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Il embarque sur une compagnie interdite de vol dans l’Union européenne : 4 choses l’ont surpris une fois à bord

Il embarque sur une compagnie interdite de vol dans l'Union européenne : 4 choses l'ont surpris une fois à bord

Un étudiant américain a choisi de voler avec Iraqi Airways, compagnie interdite dans l’Union européenne, et son trajet entre Bagdad et Dubaï lui a réservé plusieurs surprises.

Ce vol de deux heures et demie, réalisé en février entre l’Irak et les Émirats arabes unis, a été raconté par le passager au média économique américain Business Insider. Passionné par les compagnies peu connues du grand public, il a tenté l’expérience d’Iraqi Airways, bannie de ciel européen, et s’est retrouvé face à un mélange étonnant de modernité, d’imperfections et de chaleur humaine.

Une compagnie interdite de vol dans l’Union européenne mais en pleine reconstruction

L’étudiant, américain et féru d’aviation, explique avoir réservé sans hésitation un billet en classe économique sur Iraqi Airways pour environ 123 dollars, soit près de 105 euros, entre Bagdad et Dubaï. Autour de lui, la réaction a été immédiate : presque personne ne connaissait l’existence de la compagnie nationale irakienne, et la question de la sécurité revenait sans cesse.

Iraqi Airways reste marquée par des décennies de conflits et de sanctions qui ont freiné son développement. L’entreprise a peiné à renouveler sa flotte et à obtenir des pièces de rechange. Elle n’a jamais exploité de vols commerciaux vers les États-Unis, en raison notamment de la faible demande vers le Moyen-Orient et des doutes sur la surveillance de la sécurité aérienne dans le pays.

Depuis 2015, Iraqi Airways est frappée d’une interdiction totale d’exploitation dans l’Union européenne en raison de manquements graves constatés dans la sécurité des opérations et la supervision aérienne en Irak.

Malgré cette liste noire européenne, la compagnie continue d’assurer des vols régionaux et tente progressivement de se moderniser, comme l’a constaté le passager sur cette liaison entre Bagdad et Dubaï.

Une flotte plus moderne que prévu, mais une cabine négligée

Un Dreamliner presque neuf au départ de Bagdad

Au moment de réserver, le jeune Américain s’attendait à embarquer à bord d’un avion ancien, fatigué par les années. Sur le tarmac de l’aéroport international de Bagdad, le décor est tout autre : son vol est opéré par une Boeing 787 Dreamliner quasiment neuve.

L’appareil est l’un des deux Boeing 787-8 livrés à Iraqi Airways en 2023, auxquels doivent s’ajouter d’autres exemplaires d’ici 2027. Le renouvellement ne s’arrête pas là : la compagnie a rajeuni une grande partie de sa flotte, dont l’âge moyen tourne autour de onze ans, avec des modèles comparables à ceux de compagnies du Golfe comme Emirates ou Qatar Airways.

  • Introduction de l’Airbus A220 parmi les premières compagnies du Moyen-Orient
  • Livraison de Boeing 737 Max 8 de nouvelle génération depuis 2023
  • Utilisation de gros-porteurs comme le 787 Dreamliner sur certaines lignes

Vue de l’extérieur, la machine impressionne. Pourtant, une fois à bord, la réalité se montre moins flatteuse.

Une cabine sale dans un avion récent

À l’intérieur, le passager relève de nombreux détails décevants pour un avion aussi récent. Les sièges sont tachés, des miettes traînent sur les coussins, les pochettes de siège sont encrassées. La décoration beige et bleue lui paraît terne et peu accueillante.

Le contraste entre la modernité de l’appareil et l’état de la cabine souligne un manque d’entretien et de soin, inhabituel pour un avion de seulement deux ou trois ans.

Le voyageur admet également avoir gardé en tête les doutes qui entourent la sécurité: Iraqi Airways n’a connu qu’un seul accident majeur, en 1986, lors d’un détournement, mais cela n’a pas suffi à rassurer les autorités européennes. Celles-ci ont pointé des lacunes structurelles dans la gestion de la sécurité des vols, ainsi que dans le fonctionnement de l’autorité de l’aviation civile irakienne, jugée en dessous des standards internationaux.

Un aéroport animé… et envahi par les pigeons

Avant d’embarquer sur Iraqi Airways, l’étudiant rejoint Bagdad avec Turkish Airlines, au départ d’Istanbul. Il a obtenu son visa irakien en ligne via un prestataire tiers, pour environ 200 dollars, soit environ 170 euros, mais reste en zone internationale, ce qui lui laisse du temps pour observer l’aérogare.

Ce qui le frappe le plus n’est pas le bâtiment lui-même, ni les boutiques. Ce sont les oiseaux présents en nombre impressionnant dans le terminal. Des pigeons circulent partout dans la salle d’embarquement, certains se posent sur le dessus des caméras de vidéosurveillance comme sur un perchoir.

La scène amuse le voyageur pendant quelques minutes, jusqu’à un incident très concret : pendant l’embarquement, il voit une pigeon se soulager sur la tête d’un homme. La victime semble prendre la chose avec un calme surprenant, plus que ne l’aurait fait l’Américain lui-même.

Le terminal de Bagdad laisse l’image inhabituelle d’un aéroport international fonctionnant presque au milieu d’une colonie de pigeons, au point de gêner parfois les passagers.

Une véritable chaude assiette servie sur un vol de deux heures

Un service qui contraste avec les compagnies américaines

Sur le plan du service à bord, Iraqi Airways surprend agréablement son passager. Aux États-Unis, de nombreuses compagnies ont progressivement supprimé les repas sur les vols courts : en classe économique, un vol intérieur de deux heures se limite le plus souvent à une boisson et un petit snack emballé.

Sur ce trajet Bagdad–Dubaï de durée comparable, la compagnie irakienne propose un plateau repas chaud complet en classe économique. L’étudiant reçoit un plat principal à base de poulet et de riz, servi suffisamment tôt pour qu’il ait le temps de manger avant le début de la descente, accompagné d’un petit salade et d’eau.

Pour un vol de deux heures, la présence d’un repas chaud en classe économique illustre une philosophie de service plus généreuse que celle de nombreuses compagnies occidentales sur les mêmes distances.

Le voyageur souligne que tout était bon. Il y voit une différence nette de stratégie : les compagnies américaines, très exposées à la concurrence, ont réduit les prestations pour contenir leurs coûts. Iraqi Airways, compagnie publique financée par l’État irakien, évolue dans un environnement différent et ne subit pas la même pression sur chaque élément de service.

Des rencontres inattendues à l’aéroport de Bagdad

L’étudiant insiste également sur l’ambiance particulière à l’aéroport de Bagdad. Il rappelle que le pays fait l’objet d’un avis de voyage de niveau quatre du département d’État américain, niveau le plus élevé, qui déconseille fortement les déplacements en Irak. Il s’attendait donc à une atmosphère tendue et méfiante.

Sur place, il vit l’inverse. Au comptoir d’enregistrement, un homme l’aborde spontanément pour lui demander d’où il vient. Voir un Américain dans cet aéroport reste rare pour ce voyageur irakien. La discussion s’engage et dure près d’une heure autour de leurs familles et des traditions dans lesquelles chacun a grandi.

Un peu plus tard, alors qu’il veut simplement acheter une bouteille d’eau à un stand de café, un autre passager se propose d’improviser interprète. L’homme explique avoir appris l’anglais à l’université, la conversation dévie sur ses études et son expérience.

Ces échanges lui donnent une image plus nuancée de Bagdad : derrière l’aéroport associé aux tensions géopolitiques, il découvre des habitants curieux, accueillants et désireux de partager leur quotidien.

Ce que cela signifie pour un voyageur français

Pour un lecteur français, Iraqi Airways reste une compagnie lointaine, d’autant qu’elle est inscrite sur la liste des transporteurs interdits d’exploitation dans l’Union européenne. Cette liste est tenue par la Commission européenne et l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (EASA), et elle recense les compagnies jugées non conformes aux exigences de sécurité imposées dans l’UE.

Concrètement, un passager au départ de la France ne peut pas réserver un vol depuis un aéroport français avec Iraqi Airways. En revanche, comme l’a fait l’étudiant américain au départ de la Turquie, un Français peut théoriquement embarquer avec cette compagnie dans un pays tiers où elle opère, par exemple au Moyen-Orient.

En France, la surveillance de la sécurité aérienne relève de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), équivalent français d’une autorité de l’aviation civile. Les compagnies doivent démontrer leur conformité à des règles internationales encadrant la formation des équipages, l’entretien des avions, les procédures d’urgence et la gestion des risques. Les transporteurs jugés défaillants peuvent se voir interdire d’atterrir ou de décoller dans l’Union européenne.

Aspect Irak / Iraqi Airways France / Union européenne
Surveillance de la sécurité Autorité de l’aviation civile irakienne jugée en dessous des standards internationaux DGAC et EASA appliquant des normes strictes et des audits réguliers
Accès au ciel européen Compagnie totalement interdite de vol dans l’UE Compagnies autorisées si elles respectent les normes, sinon inscription sur liste noire
Service à bord sur vols courts Repas chaud complet en classe économique sur un vol de 2 h 30 Selon les compagnies : souvent boissons et snack, parfois offre payante

Un voyageur français qui envisage d’emprunter une compagnie interdite dans l’UE au départ d’un autre pays doit vérifier plusieurs paramètres : la présence sur la liste de l’UE, les avis de voyage du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères sur la destination, et les recommandations des autorités locales.

Voler avec une compagnie bannie de l’UE : risques, intérêt et contexte

L’expérience décrite dans Business Insider illustre l’écart qui peut exister entre la perception d’une compagnie figurant sur une liste noire et la réalité vécue à bord. Un avion récent, un service de repas chaud et un personnel jugé aimable ne suffisent pas à lever les restrictions, qui s’appuient sur des analyses techniques, des audits et des inspections de long terme.

Voyager avec ce type de transporteur reste un choix très particulier, souvent motivé par la curiosité ou la recherche d’expériences atypiques. Le passager américain se décrit lui-même comme passionné par les compagnies « dont la plupart des gens n’ont jamais entendu parler », ce qui n’est pas la démarche d’un passager standard qui recherche avant tout la fiabilité et la simplicité.

Pour un Français, ce récit donne un aperçu de ce qui se joue derrière les décisions européennes d’interdiction : elles ne signifient pas forcément que chaque vol est dangereux en soi, mais que l’ensemble du système de contrôle et de gestion de la sécurité dans le pays concerné ne répond pas aux exigences imposées dans l’Union.

À l’inverse, l’article met en lumière la manière dont certaines compagnies publiques, comme Iraqi Airways, utilisent la modernisation de leur flotte et un service plus généreux pour rester attractives dans une région marquée par la concurrence de grandes compagnies du Golfe, tout en affrontant des contraintes géopolitiques et réglementaires lourdes.

Questions fréquentes

Pourquoi Iraqi Airways est-elle interdite de vol en Europe ?

Depuis 2015, Iraqi Airways est frappée d'une interdiction totale d'exploitation dans l'Union européenne en raison de manquements graves constatés dans la sécurité des opérations et la supervision aérienne en Irak, incluant des lacunes structurelles dans la gestion de la sécurité des vols et un fonctionnement de l'autorité de l'aviation civile jugé en dessous des standards internationaux.

Quel type d'avion a utilisé Iraqi Airways pour ce vol ?

Un Boeing 787 Dreamliner quasiment neuf, l'un des deux exemplaires livrés à Iraqi Airways en 2023. La compagnie a rajeuni sa flotte avec des modèles comparables à ceux de compagnies du Golfe comme Emirates ou Qatar Airways.

Combien a coûté ce vol à l'étudiant ?

Le billet en classe économique a coûté environ 123 dollars, soit près de 105 euros. L'étudiant a également déboursé environ 200 dollars, soit environ 170 euros, pour obtenir son visa irakien en ligne via un prestataire tiers.

Quel service à bord a surpris le passager ?

Un repas chaud complet en classe économique, incluant un plat principal à base de poulet et de riz, une salade et de l'eau, bien plus généreux que celui proposé par les compagnies américaines sur des vols de durée comparable.

Qu'a observé l'étudiant à l'aéroport de Bagdad ?

La présence impressionnante de pigeons circulant dans le terminal et le hall d'embarquement, certains se posant sur les caméras de vidéosurveillance, et une ambiance accueillante marquée par des rencontres chaleureuses avec les voyageurs irakiens.

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