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Jeter les crottes de son chien ou de son chat dans les toilettes : les vétérinaires alertent sur ce que cela provoque vraiment

Jeter les crottes de son chien ou de son chat dans les toilettes : les vétérinaires alertent sur ce que cela provoque vraiment

Au Royaume-Uni, des vétérinaires appellent les propriétaires de chiens et de chats à cesser de jeter les excréments de leurs animaux dans les toilettes, en raison de risques sanitaires et environnementaux sous-estimés.

Dans un article repéré sur le média britannique en ligne LadBible, une vétérinaire détaille pourquoi les crottes de chien ou de chat n’ont rien à faire dans les toilettes, même lorsqu’elles sont emballées dans des sacs ou des litières présentés comme « biodégradables » ou « flushables ». Les mises en garde, formulées au Royaume-Uni, concernent aussi directement les propriétaires d’animaux en France.

Des excréments d’animaux très différents de ceux des humains

À première vue, une crotte reste une crotte. Pourtant, les spécialistes rappellent que les déjections animales ne sont pas traitées comme les déjections humaines dans les réseaux d’assainissement. La vétérinaire britannique Alice Judge, cofondatrice de l’entreprise Pet Impact, explique que les eaux usées sont d’abord pensées pour les besoins humains, pas pour les parasites portés par les animaux domestiques.

Selon la vétérinaire, les stations d’épuration sont conçues pour les germes présents dans les selles humaines, pas pour certains parasites typiques des chiens et des chats, capables de résister aux traitements classiques.

Autrement dit, ce qui est évacué par la chasse d’eau n’est pas forcément neutralisé par la suite. Une partie des agents infectieux peut franchir les différentes étapes de traitement et se retrouver dans les rivières, les estuaires ou les zones côtières.

Le cas particulier des crottes de chat : le risque toxoplasmose

Pour les chats, le problème majeur tient à un parasite bien connu : Toxoplasma gondii, responsable de la toxoplasmose. Alice Judge rappelle que les crottes de chat « contiennent souvent un parasite très résistant, appelé Toxoplasma, qui peut infecter les humains et les animaux ».

Elle précise que « de nombreuses stations de traitement municipale de l’eau n’ont pas l’équipement ni les procédés pour le tuer, car elles sont conçues pour les humains qui n’évacuent pas ce parasite ». Résultat : le toxoplasme peut « passer dans nos cours d’eau et représenter un risque pour les humains et les animaux ».

Ce parasite peut entraîner des complications graves chez les personnes immunodéprimées et chez la femme enceinte. La vétérinaire souligne aussi l’impact sur la faune : « il peut même se révéler mortel pour certains animaux sauvages ». Des études ont notamment montré des contaminations chez des mammifères marins exposés à des eaux souillées.

  • Les crottes de chat peuvent contenir le parasite de la toxoplasmose.
  • Les stations d’épuration classiques ne l’éliminent pas toujours.
  • Le parasite peut atteindre les cours d’eau et la faune sauvage.
  • Jeter la litière souillée dans les toilettes aggrave cette diffusion.

Sacs « flushables » et litières biodégradables : un faux sentiment de sécurité

L’autre alerte concerne les sacs et litières vendus comme « biodégradables » ou « flushables » (jetables aux toilettes). Pour Alice Judge, de « nombreuses études ont montré que les produits biodégradables et flushables, y compris les sacs pour crottes censés être jetables par la chasse d’eau, ne se désagrègent pas comme annoncé ».

La vétérinaire explique que ces produits sont conçus pour se décomposer dans des installations de compostage spécifiques, pas dans l’eau froide des canalisations domestiques.

Elle rappelle un précédent spectaculaire : ces sacs dits « flushables » ont historiquement provoqué pour 8 millions de dollars de dommages liés à des bouchons dans les réseaux d’évacuation en Australie, selon les chiffres cités par LadBible.

Les litières pour chat, même étiquetées biodégradables, posent les mêmes difficultés. Elles gonflent, stagnent, se coincent dans les recoins de la plomberie et favorisent la formation de « bouchons » avec le reste des déchets solides du réseau.

La vétérinaire résume le principe par une règle simple : « nos vieux systèmes d’égouts sont conçus seulement pour les 3 P : pee, poo and paper – urine, selles et papier toilette – et peuvent se boucher facilement dès que l’on y jette autre chose ».

Pourquoi les crottes de chien posent aussi problème

On pourrait croire les crottes de chien moins risquées à évacuer seules, sans sac ni litière. Pourtant, Alice Judge déconseille également cette pratique.

Elle indique que les déjections canines « contiennent deux fois plus de bactéries nocives » que les selles humaines et renferment aussi des parasites spécifiques. Parmi eux, elle cite un ver rond, Toxocara, « très résistant aux hautes températures ».

Un parasite comme Toxocara peut survivre à des températures élevées, ce qui complique son élimination dans les installations de traitement classiques.

Là encore, le risque ne se limite pas aux canalisations. Une partie de ces agents pathogènes peut résister et finir dans l’environnement, avec un potentiel de contamination pour d’autres animaux ou pour l’homme, notamment via les sols souillés.

Que faire des crottes de son animal à la place ?

Face à ce constat, la vétérinaire recommande clairement de ne pas utiliser les toilettes pour se débarrasser des excréments d’animaux. Elle le reconnaît avec humour : elle s’est découvert « une drôle de passion pour les sacs à crottes », mais plaide pour des produits réellement plus vertueux.

Elle suggère de choisir des sacs « fabriqués à partir de déchets existants et qui contribuent directement à lutter contre la pollution plastique des océans ». L’idée est de privilégier des matériaux issus de flux déjà destinés à l’enfouissement ou à l’incinération, plutôt que d’utiliser des matières vierges pour produire de nouveaux sacs.

Selon elle, les spécialistes recommandent de « réutiliser des déchets déjà voués à la décharge ou à l’incinération, plutôt que des matériaux vierges, pour fabriquer les sacs à crottes ». Cette approche « réduit la production de nouveaux plastiques, limite la pollution, diminue les émissions de carbone et réduit la consommation d’énergie ».

Geste Recommandation générale
Jeter les crottes aux toilettes Déconseillé, risque de parasites et de bouchons
Utiliser des sacs « flushables » Déconseillé, mauvaise dégradation dans l’eau froide
Mettre la litière dans les toilettes Déconseillé, risque élevé d’obstruction des canalisations
Sacs issus de déchets existants Préféré, limite la production de nouveaux plastiques

Ce que cela implique pour les propriétaires d’animaux en France

En France, les réseaux d’assainissement fonctionnent sur le même principe qu’au Royaume-Uni : ils sont dimensionnés pour les déjections humaines et le papier toilette, pas pour les litières, sacs ou excréments animaux. Les services d’eau et d’assainissement rappellent régulièrement que lingettes, cotons-tiges, protections hygiéniques, graisses de cuisine, litière ou sacs ne doivent pas finir dans les WC.

Les règles locales restent simples :

  • Les crottes ramassées en ville doivent être placées dans une poubelle, généralement dans les ordures ménagères résiduelles.
  • La litière de chat usagée doit être jetée dans la poubelle adaptée, jamais dans les toilettes.
  • Certains syndicats de traitement des déchets proposent des informations spécifiques pour les propriétaires d’animaux, mais l’orientation reste l’élimination avec les ordures ménagères.

Les communes françaises investissent déjà dans la lutte contre les bouchons dans les réseaux d’eaux usées, souvent causés par un mélange de graisses, lingettes et autres produits non adaptés. Ajouter à cela des crottes de chien ou de chat, des litières agglomérantes et des sacs « flushables » augmente encore la pression sur les infrastructures publiques.

Pourquoi les toilettes ne sont pas des poubelles polyvalentes

L’avertissement relayé par LadBible illustre un enjeu plus large : les toilettes restent un système fermé, conçu pour transporter un volume limité de matières spécifiques. Chaque ajout inadapté peut se traduire par :

  • un risque de bouchon dans la plomberie du logement, avec refoulements et frais de débouchage à la clé ;
  • des interventions coûteuses pour les collectivités, lorsqu’un amas se forme dans les canalisations publiques ;
  • une transmission potentielle de parasites ou bactéries résistants à l’environnement naturel.

Cette réalité vaut autant pour les propriétaires urbains que pour les habitants de maisons individuelles avec fosse toutes eaux ou station individuelle. Les systèmes d’assainissement non collectif se colmatent facilement en présence de matières non prévues, ce qui impose vidanges et réparations prématurées.

Parasites, bactéries, biodégradabilité : quelques explications utiles

Les parasites évoqués par la vétérinaire britannique illustrent la différence entre un déchet « sale » et un déchet réellement pathogène. Toxoplasma gondii, lié au chat, et Toxocara, lié notamment au chien, disposent de phases de résistance dans l’environnement. Ils supportent des variations de température, l’humidité et parfois certains traitements chimiques, ce qui complique leur élimination complète.

La mention « biodégradable » prête, elle aussi, à confusion. Un produit peut être biodégradable dans des conditions industrielles précises (température contrôlée, oxygène, micro-organismes adaptés), tout en restant quasiment intact dans de l’eau froide ou dans une canalisation sombre et peu ventilée. C’est cette différence entre théorie et réalité que rappelle la vétérinaire, en citant les millions de dollars de dégâts causés en Australie par les sacs présentés comme flushables.

Pour un propriétaire d’animal, le geste le plus sûr consiste donc, selon ces experts, à considérer crottes, litière et sacs comme des déchets ménagers classiques. Leur collecte par le circuit des ordures permet un traitement adapté (incinération ou enfouissement contrôlé), sans faire peser de charge supplémentaire sur les stations d’épuration et sans risquer d’envoyer des parasites résistants dans les rivières.

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