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Fin du plafond à 100 livres pour le paiement sans contact : la nouvelle règle entre en vigueur dès jeudi au Royaume-Uni

À partir de jeudi, les banques britanniques pourront fixer elles-mêmes la limite des paiements sans contact, au-delà du seuil actuel de 100 livres.

Cette nouvelle liberté accordée aux banques et aux prestataires de paiement au Royaume-Uni, rapportée par le journal londonien Evening Standard, pourrait transformer en profondeur la façon dont les consommateurs règlent leurs achats du quotidien.

Ce que change la nouvelle règle adoptée par le régulateur britannique

Jusqu’ici, le plafond des paiements sans contact par carte était strictement limité à 100 livres (environ 117 euros) au Royaume-Uni. À partir de jeudi 19 mars 2026, cette contrainte disparaît : les établissements qui disposent de contrôles antifraude jugés solides pourront décider eux-mêmes du montant maximal autorisé sans insertion de code PIN.

Les banques britanniques ne sont plus enfermées dans un plafond uniforme de 100 livres : chacune pourra, si elle le souhaite, relever ou supprimer ce seuil, sous le contrôle du régulateur.

Cette évolution découle d’un changement de règles validé en décembre 2025 par la Financial Conduct Authority (FCA), le régulateur financier britannique. L’objectif affiché est double : adapter le cadre aux usages des consommateurs et à l’inflation, et accompagner les innovations technologiques dans les moyens de paiement.

Concrètement, la FCA précise que :

  • chaque banque ou fintech décidera si et quand elle utilise cette nouvelle flexibilité ;
  • les éventuels changements de plafond devront être clairement communiqués aux clients ;
  • les établissements sont encouragés à permettre à chaque client de régler lui-même sa propre limite, voire de désactiver totalement le sans contact.

Les règles qui imposent de saisir son code PIN après un certain nombre de paiements ou un montant cumulé pourraient aussi être revues. Les banques pourront, là encore, ajuster ces mécanismes de sécurité, tout en restant responsables de la lutte contre la fraude.

Pourquoi le sans contact est devenu incontournable au Royaume-Uni

Le Royaume-Uni fait partie des pays où le sans contact a le plus rapidement progressé. Les données reprises par Evening Standard sont frappantes. D’après les chiffres de Barclays, 94,6 % des paiements par carte éligibles en magasin étaient déjà réalisés en mode sans contact en 2024. Le nombre de transactions sans contact par mois est désormais dix fois plus élevé qu’en 2015.

Les données de l’organisme professionnel UK Finance confirment cette généralisation :

Type de carte Part des transactions en sans contact (décembre 2025)
Carte de crédit 67 %
Carte de débit 76 %

Le montant moyen d’un paiement sans contact reste pourtant modeste, à un peu moins de 18 livres. Ce contraste entre un usage massif et des montants unitaires limités nourrit le débat sur la pertinence de maintenir un plafond strict à 100 livres pour chaque transaction.

Le sans contact est devenu la norme au Royaume-Uni : presque tous les paiements par carte éligibles passent désormais par ce mode rapide, surtout pour de petits montants.

Ce que dit le régulateur britannique et l’enjeu de la fraude

Pour la FCA, assouplir le cadre ne signifie pas relâcher la vigilance. Au contraire, le régulateur estime que ces marges de manœuvre pousseront les établissements à investir davantage dans la prévention de la fraude. Les protections existantes sont maintenues : en cas de fraude non autorisée, par exemple si une carte est perdue ou volée, le consommateur doit être remboursé.

Les paiements via portefeuille mobile (wallet) peuvent déjà dépasser les 100 livres, car l’authentification repose sur des éléments biométriques comme la reconnaissance faciale ou l’empreinte digitale. Le nouveau cadre rapproche donc progressivement la carte physique de ces usages numériques plus flexibles.

Ce changement de règles fait partie d’un ensemble plus large : la révision du plafond du sans contact figurait parmi une cinquantaine de mesures que la FCA a mises en avant, dans un courrier adressé au Premier ministre britannique Keir Starmer en janvier, pour soutenir la croissance économique.

Comment réagissent les grandes banques britanniques

Si les règles changent dès jeudi, les consommateurs ne verront pas forcément d’impact immédiat. Les principaux groupes bancaires ont clairement indiqué, auprès d’Evening Standard, qu’ils n’avaient pas l’intention de relever sans délai la barre des 100 livres.

Les banques qui maintiennent le plafond à 100 livres

  • NatWest : aucune modification immédiate prévue. Les clients peuvent déjà activer ou désactiver le sans contact et abaisser leur limite en dessous de 100 livres via l’application.
  • Santander UK : pas de changement annoncé. Les clients peuvent couper le sans contact ou fixer leur propre limite, par paliers de 5 livres.
  • Lloyds, Halifax, Bank of Scotland : possibilité déjà offerte de régler le plafond en pas de 5 livres, jusqu’à 100 livres, via les applications. Le groupe veut conserver cette flexibilité mais ne prévoit pas de dépassement du seuil actuel.
  • Barclays : maintien du plafond de 100 livres. Les clients de la banque de détail peuvent fixer leur limite, jusqu’à 100 livres, dans l’application Barclays.
  • HSBC UK et First Direct : le plafond reste à 100 livres. Les clients ne peuvent pas encore abaisser ce seuil depuis leur application.
  • Nationwide Building Society et Virgin Money : aucune hausse immédiate envisagée, mais la situation restera examinée « dans les mois à venir ». Les clients de Nationwide peuvent déjà fixer leur limite en dessous de 100 livres.
  • TSB : le plafond reste fixé à 100 livres. Via l’application, les clients peuvent le diminuer ou désactiver totalement le sans contact.

Les banques en phase d’étude ou de suivi

  • Starling Bank : la banque en ligne examine les nouvelles règles, sans décision à ce stade. Ses clients peuvent déjà choisir un plafond par transaction, de 100 livres jusqu’à 0 livre, via une jauge dans leur application.
  • Monzo : le plafond reste inchangé pour l’instant. Les clients peuvent déjà personnaliser leur limite, voire couper le sans contact. Monzo souligne qu’elle revoit régulièrement ses plafonds et préviendra ses clients en cas de changement.
  • Revolut : pas de relèvement prévu de la limite de 100 livres, même si la question reste étudiée. Les clients ne peuvent pas abaisser spécifiquement la limite du sans contact, mais ils peuvent fixer des plafonds de dépenses mensuels globaux.

Pour Peter Harmston, responsable du conseil en paiements chez KPMG UK, cité par Evening Standard, le sans contact est désormais « la façon par défaut de payer » au Royaume-Uni. Selon lui, les clients privilégient avant tout « la rapidité et la facilité », et la suppression de la limite réglementaire va « un peu plus dans le sens de ces attentes ». Il anticipe toutefois une évolution progressive : pas de « changement radical dès le premier jour », mais des ajustements étalés sur plusieurs années, avec une priorité constante donnée à la sécurité, les banques supportant déjà « un coût élevé » en cas de fraude.

Ce qui attend les consommateurs britanniques dans les prochaines années

À court terme, les clients ne devraient donc pas voir leur plafond grimper soudainement. Le véritable changement se situe en coulisses : les banques disposent désormais d’un cadre leur permettant, si elles le jugent pertinent et si leurs systèmes antifraude le permettent, de relever ou de supprimer la limite par carte, tout en offrant plus de personnalisation aux utilisateurs.

La tendance de fond va vers une personnalisation accrue : chacun pourra à terme ajuster son plafond, voire désactiver le sans contact, en fonction de son appétence au risque et de ses habitudes de paiement.

Le modèle qui se dessine est celui d’un « menu » de paramètres dans les applications bancaires :

  • choisir un plafond par transaction (par exemple 30, 50 ou 100 livres, voire davantage si la banque l’autorise) ;
  • fixer un plafond cumulé quotidien ou mensuel pour l’ensemble des dépenses ;
  • activer ou désactiver totalement le sans contact sur une carte donnée ;
  • coupler ces réglages avec des alertes instantanées en cas de transaction suspecte.
  • Pour un utilisateur britannique, l’enjeu sera de trouver l’équilibre entre confort et sécurité, en tenant compte du fait que, même si la loi impose le remboursement en cas de fraude non autorisée, certains désagréments (carte bloquée, démarches, délai de remboursement) restent possibles.

    Quelle situation pour le paiement sans contact en France ?

    En France, les paiements sans contact par carte sont également très répandus, que ce soit en magasin, dans les transports ou dans la restauration. Le fonctionnement repose sur les mêmes principes : un seuil par transaction, un montant cumulé imposant régulièrement la saisie du code PIN, et des protections en cas de fraude. Les règles sont fixées dans le cadre européen et appliquées sous le contrôle de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), adossée à la Banque de France.

    Les banques françaises ne disposent pas d’une liberté totale comparable à celle accordée aujourd’hui aux établissements britanniques. Le cadre est davantage harmonisé au niveau de la zone euro. En revanche, la personnalisation progresse : de nombreuses banques permettent déjà, via leur application, de désactiver le sans contact, de bloquer temporairement la carte, ou de limiter certains usages (paiements en ligne, retraits à l’étranger).

    Pour un lecteur français, la réforme britannique illustre une tendance nette : le régulateur délègue de plus en plus aux banques la gestion fine des plafonds, avec une contrepartie forte en matière de prévention de la fraude. Le mouvement pourrait inspirer d’autres pays, même si chaque État conserve ses propres exigences et contraintes techniques.

    Les enjeux concrets pour un utilisateur de carte bancaire

    Cette évolution au Royaume-Uni met en lumière une question clé pour tous les détenteurs de cartes, y compris en France : comment paramétrer ses moyens de paiement pour limiter le risque sans se compliquer la vie ?

    Quelques principes pratiques se dégagent de la situation britannique :

    • vérifier régulièrement, dans son application bancaire, les plafonds de paiement et les options de blocage ou de désactivation ;
    • adapter le plafond du sans contact à ses habitudes : montant élevé pour ceux qui paient souvent de gros achats par carte, plus faible pour les personnes inquiètes de la fraude ou qui perdent facilement leurs cartes ;
    • activer les notifications en temps réel après chaque transaction, afin de repérer rapidement une opération suspecte ;
    • en cas de perte ou de vol, faire opposition sans attendre, même si la réglementation prévoit un remboursement des opérations non autorisées.

    Le terme « sans contact » désigne en réalité une technologie de communication à courte portée appelée NFC (Near Field Communication). La carte ou le téléphone échange des données chiffrées avec le terminal du commerçant à quelques centimètres de distance. Ce mode de paiement est conçu pour limiter les informations transmises et réduire le temps de transaction, ce qui explique sa popularité dans les files d’attente et les commerces de proximité.

    L’assouplissement du plafond réglementaire au Royaume-Uni montre que les autorités considèrent désormais que le principal levier de sécurité n’est plus le montant fixe par transaction, mais la qualité globale des systèmes de détection de fraude, l’authentification renforcée (biométrie, code unique) et la capacité des clients à paramétrer eux-mêmes leurs cartes.

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