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Une psychologue en soins palliatifs révèle ce que les gens regrettent le plus à la fin de leur vie : ce n’est ni l’argent ni le travail

Une psychologue en soins palliatifs révèle ce que les gens regrettent le plus à la fin de leur vie : ce n'est ni l'argent ni le travail

En Allemagne, une psychologue en soins palliatifs raconte ce que lui confient les personnes en fin de vie, quand tout se resserre.

Dans un entretien accordé au magazine allemand Brigitte, une psychologue qui accompagne des patients en phase terminale décrit ce qui pèse vraiment au moment de mourir. Son témoignage, issu de son quotidien en soins palliatifs, bouscule certaines priorités et rappelle le rôle central de nos liens avec les autres.

Le regard d’une psychologue au chevet des patients en fin de vie

Hanna Salm est psychologue en soins palliatifs à la clinique Helios de Bad Saarow, dans le Land de Brandebourg, en Allemagne. Elle suit principalement des patients atteints de cancers incurables, qu’elle accompagne dans leur dernière phase de vie, ainsi que leurs proches. Son travail consiste à offrir un soutien psychologique, à écouter les peurs, les regrets, les colères, mais aussi les réconciliations et les adieux.

Confrontée chaque jour à la mort, elle a développé, comme elle l’explique à Brigitte, une perception précise de ce qui permet aux malades de partir plus apaisés, et de ce qui, au contraire, provoque tension intérieure et remords. Ce ne sont ni les réussites professionnelles ni les comptes bancaires qui reviennent le plus souvent dans ces échanges.

Selon Hanna Salm, ceux qui partent sereinement sont rarement ceux qui ont « tout réussi », mais ceux qui ont préservé leurs liens les plus précieux.

À travers ces milliers d’heures d’écoute, la psychologue observe un schéma récurrent : au moment de faire le bilan de leur existence, les personnes en fin de vie ne jugent pas leur parcours à l’aune de leurs diplômes ou de leurs promotions, mais à partir de la qualité de leurs relations humaines.

Ce que les gens ne regrettent presque jamais : le manque de travail ou d’argent

Interrogée sur les regrets les plus fréquents qu’elle entend, Hanna Salm est catégorique. Elle confie n’avoir jamais été témoin d’un patient se lamentant de ne pas avoir assez travaillé ou gagné assez d’argent.

« Je n’ai encore jamais vu quelqu’un dire à la fin : “Si seulement j’avais davantage travaillé et gagné plus d’argent” », assure la psychologue au magazine allemand. Cette phrase revient chez elle comme un fil rouge : l’obsession du travail et de l’enrichissement, si présente dans la vie active, s’efface brutalement lorsque la perspective change et que le temps est compté.

Les heures supplémentaires, les projets bouclés dans l’urgence, les soirées passées au bureau au lieu d’être en famille cessent alors d’être synonymes de réussite. Ils deviennent souvent, à l’inverse, le symbole d’un temps qui aurait pu être consacré à autre chose, à quelqu’un.

Au moment de mourir, l’énergie consacrée à la carrière ou à l’argent apparaît rarement comme un bon investissement émotionnel.

Ces constats, exposés par Hanna Salm, rejoignent de nombreux travaux en psychologie qui montrent que la satisfaction de vie à long terme dépend moins du statut social ou du revenu que de la qualité des relations affectives et de la cohérence avec ses propres valeurs.

Ce qui fait vraiment mal à la fin : conflits et liens brisés

Selon la psychologue allemande, ce qui revient le plus souvent dans les regrets des malades, ce sont les conflits non résolus et les relations cassées. Elle parle de ces ruptures de contact avec une sœur, un frère, un ami de longue date, parfois un parent, qui n’ont jamais été réparées.

Elle décrit des patients qui, après l’annonce du diagnostic, ressentent un besoin pressant de reprendre contact avec une personne autrefois très proche. Certains souhaitent simplement entendre une dernière fois cette voix, d’autres espèrent clarifier un malentendu, demander pardon, ou accorder le leur.

« Quand il y a eu une rupture de contact, par exemple avec une sœur ou une autre personne autrefois proche, beaucoup de malades, après l’annonce de la maladie, ressentent le désir de reparler avec cette personne et, dans le meilleur des cas, d’éclaircir les choses », explique-t-elle.

Ce que les patients regrettent le plus, ce sont les relations abîmées qu’ils n’ont pas tenté de réparer tant qu’il en était encore temps.

Pour Hanna Salm, ces témoignages illustrent une réalité simple : ce qui donne sens à une vie, ce sont avant tout les liens qui nous unissent à nos proches. Des disputes qui durent, des fiertés qui empêchent de faire le premier pas, des silences qui se prolongent pendant des années finissent par peser très lourd lorsque l’horizon se referme.

Une invitation à repenser nos priorités au quotidien

L’expérience de cette psychologue soulève une question concrète : comment orienter nos choix de vie pour avoir, le moment venu, le moins possible de regrets ? Pour elle, la réponse ne tient pas à un métier parfait, ni à un lieu idéal où vivre, mais à l’alignement avec ses valeurs profondes et à la place accordée aux relations importantes.

Tout au long de la vie, chacun doit trancher entre différentes options, parfois après des nuits d’insomnie. Faut-il accepter ce poste mieux payé mais plus chronophage ? Partir vivre loin de sa famille ? Mettre fin à une relation amoureuse qui ne rend plus heureux ? La psychologue rappelle que, dans bien des cas, il n’existe pas une seule « bonne » voie.

L’essentiel, selon elle, est de prendre ses décisions en fonction de ses propres valeurs et ressentis, et non du regard des autres. Quand une décision est prise avec sincérité, au mieux de ce qu’on sait et de ce qu’on peut à ce moment-là, elle prête moins le flanc aux regrets. Beaucoup de choix restent réversibles, ou au moins ajustables avec le temps.

Mais il existe, à ses yeux et à ceux d’autres psychologues, un domaine où le renoncement laisse une trace plus profonde : ne pas donner à ceux qui comptent pour nous la place qu’ils méritent réellement dans notre vie.

Ne pas avoir assez investi dans ses relations proches figure parmi les rares regrets que l’on supporte très mal en fin de vie.

Les relations au cœur d’une vie jugée « réussie »

D’après Hanna Salm, on peut s’épanouir dans d’innombrables métiers, vivre en ville ou à la campagne, en Europe ou en Asie, être en couple ou célibataire. Ces paramètres pèsent moins qu’on ne le croit sur le sentiment d’avoir eu une vie globalement réussie.

Un point, en revanche, semble indispensable : la présence de liens affectifs profonds. Sans relations personnelles solides, sans amitiés intimes, sans attachement familial ou amoureux, beaucoup de malades lui confient avoir l’impression qu’il manque quelque chose de fondamental.

  • Les relations familiales stables, même imparfaites, offrent un sentiment d’ancrage.
  • Les amitiés de longue durée procurent un soutien et une reconnaissance essentiels.
  • Les liens amoureux, lorsqu’ils existent, donnent une couleur particulière aux souvenirs.
  • Les relations du quotidien (voisins, collègues, entourage associatif) nourrissent le sentiment d’appartenance.

Dans le service où travaille la psychologue, ces liens se manifestent concrètement : visites, messages, gestes de tendresse, rituels d’adieu. À l’inverse, l’absence de proches autour du lit d’un patient amplifie souvent le sentiment de solitude et les regrets liés à des relations rompues ou négligées.

Ce que ce témoignage dit de notre rapport à la mort

Le récit rapporté par le magazine Brigitte met aussi en lumière la difficulté, pour beaucoup, à se confronter à l’idée de leur propre fin. Certains préfèrent ne jamais y penser et vivent comme si tout devait se prolonger indéfiniment. Pour d’autres, réfléchir à la mort devient au contraire un moyen de mieux apprécier le présent.

Selon les observations de Hanna Salm, ceux qui ont déjà, au cours de leur vie, accepté l’idée de leur mortalité semblent souvent mieux armés pour accueillir la dernière phase. Ils ont eu le temps d’identifier ce qui compte pour eux, de dire ce qu’ils avaient à dire, d’ajuster certains choix.

Pour un lecteur français, ce témoignage fait écho au travail des équipes de soins palliatifs dans les hôpitaux et à domicile, qui accompagnent aussi bien la souffrance physique que la détresse psychologique et sociale. En France comme en Allemagne, ces équipes pluridisciplinaires (médecins, infirmiers, psychologues, assistants sociaux, bénévoles) aident les patients à mettre des mots sur leurs peurs, leurs regrets, mais aussi leurs gratitudes.

La situation en France : des soins palliatifs centrés aussi sur les liens

En France, les unités et équipes mobiles de soins palliatifs, en hôpital ou à domicile, observent des problématiques proches de celles décrites par Hanna Salm en Allemagne. Les psychologues hospitaliers et les professionnels des réseaux de soins palliatifs à domicile entendent très souvent, eux aussi, des regrets liés aux relations plutôt qu’au travail.

Les lois françaises encadrant la fin de vie, ainsi que les recommandations des autorités sanitaires, insistent sur l’importance de la prise en compte de la souffrance globale : physique, psychique, sociale et spirituelle. Dans ce cadre, l’attention portée à la famille, aux proches et à la volonté du patient de renouer ou non avec certaines personnes occupe une place centrale.

Concrètement, de nombreux services proposent :

Dispositif Objectif principal
Entretiens avec psychologue Aider le patient à exprimer ses peurs, regrets, souhaits
Accompagnement des proches Soutenir la famille pendant et après la fin de vie
Réunions de concertation Prendre en compte les souhaits du patient dans l’organisation des soins
Interventions de bénévoles Rompre l’isolement, favoriser le dialogue et l’écoute informelle

Ces pratiques visent, comme dans le témoignage venu d’Allemagne, à restaurer autant que possible les liens qui comptent encore pour le patient, à organiser les adieux et, lorsque c’est souhaité, à amorcer des démarches de réconciliation.

Comment tirer parti de ce témoignage dès maintenant

Pour un lecteur qui n’est pas concerné aujourd’hui par une situation de fin de vie, le récit de Hanna Salm peut servir de boussole pour l’avenir. Il invite à interroger ses priorités et à repérer les points de tension qui, laissés en l’état, risquent de se transformer plus tard en regrets douloureux.

  • Identifier les relations vraiment importantes : famille proche, amis de longue date, personnes de confiance.
  • Repérer les conflits gelés ou les liens rompus qui continuent de peser mentalement.
  • Se demander, honnêtement, ce que l’on regretterait de ne pas avoir essayé de réparer si l’on apprenait demain que le temps était compté.

Il ne s’agit pas de tout régler ni de tout pardonner à n’importe quel prix. Le témoignage de la psychologue ne fait pas de la réconciliation une obligation morale, mais signale que les occasions manquées de se parler une dernière fois laissent souvent une trace très vive.

Réfléchir à ces questions en amont permet aussi de donner une direction plus claire à certains choix de vie : accepter ou non un poste très prenant, s’éloigner géographiquement, consacrer ses week-ends à tel ou tel projet. En gardant à l’esprit que, si l’on en croit ceux qui ont déjà un pied dans l’au-delà, ce sont rarement les heures passées au bureau qui pèseront le plus lourd dans la balance finale.

Questions fréquentes

Quels sont les regrets les plus courants exprimés par les patients en fin de vie ?

Les patients regrettent principalement les conflits non résolus et les relations cassées avec des proches, ainsi que le temps insuffisant accordé aux personnes importantes. En revanche, ils ne regrettent presque jamais le manque de travail ou d'argent.

Qui est Hanna Salm et quel est son rôle ?

Hanna Salm est psychologue en soins palliatifs à la clinique Helios de Bad Saarow en Allemagne. Elle accompagne les patients atteints de cancers incurables dans leur phase terminale et offre un soutien psychologique à eux et à leurs proches.

Qu'est-ce qui permet aux patients en fin de vie de partir plus apaisés ?

Selon la psychologue, les patients qui partent sereinement sont ceux qui ont préservé leurs liens les plus précieux et qui ont pris des décisions en accord avec leurs valeurs profondes, plutôt que ceux qui ont « tout réussi » professionnellement ou financièrement.

Comment appliquer ces observations à nos choix de vie quotidienne ?

La psychologue recommande de prendre ses décisions en fonction de ses propres valeurs et ressentis plutôt que du regard des autres, et de ne pas négliger l'investissement dans les relations proches, car c'est un domaine où le renoncement laisse une trace profonde.

Les relations familiales sont-elles vraiment essentielles pour une vie réussie ?

Selon Hanna Salm, sans relations personnelles solides, amitiés intimes ou attachements familiaux et amoureux, beaucoup de malades lui confient avoir l'impression qu'il manque quelque chose de fondamental à leur vie.

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