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Il construit une voiture de sport homologuée dans son abri de jardin pour 7 000 dollars : ce n’est ni une moto ni une réplique

Il construit une voiture de sport homologuée dans son abri de jardin pour 7 000 dollars : ce n'est ni une moto ni une réplique

En Angleterre, un passionné d’automobile s’est lancé un défi fou : assembler chez lui une petite sportive ultralégère, loin des modèles de série.

Dans un contexte où les voitures neuves deviennent coûteuses, complexes et souvent aseptisées, un Britannique a pris le problème à la racine. Comme le raconte le média américain spécialisé Popular Science, Robert Ely, préparateur et restaurateur de véhicules anciens au Royaume-Uni, a décidé de construire lui-même une voiture de sport homologuée, en partant… de son simple abri de jardin.

Une sportive ultralégère construite dans un abri de jardin

Installé en Grande-Bretagne, Robert Ely a conçu et réalisé la Gasolini AR1, un minuscule engin à un seul siège, ultraléger, parfaitement légal sur route, pour un budget avoisinant 7 000 dollars (environ 6 600 euros selon les taux récents). Le montage a été intégralement effectué dans son cabanon, avec des outils de bricoleur et des pièces faciles à trouver.

La philosophie est claire : utiliser uniquement des composants courants, disponibles dans le commerce ou à la casse, et éviter les solutions exotiques ou hors de prix. L’AR1 n’est pas une réplique d’un modèle existant ni une moto maquillée, mais bien une voiture complète, pensée dès le départ comme telle.

La Gasolini AR1 est une voiture de sport monoplace, ultralégère, assemblée avec des pièces de série et entièrement homologuée pour circuler sur route.

Le châssis tubulaire sur mesure est recouvert d’une carrosserie en fibre de verre, simple à mouler et à réparer. Pas de formes complexes : Ely a délibérément évité les courbes multiples pour garder un ensemble facile à produire et à démonter. Toute la structure peut être mise à nu en quelques minutes, avec des outils standard, pour accéder à la mécanique.

Un moteur de moto, des roues de citadine et une vitesse de pointe raisonnable

Pour propulser sa création, Robert Ely a récupéré un moteur bicylindre de moto Honda de 2017, issu d’une CBR500. Ce bloc compacte d’environ 110 livres (près de 50 kg) développe environ 47 chevaux et entraîne la voiture via une boîte six vitesses. Le moteur est installé juste sous le siège du conducteur, façon voiture de course à moteur central.

Les roues, elles, proviennent d’une Ford Ka, une petite citadine bien connue sur le marché britannique. Là encore, l’objectif reste la facilité de remplacement et le coût maîtrisé. Avec cet ensemble ultraléger, la Gasolini AR1 atteint environ 72 miles par heure, soit un peu plus de 115 km/h. La consommation annoncée tourne autour de 41 miles par gallon, soit un ordre de grandeur proche des 5,7 litres aux 100 km.

Robert Ely a volontairement limité la vitesse maximale à moins de 80 mph afin de privilégier le plaisir à des vitesses légales et une consommation visée de 50 miles par gallon en conduite dynamique.

Côté comportement, Ely a emmené son engin sur un circuit local pour l’opposer à des voitures de série. Le châssis maison et la suspension conçue par ses soins encaissent les virages et les bosses sans broncher, et l’accélération, portée par le faible poids, se rapproche de celle d’un kart. L’ambiance à bord rappelle, selon lui, les sensations d’une ancienne voiture de course, brute et directe.

Un design entre science-fiction des années 1990 et course d’avant-guerre

Visuellement, Robert Ely a voulu mélanger plusieurs influences. Il parle d’une « sensation en deux dimensions » qui évoque une voiture de film de science-fiction des années 1990, combinée à la position centrale et au cockpit étroit des monoplaces européennes du début du XXe siècle.

Le museau très simple, sans courbures compliquées, comporte deux ouvertures évoquant des narines. Elles servent à canaliser l’air vers le radiateur. Associées à des phares proéminents, ces ouvertures donnent à l’AR1 un visage presque extraterrestre. Ely explique qu’il a ajouté ces éléments « pour un peu de caractère ».

  • Karosserie en fibre de verre, sans formes complexes
  • Moteur de moto Honda CBR500 deux cylindres, 47 ch
  • Roues issues d’une Ford Ka
  • Vitesse de pointe : environ 72 mph (environ 115 km/h)
  • Consommation visée en conduite sportive : 50 mpg
  • Homologation pour rouler sur route au Royaume-Uni

Un manifeste contre les voitures modernes jugées trop lourdes

Pour Popular Science, Robert Ely ne se contente pas de signer un projet original : il porte aussi un message. Selon lui, les constructeurs actuels délaissent les voitures légères et sobres au profit de modèles lourds, chargés d’électronique et souvent similaires les uns aux autres.

Dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, il explique : « Vous vous inquiétez peut-être ou vous pensez que c’est beaucoup d’efforts de construire votre propre voiture, et c’est le cas. Mais il suffit de regarder les voitures produites aujourd’hui pour voir que les constructeurs automobiles n’ont absolument aucun intérêt à fabriquer des voitures légères ou durables pour vous. »

Il poursuit : « Si vous voulez quelque chose de léger ou de différent, vous allez devoir le construire vous-même. » Pour lui, l’AR1 sert aussi de démonstration : il reste possible de créer un véhicule simple, vif et relativement efficient, sans technologie envahissante ni budget délirant.

Pour Robert Ely, l’AR1 prouve qu’une voiture amusante, légère et durable peut encore naître dans un simple abri de jardin, loin des lignes d’assemblage industrielles.

Imagination, pas besoin d’être mécanicien professionnel

Robert Ely ne prévoit pas de se transformer en constructeur artisanal. Il n’a pas l’intention de produire et vendre lui-même des séries de Gasolini AR1. En revanche, il a rédigé un manuel détaillé décrivant étape par étape la réalisation de la voiture. Ce guide est vendu 27 dollars. Selon ses calculs, un bricoleur motivé peut assembler sa propre version pour environ 7 000 dollars, en fonction des pièces trouvées et de l’état du matériel.

Il insiste sur le fait que ce n’est pas un projet réservé à une élite équipée d’un atelier industriel. Selon lui, un simple abri de jardin, quelques outils à main, des outils électroportatifs basiques et un poste à souder suffisent. Il précise que tout son espace de travail fonctionne avec seulement deux prises murales.

« Vous n’avez pas besoin d’être un mécanicien professionnel », affirme-t-il. Il explique avoir appris toutes les compétences nécessaires « auprès d’amis ou en regardant des vidéos sur YouTube ». Pour lui, les qualités déterminantes restent « l’imagination et la confiance en soi », loin devant la technicité pure.

Ce que ce type de projet implique réellement

Construire une voiture chez soi, même avec un manuel détaillé, représente pourtant un chantier d’envergure. Cela exige des notions de soudure, de sécurité routière, de fixation des trains roulants, de freinage et d’électricité. Au Royaume-Uni, l’homologation d’un véhicule de ce type passe par des procédures spécifiques, qui vérifient la conformité aux normes en vigueur.

Pour un amateur, les enjeux sont multiples :

  • maîtriser la sécurité structurelle (rigidité du châssis, points de fixation) ;
  • assurer un freinage efficace et équilibré ;
  • garantir un câblage propre limitant les risques de court-circuit ;
  • prévoir la maintenance à long terme (pièces de rechange, accès à la mécanique).

C’est justement pour répondre à ces points qu’Ely a choisi des pièces largement diffusées, connues des garages locaux, avec l’idée de soutenir aussi les ateliers de proximité. Il indique viser une durée de vie d’au moins dix ans pour sa création, même s’il reconnaît que le recul manque encore pour juger de la longévité réelle de l’AR1.

Construire sa voiture en France : cadre et différences

En France, des passionnés s’intéressent eux aussi aux véhicules artisanaux, qu’il s’agisse de kit-cars, de répliques ou de créations originales. Le principe reste comparable à celui de Robert Ely : assembler une voiture à partir de pièces existantes, souvent sur un châssis tubulaire, avec un moteur issu d’une moto ou d’une petite voiture. Le cadre administratif, en revanche, diffère nettement.

Un véhicule conçu et fabriqué par un particulier relève en France de la procédure dite de « réception à titre isolé », instruite par l’administration avec des vérifications techniques réalisées notamment par l’UTAC, l’organisme chargé des essais et de la certification automobile. L’objectif est analogue à celui du système britannique : s’assurer que le véhicule respecte les règles de sécurité et les normes applicables avant de circuler sur route ouverte.

Concrètement, un Français souhaitant réaliser un projet proche de la Gasolini AR1 doit :

  • concevoir un véhicule respectant les dimensions, dispositifs de sécurité et d’éclairage imposés par la réglementation ;
  • préparer un dossier technique complet décrivant châssis, freinage, direction, moteur, masse, etc. ;
  • présenter la voiture à des essais et contrôles ;
  • obtenir, en cas de conformité, un certificat permettant l’immatriculation.
  • Les grandes lignes rejoignent donc l’expérience de Robert Ely : la route légale n’est pas fermée aux constructeurs amateurs, mais elle impose rigueur et patience. Pour un lecteur français, l’histoire de l’AR1 montre ce qu’un passionné déterminé peut accomplir, tout en rappelant que la phase d’homologation reste incontournable.

    Pourquoi les voitures légères intéressent encore les passionnés

    Alors que les voitures modernes deviennent plus lourdes, notamment à cause des normes de sécurité, des équipements de confort et des systèmes d’assistance à la conduite, les amateurs comme Robert Ely défendent une approche plus dépouillée. Un véhicule léger demande moins de puissance pour offrir des sensations, consomme moins de carburant à performances équivalentes et sollicite moins les freins et les pneus.

    Dans ce type de projet, quelques principes clés reviennent :

    Objectif Choix technique
    Réduire les coûts Pièces de grande série, casse auto, composants standard
    Limiter le poids Châssis tubulaire, carrosserie en fibre de verre, habitacle minimaliste
    Faciliter la maintenance Accès rapide à la mécanique, démontage de la carrosserie en minutes
    Préserver le plaisir de conduite Moteur de puissance modeste mais vif, position centrale, centre de gravité bas

    Pour les passionnés français comme britanniques, ces choix permettent d’obtenir une voiture ludique à des vitesses raisonnables, sans chercher la performance brute ni les chiffres impressionnants. La Gasolini AR1 illustre cette tendance : un engin simple, accessible en pièces, pensé pour durer et se réparer, loin des catalogues des grands constructeurs.

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