture, tricot, couture, bricolage, jardinage, cuisine ;
  • entretenir un petit potager, même en jardinière sur un balcon, pour recréer le lien entre alimentation et saisonnalité ;
  • mettre en place un rituel personnel de mise en beauté ou d’habillement, destiné à se faire plaisir à soi plutôt qu’aux autres.

Ces ajustements ne nécessitent pas de budget important ni d’application spécialisée. Ils reposent sur des gestes ordinaires, répétés dans la durée, à l’image de ce que montrent les observations en zones bleues.

Les bénéfices cumulés de petites habitudes

L’un des enseignements principaux de la tendance nonna-maxxing, telle que décrite par Fox News Digital, tient à l’effet combiné de ces comportements. Pris séparément, cuisiner davantage chez soi, marcher tous les jours ou limiter les écrans peuvent sembler modestes. Ensemble, ils réorganisent une journée autour de temps forts concrets, d’échanges humains et d’une activité physique légère mais constante.

Pour la longévité comme pour la santé mentale, ce sont précisément ces accumulations qui pèsent. Les études de longévité menées dans différentes régions du monde montrent rarement un geste unique « miracle », mais plutôt un ensemble de pratiques ordinaires, ancrées dans le quotidien depuis des années.

Le nonna-maxxing, en transformant ces habitudes en récit viral, remet sur le devant de la scène une question simple : à quoi ressemble une journée « ordinaire » quand elle est alignée avec ce que la science associe à une vie plus longue et plus apaisée ? Les réponses se trouvent moins dans les filtres TikTok que dans les marmites, les chemins de promenade et les tables familiales que chacun peut déjà avoir sous la main.

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