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Les voitures de plus de 40 ans sont dispensées de contrôle technique : les chiffres révèlent ce que font vraiment leurs propriétaires

Les voitures de plus de 40 ans sont dispensées de contrôle technique : les chiffres révèlent ce que font vraiment leurs propriétaires

Au Royaume-Uni, les voitures de plus de 40 ans échappent au contrôle technique obligatoire. Une enquête auprès de leurs propriétaires bouscule plusieurs idées reçues.

Au Royaume-Uni, les voitures anciennes de plus de 40 ans ne sont plus soumises au contrôle technique officiel depuis 2018. Huit ans après cette décision, un sondage réalisé par l’assureur spécialisé Hagerty, dont rend compte le média automobile britannique Autocar, montre que les passionnés ne profitent pas de ce « blanc-seing » pour rouler avec des épaves. Au contraire, beaucoup réclament même un contrôle dédié à leurs véhicules de collection.

Une exemption de contrôle technique qui inquiète… surtout sur le papier

Depuis 2018, les voitures de plus de 40 ans immatriculées au Royaume-Uni bénéficient d’une exemption « glissante » de l’équivalent du contrôle technique français, appelé MOT. Chaque année, le seuil vieillit d’un an : en 2026, cela concerne ainsi toutes les voitures mises en circulation avant le début des années 1980.

Lors de l’annonce de cette mesure par le gouvernement britannique, une partie du milieu automobile s’était montrée très réservée. La crainte principale : voir circuler sur les routes des véhicules techniquement dépassés, potentiellement mal entretenus, mais légalement autorisés à rouler sans contrôle périodique.

La suppression du contrôle technique obligatoire pour les voitures de plus de 40 ans avait été perçue comme un risque pour la sécurité routière, en particulier par ceux qui ne fréquentent pas l’univers des véhicules de collection.

Comme le rappelle Autocar, le MOT est historiquement conçu pour les voitures modernes, utilisées au quotidien et sur de longues distances. Les critères portent notamment sur les émissions polluantes, les systèmes de freinage modernes, l’éclairage, la corrosion structurelle ou encore les dispositifs de sécurité plus récents.

Ce que révèle le sondage Hagerty sur le comportement des propriétaires

Huit ans après l’entrée en vigueur de l’exemption, Hagerty, assureur spécialisé dans les véhicules classiques au Royaume-Uni, a interrogé un panel de propriétaires de voitures de plus de 40 ans. L’objectif : savoir comment ils entretiennent réellement leurs autos, et ce qu’ils pensent d’un éventuel retour du contrôle.

Selon les résultats présentés par Autocar, la très grande majorité des propriétaires interrogés se dit favorable à l’idée d’un contrôle technique spécifique adapté aux voitures classiques, même s’il n’est plus obligatoire aujourd’hui pour leurs véhicules les plus anciens.

La plupart des propriétaires de voitures de plus de 40 ans seraient prêts à accepter un contrôle dédié, ciblant les points de sécurité essentiels mais respectueux des spécificités de leurs véhicules.

Autrement dit, l’exemption ne se traduit pas par un refus du principe de contrôle. Les conducteurs interrogés semblent surtout regrett­er l’inadéquation du MOT standard aux contraintes et aux réalités techniques des voitures très anciennes.

Des voitures plus choyées que la moyenne

Le sondage s’inscrit dans une réalité souvent rappelée par les spécialistes : les voitures de collection sont généralement mieux entretenues que les véhicules ordinaires, car elles roulent moins, sont souvent une passion à part entière, et leur valeur financière et affective incite à la vigilance.

Dans les discussions relayées par Autocar autour de cette enquête, plusieurs points reviennent fréquemment :

  • les voitures classiques sont souvent suivies par des garages spécialisés ou des mécaniciens connaissant parfaitement ces modèles ;
  • elles parcourent peu de kilomètres chaque année, ce qui limite l’usure rapide de leurs composants ;
  • les propriétaires effectuent eux-mêmes des contrôles réguliers, voire des restaurations complètes ;
  • chaque défaut visible ou audible est souvent traité plus vite que sur une voiture « utilitaire » du quotidien.

Pour l’assureur, ces comportements expliquent en partie pourquoi les craintes initiales liées à la suppression du MOT obligatoire pour les plus de 40 ans ne se sont pas traduites par une explosion d’accidents impliquant ces véhicules.

Pourquoi les passionnés britanniques souhaitent un test dédié

Si nombre de propriétaires se disent favorables à un contrôle, ce n’est pas pour revenir au dispositif d’origine sans adaptation. Ils plaident pour un examen plus ciblé, centré sur les points de sécurité essentiels, mais qui tienne compte de l’âge du véhicule et de ses technologies d’époque.

Par exemple, une voiture construite dans les années 1960 n’a pas été conçue avec les mêmes standards de freinage, d’éclairage ou de retenue des occupants qu’un modèle des années 2020. Soumettre les deux véhicules à la même grille peut vite devenir incohérent.

Les propriétaires ne réclament pas un contrôle plus laxiste, mais un contrôle plus pertinent, taillé sur mesure pour leurs voitures et leurs usages.

Un test spécifique pourrait, selon les discussions relayées par Autocar, se concentrer sur :

  • l’état des freins et du circuit hydraulique ;
  • la direction et les liaisons au sol (rotules, suspensions, pneus) ;
  • la structure du châssis et la corrosion des zones critiques ;
  • l’état du système d’éclairage, dans les limites de la technologie d’origine ;
  • les fuites de carburant ou de liquide pouvant créer un danger immédiat.
  • Le reste – conformité aux normes d’émissions modernes, équipements électroniques absents à l’époque – n’aurait pas de sens pour ces véhicules. Ce type de dispositif permettrait, selon les passionnés, de rassurer les autorités et le grand public sur la sécurité de ces voitures, sans les pénaliser inutilement.

    Ce que change l’exemption au Royaume-Uni pour un conducteur britannique

    Concrètement, un propriétaire britannique d’une voiture de plus de 40 ans peut aujourd’hui circuler sans présenter de certificat de MOT en cours de validité, dès lors que son véhicule entre dans la catégorie éligible à l’exemption. En revanche, il reste soumis à l’obligation générale de maintenir son véhicule en état de circuler sans danger, comme tout automobiliste.

    En cas d’accident, la responsabilité du propriétaire peut être engagée si l’enquête montre que la voiture était manifestement dangereuse, même sans obligation de MOT. Les assureurs, comme Hagerty, restent très attentifs à la qualité de l’entretien et aux éventuelles modifications techniques apportées aux véhicules assurés.

    Cette situation illustre un choix politique : alléger la contrainte administrative et financière pour un parc réduit de véhicules, souvent de valeur, et dont l’usage reste limité, tout en misant sur la responsabilisation des passionnés.

    La situation en France : contrôle technique et véhicules de collection

    Pour un lecteur français, la question se pose différemment. En France, les véhicules particuliers doivent passer un contrôle technique périodique, en général tous les deux ans, avec des règles spécifiques pour les véhicules dits « de collection » lorsqu’ils disposent d’une carte grise portant cette mention.

    Les grandes lignes du dispositif français peuvent être résumées ainsi :

    Type de véhicule Âge Contrôle technique
    Véhicule « normal » Jusqu’à plusieurs décennies Contrôle tous les 2 ans
    Véhicule avec carte grise de collection Généralement plus de 30 ans Périodicité allégée (fréquence plus longue que 2 ans)
    Véhicule très ancien, sans mention collection Plus de 40 ans Reste soumis au contrôle standard tant qu’il n’est pas en carte grise de collection

    Contrairement au Royaume-Uni, il n’existe pas en France, à ce jour, d’exemption générale de contrôle technique pour les voitures de plus de 40 ans. En revanche, la périodicité et certains points de contrôle peuvent être adaptés pour les véhicules officiellement reconnus comme de collection, afin de prendre en compte leur ancienneté et leurs équipements d’origine.

    Les centres de contrôle technique français appliquent une réglementation spécifique publiée par les pouvoirs publics, qui précise les tolérances acceptées pour les véhicules anciens, sans pour autant supprimer l’exigence de sécurité minimale sur des éléments comme les freins, la direction ou la structure.

    Quelles leçons pour les amateurs français de véhicules anciens ?

    L’expérience britannique, telle que rapportée par Autocar et par le sondage Hagerty, met en lumière plusieurs points qui parlent aussi aux collectionneurs français. D’abord, le rôle central joué par les propriétaires eux-mêmes : ce sont eux qui, par leur entretien rigoureux, limitent les risques, bien plus que n’importe quel formulaire administratif.

    Ensuite, l’idée qu’un contrôle technique adapté aux véhicules anciens peut être perçu comme une protection, pas seulement comme une contrainte. Pour un acheteur potentiel, savoir qu’une voiture de collection est passée par un examen sérieux, mais raisonnable au regard de son âge, constitue un gage de confiance.

    Enfin, cette situation rappelle qu’un véhicule exempté de contrôle – ou bénéficiant d’un contrôle allégé – n’est pas exempté de responsabilité. Un défaut de frein ou une corrosion avancée sur une pièce structurelle garde les mêmes conséquences, quelle que soit la date de première immatriculation ou le régime administratif applicable.

    Pour les passionnés, au Royaume-Uni comme en France, l’enjeu principal reste le même : conserver des voitures anciennes vivantes sur la route, sans les transformer en objets statiques de musée, tout en assurant une sécurité minimale pour leurs occupants et pour les autres usagers. Une approche combinant passion, discipline d’entretien et contrôle adapté semble, à la lumière de l’enquête de Hagerty, la piste privilégiée par une grande partie des propriétaires de ces voitures de plus de 40 ans.

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